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Église paroissiale Saint-Barthélemy

Portail occidental

Dossier IM40007358 réalisé en 2018

Fiche

Dénominationsportail
Aire d'étude et cantonTartas ouest
AdresseCommune : Rion-des-Landes
Adresse : place des Droits-de-l'Homme
Emplacement dans l'édificefaçade occidentale, sous le porche

Ce portail est le seul vestige de l'église érigée au tournant des XIIe et XIIIe siècles, profondément remaniée au XVIe siècle, puis lors de la vaste campagne de restauration menée en 1868 par l'architecte Gustave Alaux. Il s'agit de l'un des rares portails landais de l'époque romane à tympan historié, avec ceux de Saint-Sever (portail nord, fin du XIe siècle), de Sorde (fin du XIIe siècle) et de Mimizan (vers 1220 ?). Considéré par les historiens du XIXe (Dufourcet) et du XXe siècle (Daugé, Cuzacq) comme une création homogène, l'ouvrage a pourtant connu en 1868 une importante restauration, comparable à celle du portail de Morlaàs (Pyrénées-Atlantiques) dans les mêmes années. La voussure, en particulier, présente en plusieurs endroits une sculpture d'aspect mécanique et trop régulier qui fait soupçonner une réfection au moins partielle ; le bandeau continu tenant lieu de tailloirs et d'imposte, avec ses têtes masculines aux moustaches "à l'impériale", est quant à lui une recréation à neuf, de même que le soubassement. Enfin, les têtes refaites du Christ et de trois des "animaux" du Tétramorphe sur le tympan pourraient aussi dater des travaux d'Alaux et de son collaborateur, le sculpteur Vincent Saint-Sébastien. L'absence de témoignages iconographiques antérieurs à la restauration de 1868 et d'archives précises concernant celle-ci empêche toutefois de mesurer l'ampleur de ces réfections.

Période(s)Principale : 1ère moitié 13e siècle
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Dates1868, daté par source
Auteur(s)Auteur : Alaux Gustave
Alaux Gustave (1816 - 1882)

Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.


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architecte, restaurateur attribution par source
Auteur : Saint-Sébastien Vincent , dit(e)
Saint-Sébastien Vincent , dit(e) (1829 - )

Sculpteur ornemaniste à Bordeaux, collaborateur de l'architecte bordelais Gustave Alaux sur les chantiers des églises de Buglose (1864-1865), de Mugron (1866) et de Rion-des-Landes (1868), et de l'architecte Taillarda fils à l'église Saint-Nicolas de Nérac (1856) ; il travailla aussi à la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Dax en 1864-1871. Il est nommé "M. Vincent" et "Vincent St-Sébastien" dans les archives de Buglose, "Vincent Saint-Sébastien" à Nérac, mais signe "Sébastien" tout court les sculptures de Mugron et de Rion.

Enfant trouvé à la porte de l'hospice civil de Pau le 23 janvier 1829 (trois jours après la Saint-Sébastien), Vincent Saint-Sébastien épousa le 29 novembre 1854 à Saint-Paul-lès-Dax (où il était alors domicilié) Jeanne Lamaison, institutrice, fille d'un tonnelier de Laurède (Landes), dont la sœur cadette Françoise devait épouser en 1858 le sculpteur nantais Aristide Belloc (1827 - 1888/1908), lequel succèdera en 1861 à Saint-Sébastien sur le chantier de Buglose, dirigé par le Père Antoine Lamaison, oncle par alliance des deux sculpteurs.


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sculpteur, restaurateur attribution par travaux historiques

Portail à voussure en plein cintre appareillée constituée de quatre rouleaux à ressauts délardés, le premier et le troisième retombant sur quatre colonnes dotées d'une base attique et d'un chapiteau à corbeille pyramidale, le deuxième et le rouleau d'archivolte reposant sur les ressauts du bandeau continu servant de tailloir aux chapiteaux et d'imposte aux piliers. La porte appareillée en arc segmentaire (moderne) est surmontée d'un tympan en demi-lune sans linteau (disparu). Le fût des colonnes est peint en faux marbre rouge veiné de blanc.

La porte à deux vantaux, peinte en rouge, comporte des pentures en fer forgé de style néoroman (têtes de grue aux extrémités des fers courbés).

Catégoriestaille de pierre, sculpture
Matériauxcalcaire, appareillé décor en haut relief, décor en bas relief, décor dans la masse
Précision dimensions

Dimensions non prises.

Iconographiesfigure biblique, Christ, bénédiction, Le Tétramorphe
scène biblique, Daniel dans la fosse aux lions, Fuite en Egypte, Massacre des Innocents, Présentation au Temple, Le mauvais riche
ornementation, entrelacs, besant, palmette, tresse, rinceau, masque
Précision représentations

Sur le tympan est figuré le Christ bénissant et tenant le livre, assis sur l'arc-en-ciel dans une mandorle et entouré du Tétramorphe (le lion de Marc en bas à gauche, le bœuf de Luc en bas à droite, l'ange ou homme de Matthieu en haut à gauche, l'aigle de Jean en haut à droite) ; l'arc est orné d'une frise d'entrelacs et retombe à chaque extrémité sur un petit monstre démoniaque d'aspect simiesque. Les rouleaux de la voussure sont sculptés respectivement, de l'intérieur vers l'extérieur, d'entrelacs identiques à ceux du tympan, de besants ou perles, de palmettes et d'une tresse (rouleau d'archivolte).

Le bandeau continu formant tailloir et imposte présente une frise de rinceaux englobant des fleurs à six tépales (sans doute des lys), des grappes de raisin et des pommes de pin ; deux têtes masculines (à barbiche et moustache en crocs) et deux têtes démoniaques aux oreilles pointues occupent les angles sortants des ressauts.

Les quatre chapiteaux des colonnes sont sculptés de scènes bibliques (identification incertaine pour celles de l'ébrasement de droite) : de gauche à droite, Daniel dans la fosse aux lions ; la Fuite en Égypte (avec à senestre Joseph guidé par un ange et tenant la bride de l'âne) et le massacre des Innocents (à dextre, un unique soldat brandissant une épée et tenant un enfant nu qui se bouche les yeux de ses mains) ; la Présentation au temple (?, au centre, la Vierge tenant l'Enfant dans son giron, à gauche Siméon et la prophétesse Anne, à droite une femme portant les deux colombes de l'offrande dans un panier) ; le festin du mauvais riche (?, au centre, le riche Épulon attablé, qu'un démon s'apprête à saisir, à gauche un serviteur avec le pauvre Lazare dont un chien lèche les plaies).

État de conservationoeuvre restaurée
partie remplacée
manque
repeint
Précision état de conservation

Le portail a subi divers remaniements et restaurations parallèlement à la construction du nouveau porche en 1868 : plusieurs éléments de la voussure sont refaits à l'identique des fragments subsistants (qui présentent des traces de rubéfaction peut-être dues à un incendie) ; le bandeau-tailloir-imposte est certainement une réfection totale (têtes moustachues "Second Empire") ; les têtes du Christ et de trois des symboles tétramorphiques qui l'entourent (l'aigle de Jean, l'ange ou homme de Matthieu, le bœuf de Luc) ont été remplacées, ainsi que plusieurs têtes sur les chapiteaux des colonnes (Daniel et le lion à senestre sur le chapiteau 1, la Vierge de la Fuite en Égypte sur le chapiteau 2 ?). La porte en arc segmentaire est moderne ; sa réalisation a entraîné la suppression du linteau qui complétait le tympan. Le fût des colonnes a été surpeint en faux marbre.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler

Annexes

  • Extrait de : Césaire Daugé, "Rion-des-Landes, son histoire", troisième partie, chapitre VI ("Rion municipal de 1864 à 1870. Agrandissement et restauration de l'église paroissiale Saint-Barthélemy"), p. 335-338

    "Ce porche, vaste et harmonieux, auquel on accède par trois marches de pierre de taille, protège heureusement le portail roman d'une belle venue, sans avoir les proportions grandioses des vieilles cathédrales. Le lecteur nous saura gré de céder la plume à M. Dufourcet pour en dire la valeur et la signification. / "Le portail saint Barthélemy de Rion (sic) est d'un type très en honneur au commencement du XIIe siècle, peut-être même un peu avant. Trois rangées de pieds-droits séparés par deux colonnes, de chaque côté, supportent un égal nombre de voussures ornées de torsades, de bandelettes, d'étoiles et de tores. Toutes ces moulures classiques entourent un tympan plus classique encore. Ce tympan, à lui seul, est une date. On y voit en effet, dans un médaillon central, la représentation du Christ, docteur, entouré des quatre évangélistes, figurés par les quatre animaux symboliques si en honneur à la fin du XIe et au commencement du XIIe siècles... [...] Ces quatre animaux - il est convenu de les appeler ainsi, après l'Apocalypse, quoiqu'il y ait parmi eux un ange - sont nimbés et s'appuient sur le livre des Évangiles. On retrouve le même sujet sur le tympan de l'église de Soustons.

    Le soubassement et les bases des colonnes sont conformes aux règles architecturales de l'époque et les quatre chapiteaux sont des plus remarquables. Leur tailloir est formé par une corniche qui sert d'appui aux voussures, des deux côtés du tympan, et qui est ornée de rinceaux. La première des corbeilles, à gauche en regardant le portail, représente Daniel dans la fosse aux lions. Ce sujet est plus finement traité à Rion qu'à Œyreluy où nous l'avons signalé sur le portail mérovingien de l'église. La seconde nous offre le massacre des innocents et la fuite en Égypte, que nous retrouvons à Arthous et à Sorde. Les deux corbeilles de droite sont encore plus artistiquement sculptées que celles que nous venons de décrire, mais leur interprétation n'est pas aussi facile. Sur l'une, M. Taillebois voyait la Présentation au temple, avec le vieillard Siméon et Anne la prophétesse. Sur l'autre, se trouve un personnage assis sur un banc, rompant une galette et s'apprêtant à manger ; à sa droite, deux jeunes gens semblent s'enfuir, poursuivis par une bête féroce ; à sa gauche, une femme assise tient sur ses genoux un vase ; un dragon lui parle à l'oreille. M. l'abbé Beaurredon a vu, avec raison croyons-nous, dans ce groupe, le prophète Élisée, les enfants qui l'insultaient dévorés par des ours, et la femme de Sunam qui lui donne à manger et dont il renouvela miraculeusement la provision d'huile. M. l'abbé Pédegert croyait y voir une scène de la vie de Tobie.

    Pour le R. P. Labat, l'ensemble des sujets devait s'interpréter de la façon suivante : on va à Dieu (à droite 4e corbeille) 1° par la vertu, c'est à dire la PRUDENCE, qui sedens computat, dit Notre Seigneur ; la TEMPÉRANCE qui, de sa main, réprime ses passions (geste employé ailleurs) ; la FORCE qui, de son poing, arrête l'ennemi ; la JUSTICE accompagnée du lion son symbole : justus est leo, etc. ; 2° en suivant l'exemple de Notre-Dame allant au temple avec l'offrande de son Fils et de ses présents : non apparebis in conspectu meo vacuus, dit le Seigneur. En quittant Dieu (à gauche) 1° on partage le sort de Notre-Dame fuyant en Égypte ; on rencontre le monde et on a peine à fuir les séides d'Hérode ; on quitte Dieu surtout par le vice ou bien c'est au moins lui qu'on rencontrera ; mais on résiste à l'orgueil, à la concupiscence et à l'avarice au moyen de la parole de Dieu et des sacrements, remède puissant que présente la Religion."

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    En réalité, si la lecture des deux chapiteaux de gauche est facile, celle des deux chapiteaux de droite est difficile soit dans le sens naturel, soit dans le sens mystique. Les scènes sont certainement bibliques ; les deux premières sont du nouveau testament et les deux autres paraissent appartenir à l'ancien. [...]"

Références documentaires

Bibliographie
  • DUFOURCET Eugène. L’Aquitaine historique et monumentale, Dax, 1890.

    p. 17
  • DAUGÉ Césaire. Rion-des-Landes : son histoire. Bergerac : Imprimerie générale du Sud-Ouest, 1912.

    chapitre VI, p. 327-338
  • CUZACQ René. Les Landes pittoresques. Mont-de-Marsan : éd. Jean Lacoste, 1960.

    p. 39-41
  • PILLEMENT Georges. La France inconnue. Paris : Grasset, 1956.

    tome II, p. 236
  • ZAPATA Francis, ROUSSET Jean-Pierre. Les chemins de Saint-Jacques dans les Landes. Bordeaux : Ed. Sud-Ouest, 2002.

    p. 213-215
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe