Logo ={0} - Retour à l'accueil
Église paroissiale Saint-Barthélemy

Orgue de tribune

Dossier IM40006705 réalisé en 2017

Fiche

Dénominationsorgue
Aire d'étude et cantonSaint-Sever
AdresseCommune : Cauna
Emplacement dans l'édificevaisseau central, tribune au revers de la façade

Cet orgue de tribune, ornement exceptionnel pour une petite église rurale, fut offert par le châtelain local, le baron Bernard-Augustin de Cabannes de Cauna (1822-1882), héraldiste et historien, auteur de l'Armorial des Landes, mais aussi amateur averti de musique religieuse. Selon l'arrêté de classement de l'instrument au titre des Monuments historiques (1985), la facture serait l'œuvre du "facteur Gauziède, de l'atelier Cavaillé-Coll". Les recherches récentes de l'abbé Bernard Jehan (2020, p. 88-90) ont permis de corriger ces assertions erronées, le facteur landais Jules Gauziède (Saint-Sever, 1881-1960) n'étant entré (comme menuisier) dans la maison Cavaillé-Coll qu'en 1898 pour la quitter en 1905 avant de s'installer à Bidart. Son intervention sur l'orgue de Cauna - un simple relevage, documenté par une plaque apposée à l'intérieur de l'instrument - ne peut donc être antérieure à la guerre de 1914-1918.

L'analyse technique des particularités de l'orgue de Cauna permet à B. Jehan d'attribuer l'instrument au facteur de Coutances Eugène Orange (1825-1887), auteur en 1874 de l'orgue de Montfort-en-Chalosse, au buffet en tout point identique (basé comme lui sur un modèle de Cavaillé-Coll). De fortes ressemblances avec l'orgue de Vast (Manche), fourni par le facteur coutançais en 1876, autorisent à proposer une date voisine pour l'instrument de Cauna, sans doute commandé directement par le baron de Cauna au facteur (voir l'argumentaire de B. Jehan en annexe).

La partie instrumentale a été restaurée en 1927 par le facteur Koenig (sans doute Paul-Marie, 1887-1977).

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1876, daté par source
Lieu d'exécutionCommune : Coutances
Auteur(s)Auteur : Orange Eugène Ferdinand
Orange Eugène Ferdinand (1825 - 1887)

Facteur d'orgues à Coutances (Manche) ; né à Coutances le 15 décembre 1825, fils du charpentier Aimable Auguste Orange et de Barbe Angélique Tardif ; époux de Rosalie Julie Gonfroy (morte le 26 avril 1857), puis, le 17 novembre 1858, d'Azélie Zoé Lepetit (née en 1829). D'abord associé à Pierre Ménard, il travailla ensuite seul dans l'atelier de Coutances à partir de 1874. Source : Bernard JEHAN. Les facteurs d’orgues de Coutances Ménard-Orange-Laforge, de 1839 à 1892. Editions du cercle de généalogie et d’histoire de Coutances, 2020, p. 88.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
facteur d'orgues attribution par analyse stylistique
Auteur : Gauziède Jules
Gauziède Jules (1881 - 1960)

Menuisier et facteur d'orgues, né à Saint-Sever (Landes) le 13 décembre 1881, mort en 1960 ; travaille de 1898 à 1906, comme apprenti menuisier, dans la fabrique parisienne d'Aristide Cavaillé-Coll alors reprise par Charles Mutin ; après un passage dans l'atelier de Ferdinand Prince et un séjour en Argentine vers 1908, il s'installe à son compte à Bidart en septembre 1908 ; il est maire délégué de Bidart en 1944 (réf. : Bernard Jehan, Les facteurs d’orgues de Coutances Ménard-Orange-Laforge, de 1839 à 1892.  Editions du cercle de généalogie et d’histoire de Coutances, 2020).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
facteur d'orgues, restaurateur signature
Auteur : Koenig Paul-Marie
Koenig Paul-Marie (1887 - 1977)

Facteur d'orgues d'origine alsacienne, fils et successeur de Joseph Koenig (1846-1921) ; installé à Paris en 1920.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
facteur d'orgues, restaurateur attribution par source
Personnalité : Cabannes de Cauna Bernard Augustin Henry Timothée de , dit(e)
Cabannes de Cauna Bernard Augustin Henry Timothée de , dit(e) (1822 - 1883)

Célèbre héraldiste et historien, auteur de l'Armorial des Landes.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
commanditaire, donateur attribution par source

Le buffet en chêne est composé d'une plate-face contenant quinze tuyaux en étain, flanquée de deux tourelles à cinq tuyaux chacune. Le décor du buffet, lointainement inspiré de ceux de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, est sculpté en relief dans la masse et ajouré.

La console en fenêtre, placée au revers du buffet, comporte un seul clavier manuel de 54 notes et un pédalier en tirasses de 20 notes (sans jeux propres), avec transmissions mécaniques. Composition : Bourdon 8, Principal 8 (étiqueté Flûte à la console), Prestant 4, Nazard 2 2/3, Doublette 2, Dessus de hautbois 8 (étiqueté Trompette à la console), Basse de trompette 8. Appel et retrait des anches (description extraite de la notice de l'instrument sur le site de l'A.D.O.R.A.).

Catégoriesfacture d'orgue, menuiserie, sculpture
Structuresde tribune corps, 3
Matériauxchêne, mouluré, décor en bas relief, décor dans la masse, découpé, ajouré
étain, martelé
Mesuresh : 350.0 (hauteur approximative du buffet)
Iconographiesornementation, volute, palmette, fleur, feuille d'acanthe
Précision représentations

Décor du buffet : volutes adossées avec enroulements d'acanthe au sommet de la plate-face (découpé) et sur sa traverse inférieure (en relief) ; médaillon ajouré à palmette entre deux volutes affrontées à feuilles d'acanthe au sommet des tourelles ; culs-de-lampe en pyramide renversée ornés de deux rangs d'acanthe séparés par un rang de perles au bas des tourelles ; panneautage rectangulaire sur le soubassement.

Inscriptions & marquesinscription concernant l'auteur, sur partie rapportée
inscription technique
Précision inscriptions

Inscription concernant l'auteur (sur une étiquette collée sur la console) : Gauziède, facteur d'orgues, élève de la Maison Cavaillé-Coll de Paris, Bidard, P.A.

Noms des registres indiqués sur chaque tirette de la console par des boutons plats en porcelaine blanche : Trompette basse, Nazard 2 2/3, Bourdon, Prestant 4 [à gauche] ; Trompette dessus, Doublette 2, Bo[urd]on 8, Flûte 8 [à droite].

Précision état de conservation

Buffet récemment décapé.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé au titre objet, 1985/04/01

Annexes

  • Argumentaire en faveur d’un achat direct de l'orgue de Cauna à Coutances (Bernard Jehan, 2020)

    1 - L'orgue de Cauna ressemble à tous les petits orgues 6 jeux – 8 tirants fabriqués à l’atelier Ménard-Orange de Coutances. Ces facteurs ont placé directement plusieurs de ces instruments dans la Manche. L'essentiel de leur production était sous-traitée pour Cavaillé-Coll qui les vendait comme un produit de ses propres ateliers.

    2 - L'orgue de Montfort-en-Chalosse a été acheté chez Cavaillé-Coll, marché conclu le 5 novembre 1874. En 1997, les facteurs du pays Pellerin et Uys, lors d'un relevage, ont trouvé la mention "fait en décembre 1874 par E. Orange, facteur à Coutances, Manche". Pierre Ménard venait de passer la main à son associé tout en étant encore présent bien des années encore.

    3 – L'orgue de Cauna ne figure pas sur la liste Huybens. Cette liste récapitule tous les instruments placés par la Manufacture de Cavaillé-Coll. Celui de Montfort-sur-Chalosse figure sur cette liste Opus numéro 439. Alors, comment l’instrument fabriqué à Coutances est-il parvenu à Cauna ?

    4 – Dans la base Palissy, il est écrit que "la partie instrumentale fut construite entre 1860 et 1865 par le facteur Jules Gauziède de l’atelier Cavaillé-Coll et offert à l’église par le baron de Cauna."

    Jules Gauziède. Cette affirmation est totalement erronée. Ce jeune homme est entré en apprentissage chez Cavaillé-Coll en 1898, l'année où Charles Mutin reprenait la manufacture parisienne.

    Baron de Cauna. Cette piste est à suivre car le baron connaissait l’atelier de Ménard-Orange et l'avait visité. La fin d’une conférence de 1873 fait comprendre que le baron n’aimait pas du tout l’esthétique de Cavaillé-Coll. Alors aurait-il commandé un orgue à ce facteur ?

    Dans sa conclusion il énumère la composition de trois orgues de Ménard et donne des détails sur la ville de Coutances. Il avait vu ce dont il parlait.

    4 – L'orgue de Cauna et ses particularités. Il est le seul dans toute la liste des petits orgues 6 jeux – 8 tirants, construits à Coutances, à avoir en même temps une première octave de Flûte 8 sans renfort acoustique et une note de ravalement à la pédale avec son mécanisme propre. Une telle construction a nécessité un échange entre le facteur de Coutances et celui qui passait commande pour Cauna. Qui hormis le baron aurait pu le faire ?

    5 – Renforcement première octave de la Flûte 8. La première octave de la Flûte 8 demande beaucoup de hauteur et de place dans le buffet qui n’est pas de grande taille. Alors le facteur choisit de faire un emprunt au Bourdon 8. Le même tuyau sonne pour les deux jeux mais pour la Flûte 8, cela manque de puissance.

    Pour donner du volume au son, Cavaillé-Coll dès le deuxième orgue sous-traité demande de renforcer le son en plaçant une Flûte 4 à côté de chaque tuyau emprunté. Pour tous les instruments vendus par Cavaillé-Coll, il en est ainsi.

    L'orgue de Montfort-en-Chalosse illustre bien cette pratique. Le Bourdon 8 bouché est accompagné, à chaque tuyau, d’une Flûte 4 ouverte avec sa trappe d’accord.

    L'orgue de Cauna n’a pas cette disposition pour sa Flûte 8. Il emprunte seulement 5 tuyaux au Bourdon 8 sans l’apport d’une Flûte 4. Le volume de ces 5 premières notes est donc plus faible. Par contre, l’instrument se trouve doté de 7 tuyaux supplémentaires pour la Flûte 8. Cela demande plus de place.

    6 – La note de ravalement à la Pédale. Cette note de ravalement au La grave à la Pédale est absolument unique dans un si petit orgue. Elle n'a pu être demandée à un facteur d’orgues que par un organiste qui se sentait capable de l'utiliser régulièrement à la fin d’un chant ou d’une pièce de musique. Le baron de Cauna était organiste, comment ne pas penser à lui ?

    Il a fallu trouver où placer ce tuyau supplémentaire. Orange l'a glissé à l’horizontale au-dessus des réservoirs d’air, tout contre la façade. C’est un tuyau de Bourdon 8 pour ne pas faire trop long, doublé d’un tuyau de Flûte 4 pour augmenter la puissance. Une note de pédale est affectée à son seul service avec un mécanisme propre.

    Il reste à préciser la date à laquelle l'orgue a été acheté.

    Bernard Jehan, 2020.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (1906).

    Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 70 V 91/7
Bibliographie
  • LUMMEAUX Bernard, BENUSIGLIO François-Xavier. Orgues en Aquitaine. ADAMA, 1988, t. 1 (Dordogne, Lot-et-Garonne, Landes)

  • ROISIN Jacques. Nomenclature des orgues des Landes. S.l., 1979.

    p. 3
  • JEHAN Bernard. Les facteurs d’orgues de Coutances Ménard-Orange-Laforge, de 1839 à 1892. Editions du cercle de généalogie et d’histoire de Coutances, 2020.

    P. 88-90.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe