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Orches : présentation de la commune

Dossier IA86013616 réalisé en 2019

La commune d'Orches couvre une superficie de 19,22 km² et compte 407 habitants en 2016 soit environ 21 habitants/km² : son territoire se caractérise, de fait, par un grand nombre de hameaux et de fermes dispersées. Elle est entourée par les communes de Savigny-sous-Faye et Berthegon à l'ouest, Sérigny au nord, Sossais à l'est et Saint-Genest-d'Ambière au sud.

La route de Poitiers à Richelieu, aménagée à la fin des années 1830, transforme le paysage de la commune, en le rendant plus accessible avec le chef-lieu de canton, Lencloître, et amorce, à l’est, le développement du bourg, dont les constructions les plus importantes sont édifiées entre 1875 et la première moitié du 20e siècle (commerces, école, maisons de maître).

Le point culminant est à 167 mètres, le point le plus bas à 70 mètres. Le territoire est vallonné et l'altitude moyenne est de 112 mètres. Le ruisseau du Mâble qui prend sa source sur la commune se jette dans la Veude sur la commune de Champigny-sur-Veude (Indre-et-Loire) après un parcours de 25 km.

Aires d'étudesCommunauté d'Agglomération de Grand Châtellerault
AdresseCommune : Orches

Histoire d'Orches

Une occupation humaine dès le Néolithique

Bien avant l’implantation religieuse et seigneuriale à Orches au cours du 11e siècle, des traces d’occupation ont été relevées. Elles datent de l’époque néolithique soit une période allant de -7000 à -1800 avant notre ère pour le département de la Vienne.

Le polissoir néolithique, classé depuis le 30 mai 1932, est situé près du hameau de Beauregard. De forme ovoïde il mesure environ 1,80 m sur sa plus grande longueur à sa base et 1,65 m sur sa plus grande largeur. C’est un bloc de grès fixe d’environ 80 cm de haut dont la surface est presque entièrement polie et sillonnée dans le même sens (d’est ou ouest) de 8 rainures. Il existe de nombreux polissoirs néolithiques dans la région (Indre, Indre-et-Loire) mais beaucoup sont portatifs ou à main, c’est-à-dire transportables d’un lieu à un autre. À Orches, il s'agissait vraisemblablement d'un atelier puisque une vingtaine de grosses pierres également en grès se trouvent autour du polissoir et que des haches polies ont été retrouvées à proximité.

Ce polissoir est connu également sous le nom de caillou de Saint-Martin, toponyme que l’on retrouve sur le plan cadastral parcellaire de 1826 et que l’on trouve également associé à d’autres polissoirs ou sites mégalithiques en France (" pierre de Saint-Martin " à Luzillé en Indre-et-Loire ; " pinte de Saint-Martin " à Corancez en Eure-et-Loire ; " grès de Saint-Martin " à Assevillers dans la Somme). La tradition orale raconte que saint Martin (316-397), évangélisant la Gaule aurait rencontré un dimanche des paysans qui moissonnaient. Leur ayant reproché de travailler en ce jour de repos, ceux-ci l’injurièrent. Martin pour les punir les changea en pierre. Une variante raconte que saint Martin fut hué par des moissonneurs car il était mal vêtu. Irrité par les insultes, il toucha de son bâton de voyageur une gerbe et toutes celles qui étaient liées furent changées en pierre.

Ce polissoir a failli disparaître du paysage lors de son étude par la société d’études et d’excursions archéologiques de Châtellerault qui, au début du 20e siècle, avait pour projet de le déplacer dans un jardin public de Châtellerault. Le propriétaire ayant refusé, le polissoir est resté en place.

Des occupations protohistoriques ont été mises au jour sous la forme d’enclos quadrangulaires au nombre de trois. Un au lieu dit la Fusellerie, les deux autres à la Chaise et aux Pièces Noires, mais en l’absence de fouilles, il est difficile d’obtenir une datation plus fine.

Étymologie

Le nom du territoire proviendrait du gaulois orco signifiant porc. Cette étymologie peut être rapprochée de celle de la commune de Faye-La-Vineuse située quelques kilomètres plus au nord dont la première partie du nom " faye " signifie hêtre. Les faînes des hêtres étaient données à manger aux porcs.

Le nom d’Orches apparaît dans les textes à la fin du 11e siècle, en 1089, associé à celui de Geoffroy, Geoffroy d’Orches sans doute prieur dans l’un des prieurés fondés sur le territoire.

Des fondations religieuses à la Révolution

L’église prieurale d’Orches est fondée et édifiée entre la fin du 11e siècle et le début du 12e siècle. Dédiée à saint Hilaire elle dépend de l’abbaye de Saint-Benoît-de-Quincay (Vienne). Le prieuré qui lui est rattaché semble situé, non pas autour de l’église, mais à proximité de Savigny-sous-Faye et dépend de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. Deux autres prieurés bénédictins sont fondés par la suite, sans doute autour du 13e ou 14e siècle, aux lieux-dits Reuzé et le Breuil (anciennement le Breuil Patri ). En 1769, Monseigneur Beaupoil lors d’une visite épiscopale fait un état des lieux de la paroisse de Saint-Hilaire d’Orches « composée de 430 communiants avec une église qui a besoin de quelques réparations pour le choeur ». Il mentionne également deux autres prieurés, celui d’Orches et celui de Ruzé (Reuzé) dont la chapelle est profanée. Le prieuré du Breuil n’est plus cité à cette date.

Sous l’Ancien Régime, le territoire d’Orches est constitué de plusieurs fiefs administrés par des seigneurs et dont les origines remontent, pour les plus anciens, au milieu du 14e siècle. Ainsi, Puygarreau, la Chaise et le Magnou sont trois fiefs situés en limite de territoire d’Orches proche de Savigny et de Saint-Genest-d’Ambière. Le fief de Puygarreau, le plus important, avait droit de haute justice et relevait du duché de Châtellerault.

Les autres fiefs fondés dans le courant du 15e siècle, se trouvent dans les écarts à Laubardière, la Sitière, les Hautes et Basses Boitières. La plupart sont créés vers le milieu du 15e siècle comme la Sitière en 1425, les Clouzeaux en 1436, la Bouetière (aujourd’hui lieu-dit Les Bottières) et la Couture en 1444, Bougeville en 1446, la Marqueterie en 1482 et Bois-Gilet en 1538. Toutes ces seigneuries dépendaient du marquisat de Clairvaux. Laubardière, citée en 1438, relevait de la baronnie de Faye-la-Vineuse. Le fief des Clouzeaux semble avoir été le plus important. En effet, l’église Saint-Hilaire conserve une chapelle seigneuriale édifiée entre la fin du 15e siècle et le 16e siècle à l'angle sud-est de l’église. Sa fondation pourrait être attribuée à la famille Duquesne, originaire de Normandie, qui s’établit dans le châtelleraudais dans la seconde moitié du 15e siècle : Simon Duquesne est, en 1488, écuyer et seigneur de Boislondé à Sérigny, paroisse limitrophe située au nord de celle d’Orches. C’est vraisemblablement à cette période qu’aurait été construite la chapelle : sa voûte sur croisée d'ogive possède un écu autrefois armorié et la nef de l’église conserve l’épitaphe de Simone Duquesne, dame des Clouzeaux, décédée en 1576. Le 15 août 1584, le baron de Clairvaux autorise le seigneur des Clouzeaux à « faire mettre au plus bas du choeur de ladite église un banc derrière la petite porte par laquelle en entre au choeur de l’église. » La porte citée pourrait être celle, aujourd’hui murée, qui permettait un accès direct depuis l’extérieur vers la chapelle. Un siècle plus tard, un acte du 21 septembre 1664 mentionne que les habitants de la paroisse d’Orches reconnaissent que « dame Elisabeth d’Aviau dame des Clouzeaux, veuve de Jacques des Clouzeaux et ses prédécesseurs ont donné à l’église d’Orches plusieurs ornements, calice et soleil d’argent doré, une petite custode pour la communion, la bannière du Saint Rosaire et une chasuble de couleur pour servir à l’autel du Saint Rosaire. »

D’autres manoirs, qui ne sont pas érigés en fiefs, sont mentionnés notamment celui de Laudouard en août 1447 « enclos de terres avec ses apartenances appelé l’hôtel ou hébergement de la Mercerie ». Enfin, les sources écrites mentionnent plusieurs chapelles domestiques fondées, vraisemblablement à la suite de la chapelle seigneuriale de l’église, et aménagées dans les logis des seigneuries de Bois-Gillet et de la Sitière.

Entre 1660 et 1700, Marguerite Boyleau, Louis Chefdevergne et Léon Levrault (ce dernier étant issu d’une branche des seigneurs de la Sitière), nés à Orches, vont s’installer en Nouvelle-France et y fonder une famille.

Entre janvier et avril 1791 sont présentés aux enchères les prieurés, la cure d’Orches ainsi que plusieurs biens d’anciennes seigneuries qui sont achetés principalement par Vincent Bourgine et Michel Rochex, notables du lencloîtrais.

Orches aux 19e et 20e siècles

En 1804, Orches compte 767 habitants répartis sur l’ensemble du bourg et des nombreux écarts. A cette date, près de 70 % du territoire est occupé par des terres cultivées et 20 % environ par des bois et des futaies dont l’abattage puis la vente constituent l’une des ressources financières du village. Le territoire est desservi par quatre chemins de terre, qui se rejoignent dans le centre du bourg et qui restent peu praticables malgré des passages en partie pavés. C’est la construction de la route de Richelieu, dont le projet est lancé à la fin des années 1830 et mis en œuvre au début des années 1840, qui permet à Orches d’être mieux reliée aux deux chefs-lieux de canton les plus proches : Richelieu au nord et Lencloître au sud. Les débouchés pour le commerce local deviennent quasi journaliers avec l’écoulement des productions de vin et de blé notamment sur les marchés et les foires.

La récolte de résine de sapins, qui sont plantés principalement à l’ouest aux lieux-dits les Souchons et les Communaux, assure également un revenu régulier à la commune et lui permet de financer des travaux de réparations notamment de l’église et du mur du cimetière. Des résiniers venus de Gironde sont ainsi chargés de collecter la sève des sapins dans des barriques et des fûts achetés par la commune.

Dans la première moitié du 19e siècle, les nouvelles constructions restent rares sur le territoire. À la Sitière, Auguste de Souville qui achète la propriété en 1843, fait raser l’ancien manoir et fait édifier à partir de 1847, un peu plus à l’ouest, face à la route de Richelieu, un château sur trois niveaux. Dans le bourg, les projets concernent la translation du cimetière du collatéral sud de l’église vers la cure (1807), l’achat de deux maisons et de terrains pour servir de presbytère au curé (1829) et de logement pour l’instituteur (1841). L’église est également régulièrement restaurée : en 1804, le conseil de fabrique insiste sur son état de délabrement, l’église est " toute dépavée, les murs décrépis ont besoin d’être recrépis dans les fondements, plusieurs piliers éboulés et pressent d’être refaits ". La réfection des toitures est réalisée en 1810 : ardoises pour le clocher, tuiles pour l'église et le balet pour la somme de 760 francs. Une cloche est fondue en 1823 par Nicolas Peigney, fondeur de cloches à Poitiers. En 1848, le conseil de fabrique, présidé par François de Souville, précise que " l’église paroissiale d’Orches se trouve dans un état dont l’extrême et affligeante pauvreté serre le cœur. Elle est ouverte de tous cotés à la pluie et aux vents, abritée seulement par la tuile à travers laquelle le jour glisse comme dans des masures qui n’ont jamais eu d’habitants, défigurée par la laideur des murs qui tombent en ruine, privée de pavés ".

Durant le troisième quart du 19e siècle, alors que la population d’Orches baisse de 110 habitants, essentiellement dans les hameaux proches des communes limitrophes, des aménagements sont réalisés dans le bourg : la place de l’église est agrandie, des ateliers, auberges et cafés s’installent. Une nouvelle école de garçons est construite en 1852 à proximité du presbytère et l’école de filles, projetée dès 1867, est finalement réalisée en 1875 dans le prolongement de celle des garçons. C’est également durant cette période et sous les mandats des curés Auguste Biéron puis Hilaire Polisset que des travaux d’embellissements de l’église sont effectués : installation du chemin de croix en 1868, renouvellement des verrières en 1874 réalisées par les verriers Guérithault pour 1070 francs et décor peint à faux-joints sur les murs.

La fin du 19e siècle et le début du 20e siècle sont marqués par une reprise démographique et en 1901, la commune a retrouvé sa population du début du 19e siècle. Le bourg s’enrichit de nouvelles constructions plus hautes, plus cossues et plus ornementées appartenant aux commerçants et aux riches propriétaires tels la famille Artault ou de Cougny. Bien que la ligne ferroviaire de Loudun à Châtellerault ne desserve pas la commune, la gare de Savigny-sous-Faye, toute proche, assure à Orches un écoulement de ses denrées agricoles, maraîchères. La production viticole est également concernée après avoir été relancée, suite à la crise du phylloxera, par l’introduction de pieds de vignes de provenance étrangère. La route de Richelieu est désormais desservie par des lignes d’autobus s’arrêtant à la Folie et desservant Mirebeau, Richelieu, Lencloître et Faye-la-Vineuse.

Après la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, la vie paroissiale s’essouffle. Selon le rapport de la visite canonique organisée en 1913, seuls trois hommes viennent à la messe le dimanche. La paroisse d’Orches est, au sein de l’archiprêtré de Châtellerault, la moins fréquentée du fait de la dispersion de la population sur un territoire très vaste. À la suite de l’installation du bureau de poste dans le jardin du presbytère, en 1913, le curé qui dessert également la paroisse de Sossais, est installé dans une autre maison du bourg appartenant à la famille de Cougny.

Durant la Première Guerre mondiale, vingt orchois perdent la vie accentuant la chute démographique de la commune qui perd presque 200 habitants entre 1901 et 1921. De nouveaux projets sont néanmoins lancés dans le bourg au début des années 1920 avec la construction d’un groupe scolaire, le réaménagement du carrefour de l’église, la suppression d’une partie du cimetière et la construction d’un portail encadré de deux portes permettant d’y accéder. Ces travaux sont confiés à l’architecte châtelleraudais Alphonse Chevrieux. Il réalise également à partir de 1926 la restauration du chevet de l’église et le renforcement des contreforts. L'église est protégée partiellement au titre des monuments historiques le 17 avril 1935. Cette protection concerne les deux travées du chœur, le portail nord et la chapelle seigneuriale au sud.

Géologie et paysage

Géologie

La diversité et la nature des sols, à la fois crayeuse et sableuse, donnent au territoire ses caractéristiques paysagères vallonnées et boisées mais aussi constructives, avec ses nombreuses cavités troglodytiques et ses maisons en pierre de tuffeau.

Sur le plan géologique, le sous-sol est constitué de marnes et de tuffeau formés au Crétacé (cénomanien et turonien). Les alluvions sableuses sont présentes dans le lit du Mâble et de la Fontpoise qui coulent sur le territoire. Le sol se compose de sables, de marnes argilo-calcaire sur les pentes des collines (soit 55 % du territoire), et de calcaire dans la partie les plus hautes (sur 45 % du territoire). La toponymie conserve des indices sur la nature des sols : " les aubues ", " les pièces jaunes " pour les sols argilo-calcaire, les caves pour les sols calcaire. La pierre de tuffeau utilisée dans la plupart des constructions du bourg et des écarts peut prendre différentes teintes : blanc, jaune, beige ou gris.

Les carrières d'extractions, nombreuses sur le territoire, ont permis l'édification des bâtiments. D'autres carrières situées à la Taille des Lys, sur la commune de Saint-Genest-d'Ambière, ont également été exploitées. La tuile et la brique ainsi que les éléments d’ornementation (épis de faîtage, antéfixes) sont fabriquées à Orches (lieu-dit Les Tuileries) et Saint-Genest d’Ambière.

Enfin, un affleurement assez mince (moins de deux mètres), formé au Turonien (partie supérieure) est présent au lieu-dit Beauregard. Composé d'argiles sableuses et glauconieuses à dalles de calcarénites silicifiées, cet affleurement a été exploité au Néolithique (polissoirs).

Paysages

Orches présente un paysage vallonné et boisé. Le point culminant est à 167 mètres, le point le plus bas à 70 mètres. La couverture boisée représente près de 30% du territoire et se concentre surtout à l'ouest et au nord (bois de Maupertuis).

Hydrographie

La commune compte 8,8 km de cours d'eau comprenant le ruisseau du Mâble (sud-est/nord-ouest), sur une longueur de 4,8 km (longueur totale 25 km), la Fontpoise sur une longueur de 2,8 km au sud du territoire, le Fond-Giraud à l'ouest sur 1,1 km ainsi que la Jaunaire longeant les abords du lieu-dit la Plette. Le ruisseau du Mâble prend sa source sur la commune, à 137 mètres d'altitude. Il traverse neuf communes avant de rejoindre la confluence de la Veude à Champigny-sur-Veude (Indre-et-Loire) à 43 mètres d'altitude.

Patrimoine naturel

Un arbre est classé remarquable selon l'inventaire des arbres remarquables en Poitou-Charentes. Il s'agit d'un buis commun situé dans le cimetière. Symbole de longévité et d’immortalité, il est, avec les ifs, l’un des arbres les plus présents dans les cimetières. Le cèdre bleu, situé devant l’école a été planté en 1948, c’est un arbre de la Liberté commémorant le centenaire de la Révolution de 1848.

Le patrimoine bâti d'Orches au fil des siècles

La commune de Lencloître est constituée d’un riche patrimoine bâti. Son église est construite dans le style roman au 12e siècle et réaménagée aux 15e siècle pour le chevet et le choeur, au 16e siècle pour la chapelle seigneuriale et au 17e siècle pour la tour de clocher.

Dans les écarts, les fermes et hameaux, ont des origines seigneuriales qui peuvent remonter aux 14e siècle et 15e siècle. Remaniés au fil des siècles, certains bâtiments ont conservé néanmoins des éléments architecturaux des 16e, 17e et 18e siècle (fenêtres, chronogrammes, inscriptions). Ces fermes ont été reconstruites (souvent la maison d'habitation) et agrandies (pour les dépendances) à partir du milieu du 19e siècle et au 20e siècle.

Dans le bourg, la construction des édifices privés et publics (maisons de maître, école) débute dans le troisième quart du 19e siècle pour s'achever au début des années 1920 : ces édifices sont marqués par des façades plus décorées avec corniches et linteaux sculptés.

Le patrimoine religieux

L’église prieurale d’Orches est fondée et édifiée au 12e siècle en contrebas d’une colline à 110 mètres d’altitude, et non loin de la rivière du Mâble. Dédiée à saint Hilaire elle dépend de l’abbaye Saint-Benoit-de-Quincay (Vienne). Le prieuré qui lui est rattaché semble situé non pas autour de l’église, mais à proximité de Savigny-sous-Faye et dépend lui de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

L’église prieurale Saint-Hilaire d’Orches présente une structure très simple, avec une nef unique et chœur à chevet plat, éclairé par une grande baie à remplage en arc brisé ouverte tardivement au 15e siècle en même temps qu'est réalisée la reconstruction du chevet.

Une chapelle seigneuriale est également édifiée entre la fin du 15e siècle et le 16e siècle à l'angle sud-est de l’église et à la droite du chœur. On y accède de l’intérieur par un arc en plein cintre. Une porte, encore visible de l’extérieur, y donnait jadis directement accès. La tour de clocher, qui vient probablement remplacer un clocher antérieur, est reconstruite dans le courant du 17e siècle comme en atteste le profil des baies en partie haute et les moulures des corniches. On y accède depuis l'intérieur de l'église par une porte située dans le mur sud, puis par un escalier à vis roman dont l’accès d’origine a été bouché.

Des sommes sont régulièrement votées par le conseil municipal pour l'entretien et les réparations de l'église entre 1865 et la fin du 19e siècle. Des travaux d'embellissement sont également réalisés à l'intérieur de l'église sous les mandats d'Auguste Biéron puis d'Hilaire Polisset : installation du chemin de croix en 1868, renouvellement des verrières en 1874 réalisées par Guérithault pour 1070 francs et décor peint à faux-joints sur les murs.

En 1926, l'architecte Alphonse Chevrieux, qui vient de réaliser la construction de l'école communale, dresse un devis pour restaurer le pignon oriental de l'église avec notamment le renforcement des contreforts et de la verrière. La toiture est refaite vraisemblablement dans les années 1950 ou début des années 1960 avec le remplacement de la tuile plate par de la tuile mécanique.

L'église est protégée partiellement au titre des monuments historiques depuis le 17 avril 1935. Cette protection concerne les deux travées du chœur, le portail nord et la chapelle seigneuriale au sud.

En 2019, la commune lance une souscription auprès de la Fondation du patrimoine pour la restauration de la chapelle seigneuriale.

La chapelle seigneuriale

La voûte et les croisées d’ogive qui couvrent la chapelle sont peintes d’un bleu uniforme et décorées de fleurs de lys et d’arabesques végétales tracées en blanc, décor peint du 19e siècle. Il est impossible d’établir si cette ornementation suit la trace d’un décor précédent. L’écusson sculpté sur la clef de voûte est peint en rouge, comme les culs de lampe sur lesquels la voûte repose. Aucune trace de l’armoirie originaire n’est plus visible. L’écu, orienté avec la pointe vers l’est et qui suit la ligne de la croisée, pourrait dater entre la seconde moitié du 15e siècle et la fin du 16e siècle. Il pourrait s’agit de la chapelle seigneuriale de la famille Duquesne, seigneurs des Clouzeaux. Cette dernière est originaire de Normandie, établie dans le châtelleraudais au 15e siècle ou Simon Duquesne était écuyer et seigneur de Boislondé à Sérigny (1488). Simone Duquesne meurt en 1576, une épitaphe en pierre réalisée au décès de Simone Duquesne, dame des Clouzeaux, en 1576 est visible sur le mur nord de la nef.

Le mobilier de l'église Saint-Hilaire

L'église possède un riche mobilier composé de tableaux, statues et d'objets liturgiques provenant de l'ancien prieuré et couvrant la période du 17e au 18e siècle. Les vitraux, les cloches et autres objets, réalisés pour l'église paroissiale entre le 1er quart du 19e siècle et le 1er quart du 20e siècle, complètent ce mobilier.

Voir le dossier Présentation des objets mobiliers de l'église Saint-Hilaire d'Orches.

Les prieurés

Deux prieurés bénédictins ont été fondés, sans doute autour du 13e ou 14e siècle, sur le territoire d'Orches aux lieux-dits Reuzé et Breuil. La structure bâtie actuelle des deux prieurés en U délimitant une cour centrale, peut être héritée de l'Ancien Régime. Les bâtiments encore visibles ont été remaniés au cours de la seconde moitié du 19e siècle mais ont conservé certains éléments : deux fenêtres avec arc en plein cintre à Reuzé (ancienne chapelle du prieuré transformée en grange dans la seconde moitié du 18e siècle) ; piédroits moulurés et fenêtre avec arc en plein cintre au Breuil.

Habitat

Le bâti civil le plus ancien semble dater du début du 15e siècle (fenêtres avec arcs en accolades à la Chapelle-Soudun). Les bâtiments présents sur le plan parcellaire cadastral en 1826 ont pour la plupart été remaniés, partiellement détruits ou reconstruits que ce soit dans les écarts ou dans le bourg.

Les premières constructions et démolitions sont liées à l’aménagement de la route départementale de Poitiers à Richelieu au début des années 1840.

Dans le bourg les témoignages bâtis, hors église, antérieurs à la Révolution sont rares. On peut néanmoins distinguer des maisons basses dont les fondations peuvent remonter au 18e siècle avec une structure semi-rurale que l’on retrouve dans les hameaux et écarts et des maisons édifiées dans le courant du 19e siècle et au début du 20e siècle (avec chronogramme). Le décor se fait plus présent à partir des années 1870 avec linteaux sculptés, corniches moulurées et les maisons construites s’éloignent du centre bourg s’implanter le long de la route de Richelieu.

Voir le dossier Habitat.

Les monuments funéraires des soldats morts pour la France

Voir le dossier Tombeaux portant des plaques commémorant des soldats morts pour la France.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Adjudication des biens nationaux à Rochex, Orches, 1791.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 J 1041
  • Église : réparations, 1806-1926.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 219/4
  • Plan cadastral parcellaire de la commune d'Orches dressé par le géomètre Coulliaud, 1826.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 5533-5538
  • Vente des biens nationaux, district de Châtellerault, municipalité d'Orches : janvier-avril 1791.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 341
  • Orches : immeubles vendus à partir de 1790 comme biens nationaux, 1790-1791.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 1273
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique paroissiale d’Orches dressé, 1906.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 Q 34
  • Construction de la route entre Orches et le ruisseau du Pas, 1843-1859.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 S 159
  • Voeux et réclamations au sujet de la départementale numéro 9 (route de Richelieu), 1870-1873.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 S 165
  • Tracé de la route départementale numéro 9 (route de Richelieu), 1839-1846.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 S 444
  • Alignement et permission de voirie pour la construction de la départementale 9 (route de Richelieu), 1871-1881.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 S 447
  • Plan cadastral parcellaire pour l'établissement de la route départementale numéro 9 (route de Richelieu), 1842.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 S 532
  • Administration générale de la commune, 1940-1969.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 601 W 564
  • Confiscations prononcées par la Cour de justice (collaboration avec l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale), De Cougny-Préfeln Pierre François, 1946.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1289 W 18
  • Archives diocésaines de la Vienne, Q1 13 : commune d'Orches, 1802-1913.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers : Q 1 13
  • Inventaire des titres des seigneuries des Clouzeaux, Bougeville, Hautes et Basses Bouetières concernant les biens, droits et revenus desdites seigneuries, 1751.

    Archives municipales, Orches : non coté
  • Matrices cadastrales des propriétés bâties, 1828-1892.

    Archives municipales, Orches : non coté
  • Registres des délibérations du conseil municipal, mai 1852-novembre 1938.

    Archives municipales, Orches : non coté
  • Registre des déclarations faites par les contribuables en cas de construction nouvelle, de reconstruction, d'addition de construction et d'affectation de terrains à des usages commerciaux ou industriels, 1900-1966.

    Archives municipales, Orches : non coté
Documents figurés
  • Joubert, Jean-Michel. Alcaydé, Gilbert. Carte géologique de la France à 1/50 000 : Lencloître (n°540), Bureau de recherches géologiques et minières. Orléans, 1987.

Bibliographie
  • Archi Trav-François Jeanneau, Anaglyphe, Delta Énergies, Cabinet Dubois. Étude de diagnostic : restauration de l'église Saint-Hilaire d'Orches, novembre 2018.

  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

  • Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou / H. Beauchet-Filleau, Charles de Chergé ; éd. Paul Beauchet-Filleau. 1891, Chef-Boutonne : Chez l'auteur, 1972, 1973, 1974, 1976, 1978. - 5 fascicules (798 p.) : ill.

  • Guillemet, Dominique. Dir., Dictionnaire des communes et pays de la Vienne. 2004, Geste éditions.

  • Jean, Suzanne, L'architecture rurale française: Poitou, Pays charentais, Paris, 1981.

  • Polissoir d'Orches. Bulletin de la société des Antiquaires de l'Ouest, 2e s. t.10, 1904-1906.

    p. 374-377 Région Poitou-Charentes, Centre de documentation du patrimoine, Poitiers
  • Lemaistre, Jacques. Chasse au trésor. Mégalithes autour du Grand Pressigny. Chemillé-sur-Indrois : éditions Hugues de Chivré, 2019, 159 p.

    p. 127
  • Visite épiscopale de Mgr Beaupoil de Saint-Aulaire, 1769.

    p. 265. Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : Ms383 (192)
  • Pouliot, Maurice ; Salvini, Joseph ; Villard, François. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Vienne, Série E supplément (Communes), Tome cinquième, Imprimerie P. Oudin, Poitiers, 1970.

  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 296 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Simmat, Gérard ; Dubout, Jean-Paul ; Juchault, Pierre. Le Pays Châtelleraudais, Tome II, Joué-les-Tours, éd. Alan Sutton, 1999, 128 p.

    Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault, fonds documentaire du service Pays d'Art et d'Histoire, Châtellerault : non coté
(c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Lorieux Clarisse
Lorieux Clarisse (1980 - )

Chercheuse-associée au service régional de l'inventaire de la Nouvelle-Aquitaine (site Poitiers et Limoges), attachée à l'Agglomération de Grand Châtellerault à partir de septembre 2018 pour conduire l'inventaire du patrimoine du Grand Châtellerault.


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