Dossier IA17047309 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Port du Pavé
Auteur
Beauvarlet Gilles
Beauvarlet Gilles

Photographe à l'Inventaire du patrimoine de Nouvelle-Aquitaine (site de Poitiers).

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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Commune Charron
  • Lieu-dit Pavé (le)
  • Dénominations
    port
  • Parties constituantes non étudiées
    jetée

Jusqu'au 19e siècle, cet endroit demeure au beau milieu des vasières et des misottes, éloigné de plusieurs centaines de mètres de la côte alors constituée par la pointe des Canons. La carte de la région par Claude Masse, en 1701, mentionne là les "bouchauds ou clayonnages de Charon et d'Esnande où se nourrissent les bonnes moules". La pointe des Canons, appelée pointe de la Demonte d'une part, pointe de la Palue d'autre part, par Claude Masse, forme une tête de pont à partir de laquelle les boucholeurs et les pêcheurs peuvent avoir accès aux bouchauds et à la baie de l'Aiguillon. Un autre point d'accès se trouve à l'ouest du bourg de Charron, entre la Cabane de Charron et les Prés du Bas de la Laisse : un chemin, qui existe toujours aujourd'hui, conduit depuis le bourg jusqu'à la digue édifiée en 1773-1776 ; il devient inopérant pour les boucholeurs lorsque la digue est repoussée vers l'ouest dans la seconde moitié du 19e siècle.

La tête de pont au niveau de la pointe des Canons, quant à elle, avance vers l'ouest à mesure que les vases côtières s'affermissent. Vers 1850, la limite des misottes arrive à environ 700 mètres à l'ouest de la pointe des Canons. Visible sur un plan de 1877, un passage ou "arrivage des boucholeurs" s'est constitué à travers cette étendue, pour accéder à la baie et aux bouchauds, entre, au nord, des marais desséchés à la fin du 18e siècle puis au milieu du 19e, et, au sud, des misottes qui appartenaient, avant la Révolution, à l'abbaye de Charron. Bien que précaire, car soumis aux flux et reflux de la mer, ce passage se pérennise.

Un chemin vicinal est aménagé en 1883, et une grève est créée à son extrémité. Son rôle est primordial alors que l'activité de conchyliculture se développe. Du reste, l'initiative de la grève revient aux boucholeurs qui ramassent des pierres (ou "pavés", d'où le nom du port) dans le lit de l'embouchure de la Sèvre, au Rocher, et les déversent dans la vase, créant une première grève submersible, de forme irrégulière, de 10 à 20 mètres de large. En 1893, on projette d'agrandir la grève car il faut pouvoir débarquer 1900 tonnes de moules et d'huîtres par an, ensuite exportées partout en France via la gare de Marans, mais aussi expédier par des bateaux plats 7500 tonnes de céréales. Ce trafic croissant nécessite d'améliorer la grève, en prenant des moellons dans la carrière de Versailles, près de Bourg-Chapon, et des galets des falaises de la Repentie, près de la Pallice. Le projet est pourtant reporté faute de financements, et finalement approuvé en 1896. Pourtant, en 1902 encore, le conseil municipal de Charron demande à l'Etat d'accélérer les travaux d’épandage des matériaux apportés par des chalands et destinés à l’élargissement de la grève, travaux auxquels participent les boucholeurs.

Les équipements s'étoffent encore au 20e siècle. En 1937, un magasin à moules, en béton armé, est construit sur le port que l'on équipe par ailleurs d'un ouvrage d'accostage pour les bateaux de pêche. La route est surélevée en 1950 puis à nouveau en 1963. Un fanal lumineux est établi en 1951, avec une lanterne fournie par la société Allez et Cie de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée). De nouveaux aménagements sont réalisés en 1984-1986, avec notamment la création d'une vaste esplanade permettant aux boucholeurs de déposer leur matériel.

Une stèle à la mémoire des victimes de la tempête Xynthia du 28 février 2010, a été inaugurée à l'entrée du port du Pavé le 28 février 2016.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle, 20e siècle

Le port du Pavé est le point d'appui le plus avancé dans la baie de l'Aiguillon au-delà de la limite côtière. Il se trouve tout juste à l'embouchure de la Sèvre Niortaise, à environ 500 mètres à l'ouest de la dernière digue, à partir de laquelle une route droite file à travers les vasières et les misottes. La route aboutit à une esplanade longée au sud par un petit chenal, dont les bords sont confortés par des pieux en bois et en béton, formant comme une jetée. Les véhicules et les bateaux plats stationnent sur cette esplanade à l'extrémité de laquelle se trouve une tour lumineuse verte, en béton. Au-delà, la jetée s'incline en pente douce vers la vase et la mer, qui l'envahit à marée haute. Tout autour, à marée basse, la vase est d'une épaisseur telle qu'elle masque presque l'horizon.

  • Murs
    • béton
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Documents d'archives

  • 1813-1929 : endiguement, gestion du rivage maritime et conchyliculture à Charron.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1823
  • 1893-1894 : projet d'agrandissement de la grève de Charron.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 3158
  • 1876-1937 : aménagements du port du Petit Brault et du port du Pavé, à Charron.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort : 3 S 500
  • Registre des délibérations du conseil municipal de Charron.

    Archives municipales, Charron

Documents figurés

  • 1701 : carte contenant une partie du Bas Poitou et de l'Aunis où se trouve Marans et l'embouchure de la Seyvre Niortaise, par Claude Masse.

    Service historique de la Défense, Vincennes : J10C 1293, pièce 7
  • 1820 : plan cadastral de Charron.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5045
  • 1877, 25 juillet : Aliénation de lais de mer dans la commune de Charron. Plan général.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4159
Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2018
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Centre vendéen de recherches historiques
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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