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Pont

Dossier IA86011550 réalisé en 2017

Fiche

Dénominationspont
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
Hydrographiesla Creuse
AdresseCommune : La Roche-Posay
Cadastre : 2014 AM 301 (près de)

Afin de traverser la Creuse, il y avait primitivement un pont en maçonnerie, construit au moins depuis le 12e siècle. Effondré au milieu du 18e siècle, les habitants de La Roche-Posay et des environs ont dû se contenter d'un bac pour pouvoir traverser la rivière. Ce n'est que sous la Restauration, au début du 19e siècle, qu'un nouveau projet pour la construction d'un pont voit le jour.

En 1824, des plans sont dressés par l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, basé à Poitiers. Dans ce projet primitif, le pont est supporté par une pile centrale, rattachée à la rive droite de la Creuse par une grande rampe, probablement en pierre. En 1831, le nouvel ingénieur en chef, G. de Bagnac, modifie le programme architectural: il opte pour un modèle plus classique et remplace la pile centrale par deux pylônes en pierre. Ces derniers sont posés sur les culées, ce qui en fait un pont sans piles. Le projet de construction du pont suspendu sera approuvé un an plus tard par le roi Louis-Philippe. Les coûts de constructions et d'entretien seront pris en charge grâce à la perception d'un droit de péage, concédé à un privé par adjudication publique. La concession est fixée à partir de 1832 pour 99 ans et fût adjugée à M. Bayard de la Vingtrie. À cette date, des affiches sont réalisées pour trouver un constructeur et pour informer la population de la construction future du pont. En 1833, un nouveau projet est imaginé par les ingénieurs des Ponts et Chaussées. Cette fois, le pont est muni de deux piles séparées des culées de seulement quelques mètres. Entre les deux, le tablier du pont est supporté par une charpente un bois. Les gardes-fous métalliques sont aussi remplacé par des gardes-fous en bois. C'est ce projet qui sera finalement réalisé, à l’exception des pylônes dont la forme sera modifiée. Après une phase de travaux, le pont est livré le 21 avril 1835. La construction est mise à l'épreuve pour tester sa résistance : plusieurs mètres cubes de pierres sont répartis sur toute la longueur du tablier. Après 24h, les ingénieurs vérifient l'état du pont. Malgré le fléchissement du tablier, ils le jugent assez solide et les pierres sont retirées.

Jusqu'au début du 20e siècle, il fallait payer pour pouvoir passer sur le pont, en raison du droit de péage accordé au concessionnaire lors de la construction. Cela ne manquait pas de choquer les curistes et touristes, qui voyaient là un archaïsme digne de l'époque féodale. La commune décide donc de racheter la concession du droit de péage grâce à une subvention de 4000 francs allouée par les départements de la Vienne et de l'Indre-et-Loire. Entre 1924 et 1928, le pont est en mauvais état et plusieurs campagnes de réparation sont entreprises. De plus, le pont est incommode puisque son étroitesse permet difficilement à deux charrettes de se croiser. Avec la généralisation du transport automobile, l'urgence de la modernisation du pont se fait sentir. Il faut le reconstruire, l'élargir et augmenter la limite de charges qu'il peut supporter.

Le pont suspendu est finalement remplacé par un pont en arc à tablier supérieur, dont l’arcade principale enjambe la Creuse, ici, large de 90 mètres. Le projet fut présenté en 1933 au Conseil municipal et le nouveau pont fut inauguré en 1937. Il s'agit d'un des exemples les plus précoces de construction en béton armé Hennebique dans le département. La construction est dû à deux architectes, MM. Bounisseau et Mathés. L'entreprise de travaux est dirigée par M. Métivier.

Les pylônes du pont suspendu furent rasés à une certaine hauteur afin de construire un nouveau tablier plus large et doté de trottoirs pour les piétons. Les arcades sont construites en prenant assise sur la base des anciens pylônes. Avant sa mise en service, il fut aussi testé avec une importante charge et les Ingénieurs des Ponts et Chaussées le déclarèrent viable.

Le 22 juin 1940, les troupes allemandes entrent à La Roche-Posay après avoir été fort retardées grâce à la conduite héroïque des Zouaves du IVe régiment. Le pont de La Roche-Posay, l’un des seuls sur la Creuse, devait permettre aux allemands de rattraper l’armée française. Cependant, pour ralentir l’invasion, il fut miné et des pièces d’artillerie placées sur la rive gauche de la rivière. Lors de l’explosion seulement 20 mètres du tablier furent détruits, n’empêchant pas une réparation sommaire du pont par les allemands. Un combat intense est alors engagé pendant 48h par les Zouaves du IVe régiment. En dépit de leur acharnement, les Zouaves, dépassés par le nombre de soldats ennemis et leurs équipements, abandonnèrent le combat, laissant les allemands prendre possession de La Roche-Posay.

Enfin, c’est en août 1944 qu’un évènement déterminant vint mettre fin à cette douloureuse période de guerre. En effet, sur le pont de La Roche-Posay, durant 10 jours et 10 nuits, a eu lieu la retraite de 200 000 soldats de l’armée allemande en déroute cherchant à retourner au plus vite sur leur territoire. Les forces de la Résistance saisirent alors l’occasion de provoquer un maximum de dégâts dans les troupes ennemies. La réplique fut très puissante mais le pont ne subit aucun dégât important.

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates1835, daté par source
1937, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Bounisseau ingénieur attribution par source
Auteur : Mathés ingénieur attribution par source
Auteur : Métivier entrepreneur de maçonnerie attribution par source
Auteur : de Bagnac G.
de Bagnac G.

Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de l'arrondissement du nord (Vienne) dans la première moitié du 19e siècle.


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ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source

Ce pont est situé à l’entrée nord du bourg de La Roche-Posay. En enjambant la Creuse, il permet de relier le département de la Vienne à l’Indre-et-Loire.

Ce pont est constitué de trois arches : deux en plein cintre situées aux extrémités et une arche centrale en arc surbaissé d’une portée d’environ 60 mètres. Les piles et culées sont en pierre de taille et correspondent aux piles de l'ancien pont suspendu. L’arche centrale et ses petits piliers, le tablier et le parapet du pont sont en béton armé.

Mursbéton
Statut de la propriétépropriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Pont suspendu de La Roche-Posay.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 S 99

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Fouré Céline - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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