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Parc et jardin d'agrément du château de Thau

Dossier IA33010551 réalisé en 2020

Fiche

Parties constituantes non étudiéesbelvédère, fontaine, terrasse en terre-plein
Dénominationsparc, jardin d'agrément
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde (rive droite) - Bourg
AdresseCommune : Gauriac
Lieu-dit : Château de Thau, Marmisson
Cadastre : 1820 B1 588 à 593 ; 2020 AB 32, 36, 37

La carte de l’embouchure de la Garonne de 1759 montre le château cantonné de tours avec le parc boisé qui s’étendait jusqu'à la falaise, en bord d'estuaire. Dans une vignette plus détaillée, l’organisation des jardins, au plus près de la demeure, est parfaitement lisible : au nord, deux terrasses plantées de parterres (de broderie ou de compartiments) donnaient accès à des carreaux plus simples en contrebas. A l'est, le parc était composé de bosquets séparés par des allées de front, de côté, de traverse ou biaises organisées selon un plan géométrique.

De nombreux traités des 17e et 18e siècles reproduisent des modèles d’aménagement de parcs et jardins, par exemple l’ouvrage d’Antoine-Joseph Dezallier d’Argenville, La théorie et la pratique du jardinage où l’on traite à fond des beaux jardins, publié en 1709. L’auteur évoque les tracés de terrain, la plantation de végétaux, les parterres et palissades, les bois percés en étoile, les figures géométriques, les pièces d’eau et les terrasses qui "ont leur mérite et leur beauté particulière, en ce que d’un haut d’une terrasse vous découvrez tout le bas d’un jardin, et les pièces des autres terrasses, ce qui forme autant de différents jardins qui se succèdent l’un à l’autre, et cause un aspect fort agréable, et des scènes différentes".

Semblant suivre les préceptes dictés par Dezallier d'Argenville, les anciens bastions de défense du Thau paraissent même avoir été intégrés pour donner des vues larges sur les jardins et le paysage alentour. L’ensemble est clos de murs incluant également les terres plantées en vigne.

De profondes mutations interviennent à la fin du 18e siècle, dont témoigne la description qui est faite du domaine, "presque entièrement démoli", après sa vente comme bien national en 1795 : "une allée en forme de terrasses au levant du château avec une petite garenne ou bouquet d’arbres de haute-futaye, un parterre et un jardin au nord de la maison entouré de murailles, une lisière de vigne en-dessous de la terrasse et rotonde, une grande pièce de bois taillis de forme très irrégulière traversée par diverses allées en charmille appelée le Bois du château".

Le plan cadastral de 1820 révèle les transformations intervenues depuis : si les jardins en terrasse subsistent au nord, les anciens bastions à l'est sont devenus des allées organisées en terrasses. Plus de trace du parc boisé qui surplombait l’estuaire : les parcelles sont alors plantées en "joualles" et en vigne. Seule l’allée menant à une terrasse dominant le "port de Tau", un "pavillon" et une "tonelle" correspondent à des vestiges de l’ancien parc. Plus près du château, au sud-est, le plan géométrique des bosquets a laissé place à des parcelles moins régulières évoquant un parc paysager à l'anglaise.

Le château est ainsi dépouillé au fil du temps de ses éléments défensifs pour se parer d’agréments, avec ses parcs et jardins soignés, qui ont finalement laissé la place à la vigne : en 1850, le château appartenant à la famille Viaud constitue l’une des plus importantes propriétés viticoles de la commune, avec une production de 50 à 70 tonneaux. Toutefois, en 1865, Léo Drouyn remarque encore ces terrasses "qui étaient soutenues par des murs, et sur lesquelles on monte par de larges escaliers qui donnent idée du luxe princier déployé dans leur construction".

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

Quelques éléments maçonnés structurant les jardins sont encore conservés : les terrasses, une fontaine dans les jardins qui se déployaient au nord du château. Sur le bord de la falaise, surplombant le hameau de Marmisson, un mur de soutènement pourrait correspondre au belvédère qui dominait l'estuaire.

État de conservationvestiges, détruit
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Rapport et estimations des immeubles, Bodin de Saint-Laurent. 7 Germinal an IV (27 mars 1796).

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : 1 Q 1592
Bibliographie
  • DROUYN Léo. La Guyenne militaire : histoire et description des villes fortifiées, forteresses et châteaux pendant la domination anglaise. Paris : Compte d'auteur ; Didron, 1865.

    tome 2, p. 144
  • FAVREAU Marc. Les jardins de Gironde au XVIIe siècle. Mémoire de DEA d'histoire de l'art moderne et contemporain, sous la direction de Daniel Rabreau, Université Bordeaux 3, octobre 1990.

    p. 51
  • GUILLON Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, tomes 1 à 4.

    p. 226

Liens web

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