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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Rochefort

Le port militaire est créé dès l'établissement de l'arsenal en 1666. En 1704, une carte levée par Claude Masse montre l'emprise du port militaire occupant la rive droite de la Charente sur une distance d'environ deux kilomètres depuis la vieille forme au nord. A cette époque, les parties réservées au commerce et à la Marine sont confondues : le chenal de la Cloche est utilisé par les négociants qui possèdent des magasins sur sa rive gauche et, plus au nord, le chenal des vivres permet le déchargement des denrées pour la Marine et également pour la ville. En dehors de ces chenaux, les navires de commerce n'ont pas l'autorisation de s'amarrer sur les pontons ou sur les vaisseaux désarmés du port militaire.

A partir de 1776, le chenal de la Cloche n'est plus dévolu qu'à la Marine ; il sert au transport à l'intérieur de l'arsenal. Le chenal des vivres prend le nom "Port marchand", tandis que la Cabane-Carrée devient port de commerce et de construction de bateaux pour les négociants.

Il n'y a pas de quais construits et les navires sont amarrés sur des pontons ou des vaisseaux désarmés ; en 1679, 18 pontons sont en service. L'aménagement de treize cales et de trois formes de radoub, entre la fin du 17e siècle et les années 1860, permet d'achever ou de réparer les vaisseaux. Des cales couvertes, dont le toit est soutenu par des poteaux en bois, sont conçues vers 1776 par l'ingénieur Mathieu ; elles permettent de travailler à l'abri des intempéries et protègent les bateaux en construction.

Pour sortir du port, les navires sont tirés par des cordes, "à la cordelle", jusqu'à la rade de l'île d'Aix. A partir des années 1830, des remorqueurs à vapeur sont utilisés pour descendre et remonter la rivière, ce qui atténue l'inconvénient majeur du port de se situer aussi loin de la rade ; une seule marée est nécessaire contre trois ou quatre pour la cordelle.

Un plan de la ville et du port en 1845 montre quinze cales de construction aménagées dans le port.

Le chenal de la Cloche est agrandi et transformé en bassin d'échouage à la fin des années 1880, tandis que la fosse aux mâts de l'avant-garde devient un bassin de torpilleurs. Dans les années 1900, tout trafic maritime est encore interrompu la nuit, entre le coup de retraite et le coup de canon de diane. Ce qui cause un préjudice au trafic maritime qui traverse nécessairement le port militaire et qui est déjà parfois gêné par les mouvements des bateaux de guerre.

Actuellement, le chemin de Charente permet de découvrir les traces de l'ancien port militaire dont, notamment, un grand ponton qui servait à la desserte du magasin général.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 17e siècle
  • Dates
    • 1666, daté par source

En l'absence de quais maçonnés, le port militaire, abandonné en 1927, a assez rapidement été envahi par la vase et la végétation. Seules les trois formes de radoub restaurées et leur entourage proche donnent un aperçu de ce qu'était ce port. Le long du chemin de la Charente, les traces sont nombreuses mais assez ténues et souvent masquées par la végétation : anciens quais, bitte d'amarrage, traces de chenaux...

Face au magasin général, un grand ponton en béton, établi dans le lit du fleuve, est accessible par trois passerelles. Des rails permettaient d'y charger et décharger des wagons. Ce ponton est constitué d'une dalle supportée par des poteaux consolidés par des entretoises.

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • 1679, 23 juin : adjudication de l'entretien des 18 ponts servant à entrer dans les vaisseaux.

    Service historique de la Défense, Rochefort : 1K4 1

Documents d'archives

  • Argenson, Antoine René d' (marquis de Paulmy), Journal de ma tournée militaire dans les provinces frontieres des Pirenées, dans la Guienne, la Saintonge, le pais d'Aunis, le Poitou & c. an[née] 1753.

    Bibliothèque Nationale de France, Bibliothèque de l'Arsenal, Paris : Ms-4562 (2
    p. 56v-57r

Bibliographie

  • Neuville, J.-L. Les ports militaires de la France : Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort, Toulon. Paris : L. Hachette et Cie, 1854.

    p. 150-152
  • Polony. "Port de Rochefort". Ports maritimes de la France, T. 6 : de La Rochelle à Maubert. Paris : Imprimerie nationale, 1885.

    p. 83-130
  • Thomas. Mémoires pour servir à l'histoire de la ville et du port de Rochefort. Rochefort, Faye, 1828.

    p. 287

Annexes

  • Extrait de : Mémoire géographique de Masse, du Bas Poitou, pays d'Aunis et Saintonge, 1715. Copie par Joseph Nicolas Bournaud. Médiathèque de La Rochelle, Ms 31.
Date d'enquête 2015 ; Dernière mise à jour en 2016
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