Logo ={0} - Retour à l'accueil

Port de La Pallice

Dossier IA17013128 réalisé en 2007

Fiche

  • Vue du bassin à flot.
    Vue du bassin à flot.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • avant-port
    • jetée
    • bassin à flot
    • bassin de radoub
    • écluse
    • gare
    • pont mobile
    • embarcadère
Appellationsde La Pallice
Parties constituantes non étudiéesavant-port, jetée, bassin à flot, bassin de radoub, écluse, gare, pont mobile, embarcadère
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonRochelle faubourgs (La) - Rochelle (La)
AdresseCommune : La Rochelle
Lieu-dit : la Pallice, Laleu
Cadastre : 2003 BC ; 2003 BE

Au XIXème siècle, le port de La Rochelle ne répond plus aux exigences de la navigation maritime. L´augmentation du trafic, la croissance dans le tonnage des navires, le remplacement des voiliers par des navires à vapeur privent progressivement La Rochelle du statut de port de premier rang ouvert à la grande navigation. En 1873, la chambre de commerce prend conscience du problème et affirme son souhait de voir La Rochelle se doter d´un port moderne. Une commission d´étude et d´exploration de la baie de La Rochelle et de ses abords dirigée par l´ingénieur hydrographe Bouquet de la Grye est mise en place en 1876. Deux options se dessinent. La première consiste à créer un port de grande profondeur à La Rochelle même, le long de la gare, relié à la mer par un chenal. Cette solution pose cependant de nombreuses difficultés dont l´énormité des dépenses à engager. La seconde, que défend Bouquet de la Grye, privilégie l´établissement du nouveau port à quelques kilomètres de la Rochelle vers le nord de la baie, dans un secteur protégé et proche des grands fonds. Ce choix pose également un certains nombre de problèmes. Le site est tout de même à environ cinq kilomètres de La Rochelle, ce qui impose le développement d´infrastructures de liaisons. Par ailleurs, les terrains ne relèvent pas de la commune de La Rochelle mais de celle de Laleu. L´ingénieur réussi néanmoins à convaincre les membres de la chambre de commerce ainsi que les élus. La création du port à ce que l´on nomme encore la Mare à la Besse, est déclarée d´utilité publique et autorisée par une loi promulguée le 2 avril 1880. La commune de Laleu est donc annexée la même année. En 1881, les terrains sont expropriés et les immenses travaux débutent. Ils dureront dix ans. Le port comporte alors les ouvrages suivants : l´avant-port, les jetées nord et sud, deux écluses, le bassin à flot, les formes de radoub et une amorce de canal sur le quai Est pour agrandissement ultérieur du port et sa mise en communication avec un autre bassin qui ne sera jamais construit. Le port est inauguré en grandes pompes le 18 août 1890 par le président de la République Sadi Carnot. L´ouverture à la navigation est quant à elle déclarée par un arrêt préfectoral du 5 juin 1891.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Bouquet de La Grye ingénieur

Parrallèlement aux travaux de construction, les installations portuaires et administratives sont établies sur les terre-pleins qui entourent le bassin à flot. « D'une largeur de 200 mètres, les terre-pleins sont séparés en deux zones de 100 mètres chacune. La première zone est consacrée aux voies ferrées, au dépôt de marchandises, à une large voie de ceinture, ainsi qu'à la construction de hangars abritant diverses marchandises. Les terre-pleins autour du bassin sont sillonnés de nombreuses voies ferrées reliées entre elles. L'une d'elles se prolonge jusqu'aux abords de l'avant-port, à l'extrémité du brise-lames nord, de façon à desservir l'appontement établi au pied de ces brise-lames. Une salle de visite est d'ailleurs construite, à l'extrémité sud-est de l'appontement, afin de faciliter les opérations de douane à l'arrivée des voyageurs débarqués des paquebots transatlantiques. Ce débarcadère, faisant fonction de gare maritime, est constitué par un bâtiment de 40 mètres de longueur sur 15 mètres de largeur, établi sur un plancher métallique supporté par des mobiliers en maçonnerie. Une voie ferrée, établie sur les boulevards de ceinture du bassin reliée à celle des quais, permet la desserte des usines. Par ailleurs, pendant la guerre 1914-1918, le Génie militaire commence les travaux destinés à doubler la voie ferrée de La Pallice au pont de Saint-Maurice. Un faisceau de triage est établi à Vaugouin. Un pont à bascule de 40 tonnes et quatre autres de 20 tonnes chacun sont établis sur les voies desservant les quais nord et sud du bassin. Un décret du 9 janvier 1891 autorise la Chambre de Commerce à établir et à administrer sur les quais du bassin de La Pallice des hangars et des grues pour le chargement et le déchargement des bateaux, la manutention des marchandises, le mâtage et le démâtage des navires. Deux hangars sont établis sur le terre-plein du quai nord, cinq autres sur le terre-plein du quai sud. La surface totale couverte de ces hangars est de 7 357 m2. La Chambre de Commerce met également en place, pour l'exploitation du port, une grue fixe de 10 tonnes actionnées à bras d'hommes, et 16 grues à vapeur de 1500 kgs chacune pouvant se déplacer en bordure des quais sur une voie spécialement affectée à cet usage. Cette installation est complétée et modernisée vers 1918. Un entrepôt réel des douanes ouvre au commerce en 1893 sur le quai sud du bassin. Il est administré par la Ville de La Rochelle. L'éclairage électrique établi sur les quais du bassin, l'écluse et les jetées de l'avant-port, permet de ne pas interrompre le trafic du port la nuit ; une usine électrique construite près de l'appontement de l'avant port alimente cet éclairage. Par ailleurs, sur les quais du bassin sont installées des bouches d'eau potable afin d'alimenter les bateaux et de lutter contre d'éventuels incendies. [..] Par une seconde loi du 16 janvier 1897, la Chambre de Commerce obtient en outre la concession, pour une durée de 99 ans, de tous les terrains disponibles sur la seconde zone des terre-pleins du bassin, en dehors de ceux affectés à divers services de l'Etat ou de ceux réservés pour l'établissement ultérieur d'une gare. Ces terrains sont exclusivement affectés à des magasins et à des établissements à usage public relatifs à l'exploitation du port, ainsi qu'à des occupations temporaires de parcelles destinées aux industriels. Sur les terre-pleins sud, on construit des dépôts de charbon et des usines à briquette. Sur les terre-pleins nord, la Chambre de Commerce fait construire, sur la parcelle n°1, des magasins publics qu'elle exploite comme magasins généraux et qui couvrent 2800 m2. Plus tard, des négociants en vin s'installent sur la parcelle n°2. En 1918, on termine sur la deuxième zone nord la construction d'un entrepôt frigorifique, le plus moderne de France. Le bâtiment principal comprend, outre une chambre de congélation de 300 tonnes, 5 étages avec des chambres de 2600m3 de capacité chacune pouvant contenir un total de 4300 tonnes de viande congelée. [..] Enfin, différents services administratifs sont établis sur le terre-plein de l'écluse et sur le quai nord du bassin. On y trouve les bureaux des ingénieurs et du port, la caserne et la recette des douanes, le bureau de l'inscription maritime, les bureaux des agents de la Chambre de Commerce, la gare de chemin de fer, mais également un bâtiment qui abrite à la fois le service de l'octroi et la poste.» Les nombreux problèmes de vols de marchandises et de sécurité conduisent à l'implantation d'un poste de police avec chambre de sûreté et morgue dont la construction en bordure du boulevard Emile Delmas est achevée en 1900. Dès le début du XXème siècle, les installations portuaires se révèlent insuffisantes pour faire face à l'augmentation du trafic et aux dimensions toujours plus grandes de certains navires. Des travaux d'extension du port sont donc mis à l'étude dès 1907. Leur déclaration d'utilité publique n'intervient malheureusement qu'en avril 1914 et leur exécution est suspendue pendant la guerre. Le trafic commercial cède en effet alors la place aux exigences militaires. Au lendemain de la guerre, et après des études, un nouveau programme d'extension visant à augmenter la capacité commerciale et industrielle du port est adopté en 1923. Ce dernier consiste à améliorer les ouvrages existants et à créer au large un nouvel ouvrage d'escale accessible aux plus grands navires. « La passerelle pour piétons, établie sur l'écluse, est remplacée en 1924 par un pont tournant à manoeuvre électrique, donnant passage à une route et à une voie ferrée qui facilitent ainsi les communications entre les quais. L'ancienne chambre d'épanouissement est remblayée ; un brise-lames est construit et un terre-plein à l'ouest du bassin à flot est aménagé. Le quai ouest du bassin où se trouvaient autrefois les sous-marins peut alors être utilisé pour le déchargement des navires. Quant au terre-plein, il pourra recevoir des industries. Enfin, on transforme l'extrémité de la jetée nord en quai accostable, doté d'une galerie pour les conduites de pétrole (pipe-lines), complément nécessaire pour la souille de 300 mètres. Un terre-plein est aménagé derrière la jetée nord ; il est constitué avec les terres provenant du creusement du bassin. Ces travaux sont achevés vers 1926. » Lors de la seconde guerre mondiale l'implantation d'une base sous-marine fait du port de La Pallice une position stratégique de premier rang dans le cadre du mur de l 'Atlantique. De nombreux et imposants ouvrages défensifs sont construits sur le port qui est durement touché par les bombardements alliés. A la libération, une importante campagne de déminage et de lourds travaux sont nécessaires pour remettre le port en état de fonctionnement. La construction d'un môle en eaux profondes avait été entreprise au début des années 1930 afin de faciliter l'escale des paquebots qui transitent alors entre La Pallice et l'Amérique du Sud, l'Afrique de l'ouest et l'Extrême-Orient. Il faudra cependant attendre la fin de la seconde Guerre Mondiale pour son achèvement et 1951 pour la construction d'une véritable gare maritime. Au milieu des années 1960, cette gare maritime cesse de fonctionner. Le port fera par la suite l'objet de nouveaux travaux d'extension et de modernisation pour poursuivre son développement : agrandissement du môle d'escale, réalisation d'un appontement destiné aux produits pétroliers, construction de nouvelles installations affectées au trafic du bois sur des terrains gagnés sur la mer. En 1994, cet ensemble est complété par la création d'un nouveau port de pêche doté d'une plate-forme logistique et commerciale à Chef-de-Baie. Textes extraits de : DENIS Sylvie, BEZIAUD Nicole ; La Rochelle-Pallice, l'Escale Atlantique. Mémoire du quartier de La Pallice 1880-1945 ; Archives Municipales de La Rochelle ; 1990 ; pp. 15-41.

Statut de la propriétépropriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • A. M. La Rochelle. (1880) Plan des travaux du port de La Rochelle. Echelle 1/2500. (1888) Plan général du port et de la baie. En rouge, les dispositions projetées pour le nouveau bassin de La Pallice. Echelle 1/10 000. (1921) Plan général du port de La Rochelle-Pallice. Echelle 1/5 000. (1935) Plan de La Pallice présentant notamment les projets de tracés viaires et d'implantation d'une gare à proximité de la rue de Montréal. Carte postale ancienne montrant un vapeur en réparation dans l'une des formes de radoub et vue du France I [bateau du musée maritime de La Rochelle, qui y faisait l'objet d'opérations d'entretien lors de la réalisation de cette étude].

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de La Rochelle (c) Communauté d'Agglomération de La Rochelle - Cussey Yann