Phare de Chassiron (Etablissement de signalisation maritime n°1083/000)
Auteur
Beauvarlet Gilles
Beauvarlet Gilles

Photographe à l'Inventaire du patrimoine de Nouvelle-Aquitaine (site de Poitiers).

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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Pierre-d'Oléron
  • Commune Saint-Denis-d'Oléron
  • Lieu-dit Chassiron
  • Cadastre 1842 G2 739 à 746  ; 2019 OG 842, 1717
  • Dénominations
    phare
  • Précision dénomination
    Etablissement de signalisation maritime n°1083/000
  • Appellations
    Phare de Chassiron
  • Parties constituantes non étudiées
    logement, bureau, sémaphore, passerelle

Construit entre 1834 et 1836 sous la conduite de l'ingénieur Lescure Bellerive, ce phare remplace une tour, dite du Bout du Monde, mise en service en 1685 pour assurer la signalisation de cette passe dangereuse qui commande l'entrée de l'arsenal de Rochefort. La décision de cette construction avait suivi celle de la tour des Baleines sur l'île de Ré, terminée en 1682. Ces feux devant se différencier nettement, celui de Chassiron était équipé de deux foyers alimentés au bois. Ces feux libres étaient allumés au sommet d'une tour cylindrique, construite de 1682 à 1685, en moellons, sous la surveillance de l'ingénieur François Ferry. La tour, de 7, 85 m de diamètre à la base, culminait à 27 m de hauteur. Dès avant 1717, le feu est alimenté par du charbon prélevé par la marine sur les approvisionnements du port de Rochefort. Comme celui du phare des Baleines dans l'île de Ré, son entretien est assuré par des droits perçus sur les bateaux naviguant dans les ports de la direction de La Rochelle. Un arrêt du Conseil du roi du 24 mai 1733 décide l'installation d'une lanterne. Vers 1780, des lampes à mèche plate sont installées. De ce premier phare ne subsiste qu'une maison de gardien du 17e ou 18e siècle.

La construction d'une nouvelle tour est décidée après que l'administration des phares ait projeté de surhausser l'ancienne, démolie par la suite. Le nouveau phare, à lampe à huile minérale à mèches, est édifié de 1833 à 1836. Le 1er décembre 1836 a lieu l'allumage sur la nouvelle tour cylindrique et corps de logis circulaire de 43 m de hauteur, construite par l'entrepreneur Jean-Baptiste Meunier d'après les plans de l'ingénieur Julien Leclerc. Les pierres de taille proviennent des carrières de Saint-Vaize et de Crazannes, mais les deux perrons, l'escalier et la plateforme sont en granit. Le coût global se monte à 211 800 francs, dont 44 700 pour l'optique. Les maçonneries de cette tour sont en moellon et s'enracinent à 2,80 mètres dans le sol. Une rotonde à la base, indépendante de la tour, sert de magasin pour les approvisionnements du phare et de logement aux gardiens. Le fût abrite un escalier de 224 marches, une pièce de stockage et une chambre de veille. La lanterne, avec son paratonnerre, s'élève à 50 mètres au-dessus des hautes mers et 43 mètres au-dessus du sol. La rotonde est surélevée d'un étage durant l'été 1851, par l'entreprise Flandray, et recouverte d'une couverture en zinc en 1880.

Dès l'origine, ce phare est doté des dernières technologies en matière d'éclairage. Le premier système se compose d'une lampe à huile végétale (colza) de six mèches avec une pompe et fonctionnant comme une horloge. Un régulateur à ailette permet l'alimentation en huile. En 1891, il est l'un des premiers phares à être équipé avec des lentilles à échelons dites de Fresnel. En 1895 la société industrielle pour le gaz d'huile de Paris fait construire, au pied du phare, par l'entrepreneur Fridolin Ferry, une usine à gaz d'huile blonde d'Ecosse, chauffée au charbon. L'incandescence du gaz d'huile dans un manchon y est alors testée. De 1902 à 1905, à titre expérimental, la lampe du phare utilise le gaz acétylène qui a pu être stocké sans risque d'explosion à partir de 1899 grâce à l'utilisation d'une matière poreuse garnissant les citernes. Une seconde usine pour la production d'acétylène est construite à côté de la première en 1903. L'acétylène est produit dans un gazogène en ajoutant du carbure de calcium à de l'eau. Le gaz est dirigé vers un gazomètre et le résidu (lait de chaux) récupéré dans un wagonnet et évacué dans un fossé.

La tour est peinte par bandes noires et blanches en juin 1926 pour le rendre plus visible le jour et le différencier du phare des Baleines sur l'île de Ré. En 1930, un système d'éclairage par ampoule électrique de 24000 watts est mis en place. Des transformateurs sont installés dans l'ancienne usine à gaz d'huile.

D'une portée de 40 kilomètres, il est contrôlé à distance depuis 1998.

Implantée sur la falaise à l'extrémité nord de l'île d'Oléron, la tour s'élève au centre d'un jardin qui compose une rose des vents. Elle domine l'océan d'une hauteur de 50 mètres. Cylindrique, elle se présente en maçonnerie lisse centrée sur un soubassement en maçonnerie de pierre de deux niveaux. Le fût se termine par un congé et une astragale. Une rambarde métallique fait le tour de la terrasse, au centre de laquelle la lanterne, peinte en noir, est en métal à trois niveaux de vitrage cylindrique. L'inscription 1er XII 1836 se lit dans le phare.

L'escalier en vis, en pierre dure de Crazannes, est constituée de 7 volées avec un jour central prévu pour monter et descendre les charges à l'aide d'un palan. Deux salles superposées, reliées par un escalier en bois, occupent la partie supérieure de la tour qui se termine par un voûte formant une demi-sphère supportant la lanterne.

En 2002 : Optique à 8 panneaux au 1/8 de focale 0, 92 m Henry-Lepaute de 1902. Cuve à mercure à une colonne Henry-Lepaute. Feu blanc à éclats réguliers 10 secondes. Lampe halo 1500 W. Portée 28 milles.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille enduit
  • Toits
    pierre en couverture
  • Couvrements
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : en maçonnerie
    • escalier intérieur : escalier en vis avec jour, en maçonnerie
  • Sites de protection
    site inscrit, loi littoral
  • Protections
    classé MH, 1970/05/14
  • Précisions sur la protection

    Le phare et ses dépendances, en totalité, ainsi que le sol de la parcelle G 842 sur laquelle ils sont situés : classement par arrêté du 23 octobre 2012

Documents d'archives

  • Construction d'une nouvelle tour à Chassiron, 1781-1853.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 3858
  • Cabinet du président, divers dossiers. Feux des tours des Baleines et de Chassiron : mémoires concernant les droits à payer par les navigateurs, 1733-1789.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 41 ETP 274/9583

Bibliographie

  • XVIIe siècle ; la mer et la marine en France au XVIIe siècle ; bulletin de la Société d'étude du XVIIe siècle, Paris, n° 86-87, 1970.

    p. 61
  • Allard, Emile. Les phares : histoire, construction, éclairage, Paris, 1889.

    p. 50, 59, 76
  • FAILLE (René), Les trois plus anciens phares de France : Cordouan, Les Baleines, Chassiron, La Rochelle, Quartier latin, 1974, 240 p.1 fig., XLII pl.

  • Faucherre, Nicolas. Bastions de la mer ; le guide des fortifications de la Charente-Maritime, Chauray : Editions patrimoines et médias, 1995.

    p. 57
  • Joly, Georges de. Note sur l'éclairage du phare de Chassiron. Annales des ponts et chaussées, 1ere partie. Paris, 1902.

    p. 157-170

Annexes

  • Extrait de : Ardouin-Dumazet, Voyage en France ; les îles de l'Atlantique, tome 3/1, 1895, p. 65-66.
Date d'enquête 2003 ; Dernière mise à jour en 2003
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Ministère de l'équipement, Bureau des phares et balises