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Pont mobile de Taillebourg (détruit)

Dossier IA17050907 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Dénominationspont mobile
Aire d'étude et cantonVallée de la Charente - cantons du département 17
HydrographiesCharente (la)
AdresseCommune : Taillebourg

La construction d'un nouveau pont à Taillebourg, sur le chemin de grande communication n° 83 de Semussac à Saint-Jean-d'Angély, fait l'objet de demandes répétées de la part de la population dans les années 1870-1880. Un projet est approuvé par le Conseil général en 1880, mais le choix de l'emplacement est remis en cause par le service vicinal qui opte pour une situation en amont, plus proche de la gare. Il faut attendre juillet 1891 pour que le pont, situé près du port, à une dizaine de mètres en amont du premier pont, soit ouvert à la circulation. Ce pont est placé en aval du passage de bac qu'il est destiné à remplacer, et au débouché de la chaussée Saint-James sur la rive gauche.

L'adjudication des travaux de maçonnerie est faite, le 22 octobre 1885, en faveur de P. Vazeille, ingénieur civil et entrepreneur. La construction du tablier métallique est adjugée quant à elle, en août 1890, à la maison parisienne Moisant, Laurent, Savey et Compagnie. L'ouvrage est doté d'une travée mobile, qui tourne du côté de la rive droite de façon à ne pas nuire à la navigation. Les piles sont fondées à l'air comprimé sur le rocher à une cote de - 15 mètres.

Un quai est bâti le long de la passe marinière pour faciliter le halage et l'amarrage des bateaux, ce qui entraîne la démolition d'une cale. Ce quai et la culée du pont sont fondés sur pieux à la cote - 10,80 mètres. Au moment de la construction du pont, réalisée sous la responsabilité de l'agent-voyer de l'arrondissement de Saintes, Emile Boinot, le lit de la Charente fait l'objet de travaux d'approfondissement au niveau de la passe marinière.

L'agent pontier chargé de la manoeuvre du pont est logé dans une maison située à proximité, sur la place autrefois appelée Guignette et qui se nomme aujourd'hui "place du Pontier".

Lors de sa construction, on estime que ce pont doit comprendre deux voies de circulation pour répondre aux besoins d'une commune située à la jonction de deux chemins de grande communication et disposant d'une gare dotée d'une double branche de chemin de fer. En 1894, on compte le passage de 108 véhicules par jour sur le pont et la section du chemin de grande communication n° 83.

En 1902, le pont fait l'objet de travaux de consolidation pour permettre l'établissement de la ligne du réseau secondaire de voies ferrées entre Taillebourg et Saint-Porchaire. Démoli à la fin de la Seconde Guerre mondiale par les troupes allemandes, il est reconstruit de façon provisoire par l'Entreprise générale charentaise à Rochefort.

Au début des années 1980, un nouveau pont est construit en amont du pont mobile qui est alors démoli.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Moisant, Laurent, Savey et Compagnie
Moisant, Laurent, Savey et Compagnie

fabrication du tablier métallique du pont de Taillebourg.


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fabricant attribution par source
Auteur : Boinot Emile
Boinot Emile

Agent voyer à Saintes à la fin du 19e siècle et début 20e siècle.


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Auteur : Vazeille P
Vazeille P

Ingénieur civil et entrepreneur ; adjudicataire des travaux de maçonnerie du pont de Taillebourg, en 1885.


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entrepreneur attribution par source

Le pont, d'une longueur de 85 mètres, disposait de deux voies de circulation, sauf sur la travée mobile à une seule voie.

Ce pont, qui reposait sur des culées maçonnées, était doté d'un tablier en fer laminé. Il était constitué de deux travées fixes solidaires de 27 mètres de portée entre les piles et une travée tournante de 12 mètres de portée. La partie fixe comprenait deux travées constituées de deux poutres latérales à treillis de 2,50 mètres de hauteur, divisées par des montants espacés de 2,08 mètres (13 dans chaque travée), et des parties à âme pleine sur les piles et les culées. Ces poutres étaient réunies par des entretoises, au droit des montants, supportant la chaussée par l'intermédiaire de voûtains en brique.

Murscalcaire pierre de taille
métal

Annexes

  • Extrait de La Charente, 4 avril 1891.

    "Mardi a eu lieu l'importante opération de lancement du pont de Taillebourg. Une foule nombreuse y assistait.

    M. le sous-préfet de Saintes s'était rendu à Taillebourg à cette occasion ainsi que la plupart des maires des communes voisins parmi lesquels ceux des deux communes directement intéressées, Taillebourg et Port-d'Envaux.

    On remarquait M. l'agent voyer en chef du département ; M. Boinot, agent voyer d'arrondissement à Saintes, auteur du projet ; des officiers de la garnison de Saintes, des conducteurs des ponts et chaussées, etc.

    L'opération s'est effectuée sans accident, et l'on a été véritablement émerveillé de la facilité avec laquelle cette masse énorme de fer a pu être manoeuvrée par quatre ou cinq hommes d'une rive à l'autre de la Charente.

    Ce lancement a fait éprouver une vive satisfaction aux populations riveraines qui attendaient avec une grande impatience la construction du pont de Taillebourg.

  • Extrait d'un rapport de l'ingénieur Moreau relatif aux dragages des abords du pont de Taillebourg, le 27 avril 1893. AD Charente-Maritime, S 6509.

    « Le pont se compose de deux culées et de deux piles en maçonnerie supportant trois travées d'un tablier métallique : la travée de rive droite est mobile, les deux autres sont fixes. La travée mobile a été disposée pour les navires de mer à mâts fixes, et la travée centrale pour les bateaux de rivière à mâts à bascule. Ces derniers bateaux peuvent utiliser la passe centrale en tous temps ; rien n'est changé pour eux, ni la profondeur des eaux, ni la direction des courants. Les bateaux de mer ou ceux à mâts fixes trouvent, dans le pont, un obstacle sérieux ; pour en approcher, ils sont obligés de ralentir leur marche, de faire des signaux, de demander l'ouverture de la travée mobile, d'abandonner la direction de la passe naturelle et de manoeuvrer souvent contre les vents et les courants pour arriver dans la passe marinière. [...]

    Les piles du pont de 1891 ont été faits à l'air comprimé jusqu'au rocher à la cote (-15,00) environ. La culée de rive droite et les quais voisins sur 80 mètres de longueur ont été fondés sur pieux à la cote (-10,80) dans l'enceinte d'un batardeau général qui embrassait aussi la pile voisine. On a pu, dans cette enceinte, exécuter les déblais de la passe à l'air libre, mais il en a été autrement quand il a fallu enlever le batardeau et déblayer autour de lui. Après avoir tenté vainement d'arracher les pieux, on les a coupés, mais pour les couper, il a fallu déblayer autour d'eux, à l'aide du scaphandre, de sorte que ces déblais ont atteint le prix de 60 francs par mètre cube.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1893, 27 avril : rapport de l'ingénieur Moreau relatif aux dragages des abords du pont de Taillebourg.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 6509
  • 1945, 19 septembre : rapport de l'ingénieur relatif à l'effondrement de la travée centrale aux cours des opérations de relevage du pont de Taillebourg.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 27 S 32
  • 1950, 1er février : procès-verbal de remise du pont de Taillebourg au département de la Charente-Maritime.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 27 S 65
Documents figurés
  • Construction d'une cale au port de Taillebourg ; plan et profil, par l'ingénieur ordinaire Moreau, le 25 juillet 1893.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1013
  • Plan des abords du pont de Taillebourg, sans date [fin 19e siècle].

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 12432
  • Construction d'une cale au port de Taillebourg ; plan et profil, par l'ingénieur ordinaire Moreau, le 25 juillet 1893.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1013
  • Plan général de la Charente aux abords du pont de Taillebourg, par l'ingénieur ordinaire Moreau, le 5 novembre 1894.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1199
  • Dragages aux abords du pont de Taillebourg ; réclamation de la dame veuve Balland. Plan des lieux, par l'ingénieur ordinaire Moreau, le 29 janvier 1895.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1199
  • Photographie des ruines du pont, vers 1945.

    Collection particulière
  • Vue générale de Taillebourg avec le pont mobile, en 1955. Photo Roger Henrard.

    Région Nouvelle-Aquitaine, service de l'inventaire du patrimoine culturel, Poitiers
Bibliographie
  • Rapports et délibérations, Conseil général de la Charente-Inférieure, session d'avril 1885.

    p. 401-408
  • Rapports et délibérations, Conseil général de la Charente-Inférieure, session d'août 1889.

    p. 195
  • Rapports et délibérations du Conseil général de la Charente inférieure, session d'août 1903.

    p. 135
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Moisdon Pascale - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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