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Néré : présentation de la commune

Dossier IA17035042 réalisé en 1999

Fiche

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Néré

La toponymie ou l’étude des noms de lieux

Comme toujours, quand il s’agit de retrouver des origines lointaines, plusieurs hypothèses s’opposent et/ou se complètent.Parmi celles-ci, nous en avons relevé une, qui bien que sujette à caution, tout comme les autres, nous parait être sinon la plus plausible, du moins la plus séduisante.D’origine danoise, selon Capefuigue. Il semblerait que certains vikings, recherchant un coin tranquille après leurs conquêtes se soient installés dans la région. Parmi ceux-ci, Kat-Plog le Noir ainsi nommé par sa profonde connaissance des runes. (Les runes, sont des signes mystérieux et symboliques tracés sur le plat des épées vikings) aurait choisi de se fixer sur le territoire. Ce qui expliquerait comment l'expression Noire, née de la science des runes et latinisé devient, Nericas, Neriaco ou Neriacum selon les textes. A ce propos Michelet écrivait : "Ces ravageurs que la famine avait chassé du gîte paternel, la plupart sans espoir de retour, abordaient seuls, sans famille, sur un sol propice à leur séjour. Ils conçurent l'idée d’une patrie de la terre qu’ils foulaient. Il fallut des Sabines à ses nouveaux Romulus. Ils prirent femmes et enfants : or, comme il arrive presque toujours que l’enfant parle le langage de sa mère, le roman fut connu dès la deuxième génération ; dès la troisième le danois était complètement oublié."Toujours est-il, antérieurement au 10e siècle apparaît dans les textes le nom de Neriacus ou Neriaco (la noire) qui atteste du nom du bourg.

Du Moyen Age au 19e siècle

On trouve des traces d’habitation du lieu dès 54 avant Jésus Christ. Les premiers habitants furent des Pictons, voisins des santons car Aulnay de Saintonge avec La Villedieu servait de limite entre Saintonge et Poitou.A proximité de la voie romaine Aunedonnacum/Cassinomagus (Aulnay Chasseron) plus précisément à la Châtellenie, il fut découvert quelques vestiges romains ainsi que des pièces datant de la même époque. Cependant, on peut supposer une occupation bien antérieure, puisqu’il a été découvert à Chassiron (lieu-dit de Néré) des armes de silex taillées. Celles-ci se trouvent actuellement au centre archéologique d’Aulnay de Saintonge. Dans ce même lieu, on trouve également les restes de deux tumulus.En 1913, on peut lire : "Néré est vieux, certaines de ses maisons datent du 14e et 15e siècle, quelques logis sont même contemporains du 13e siècle".

En 1070, l’église de Néré, fut donnée aux bénédictins de Saint-Jean d’Angély par Guillaume, duc d’Aquitaine. Néré avait le statut de Châtellenie royale et dépendait directement de la couronne. Cette église romane du 12e siècle formait avec le château un ensemble religieux et féodal. Remaniée de nombreuse fois, Les fenêtres latérales surmontées d'ogives flamboyantes, sont murées depuis plusieurs années. La tour carrée, percée de trois arcades en plein cintre sont orientées dans la direction du donjon disparu. Cette partie appartient au style renaissance. En 1860 le clocher a été surhaussé de 6 mètres puis surmonté d’une flèche en charpente couverte d’ardoise. Dans les années 1980 le clocher fut remis dans sont état initial et la cloche fut refondue pour retrouver sa place d'origine.On s'introduit dans la tour par un escalier en tourelle latérale composé de 72 marches étroites et espacées. Les meurtrières ont été probablement disposées de telle sorte qu'elles puissent assurer une défense commune avec l’ancien château.

Comme un peu partout dans la région, Néré fut le théâtre de nombreuses batailles. Lieu de passage naturel, les Vandales, puis les Wisigothes s’y affrontèrent avant que Clovis ne s’installe définitivement. La province devint anglaise par le mariage d’Aliénor avec Henri II de Plantagenêt. Elle fut rattachée définitivement au royaume en 1375.En 1356, à la suite de la défaite de Poitiers, l’ancien château, qui se situait à l’emplacement de l’actuelle place, fut mis à sac et ruiné. Les tourelles furent démolies et le bourg incendié. Au 18e siècle il était déjà très délabré, la partie inférieure servait de chais, et la partie supérieure abritait de nombreux pigeons. Aujourd’hui il n’en reste plus rien.Cependant, les guerres, ainsi que les querelles religieuses, furent désastreuses et contribuèrent à l'appauvrissement du conté. Celles-ci ont été à l’origine de nombreux changements d’influences. Cependant le monde seigneurial, possède une origine commune, celle des ducs d’Aquitaine.

La loi du 18 janvier 1790 établit Néré en tant que canton et placé dans le district de "Angély Boutonne", le détachant ainsi du Poitou pour être introduit dans le département de la Charente inférieure avec Saintes pour chef lieu.Ce groupement cantonal comprenait alors douze communes. La constitution de l’an 8 (1800) transforma les districts en arrondissements et créa les cantons tels que nous les connaissons aujourd’hui. De ce fait, ce fut Aulnay qui bénéficia de ce titre. Cette décision fut en partie liée au fait qu'Aulnay de Saintonge avait une population plus importante.

La période de la révolution eut des conséquences économiques importantes en entraînant une modification de la propriété. En effet, les bien des nobles devenus biens nationaux, furent cédés au département et revendus aux habitants du bourg.Avant l’établissement du cadastre en 1802, les propriétaires étaient libres de payer l'impôt foncier en nature, mais dès 1791, ils furent tenus de faire une déclaration précise de leurs différentes parcelles.C’est aussi à cette époque que l'état civil, jusque là enregistré par le curé, est enregistré par un officier municipal délégué pour tout le canton.

Du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e siècle

Les trois quarts du 19e siècle furent pour le bourg de Néré une période de prospérité. Essentiellement viticole, l'économie reposait sur la vente des raisins ou des barriques de vin blanc destiné à la brûlerie.

A partir de 1830 l’enseignement primaire commença à s’organiser. Le premier instituteur de Néré fut Romain Collard. C'est dans la 2e moitié du 19e siècle que la commune se dote d'une école de garçons et d'une mairie, en 1872, et par la suite d'une école de filles, en 1884.

A la fin du 19e siècle le phylloxéra détruisit la quasi-totalité de la vigne, provoquant ainsi la ruine de la commune. Il s'ensuivit un exode de la population vers le Canada et l'Uruguay.Ceux qui restèrent se reconvertir dans l'élevage et la première coopérative laitière fut créer en 1886. La commune comptait à cette époque sept moulins à vent en activité.

La ligne de chemin de fer "Saint-Jean d’Angély-Saint-Saviol" fut mise en service le 4 octobre 1896. Elle desservait la gare de Néré et il y avait un arrêt facultatif à au lieu-dit Paradis. Cette voie ferrée eut des répercutions importantes pour la commune en favorisant la circulation des personnes et des marchandises. Des trains supplémentaires étaient mis en service au moment des foires. Le développement du trafic routier et les dommages causés par la guerre de 1939-1945 conduisirent à la fermeture de la ligne. Celle-ci eut lieu le 31 décembre 1950, malgré les protestations locales.

Les foires avaient lieu précédemment le 4 de chaque mois. Celles-ci étaient assez importantes et permettaient les échanges avec les provinces voisines. C'était également un lieu de transaction pour les boeufs d’Auvergne et les baudets du Poitou. Depuis avril 1975, elles ont été établies au 1er jeudi du mois.

C’est en 1913, que fut crée une section de sapeurs pompiers. Plus près de nous, la salle municipale a vu le jour en 1955 et par arrêté préfectoral du 14 avril 1971 un lotissement communal de 9 parcelles "Le petit Paradis" est construit. Aujourd'hui, il existe un second lotissement de 14 parcelles, "au Mas du Petit Paradis".

Situé sur l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély et auparavant rattachée au canton d'Aulnay depuis 1801, Néré est aujourd'hui affiliée au canton de Matha. D'une superficie de 2 997 hectares dont 435 de bois, la commune est bordée au nord par les communes de Contré et Vinax, au sud par Loiré sur Nie, Le Gicq et Seigné, à l'ouest par Villemorin et à l'est par Les Eduts.En plus du bourg, elle compte 17 hameaux et lieux-dits : Bois Merlet, le Petit Moulin, chez Naudin, les Bouchauds, chezSabron, l'Épinoux, Fonbrossard, les Loges, Fontaine, Mortafond, la Barde, Moulin Neuf, la Loge, Paradis, le Chiron, Pontaureau, le Petit Mortafond.

Le plateau supérieur des collines qui entourent le bourg atteint 167 mètres. Leur nature argileuse favorise la culture de la vigne et produit des vins pour les brûleries de Cognac.Dans la vallée sort la Nie, ruisselet qui se jette dans la Boutonne près de Saint-Jean d'Angély. Il semble que sa source ait été découverte vers l'an 800.Essentiellement rurale, la principale ressource de la commune est l'agriculture.

Le centre bourg compte une dizaine de commerces, une agence bancaire et un notaire.En terme d'équipement médical on trouve : deux médecins, un kinésithérapeute, un dentiste, une pharmacie. D'autre part, la commune est équipée d’une maison de retraite.En outre, Néré est pourvue d’une bibliothèque ouverte deux demi-journées par semaine. Une salle municipale accueille le Foyer d'Animation Rurale. Le village possède également un groupe de sapeurs pompiers bénévoles. Enfin les services de l’état sont représentés par la poste et le trésor public. Pour terminer, il faut noter qu’un office religieux est donné une fois par semaine.Sept artisans, un négociant en grain, un transporteur et une entreprise de travaux publics sont répartis sur l’ensemble du territoire de la commune.

A l’instar de la quasi-totalité des communes rurales, la population de Néré est en baisse constante.C’est en 1836 qu’on a décompté le plus grand nombre d’habitants soit : 1280. Cent ans plus tard, on ne trouvait déjà plus que 1070 âmes. Sur les derniers recensements, on observe une forte baisse entre 1975 : 905 habitants et 1990 : 763.Cependant, celle-ci semble se stabiliser, puisque au dernier comptage de 1999, la population était de 762.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives sur les constructions publiques de la commune.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : A.D. 17, 2 O 1237, 1238.
Bibliographie
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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