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Port de Saintes

Dossier IA17050991 réalisé en 2018
AppellationsPort de Saintes
Parties constituantes non étudiéesquai, cale, abreuvoir
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - cantons du département 17
AdresseCommune : Saintes

Au cours des siècles, les rives du fleuve à Saintes ont accueilli divers lieux d'abordage. Aucune installation portuaire n'a été identifiée à ce jour pour l'époque antique, mais il est vraisemblable qu'il a existé des bâtis en bois pour des appontements qui n'ont pas laissé de traces. Un certain nombre de petits ports sont connus au Moyen Age, comme sur la rive gauche, d'amont en aval, celui des Tanneries - dit Saint-Aignan en 1270 - , le port du sel en amont du vieux pont - établi en 1372 par Charles V -, le port Mouclier ou des Moules - cité dès le 13e siècle (il existe encore de nos jours une ruelle du Port Mouclet) -, le Petit-Port (auparavant Anguiller), le port des Bouchers, le port Tavernier, le port des Frères et le port la Rousselle ; du côté de la rive droite, le port des Bateaux, le port Chapitre et le port du Pilori.

Sur le "Pourtrait de la ville et cité de Saintes", daté de 1560, sont mentionnés le port des frères Cordeliers (D), le port Mouclier (E), le petit port (G), et le port du Chapitre (H). Ils se situent sur la rive gauche, d'aval en amont, et à peu de distance les uns des autres de part et d'autre du pont. En 1680, un aveu par François Duplais relatif au droit de coutume dû "sy en laditte rivière se chargent ou deschargent marchandises de quelque sorte que ce soit depuis les moullins de Luserac jusque au port de Dignevertu." Ce dernier semble être situé en aval de la ville.

Durant les grands travaux d'urbanisme du 18e-19e siècle, les berges sont progressivement réaménagées pour lutter, en premier lieu, contre les inondations. Les travaux sont pour la plupart réalisés dans le cadre d'ateliers de charité financés par l'intendant de la généralité. Le premier quai aménagé est le quai de Verdun (de la place Blair à la rue Saint-Pierre et appelé plus tard Reverseaux), à partir de 1787, sur les plans de l'intendant Reverseaux. Le deuxième, dénommé Reverseaux et formé des anciens quais Royal et des Récolets, entre la rue Saint-Pierre et le Cours National, est fondé à partir de 1794 sur les déblais des fortifications de la ville de manière à le surhausser. Parallèlement à la construction de quais, un port marchand est établi entre 1785 et 1788 au faubourg de la "Bretonnière", du côté sud de la ville (actuel quai Palissy). Malgré tout, des cales servant au transbordement des marchandises sont aménagées en d'autres lieux de la ville par la suite. Au début du 19e siècle, l'ingénieur Labretonnière constate que l'insuffisance d'équipements portuaires freine le développement commercial de la ville, pourtant avantagée par sa position sur la Charente.

Les quais servent aux chargements et déchargements des marchandises, au halage des bateaux et sont également des lieux de promenade. Sur la rive gauche, le quai des Frères (actuellement de l'Yser) est construit entre 1816 et 1837, puis exhaussé de 0,80 mètre en 1857. L'aménagement de ce quai et l'empierrement de la chaussée à l'arrière ont été réclamés par les négociants pour faciliter l'embarquement et le débarquement des marchandises, ce quai étant considéré à partir des années 1810 comme le port de commerce de la ville. De l'autre côté de la ville, le quai Palissy est complété par un perré en 1895.

Sur la rive droite, un vaste terre-plein est remblayé - les remblais ici, comme pour les différents quais, sont formés des chargement des dragages opérés. Ces travaux de remblais de grande ampleur permettent de diminuer la largeur du fleuve d'une quinzaines de mètres. Un mur de soutènement au chemin de halage est construit, tandis qu'une cale est aménagée, en 1843-1845, à l'endroit et en bordure de ce qui correspond de nos jours à la place Bassompierre. Cette place est aménagée à la suite d'une ordonnance édictée par Louis-Philippe en 1846 ; la porte monumentale du pont romain y est remontée. Les quais qui la longent sont surhaussés dans les années 1850.

Dans les années 1860, le commerce de Saintes consiste en grains, vins, eaux-de-vie, bois et cuirs. Un bureau de navigation et de jaugeage est mentionné dans le port de Saintes dans le Manuel de la navigation de la France en 1877. Des travaux de réparation sont sans cesse nécessaires pour maintenir les maçonneries des quais en bon état. Ainsi, les deux cales de la rive droite, en aval et en amont du pont, sont-elles reconstruites en 1882 par les entrepreneurs Marchat et Bonniot, comme le mur de quai sur une longueur de 151 mètres (à l'amont du pont Palissy) vers 1910.

En 1900, des dragages du lit de la Charente sont réalisés de manière à élargir la passe dans la traversée de la ville et faciliter le croisement des bateaux lorsque l'un est en déchargement au quai Bassompierre ou aux quai des Frères.

En 1936, des trottoirs en encorbellement viennent élargir les quais de la République et de l'Yser, qui ne font plus partie du domaine fluvial depuis 1929. Ils remplacent les anciens parapets en pierre, et sont destinés à faciliter le trafic, intense certains jours. A cette époque, seules quelques maisons de négoce utilisent encore la voie d'eau pour le transport de leurs eaux-de-vie, et l'activité portuaire est minime.

Dans les années 2000, des pontons flottants sont installés le long de la rive droite, en amont de la passerelle et en amont du pont Palissy à destination de la navigation de plaisance. Au port de la Rousselle, en aval de la ville, des aménagements sont aussi réalisés pour la mise à l'eau d'embarcations de plaisance.

Période(s)Principale : Antiquité, Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Le port de Saintes est constitué de plusieurs quais, ceux des Roches, Palissy, de Verdun, de la République et de l'Yser sur la rive gauche, celui de Bassompierre sur la rive droite. Les quais des Roches et de Verdun, ainsi que la partie aval du quai de l'Yser ne sont formés que par la berge, tandis que les autres sont maçonnés, constitués d'un mur de soutènement ou d'un perré.

Murscalcaire pierre de taille
béton béton armé
Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • Extrait d'une description, 19 mai 1617. Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge, 1880, p. 241.

    "[...] la quatrième partie d'une maison tubline, située près le port Chapitre et confrontant du bout de la rue qui va de la place Saint-Pierre audit port [...]

  • Extrait d'une lettre du commissaire de l'inscription maritime de Saintes au préfet, le 5 mai 1835. AD Charente-Maritime, S 1402.

    "Les marins de mon quartier se plaignent de plus en plus de l'embarras que leur cause les restes de l'ancien pont de Taillebourg [...].

    La passe sous le pont de Saintes qui devient tous les ans plus difficile dans les mortes eaux, et qui retient les gabares du haut de la Charente, quelquefois pendant des mois entiers, est encore un objet digne de votre attention. [...]

    D'un autre côté, les quais de Saintes sont, en général, en très mauvais état ; les éboulements de terre qui ont lieu très fréquemment rendent souvent impossible aux bâtiments d'aborder de manière à prendre ou à décharger leur cargaison avec assez de facilité. Il serait donc indispensable que des cales fussent construites et que les quais fussent réparés ou achevés, sans délai, afin de mettre un terme à l'encombrement du lit de la Charente et rendre le passage moins difficile dans cette partie du cours d'un fleuve qui sert, pour ainsi dire, de véhicule aux richesses de votre département."

  • Extrait d'un rapport de l'ingénieur ordinaire Guillemain relatif à la construction d'une cale près du quai Palissy, le 22 juillet 1865. AD Charente-Maritime, S 6499.

    "Les mouvements commerciaux à Saintes s'exécutent autour du pont suspendu et surtout à l'aval. C'est la seule place qui soit revêtue de quais, et on ne peut se dissimuler qu'elle est un peu à l'écart du faubourg des Roches où se trouvent pourtant une assez nombreuse population et un certain commerce. La communication de ce faubourg avec les quais existant n'est d'ailleurs nullement facile en raison de ce qu'elle entraîne le transport des marchandises à travers les rues étroites des anciens quartiers de la ville de Saintes, de sorte que les transbordements entre les magasins et les gabares sont forcés de s'exécuter sur place et sont habituellement fort gênés.

    L'ouvrage qui peut le mieux convenir à la navigation nous semble être une cale à double pente permettant de suivre les variations du niveau de la Charente et présentant d'ailleurs des dispositions analogues aux cales du quai des Frères que nous avons construites en 1857 et qui ont répondu, croyons-nous, d'une manière convenable au genre de navigation du pays.

    [...]

    Quant à la largeur, elle serait de 3,50 m ainsi que les cales existantes et cette dimension semble la plus convenable pour les transbordements exécutés à bras, ainsi qu'ils se pratiquent sur la Charente pour des denrées aussi précieuses que les eaux-de-vie.

    [...]

    Nous avons supposé que cette cale comme toutes celles qui existent sur la Charente serait en pierre sèche revêtue de pierre de taille pour les couronnements, mais simplement dégrossie et de petit échantillon pour les parements. C'est un mode de construction économique par la suppression du mortier dans les maçonneries, et solide en raison de l'introduction de la pierre de taille que l'abondance des carrières peut permettre dans ce pays. Il se prête en outre facilement aux légers tassements que peuvent éprouver les terrains argileux des bords de la Charente, et nous ne pouvons mieux le justifier qu'en faisant savoir que son emploi est général, même pour les constructions particulières.

    [...]

    Observations et avis de l'ingénieur en chef

    [...] Nous ferons observer que si le commerce de la ville de Saintes est principalement concentré aux abords du pont suspendu, il n'en est pas moins vrai qu'il existe le long du quai des Roches et du quai Palissy, qui y fait suite, un certain nombre de maisons de commerce et, entre autres, l'usine à gaz de la ville qui consomme annuellement 300 tonneaux de charbon, que ces quais sont séparés des principaux points d'embarquement par la place Blair dont le mur forme obstacle à la circulation le long de la rivière et que l'on ne peut franchir cet obstacle qu'en parcourant les rues qui le contournent et qui présentent des détours brusques et des pentes assez fortes.

  • Extrait d'un rapport de l'ingénieur Guillemain relatif à la construction d'une cale en amont de la ville de Saintes, 25 juillet 1867. AD17, S 6499.

    " Le parement à peu près vertical nous semble aussi nécessaire à conserver : tous les jours nous reconnaissons les inconvénients que présentent les quais inclinés sur les rivières à marées, surtout avec les bâtiments à fond plat dont l'arête râpe sur le parement pour le démolir ou s'y faire des avaries. Un parement à 1/5 exige l'emploi de la pierre de taille et l'usage a consacré ce mode de construction sur tous les points du cours de la haute Charente, à peu près sans exception, même chez les propriétaires.

    Enfin, le couronnement en pierre de taille dure avec mortier doit être conservé car chacn sait que c'est là la partie de la construction qui s'use le plus vite."

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1786 : travaux de charité ; détail estimatif des ouvrages à faire pour l'élargissement d'un quai sur la rive gauche de la Charente.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : C 241
  • 1789 : Ateliers de Charité ; aplanissement d'un quai le long de la ville de Saintes et établissement d'un port au faubourg de la Bretonnière.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : C 241
  • 1885, 31 août : courrier du ministère des travaux publics au préfet relatif aux réclamations présentées par les entrepreneurs Bonniot et Marchat.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1170
  • 1809, 10 mai : devis de l'ingénieur Labretonnière pour la continuation du quai de Saintes, sur la rive gauche de la Charente, depuis la chaussée du port des Frères jusqu'au Bois-d'Amour.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4568
  • 1900, 29 mars : rapport de l'ingénieur civil Robin relatif aux dragages de la rivière Charente.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 4568
  • 1854, 26 juin : Avant-projet de perfectionnement de la navigation sur la rivière Charente, mémoire dressé par l'ingénieur en chef des ponts et chaussées.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 12448
  • 1843, 15 avril : devis des ouvrages à exécuter pour l'achèvement des travaux accessoires du pont suspendu de Saintes et pour la démolition du vieux pont.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 27 S 41
  • 1936, 1er septembre : Projet de travaux pour l'élargissement du quai de la République.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 27 S 260
  • 1846, 28 décembre : ordonnance de Louis-Philippe relative aux alignements du quai Bassompierre, rive droite à Saintes.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 27 S 263
Documents figurés
  • 1891, 14 octobre : plan d'alignement des quais de Saintes, rive gauche, par le sous-ingénieur Héraud.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 27 S 263
Bibliographie
  • 1680, 1 décembre : aveu par François Duplais de la coutume du pont de Saintes (AD Gironde, C 2250, n°276). Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, XLV, Saintes : J. Prévost, 1914.

    p. 301-307
  • Barreaud, Cécile. Urbanisme et architecture à Saintes de 1781 à 1914 ; le cas du Cours National et de l'avenue Gambetta. Mémoire de maîtrise, Université de Tours, 1998.

    p. 13
  • Clouet, Marcel. "Les ports de mediolanum". Recueil de la Commission des arts et monuments historiques de la Charente-Maritime, 2e nouvelle série, 1er volume, 1964, p. 69-73.

    p. 71
  • Forêts, Mathieu. "La politique des travaux publics à Saintes dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et ses conséquences". Revue de la Saintonge et de l'Aunis, Tome XXVI, 2000, p. 95-135.

    p. 112-115
  • Glénisson, Jean. Dir. Histoire de l'Aunis et de la Saintonge : des origines à la fin du VIe siècle après J.-C. Tome troisième. / Louis Maurin. La Crèche : Geste éditions, 2007.

    p. 226
  • Joanne, Adolphe. Dictionnaire géographique, administratif, postal, statistique, archéologique de la France, de l'Algérie et des colonies, 2e édition, [volume 2], M-Z, Paris,1869.

    p. 2003
  • Larue, A. Manuel des voies navigables de la France, avec leur prolongement au-delà des frontières (2e édition révisée et augmentée). Creusot : Pautet, 1877.

    p. 55
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