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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
  • Commune Le Verdon-sur-Mer
  • Lieu-dit Cordouan
  • Cadastre 2013 BW 1
  • Dénominations
    phare
  • Appellations
    Cordouan
  • Parties constituantes non étudiées
    logement

L'île de Cordouan, dépendant de l'abbaye de Cluny, est mentionnée dans une charte de Cluny (1088) indiquant l'installation d'un oratoire par l'abbé Étienne de Saint-Rigault et du frère prieur Ermenaud. Ils auraient été chargés de sonner une cloche et d'allumer un feu en cas de danger pour les marins. Confrontés à la difficulté d'accès et de vie sur l'île, ils s'établissent au lieu-dit de Grave et sont autorisés par l'abbé de Cluny à y construire un prieuré, Saint-Nicolas de Grave.

Après 1360, Édouard de Woodstock - le Prince Noir - aurait fait édifier une tour à feu dotée d'une chapelle. De forme polygonale et élevée à 16 mètres au-dessus du sol, elle était terminée par une plate-forme sur laquelle on allumait un feu de bois.

Sous le règne d'Henri III, en 1582, la reconstruction de l'édifice, alors en mauvais état, est décidée et confiée à l'architecte Louis de Foix. Un premier projet d'une tour ronde à trois étages est établi en 1584 et les travaux sont engagés ; après les Guerres de Religion, Louis de Foix propose, en 1594, un nouveau projet à Henri IV, avec notamment l'ajout d'une chapelle et un riche programme sculpté. L'ensemble est achevé en 1611 : après la mort de Louis de Foix en 1606, c'est François Beuscher, maître des fortifications du roi en Guyenne, qui termine le chantier.

A peine 40 ans plus tard, la tour ayant subi les assauts des flots est en mauvais état. En 1663, d'importants travaux de restauration sont menés.

En 1727, le phare est muni d'une nouvelle lanterne en fer sous la direction de l'ingénieur Bitry. La voûte de la tribune et la tourelle d'escalier sont alors consolidées par les architectes Étienne Dardan et Buissière. Une chaussée de débarquement est aménagée de 1739 à 1742.

En 1786, la partie haute de l'édifice menaçant de s'écrouler est cerclée de fer. Dans les années 1780, le projet d'exhaussement de la tour suscite plusieurs propositions : c'est finalement celle de l'ingénieur Joseph Teulère, consistant à surélever la tour de 60 pieds en conservant les niveaux jusqu'à celui de la chapelle, qui est adoptée. Les travaux sont terminés en 1790. L'escalier qui dessert ces nouveaux niveaux est réalisé par Jean Besse aîné.

Au début du 19e siècle, Cordouan devient le chantier d'expérimentation d'Augustin Fresnel pour les appareils lenticulaires : en 1823, il installe à Cordouan le premier appareil à lentilles à échelons. En 1854, ce système est remplacé par un appareil à éclipses. En 1850, une importante campagne de restauration est engagée sous la direction de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de la Gironde, Pairier. La chapelle fait l'objet de travaux avec notamment l'installation de vitraux du peintre-verrier de Tours, Julien Léopold Lobin.

En 1862, le phare est classé Monument historique. En 1926, puis dans les années 1980, en 2005 et encore récemment, le phare fait l'objet d'importants travaux de restauration et de consolidation.

Le phare, s'élevant à 67,50 m, est construit au large de la Pointe de Grave, sur un rocher entouré de bancs de sable, et signale l'embouchure de la Gironde.

Il est composé d'une tour tronconique en pierre de taille reposant sur un mur d'enceinte de 41 m de diamètre et 8,30 m de hauteur également en pierre de taille. Sont abritées dans les murs de cette plate-forme des espaces affectés aux gardiens (logements, magasins, ateliers, cuisines et bureaux). Une poterne y donne accès depuis la jetée. Dans les soubassements de la tour, des caves voûtées sont aménagées ainsi que des citernes à eau douce recevant les eaux de pluie.

On distingue les deux niveaux inférieurs (vestibule et chapelle royale) élevés à la fin du 16e siècle et au début du 17e siècle, de la tour à trois niveaux surmontés par la lanterne, construite à la fin du 18e siècle. Les parties les plus anciennes sont aussi celles présentant un décor particulièrement soigné et en partie conservé. La porte d'accès au vestibule est ainsi encadrée de colonnes engagées supportant un entablement orné de tables décoratives et surmonté d'un double fronton triangulaire, sculpté d'un masque barbu et complété de bas-reliefs à motifs militaires (étendards, canons) et de volutes d'acanthes. Les deux niches de part et d'autre de la porte abritaient les bustes d'Henri III et Henri IV. Le second niveau est rythmé de doubles pilastres et ouvert de baies à plates bandes surmontées de frontons triangulaires. Des niches ou des fenêtres géminées en plein-cintre animent la partie supérieure.

La richesse du décor se retrouve à l'intérieur, notamment dans les appartements du roi et la chapelle royale situés au-dessus du vestibule et desservis par un escalier en vis. Dans les appartements du roi, on note dans les niches latérales la présence du chiffre royal LMT, indiquant la campagne de travaux initiée par Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche entre 1661 et 1664. Dans la chapelle royale, le buste de Louis de Foix a été placé au-dessus du fronton triangulaire de la porte. Les murs sont rythmés par des niches encadrées de pilastres et surmontées de cartouches sculptés accompagnés de guirlandes végétales. Certains portent les chiffres d'Henri III de Valois (HDV III) et d'Henri IV de Bourbon (HDB IIII). La chapelle est éclairée par deux baies composées de deux lancettes à verrières ornées de figures en pied (Saint-Anne et Saint-Michel, Sainte-Sophie et Saint-Pierre). Un autel dédié à la Notre-Dame de Cordouan se trouve face à la porte. La chapelle est couverte d'une coupole à caissons.

Au-dessus de la chapelle, s'amorcent les espaces construits au 18e siècle. Les niveaux sont alors desservis par un escalier tournant avec jour, présentant une belle stéréotomie : la salle des Girondins, la salle des contrepoids, la salle des lampes avec un treuil permettant la manutention, la chambre de veille lambrissée. On accède enfin à la plateforme de la lanterne. Chaque niveau est ouvert au centre par un oculus permettant notamment l'approvisionnement des combustibles à l'aide du treuil situé dans la salle des lampes.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    zinc en couverture
  • Étages
    7 étages carrés
  • Couvrements
    • coupole
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier en vis sans jour en maçonnerie
    • escalier en vis avec jour
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • colonne, fronton, ordre toscan, trophée, canon, acanthe, monogramme, tête d'homme, buste d'homme, guirlande, écu, ordre corinthien, ordre ionique, tête d'ange, pilastre, mufle de lion, ruban, couronne, aigle
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat
  • Sites de protection
    site classé
  • Protections
    classé MH, 1862