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Chapelle funéraire, chapelle de la Vierge, Sainte-Catherine

Peintures murales : registre supérieur de la retombée sud de la voûte, partie est de la voûte et mur est (Christ en Majesté, le Jugement dernier et saints personnages)

Dossier IM86003984 réalisé en 2016
Dénominationspeinture monumentale
Aire d'étude et cantonArrondissement de Montmorillon - Montmorillon
AdresseCommune : Jouhet
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1943 H3 546

La chapelle de la Vierge et Sainte-Catherine est fondée le 10 juillet 1476 par Pierre du Boschage, curé de Jouhet.

Les cycles de peintures murales de la chapelle de Jouhet, du château de Boismorand et de la chapelle adossée à l'église d'Antigny ont souvent été attribuées à Jean de Moussy (vers 1433-1510), seigneur de Boismorand et de la Contour, mais Claudine Landry-Delcroix pense que le programme de Jouhet a été conçu par Pierre du Boschage.

Période(s)Principale : 4e quart 15e siècle
Auteur(s)Personnalité : Moussy de Jean
Moussy de Jean (1433 (vers) - 1510)
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commanditaire attribution par source
Personnalité : Boschage du Pierre commanditaire (?), attribution par travaux historiques

La partie orientale de la voûte est peinte d'un Christ en majesté entouré du Tétramorphe. Chaque évangéliste est représenté par son symbole, porte un phylactère avec son identification et est accompagné d'un ange.

Cette scène se prolonge, du côté sud, par le Jugement dernier. Le Christ est représenté au centre de la scène, nu sous son manteau, laissant apparaître ses cotes et ses plaies. Sous ses pieds, les âmes sortent des cercueils. À la droite du Christ (à gauche quand on regarde), la Vierge présente ses seins dénudés, comme sur les représentations de la chapelle du château de Boismorand et de la chapelle adossée à l'église d'Antigny. Les élus sont accueillis par saint Pierre qui se tient à la porte du paradis, tenant dans sa main gauche une grande clef. Des anges musiciens complètent la scène. Entre la Vierge et saint Pierre, un ange porte une grande croix.

Sur le mur est, sous les pieds du grand Christ, prend place une représentation de l'Enfer. Cette scène est mal conservée. Le diable est notamment très effacé. Les damnés sont dirigés dans une grande marmite.

Le mur est et les ébrasements des deux fenêtres sont ornés de représentation de saints. De gauche à droite, on trouve, selon Claudine Landry, saint Nicolas avec deux enfants, deux saints non identifiés, peut-être saint André dans l'ébrasement gauche de la fenêtre de droite et un autre saint non identifié.

Pour une description plus détaillée, voir les légendes des photographies et la description de Joseph Salvini en annexe.

Catégoriespeinture murale
Matériauxmortier, détrempe à la colle
IconographiesChrist glorieux
Tétramorphe
ange
Jugement dernier
Enfer
Inscriptions & marquesinscription concernant l'iconographie
Précision inscriptions

Phylactères avec l'identification des apôtres : " Matiuis [sic] homo " ; " Johannes avis " ; "Lucas bos " ; le phylactère porté par Marc est effacé (relevé C. Landry)

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé au titre objet, 1908/06/11

Annexes

  • Salvini, Joseph. Les ensembles décoratifs dans le diocèse de Poitiers entre la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. II. [Antigny, Boismorand, Jouhet], Bulletins de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 12, 1939-1941, p. 97-105.

    " Transportons-nous maintenant dans la vallée de la Gartempe, où trois ensembles de fresques autrement mieux conservées nous permettront de plus profitables conclusions. Il s'agit d'Antigny, Boismorand et Jouhet, les trois premiers lieux habités qu'on rencontre à partir de Saint-Savin, voisinage prédestiné, quand on remonte la rivière.

    L'étroit apparentement de ces fresques nous invite à chercher si elles n'ont pas un inspirateur commun. L'écusson relevé à plusieurs reprises à Antigny nous met sur la voie : d'or au chef de gueules chargé d'un lion passant d'argent. Ce sont les armes des Moussy. Effectivement Jean de Moussy, né vers 1433 et mort en 1510, fut - et fut seul de sa famille à être - à la fois seigneur de Boismorand et de La Contour, condition nécessaire pour avoir dans sa mouvance à la fois Jouhet, Boismorand et Antigny.

    Jean de Moussy sortait d'une grande famille chevaleresque, étant le cinquième et dernier enfant de Pierre de Moussy et de Jeanne de Flavy. Il fut toujours considéré comme le membre le plus illustre des Moussy de la branche de La Contour et de Boismorand, dont il est le chef.

    Il épousa en 1448 - à l'âge de 15 ans ou peu après - Antoinette Gavarret, qui lui apporta la seigneurie de La Contour et en fit ainsi le principal seigneur de la paroisse de Jouhet.

    L'année suivante il s'engagea comme homme d'armes d'une compagnie d'ordonnances pour faire les dernières campagnes de la guerre de Cent Ans, et sa situation militaire devint assez élevée pour lui donner le commandement du ban et de l'arrière-ban du ressort de Montmorillon jusqu'en 1482 environ.

    Toutes ces guerres l'avaient enrichi, ce qui lui permit d'acquérir par bribes la seigneurie de Boismorand, particulièrement en 1470 le château lui-même, qui était en cours de construction et s'élevait à moins de deux mètres au-dessus de terre, trop lourde charge pour Antoinette du Plessis, veuve de Nigon de la Barde, et ses deux enfants mineurs Guillaume et Philippe.

    Très peu de temps après - mettons vers 1475 - Jean de Moussy donnait la main de sa fille Marguerite à l'un des vendeurs, Guillaume, qui avait environ 24 ans, et célébrait dans une double cérémonie le mariage des jeunes gens et ses secondes noces à lui avec Pernelle Ebrard ; il avait environ 40 ans (1).

    Il poursuivit alors à la fois la restauration du château de la Contour et la construction de celui de Boismorand, qui était certainement fini avant 1490, y compris les peintures de l'oratoire. Pourquoi avant 1490 ? Parce que sur ces peintures Jean de Moussy et Pernelle Ebrard sont représentés avec leur seule fille Anne, donc avant la naissance de leur fils Gamaliel.

    Voyons maintenant comment Jean de Moussy va concevoir son oratoire, qui nous intéresse particulièrement. D'abord, au lieu de le voûter sur branches d'ogives suivant la pratique générale de l'époque, il le voûte en berceau brisé, survivance romane que nous verrons encore à Antigny et à Jouhet et qui permet à la prédilection poitevine pour la peinture de se donner plus libre carrière.

    Que voyons-nous en effet à Boismorand ? La totalité de la voûte et des murs, sauf leur base garnie de tentures simulées, est recouverte de scènes à personnages où se succédaient : d'abord, au-dessus de l'autel, le Christ en majesté environné des quatre symboles évangéliques ; ensuite l'Enfance de Jésus et sa Passion, le Jugement dernier, l'Enfer : soit un conformisme encore très médiéval. Qu'on remarque en passant l'absence, générale au Moyen Âge, des scènes de la vie publique du Christ. Puis, sur le mur occidental face à l'autel, le dit des Trois morts et des trois vifs, cette fameuse rencontre des trois jeunes gens partant à la chasse avec les trois morts qui sortent de leurs tombes pour leur rappeler les fins dernières : ce thème, très représenté à la fin du XVe siècle, fait paraître à Boismorand une touche du pathétique si cher à cette époque. Enfin, à droite et à gauche de l'autel figurent les châtelains présentés par leurs patrons : Jean de Moussy par saint Jean-Baptiste avec son agneau (2), Pernelle Ebrard et sa fille par Saint-Pierre avec sa grosse clé ; ils sont, suivant une attitude bien courante alors, agenouillés les mains jointes devant la Vierge ; celle-ci, du côté de Pernelle, porte Jésus enfant, accompagnée de saint Joseph ; du côté de Jean, elle contemple son fils mort sur ses genoux : c'est la dévotion très vive alors de la Piéta. Autour d'eux sont rappelées deux autres dévotions particulières déjà aperçues à Champniers : saint Antoine et saint Sébastien (3).

    Le complément obligé d'une seigneurie importante depuis le XVe siècle, c'est une chapelle particulière au flanc de l'église paroissiale, où la famille seigneuriale enterre ses morts et d'où, sur un banc d'honneur, entourée de ses gens, elle assiste aux offices.

    La chapelle des seigneurs de Boismorand, accrochée au sud de l'église d'Antigny, avait été fondée par le testament de Renaud de Montléon, seigneur de Boismorand, et sa femme Marseille de Saint-Laurent, en date du 24 novembre 1421, et bâtie après cette date, sous le vocable de sainte Catherine (4).

    Comme à Boismorand, elle est voûtée en berceau brisé et Jean de Moussy la fit entièrement recouvrir de peintures.

    Les sujets représentés sont les mêmes qu'à Boismorand : Christ en gloire, Enfance et Passion du Christ, Jugement et Enfer, les Trois morts et les trois vifs, quelques saints préférés dont saint Sébastien (5). Les seigneurs, plus discrets que dans l'oratoire privé, ne sont représentés près de l'autel que par leurs armoiries (6).

    Quand Jean de Moussy approcha de ses 70 ans, le 29 juin 1502, lui et sa femme firent leur testament. Ils élisent sépulture en l'église paroissiale de Notre-Dame de Jouhet, devant l'autel Saint-Blaise, et « fondent une chapelle en la paroisse de Jouhet dont ils donnent la présentation à leur fils Gamaliel et aux siens qui seront seigneurs de la Contour » (7).

    Nul doute qu'il s'agit ici de la chapelle que nous voyons encore entre l'église et la Gartempe, au milieu du plan qui était jadis le cimetière. La fondation dont il est ici question n'est autre chose que la dotation d'un service de messes hebdomadaires dans la chapelle déjà construite, suivant l'usage habituel.

    Comme à Boismorand, comme à Antigny, la chapelle de Jouhet est voûtée d'un berceau brisé orné de peintures.

    Les sujets représentés ici ne sont que partiellement les mêmes qu'à Boismorand et Antigny : on a le Christ en gloire, l'Enfance du Christ, le Jugement dernier, le dit des Trois morts et des trois vifs. Mais on a supprimé les scènes de la Passion et l'Enfer, pour y substituer l'enfance des âges, c'est-à-dire la Création et l'histoire du Paradis terrestre. On se demande si le choix d'un programme iconographique moins douloureux ne serait pas intentionnel au milieu du champ de repos.

    Jean de Moussy et sa femme sont encore représentés, mais à une place plus humble dans cette chapelle d'un caractère moins personnel : ils sont non pas près de l'autel, mais à l'entrée.

    Voilà les trois séries de fresques inspirées par Jean de Moussy, et alors la question se pose : qui les a faites ?

    D'abord précisons qu'elles sont non de l'art savant, mais de l'art populaire.

    Ensuite, si l'on tient compte, d'une part, qu'il y a à peu près identité non seulement des sujets, mais encore des détails,d'autre part que ces détails sont disposés de façon différente et souvent inversés (8), on en conclut que ces peintures sont exécutées non d'après des modèles, mais de mémoire et d'après un programme formulé oralement ou par écrit.

    De plus on relève dans chaque chantier une équipe de deux ou trois mains différentes, équipe de composition d'ailleurs inconstante, celle de Boismorand ayant compris par exemple une main sensiblement plus exercée (9) et celle d'Antigny étant dans l'ensemble la plus médiocre.

    D'ailleurs chaque équipe s'est donné le mot pour adopter sur son chantier une certaine unité de décoration, par exemple pour les fonds (10), les nimbes (11), les costumes (12).

    Cependant, malgré le caractère nettement populaire et artisanal de nos peintures, elles supposent une expérience, un bagage de modèles vus - autres peintures, tapisseries, miniatures -qu'on ne saurait attribuer à des artisans strictement locaux. Nous avons certainement affaire à une équipe professionnelle ambulante, qui a pu aussi bien décorer les églises du Civraisien dont nous parlions tout à l'heure (13).

    Mais ces ambulants ont des attaches régionales visibles par leurs réminiscences de Saint-Savin : dans la Création, le Créateur est représenté sous les traits du Christ (et non sous ceux d'un vieillard, ce qui est l'usage courant à partir du XVe siècle (14)) ; et dans les trois Jugements derniers le Christ est assis sur ce siège singulier, espèce d'auréole circulaire, qu'on voit plusieurs fois à Saint-Savin (15).

    Voyons maintenant si et dans quelle mesure ces artisans ont été rivés à la tradition ou au contraire touchés par l'art de leur temps (16).

    Il est indéniable que nous voyons dans l'équipe de Jean de Moussy quelques archaïsmes. C'est ainsi que le Christ en croix, si calme avec ses bras très horizontaux et sa tête sans couronne d'épines, n'a pas le caractère douloureux que préférait la piété du XVe siècle quand elle faisait saigner son front et donnait, avec la quasi-verticalité de ses bras, un plus vif aspect de pendaison.Dans la scène du Jugement dernier, c'est encore saint Jean l’Évangéliste qui fait pendant à la Vierge - et non saint Jean-Baptiste, suivant l'usage qui prévalut au XVe siècle. Enfin, les morts sortent de sarcophages de pierre qu'on ne fabrique plus depuis le XIIIe siècle, au lieu de sortir directement de la terre.

    Mais il semble que ces survivances sont tout de même moins nombreuses que les nouveautés.

    Depuis un siècle l'art italien avait introduit en France beaucoup de traits, d'iconographie. C'est à lui que nous devons, dans le Portement de la croix, les enfants qui se détachent de la foule pour accompagner Jésus (17), et surtout, dans la scène de la Crucifixion, la Vierge évanouie et le centurion converti qui témoigne de la divinité du Christ, tous détails que nous voyons dans les peintures de Jean de Moussy.

    Mais vers 1480 ces innovations italiennes sont déjà assez enracinées, dans l'art français. Ce qui est plus récent, c'est l'influence du théâtre qui, dans la seconde moitié du siècle, bat son plein.

    C'est ainsi que chez les peintres de Jean de Moussy la couronne fermée des empereurs qui surmonte la tête du Christ en gloire est empruntée à l'accessoire théâtral, et la dalmatique de l'ange de l'Annonciation rappelle les vêtements liturgiques que les montreurs de mystères empruntaient à l'église voisine. La lanterne portée par Malchus dans l'arrestation de Jésus est encore une trouvaille de l'art théâtral (18).

    Dans le Jugement dernier d'Antigny, on voit, de chaque côté des genoux du Christ et à l'intérieur de l'auréole où il siège, deux petits personnages nimbés : je me demande si ce ne seraient pas ces deux personnages des mystères du Jugement dernier, appelés Justice et Miséricorde, qui viennent développer, devant le tribunal de Dieu, la plaidoirie et le réquisitoire et qui ont été souvent transportés du théâtre dans l'art du XVe siècle. En tout cas, la même pensée est traduite par deux attributs qui semblent dans les Jugements derniers du XVe siècle sortir de la bouche de Dieu : l'épée dirigée vers les réprouvés et le lis vers les élus ; nous les trouvons dans les trois fresques de Jean de Moussy, mais avec une variante curieuse : le lis est devenu un rayon, résultat d'une vue hâtive ou d'une déformation dans la mémoire d'un artisan rural qui ne connaissait pour ainsi dire que de l'extérieur l'art de son temps.

    Me permettrez-vous encore d'attribuer à une imitation maladroite de la mise en scène théâtrale un autre détail des Jugements derniers de Jean de Moussy ? On y voit au premier plan et sur le côté une petite église ; par la porte ouverte sort à moitié un sarcophage dont l'occupant se dresse comme les autres à l'appel des trompettes. On ne voit jamais ce détail ailleurs ; mais ce qu'on voit à la même place et à la même époque, c'est un édicule représentant le Paradis où entrent les justes - : cet édicule était une invention du théâtre. L'artisan de Jean de Moussy, qui oncques n'avait dû voir jouer le mystère du Jugement dernier, n'avait pas eu, pour soutenir sa mémoire visuelle, la pratique du théâtre ; mais ce qu'il avait bien vu, c'étaient les tombes qui dallaient son église. Elles dallaient aussi les cloîtres des monastères, et c'est pourquoi, à Boismorand, non seulement il construit dans son Jugement dernier une église, mais encore il la double d'un cloître d'où les morts surgissent aussi.

    Au-dessus de ces influences d'ordre un peu matériel que sont l'italianisme et le théâtre, il y a dans l'art du XVe siècle l'influence des nouveaux caractères du sentiment religieux.

    D'abord un amour presque maladif du pathétique, que nous voyons chez les peintres de Jean de Moussy dans la scène impressionnante des Trois morts et des trois vifs, avec le réalisme des trois cadavres d'où sortent les vers, s'opposant à la somptueuse élégance des trois jeunes insouciants.

    Nous le voyons aussi dans la façon dont les peines de l'Enfer sont crûment et complaisamment détaillées à Boismorand, avec l'engoulage forcé, la pendaison, le gril, le pal, la chaudière « où damnés sont boulus », comme disait alors Villon, et où, pour symboliser l'inexorable égalité de tous devant la justice divine,le peintre n'a oublié ni l'évêque, ni le cardinal.

    Autre caractère nouveau du sentiment religieux : la piété sensible héritée de saint François d'Assise. Nous la voyons dans ce détail, certainement le plus remarquable des fresques de Jean de Moussy : la Vierge qui, dans un geste hardi, à l'appui de sa prière pour l'âme pécheresse, dévoile comme argument suprême, pour émouvoir la tendresse de son divin fils, ces mamelles qui l'ont allaité. Ce thème, étudié récemment par M. Ginot, se rencontre dans l'art du XVe siècle, mais jamais dans un Jugement dernier. Nos artisans l'avaient peut-être vu sur un modèle aujourd'hui disparu. De toute façon il y a là une marque intéressante d'une personnalité que nous avons déjà constatée chez eux au cours de cet exposé, ou tout au moins de leur participation à la sensibilité de l'époque. [...]

    Notes (renumérotées en continu)

    1. Sur la carrière de Jean de Moussy : notices généalogiques et cartulaire de la famille de Moussy (Arch. Vienne, E2 suppl. 220) ; Bibl. nat., fonds Chérin 144, dossier 2944, Moussy.

    2. À rapprocher de la peinture à fresque du château de la Barre (comm. de Ciron, Indre), représentant Jean de la Trémouille et sa femme conduits par saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste devant une Mater dolorosa (E. Hubert, Dict. de l'Indre, 1889, p. 9).

    3. Voir sur cette chapelle l'appendice I ci-après. Le château de Boismorand appartient aujourd'hui à Mme Louis de Moussac, qui m'a grandement facilité l'étude de son oratoire et la photographie de ses peintures.

    4. Arch. du baron de Lanauze. Les dispositions principales de ce testament ont été publiées par M. Ginot (d'après une copie parfois fautive de dom Fonteneau) dans " Note sur les cimetières antiques du Poitou " (Bull. Soc. Ant. Ouest, 1929, p. 475).

    5. À noter aussi que la famille de saint Sébastien était une alliance du fondateur de la chapelle Renaud de Montléon, ainsi qu'on le voit par le partage de sa succession, du 15 décembre 1450 (arch. du baron de Lanauze). Outre saint Sébastien, on devait voir à Antigny d'autres saints que le délabrement de la peinture a fait disparaître.

    6. Voir sur cette chapelle l'appendice II ci-après [annexe séparée].

    7. Arch. Vienne, E2 suppl. 220 (Notices général..., p. 71). Voir sur cette chapelle l'appendice III ci-après [annexe séparée].

    8. Voir en particulier les Trois morts et les Trois vifs, et aussi l'Annonciation.

    9. Le registre inférieur du côté nord, en particulier le Portement de croix et la Crucifixion, témoigne d'un certain sens artistique quant à l'équilibre des volumes, la stylisation des figures et des plis.

    10. À Boismorand les fonds des petites scènes sont à fleurettes dans le registre inférieur, à assises simulées dans le registre supérieur. À Antigny les fonds n'ont pas de décor. À Jouhet, ils sont constitués, dans les registres inférieurs," par un mur tendu d'une tapisserie (celle-ci est ornée, côté sud de fleurs à 5 pétales, et côté nord de rosaces dont Gélis-Didot a donné une reproduction en couleurs, La peinture décorative en France du XIe au XVIe siècle, n° 45), et dans les registres supérieurs par des ciels étoilés.

    11. À Boismorand (et à Jouhet, mais moins) les nimbes sont presque au-dessus de la tête. À Antigny, ils sont nettement autour (et le Christ porte un nimbe non pas crucifère, suivant la règle commune, mais décoré d'arabesques). Noter que le Christ juge de Jouhet est bien nimbé, contrairement à ce qu'a cru voir Longuemar.

    12. À Boismorand beaucoup de personnages ont leurs vêtements décorés de fleurons identiques qui semblent presque faits d'un même pochoir, et le Christ a toujours une robe à pois (et jamais de manteau sauf dans la Cène).

    13. La date de Champniers (1491) pourrait correspondre très bien avec une équipe qui s'y serait rendue après avoir terminé les peintures de Jean de Moussy.

    14. Mâle, op. cit., p. 227.

    15. Cette sorte de siège se voit à plusieurs reprises dès le porche (E. Maillard, L'église de Saint-Savin, 1926, p. 33, 36, 37, 41). Les silhouettes d'Adam et Eve qu'on voit à Jouhet ne sont pas non plus sans évoquer Saint-Savin (ibid., p. 61), de même que l'attitude du Créateur (p. 59).

    16. Voir ci-après l'appendice IV [annexe séparée].

    17. Mâle, op. cit., p. 14. On voit un enfant à Boismorand.

    18. Ibid., p. 77. "

  • Salvini, Joseph. Les ensembles décoratifs dans le diocèse de Poitiers entre la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Appendice III, la chapelle de Jouhet, Bulletins de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 12, 1939-1941, p. 116-117.

    " L'origine première de cette chapelle doit sans doute être trouvée dans le testament de Jean Gavarret, seigneur de La Contour, qui le 28 octobre 1448 demande à être inhumé au pied de la croix du cimetière de Jouhet, à côté des pauvres (1). Jean de Moussy dut obéir à la préoccupation de recouvrir d'une chapelle les restes de son prédécesseur ; on se souvient comment cette pieuse pensée, commune à tous les fidèles du Moyen Âge, a été magistralement expliquée par M. Ginot (2).

    Cette chapelle dut remplacer la simple croix primitive du cimetière (3) et dut avoir dans la pensée du fondateur le caractère d'un centre de prière pour la collectivité des paroissiens de l'autre monde plutôt que d'un patrimoine exclusivement familial, d'autant plus que lui et sa femme ne s'y firent même pas inhumer. Cependant, par la suite, des seigneurs de La Contour y trouvèrent leurs sépultures, dont plusieurs, paraît-il, se voyaient encore en 1863 (4).

    Cette chapelle est depuis 1922 la propriété de la Société des Antiquaires de l'Ouest (5).

    Je mets hors de doute, à cause du style, que la chapelle de Jouhet était construite avant la fondation de 1502. Les exemples abondent de ces constructions de chapelles ayant précédé l'acte régulier de fondation. Je cite entre autres la fondation par Martin et Vincent Jauslain d'une chapellenie « en une petite chappelle par nous édiffiée puys naguères ou cimetière de ... Rouilhé » le 7 mai 1515 (6).

    La chapelle funéraire de Jouhet et ses peintures ont été décrites par Longuemar à deux reprises (7).

    Voici schématiquement la distribution de ces peintures [schémas reproduits voir dossier illustration].

    Mur nord :

    Création, Tentation d'Adam et Ève

    Jean de Moussy (?), Les 3 morts et les 3 vifs

    Mur sud :

    Jugement dernier

    Annonciation, Nativité, Annonce aux bergers, Adoration des mages, Pernelle Ébrard

    Pernelle Ébrard est représentée agenouillée, à droite des Mages, présentée à la Vierge et l'Enfant Jésus par sainte Catherine, alors qu'à Boismorand elle l'est par son patron saint Pierre. Ce changement de présentateur n'est pas pour faire récuser l'identité que je propose pour le personnage ; on ne voit pas qui pourrait être représenté ici sinon la dame de La Contour. Au XVe siècle les donateurs ne sont pas toujours présentés par leurs patrons onomastiques, mais aussi par d'autres saints choisis pour des raisons particulières (8). Ici sainte Catherine est justifiée, car elle est (de même que saint Michel) très couramment patronne de chapelles funéraires (9) ; n'était-elle pas déjà patronne de la chapelle de Boismorand en l'église d'Antigny ? Elle était peut-être aussi patronne de la chapelle de Jouhet, ce que nous ignorons. D'ailleurs, pour trouver une dame de La Contour nommée Catherine, il faudrait descendre jusqu'à Catherine de Lezay-Lusignan, première femme de François de Moussy, morte en couches de son premier enfant le 22 avril 1577, ce qui serait inadmissible au point de vue du style.

    La représentation de Jean de Moussy à gauche de l'entrée vis-à-vis de sa femme n'existe plus, mais est infiniment probable.

    Le noircissement des chairs constaté sur plusieurs figures des peintures de Jouhet a entraîné Longuemar à une explication plus ou moins extravagante : la représentation voulue d'un type nègre. La vérité est tout autre : des sels de plomb entrant dans la composition des couleurs ont pu noircir sous l'action de l'hydrogène sulfuré contenu dans l'air (10).

    1. Beauchet-Filleau, Dict. des familles du Poitou, t. IV, 1912, p. 9.

    2. Note sur les cimetières..., Bull. S. A. O.,1929, p. 451.

    3. On peut se demander toutefois si la chapelle ne serait pas une reconstruction d'une chapelle romane, car les deux fenêtres étroites qui ajourent le chevet avec un très fort ébrasement à l'intérieur sont en plein cintre (mais à l'extérieur le tracé de l'arc est vaguement brisé), et l'on voit dans le dallage deux tombes plates trapézoïdales ornées chacune d'une croix fort archaïque (l'une, aux branches fleurdelisées, peut être du XIVe siècle ; l'autre est certainement antérieure).

    4. Renseignement dû à M. Ginot.

    5. Bull. 1922, p. 74.

    6. Arch. Vienne, G 138. Rouillé, canton de Lusignan.

    7. Essai sur les fresques de la chapelle de Jouè-sur-Gartempe, 1852. lithogr. 20 p., 2 pl. ; et Les anciennes fresques des églises du Poitou, 1881, p. 92-98 ; plusieurs fautes d'interprétation. Le même auteur a publié les inscriptions de ces fresques dans son Épigraphie du Haut Poitou [Mém. S. A. O., 1863, p. 261). Voir aussi : de Cougny, op. cit., p. 270.

    8. Mâle, op. cit., p. 163.

    9. Ginot, op. cit., p. 472.

    10. Je dois ce renseignement à mon excellent confrère François Eygun, qui est presque aussi compétent en sciences physiques qu'en archéologie. "

  • Salvini, Joseph. Les ensembles décoratifs dans le diocèse de Poitiers entre la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Appendice IV, Les sujets peints pour Jean de Moussy, Bulletins de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 12, 1939-1941, p. 118-120.

    " Voici, classées par sujet, diverses observations auxquelles donnent lieu les peintures de Jean de Moussy.

    CHRIST EN MAJESTÉ. Le Christ en majesté représenté au-dessus de l'autel a disparu à Boismorand. À Antigny il est coiffé de la couronne fermée. À Jouhet il est nu-tête.

    Il est partout entouré des 4 symboles évangéliques. Il y a en plus à Antigny deux anges thuriféraires.

    CRÉATION (Jouhet). Il y a là, ramassée dans un même tableau à Jouhet, une synthèse de toute la Création, puisque Dieu tient dans sa main la terre prête à en sortir sous les espèces d'un disque crucifère, en même temps qu'Ève sort déjà de la côte d'Adam, sous le regard de deux anges.

    TENTATION D'ADAM ET ÈVE (Jouhet). Ève vient de cueillir le fruit qu'elle brandit. Les deux personnages voilent leur nudité d'une des feuilles à lobes qui émaillent la terre tout autour d'eux.

    ANNONCIATION. À Jouhet, signalons à ce propos l'une des plus grosses fautes d'interprétation de Longuemar, qui a vu, au lieu de la Vierge, un évêque lisant.

    NATIVITÉ. Détails identiques les trois fois : sous un hangar en plein vent, Marie et Joseph sont agenouillés devant une crèche assez haut placée ; le froid est manifesté par l'habillement douillet de Joseph, qui porte un gros capuchon sur la tête. À Boismorand, la facture est bien supérieure.

    ANNONCE AUX BERGERS. Détails identiques les trois fois : là encore il fait très froid, car les trois bergers sont encapuchonnés ; un chien les accompagne au milieu des moutons (à Boismorand il se dresse contre un arbuste pour en dévorer les feuilles) ; les bergers regardent l'ange qui descend du ciel en prononçant les paroles écrites sur une banderole tenue dans sa main : « Annuntio vobis gaudium magnum ».

    ADORATION DES MAGES. Encore détails identiques les trois fois. La Vierge est assise, l'enfant sur ses genoux, Joseph modestement en arrière. Les trois rois se présentent : le premier, vêtu d'un surcot fendu laissant voir sa jambe moulée dans ses chausses, met genou en terre ; derrière lui le second, plus fringant dans un pourpoint court serré à la taille, montre l'étoile de la main droite et de la gauche tient son présent dans une espèce de grand ciboire d'or ; le troisième, debout aussi, porte une longue tunique. Par contre les coiffures des rois varient à Boismorand, Antigny et Jouhet (couronne, turban ou rien du tout), ainsi que la distribution des races entre les mages : le nègre est tantôt le premier tantôt le dernier, tantôt ils sont tous blancs (Boismorand).

    MASSACRE DES INNOCENTS (Antigny). Hérode, sur son trône, un sceptre fleurdelisé à la main, donne ses ordres à un officier tandis que le massacre déjà commence.

    LA CÈNE (Boismorand et Antigny). Une erreur grossière y fait représenter 12 apôtres en plus de Judas, qui, seul sur l'un des côtés de la table, met la main au plat garni d'un agneau. Saint Jean repose sa tête sur la poitrine de Jésus. Ustensiles de table : gros coutelas, plats et aiguières.

    ARRESTATION DE JÉSUS (Boismorand et Antigny, mais à Antigny masqué en partie par le mur de refend. Là encore, 12 apôtres en plus de Judas. Saint Pierre remet l'épée au fourreau, tandis que Jésus guérit l'oreille de Malchus, petit personnage à genoux portant dans sa main droite une grosse lanterne qu'il a détachée de sa hampe ; un personnage invisible derrière la foule brandit une autre lanterne au sommet d'une hampe. À droite les soldats portent des hallebardes.

    FLAGELLATION. À Boismorand elle est très effacée. À Antigny le Christ est flagellé à coups de bâtons par deux valets.

    CHRIST OUTRAGÉ. Le Christ assis, les yeux bandés, est environné de 3 (Antigny) ou 4 (Boismorand) valets les mains levées et ouvertes pour le souffleter.

    JÉSUS DEVANT PILATE (Boismorand et Antigny). Jésus, accompagné de trois personnages, comparaît devant Pilate qui porte une longue robe comme il sied à un homme de loi ; ce dernier tourne à demi le dos à Jésus tout en le regardant et se lave les mains ; un serviteur verse l'eau d'une aiguière au-dessus d'une vasque à pied ressemblant fort à un bénitier. À Boismorand l'un des personnages qui accompagne le Christ porte un chaperon à pointe très effilée penchée en avant, rappelant soit le bonnet phrygien, soit la coiffure des fous, soit celle des juifs.

    COURONNEMENT D'ÉPINES (Boismorand, mais très délabré, et Antigny). Deux personnages enfoncent la couronne d'épines dans la tête du Christ au moyen de bâtons.

    PORTEMENT DE CROIX (Boismorand, Antigny). On voit de droite à gauche : un personnage qui ouvre la marche, coiffé de la cale (1), un soldat frappant Jésus, Jésus lui-même, Simon le Cyrénéen, Marie, les saintes femmes. À Antigny on a en plus : entre la Vierge et Simon, 3 autres soldats et les deux larrons, petits et nus ; et en avant de Jésus 3 autres personnages.

    À Boismorand (où la facture est bien meilleure) le Christ est en outre suivi de près par un enfant vêtu d'un pourpoint.

    CRUCIFIXION (Boismorand et Antigny ; mais à Antigny, la scène très dégradée ne laisse à peu près voir que la Vierge et les larrons). Le soldat perce le flanc du Christ. À gauche Marie s'évanouit, accompagnée de saint Jean et de 4 saintes femmes. Les deux larrons sont crucifiés de part et d'autre. À droite le centurion, coiffé d'un turban et vêtu d'une tunique et d'un manteau, tenant une hallebarde, lève le doigt vers le Christ en prononçant les paroles écrites sur une banderole qui se déploie au-dessus de lui.

    JUGEMENT DERNIER (Boismorand, Antigny, Jouhet). Traits communs : le Christ, nu sous son manteau, montre les plaies de ses mains étendues ; il est assis sur une espèce d'auréole ; la Vierge lui présente ses seins nus ; elle et saint Jean sont à genoux et non assis (archaïsme) ; au-dessus du chaos des tombes entr'ouvertes, deux groupes d'âmes déjà arrivées devant le trône de Dieu l'environnent les mains jointes, à sa droite et à sa gauche.

    Particularités de Boismorand : il y a en bas deux églises (une à droite, l'autre à gauche) au lieu d'une ; — d'Antigny : le Pèsement des âmes remplace les anges porteurs des instruments de la Passion, qu'on voit à Boismorand et à Jouhet, et deux groupes d'élus se voient en plus en arrière du trône de Dieu ; — de Jouhet : le Paradis a été figuré à gauche sous la forme d'un château à deux tours crénelées flanquant une porte ouverte où entrent les élus, accueillis par saint Pierre.

    LE DIT DES TROIS MORTS ET DES TROIS VIFS (Boismorand, Antigny, Jouhet). Dans les trois peintures se retrouvent les mêmes éléments essentiels : 3 cavaliers, 3 morts, une croix fleuronnée séparant ces deux groupes, le faucon qui s'envole, le chien. Mais ces éléments sont partout disposés différemment: au point de vue de la direction des chevaux, etc.

    Particularités : à Antigny les chevaux n'ont pas de couverture, et les morts sont hérissés de vers ; à Jouhet la croix porte le Christ et le dernier mort est couvert d'un suaire.

    VIERGE DE PITIÉ (Boismorand). La Vierge porte Jésus étendu sur ses genoux, la tête à gauche ; le bras droit de celui-ci tombe à terre, son bras gauche est soulevé par la main gauche de sa mère.

    SAINT ANTOINE (Boismorand, Jouhet). La présence de saint Antoine à Jouhet est signalée, me semble-t-il, par son cochon, qu'on voit à gauche de la Création ; toute la partie gauche de ce panneau est effacée.

    1. Coiffure populaire portée du XIIe au XVe siècle, de même modèle que nos bonnets de bain en caoutchouc (Enlart, Le costume, 1927, p. 144). "

Références documentaires

Documents figurés
  • Détail du dit des trois morts et des trois vifs, les trois cavaliers.. Henri-Marcel Magne, 1907. Aquarelle, 0,25 p.m. Publié dans Catalogue des relevés de peintures murales, musée des arts décoratifs, Paris, 1918.

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont : 1996/089/
Bibliographie
  • Angheben, Marcello ; Favreau, Robert ; Landry-Delcroix, Claudine ; Riou, Yves-Jean. La vallée des fresques de Saint-Savin à Montmorillon. Association Gilbert de la Porée, 2011.

    p. 96-112
  • Landry-Delcroix Claudine, Amelot Jean-François (photographe). La peinture murale gothique en Poitou, XIIIe-XVe siècle. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2012.

    notamment p. 77-80 et 251-253
  • PAIN, Armelle et FORESTIER, Carine (coord.). Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic, 2002.

    tome 2, p. 639-640 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 709.446 3 PAT POI
  • Salvini, Joseph. Les ensembles décoratifs dans le diocèse de Poitiers entre la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Bulletins de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 12, 1939-1941.

    p. 97-105, 116-120, ill. non numérotées

Liens web

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Allard Thierry

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- Dujardin Véronique
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