Dossier IA17047299 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Porte du canal de la Banche
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Commune Charron
  • Lieu-dit Ecluses du Brault (les)
  • Cadastre 1820 B  ; 2016 OB 194 et 195

La porte a dû être créée dans les années 1650, au moment du creusement du canal de la Banche. Elle a ensuite été reconstruite, en tout ou partie, au fur et à mesure des destructions par les tempêtes et inondations, et des besoins d'entretien. L'ouvrage actuel, particulièrement soigné, a pu être construit, pour l'essentiel, vers 1784-1785 : le 13 août 1784, en effet, la Société des marais de Taugon s'entend avec l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm, propriétaire des marais de Richebonne, pour faciliter l'accès au site, sur lequel elle souhaite établir sa nouvelle porte. Celle-ci doit en effet prendre place en arrière de l'ancienne porte. La vanne en métal et ses crics à crémaillère ont dû remplacer, dans la seconde moitié du 19e siècle, le système de vanne en bois et de vis sans fin mis en oeuvre à l'origine. L'ensemble de l'ouvrage et du mécanisme (vanne et sa vis, voûte, pont, ailes maçonnées en aval) apparaît sur un plan du canal de la Banche en 1801.

La porte était accompagnée d'une maison de garde, d'une dépendance et d'une autre construction (magasin pour stocker du matériel du syndicat de marais ?). La maison de garde, alors située juste en aval de la porte, sur sa rive droite, apparaît sur le plan du canal de la Banche en 1801, puis sur le plan cadastral de Charron en 1820. La maison fut reconstruite avec un étage, sans doute au milieu du 19e siècle siècle, en amont de la porte. Inondée lors de la tempête Xynthia, en 2010, elle a été comprise dans la zone "de danger extrême", dite "zone noire", définie par l'Etat, et démolie peu après, tout comme la dépendance. Seule la troisième construction, la plus proche de la porte, demeure.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle, 19e siècle
  • Dates
    • 1784, daté par source

La porte se trouve à l'embouchure du canal de la Banche. Ses rives en amont comme en aval sont protégées par deux bajoyers massifs, en pierre de taille, qui supportent deux plateformes en encorbellement. L'ouvrage comprend un passage voûté ou pertuis, en pierre de taille, franchi par un pont à parapets également en pierre de taille.

Côté aval, la porte à flot est équipée de deux vantaux en bois busqués, pointés vers le chenal de sortie. Fixés à la maçonnerie par des pièces en métal, ils s'ouvrent à marée basse pour laisser s'écouler l'eau des marais desséchés acheminée par le canal, et se ferment à marée haute, sous la poussée de l'eau de la Sèvre, pour empêcher l'inondation des marais. En position fermée, les poteaux busqués se bloquent l'un contre l'autre de manière à maintenir les vantaux pointés vers l'aval (s'ils étaient alignés, les vantaux seraient plus vulnérables à la pression de l'eau).

En arrière, côté amont, le système est renforcé par une vanne verticale en métal, actionnée par deux crics à crémaillères. Elle est suspendue à une poutre en métal, appuyée sur deux piliers en pierre de taille. Cette vanne permet d'assurer l'étanchéité de la porte à marée haute, en cas de forte inondation ; mais encore à marée basse, même lorsque les vantaux sont ouverts, notamment pour retenir de l'eau dans le canal à la saison sèche.

La maison de garde ou maison éclusière qui accompagnait la porte, au nord, était une construction à un étage, présentant en façade, au sud, deux travées d'ouvertures et trois baies au rez-de-chaussée. Une remise lui était accolée à l'est. A côté, à l'ouest, se trouvaient une dépendance (grange, étable ?) et une autre construction sans doute destinée au stockage du matériel du syndicat des marais.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • métal
    • bois
  • Statut de la propriété
    propriété d'une association, Propriété du Syndicat des marais de Taugon-La Ronde

Documents d'archives

  • 1675-1788 : gestion de la cabane de Richebonne, appartenant à l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm, contentieux avec les syndicats de marais voisins et avec le seigneur de Charron.

    Archives départementales de la Vendée, La Roche-sur-Yon : H 129

Documents figurés

  • Plan de divers eccluses, couppes et profils qui sont à la teste des canneaux qui se deschargent dans la rivière de Sèvre Niortoise ou de Marans, proche du Brau en Bas Poitou, par Claude Masse, 1705.

    Service historique de la Défense, Vincennes : Ms 505, Fol. 131 h, feuille 86
  • 1801, 27 juin : Plan de jets du canal de la Banche depuis les porte jusqu'au canal de la Marnerie. Arpenté et levé par moi Chartron arpenteur, par ordre du citoyen Fleuriau, directeur des Marais de Taugon La Ronde. Marans, le 8 Messidor an 9.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 31 ETP 1
  • 1820 : plan cadastral de Charron.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5045
Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2018
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Centre vendéen de recherches historiques
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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