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Port de Martrou

Dossier IA17051066 réalisé en 2019

Fiche

Á rapprocher de

AppellationsPort de Martrou
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - cantons du département 17
AdresseCommune : Échillais
Lieu-dit : Martrou

Le port de Martrou est attesté au Moyen Age, des droits y sont perçus sur les marchandises, comme à Soubise et à Rochefort. Selon Georges Musset, ces droits, qui étaient importants au 17e siècle, avaient peut-être alors bénéficié de l'absorption de ceux de Rochefort. Un passage d'eau y existe sans doute bien avant sa mention sur une carte du Cours de la Charente datée de 1689.

Sous la Première République, un lieutenant et cinq douaniers contrôlent le trafic portuaire. Une guérite, située à l'angle des actuelles rues du bac et de Martrou, est affectée au service des douanes. Un bureau des douanes est construit à l'est du passage d'eau après 1852.

A partir de 1843, des gabares chargées de pierres extraites des carrières de Varaize, la Pierrière, les Erronnelles et Bois-Bernard partent de Martrou pour servir à la construction du Fort Boyard. Un état des marchandises embarquées au port entre 1845 et 1849 montre qu'il s'agit surtout de céréales, foin, bois de chauffe, os d'animaux et engrais, chargés pour descendre ou remonter le fleuve, les pierres ne sont alors pas mentionnées. Pourtant ce trafic est important puisque, de février à octobre 1850, 240 bâtiments chargent des moellons pour Fort Boyard.

En 1850, des commerçants d'Echillais rédigent une pétition contre un arrêt de l'Administration de 1848 qui précisait les limites du mouillage aux abords du passage de Martrou pour les bâtiments naviguant sur la Charente. Les dispositions de cet arrêt nuisent en effet au commerce des moellons déposés aux abords du passage. Pour concilier les différents intérêts, le conseil municipal propose alors l'agrandissement d'un chenal qui longe le lieu de dépôt des moellons. Après 1852, un bureau des douanes est construit à l'amont de la cale du passage.

Sur un plan des années 1860, la zone de mouillage s'étend d'une vingtaine de mètres en amont de l'embouchure de l'Arnoult et à la même distance en l'aval de l'emplacement du futur pont transbordeur. La demande d'un quai et d'un bassin de mouillage par la municipalité à l'Administration, en 1864, est rejetée. Le bord du chenal sert de quai d'embarquement sur 20 mètres de large, et les terrains autour sont réservés aux dépôts des pierres.

Fredonnet et Turque, dans leur monographie sur Echillais en 1913, évoquent le passé du petit port de Martrou. Dans les années 1880-1890, les pierres, provenant essentiellement de la carrière d'Erronelles, étaient chargées sur des gabares pontées pour leur transport vers La Rochelle (pour la construction du bassin de la Pallice), les îles de Ré et Oléron. De ces mêmes îles arrivaient des barriques de vin. Le petit chenal de l'embouchure de l'Arnoult servait de bassin de mouillage aux dundees et aux sloops venant se charger de pierres.

En 1882, des parcelles de terrain domanial, "qui servent de port aux pierres ou dépôts permanents de matériaux qui s'embarquent sur ce point pour les chantiers environnants" sont amodiées au profit de la commune d'Echillais. Six lots servant de lieu de dépôt de marchandises sont proposés en adjudication par la commune. Une réserve, qui comprend notamment une cale de construction et de réparations des bacs, est faite pour l'exploitation du passage d'eau. Un magasin est d'ailleurs construit pour le service des ponts et chaussées entre 1855 et 1880 ; jouxtant le bureau des douanes, il sert à entreposer le matériel de maintenance du passage. Dans ces mêmes années, les chaloupes à vapeur, qui assurent le service entre Rochefort et Port-des-Barques, font un arrêt au port de Martrou.

La construction, puis la mise en service du pont transbordeur en 1900 rend indisponible la partie aval du port et diminue grandement le trafic. La fermeture du bureau des douanes en 1910 est ainsi sans doute causée par le ralentissement des échanges. L'atelier de réparation des bacs et vapeurs, implanté à l'est de l'ancienne grève du passage, fonctionne toutefois encore en 1913 pour les bateaux du passage de Soubise. En 1930, les chargements de pierres se poursuivent, en témoigne l'échouage sous le pont transbordeur d'un "voilier chargé de pierre à bâtir sortant du petit port de Martrou à la suite d'une panne de son remorqueur." Cependant, tout trafic semble cesser au moment de la Seconde Guerre mondiale.

Le bureau des douanes a aujourd'hui disparu, et le chenal, très envasé, n'évoque plus du tout un lieu de mouillage et d'accostage pour les gabares ou autres bateaux de transport de pierre. Le magasin des ponts et chaussées accueille un centre d'interprétation, la Maison du Transbordeur. A côté, la structure d'un chalutier breton en chêne rappelle l'ancienne activité de construction et de réparation navale du site. Un batardeau, élevé en 2018 devant l'ancienne cale du passage, préserve la partie basse de l'écart de Martrou de la submersion marine.

Période(s)Principale : Moyen Age, Temps modernes, 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle

L'ancien port de Martrou se situe sur la rive gauche du fleuve, au nord de l'écart du même nom qui s'est formé sur le coteau. De nos jours, les traces de l'activité passée sont inexistante hormis le magasin des ponts et chaussées, actuellement Maison du Transbordeur, bâti en moellon enduit. Doté d'une ouverture en plein cintre dans son mur pignon ouest, il est en rez-de-chaussée et couvert d'un toit en tuile creuse. Sa façade sud est percée d'une large porte en arc segmentaire encadrée par deux grandes fenêtres en plein cintre.

L'emplacement de la cale du passage d'eau, tout comme l'ancien chenal qui servait au mouillage des gabares, sont encore visibles mais désormais très envasés.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesen rez-de-chaussée
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Statut de la propriétépropriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Rivières navigables et flottables : passages d'eau de Martrou et Soubise, 1850-1886.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 6007
  • 1882, 8 janvier : cahier des charges de l'ajdudication du tarrain vague faisant partie du domaine public.

    Archives municipales, Echillais
Bibliographie
  • Fredonnet, J. Turque, M. Monographie de la commune d'Echillais, Rochefort-sur-Mer : Imprimerie veuve H. Laugraud,1913.

    p. 19
  • Le Petit Journal, 24 août 1930.

    p. 3
  • Galland, G., Véron, P. Compagnie des chaloupes à vapeur de la Charente. Rochefort : bureau central de l'exploitation, 1880.

    p. 18
  • Girard, Benjamin. L'Aunis et la Saintonge maritimes, Niort : Imprimerie Niortaise, 1901.

    p. 184
  • Les amis du patrimoine échillaisien. La pierre ; patrimoine d'Echillais. Echillais, 2009.

    p. 41-45
  • Musset, Georges. Ports francs, étude historique, La Rochelle : Noël Texier, 1904.

    p. 62-63
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Moisdon Pascale