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Moulin à papier de Poulet, puis usine à papier, puis Cartonnerie Thomas

Dossier IA00066250 réalisé en 1987

Fiche

  • Salle de la machine à papier, intérieur.
    Salle de la machine à papier, intérieur.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • chaufferie
    • aire des matières premières
    • magasin industriel
    • hangar
    • bureau
    • logement patronal
    • logement d'ouvriers
    • orangerie
Appellationsdit moulin de Poulet, puis Cartonnerie Thomas S.A.
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, chaufferie, aire des matières premières, magasin industriel, hangar, bureau, logement patronal, logement d'ouvriers, orangerie
Dénominationsmoulin à papier, usine à papier, cartonnerie
Aire d'étude et cantonCharente - Couronne (La)
Hydrographiesla Charreau
AdresseCommune : La Couronne
Lieu-dit : Poulet
Cadastre : 1837 B 289 ; 1964 AT 28 à 32, 102 à 105

Cette usine à papier est construite sur l'emplacement d'un ancien moulin à papier de 1545 : le logement patronal, les parties agricoles et le bâtiment de la machine à papier du moulin datent de l'époque de la mécanisation, vers 1850. En 1897, l'usine est achetée par Jean Thomas, fabricant de carton à Angoulême. En 1906, après la démolition partielle, il y a la reconstruction en usine à carton avec une nouvelle chaudière. Les activités cessent en 1986. Les parties les plus anciennes de la machine à papier datent de 1868 (cylindres sécheurs de Chassain fils). On y ajoute des cylindres de Michaud en 1906 et, en 1983, des cylindres de la Safem. Le cadre en fonte de la machine est d'Ernest Chassain, de La Couronne.

Période(s)Principale : 2e quart 16e siècle , (détruit)
Principale : milieu 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1545, daté par travaux historiques
1906, daté par travaux historiques

Le bâtiment de la machine à papier est en moellon, surélevé en parpaing, avec charpente métallique apparente et couverture de ciment amiante et de matériau synthétique transparent. L'atelier de fabrication est en béton, couvert de ciment amiante, à 1 étage carré. Le logement patronal est en pierre de taille, couvert de tuile creuse, à 1 étage carré. Les parties agricoles sont en moellon, couvertes de tuile creuse. Le logement d'ouvriers est en moellon et tuile creuse. L'orangerie est en pierre de taille avec baie en arc plein-cintre.

Murscalcaire moellon
calcaire pierre de taille
béton parpaing de béton essentage de tôle
Toittuile creuse, matériau synthétique en couverture, ciment amiante en couverture
Étages1 étage carré
Couvrementscharpente métallique apparente
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier dans-oeuvre
Énergiesénergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
énergie électrique achetée
Typologiesarc plein-cintre ; arc segmentaire ; oculus
État de conservationmauvais état, établissement industriel désaffecté
Statut de la propriétépropriété privée
Éléments remarquablesorangerie, machine de production

Annexes

  • " Le carton ". In : Images de Charente, Paris, 1964, p. 92.

    Vers Voeuil-et-Giget entre Angoulême et Montmoreau, commence une série de sites pittoresques et accidentés que les guides touristiques nomment la Région du Bois. A l'orée de cette zone, une petite route descend vers les rives de la Charente où, au lieudit Poulet, s'élèvent les cartonneries Jean Thomas fils. C'est en juillet 1876 que Jean Thomas fonda cette manufacture ; en 1913 il s'associa avec son fils, et la société prit une forme anonyme en 1948.

    Rugueux. grisâtre ou marron, le carton convient parfaitement à certains emballages résistants, pratiques et peu coûteux. Mais son aspect rudimentaire a parfois besoin d'être amélioré : tel est le cas des boites à chaussures ou pharmaceutiques confectionnées en cette usine qui produit également un carton spécial dit " duplex ", dont une grande part est destinée à ses fabrications.

    Pourquoi ce nom de " duplex " ? Tout simplement parce que le carton est formé de deux couches superposées : l'une, assez épaisse et de qualité courante, sert de support ; l'autre, de texture améliorée, mais plus mince, est destinée à " sauver les apparences ". Cet artifice permet d'éviter une augmentation sensible des prix de revient, les emballages étant destinés à être détruits. Signalons toutefois que cet habillage peut encore être parfait par le contrecollage de papier pré-manufacturé sur le carton.

    La superposition de la pâte améliorée et du support ordinaire ne se fait pas à la façon du " couchage " du papier. La machine à carton comporte deux caisses d'alimentation, l'une primaire, l'autre secondaire, débitant sur deux tables de fabrication. Les deux couches de pâte viennent ensuite se superposer avant passage dans la sécherie. Une troisième " entrée " est prévue sur la même machine pour assurer, le cas échéant et au cours de la fabrication même du carton, le contre-collage de papier pré-manufacturé. Le carton, à la " sortie ", revêt son aspect définitif.

    Inutile de préciser que les caisses primaire et secondaire réclament pour leur alimentation deux séries de broyeurs et de piles. Une particularité mérite cependant d'être signalée : des résidus d'emballages ou des rebuts de journaux, tout ce que l'on nomma couramment " vieux papiers ", entrent pour une part importante dans la fabrication de la pâte. Ces déchets peuvent donc contenir des agrafes ou débris métalliques : l'élimination en est faite par passage sur des plaques électro-magnétiques.

    Les cartons sont fabriqués en des forces (c'est-à-dire des poids au mètre carré) variant entre 520 et 720 grammes. Près de la moitié de la production est utilisée sur place dans les ateliers de façonnage ; le solde est vendu directement à des transformateurs locaux, la concentration des cartonneries étant partriculièrement dense en la région d'Angoulême.

    Jusqu'en 1963 les services des établissements Jean Thomas fils étaient scindés en deux groupes : la fabrication du carton se faisait à Poulet, tandis que siège social et ateliers de façonnage se tenaient à Angoulême. L'intégration est aujourd'hui réalisée à Poulet, en de vastes locaux couvrant 4 000 mètres carrés. Ces investissements se sont trouvés justifiés par les demandes d'une clientèle qui a triplé depuis 1948 et qui ne cesse de croitre : déjà de nouveaux agrandissements sont en cours. Les locaux destinés à abriter les services commerciaux sont en construction de façon à libérer des surfaces nécessaires au développement des ateliers.

    Dans ces ateliers, les boites à chaussures sont découpées en une seule opération et livrées " à plat " au client ; chaque machine en débite trois mille à l'heure et la production totale mensuelle est de deux millions d'unités.

    Quant aux emballages pharmaceutiques, leur façonnage est assuré à la chaîne, à l'aide de matériel moderne et léger dont certaines presses de semi-emboutissage à chaud. Lors de leur livraison les laboratoires n'ont qu'à inclure le contenu, le contenant étant totalement achevé, tel qu'il sera présenté au public.

Références documentaires

Documents d'archives
  • An II : papeteries.

    Archives nationales, Paris : F 12 1482
  • Documents.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : C 7
  • Documents.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : C 8
  • 1727-1789 : papeteries de l'Angoumois.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : C 9
  • Documents.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : E 1200
  • Moulins de Voeuil, usine de Bourisson à Voeuil.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : S 88
  • Moulins de Paulet, de Cottiers à la Couronne.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : S 89
  • A. D. Haute-Vienne, C 19. 18e siècle : papeteries.

Bibliographie
  • André, Louis. " La papeterie charentaise au 19e siècle ". Fumées du Nil, n° 1. Angoulême, 1989.

    p. 11-54
  • Boissonnade, P. L'industrie du papier en Charente et son histoire. Ligugé, 1899.

  • Deme, G. L'industrie du papier à Angoulême et les industries qui s'y rattachent. Bordeaux, 1936.

  • " Images de Charente ". Revue géographique et industrielle de France, n° 29. Paris, 1964.

  • Lacroix, Auguste. Histoire de la papeterie d'Angoulême suivie d'observations sur le commerce des chiffons en France. Paris, 1863.

  • Munier, Etienne. Essai d'une méthode générale propre à étendre les connaissances des voyageurs ou recueil d'observations. Paris, 1779.

  • Rancogne, Badinet de. " Recherches sur l'origine des moulins à papier de l'Angoumois ". Bull. Soc. Archéol. et hist. Charente, 1878-1879.

  • Tiffon, Maurice. L'industrie du papier à Angoulême. Angoulême, 1909.

  • Touzaud. L'organisation sociale des papeteries d'Angoulême. Angoulême, 1884.

  • Van Riesen, Wulf. " Les débuts de la papeterie charentaise ". Bull. et Mém. Soc. Archéol. et Hist. Charente, 1985.

    p. 167-205
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Van Riesen Wulf