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Moulin à eau

Dossier IA17044013 réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Dizant-du-Gua
Lieu-dit : l' Ecuelle
Adresse : 6 impasse de l'
Ecuelle
Cadastre : 1832 C 384 à 387 ; 2009 AI 271

Le moulin à eau de l'Ecuelle est mentionné pour la première fois en 1579. Il appartient alors à Etienne Sauvaget et à son épouse Jeanne Reparon. Dépendance du comté de Cônac, il est concédé en 1681 par le duc de Richelieu, comte de Cônac, à Thomas Collin. En 1741, il est la propriété de Jacques Robellin, marchand à Saint-Ciers-du-Taillon, qui en fait faire la visite dans le cadre d'un contentieux avec les riverains. Près d'un siècle plus tard, le moulin figure sur le plan cadastral de 1832. A cette date, il appartient à François Morandière, meunier, et à son épouse, Marie Morandière. Leur propriété inclut un moulin à vent qui se trouve au sud, le long de la route de la Grande Motte. En 1835, ils font le partage de leurs biens, attribuant un quart du moulin à eau à chacun de leurs quatre enfants. En 1844, deux ans après la mort de leur père, ces derniers vendent leurs parts à David Rodier, propriétaire du château du Pible : Rodier souhaite ainsi probablement mieux contrôler les eaux du Taillon et le moulin situé en aval de son domaine. Selon le cadastre, le moulin à eau est acheté en 1860 par Christophe Allaire époux Chassot, qui avait jusqu'ici exercé son métier de meunier dans des moulins à vent à Lorignac et à Sainte-Ramée. Le cadastre précise que le moulin à eau est agrandi en 1862 pour Christophe Allaire qui fait reconstruire la maison, par-dessus le moulin, en 1870. Ces réaménagements entraînent des plaintes de la part des riverains du Taillon, en amont du moulin. En 1874, l'Etat contraint Christophe Allaire à installer un déversoir et une vanne de décharge juste en amont du moulin. Quant au moulin à vent situé au sud, il est démoli en 1884. Le moulin à eau est resté en activité jusque vers 1965. Tenu par Pierre Allaire, il fabriquait, dans ses derniers temps, de la farine pour animaux.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1862, daté par source
1870, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Placé sur la rivière du Taillon, l'ancien moulin à eau occupe une partie du soubassement de la maison du meunier, sous le rez-de-chaussée surélevé de celle-ci. Juste en amont du moulin se trouvent une vanne et un bief de décharge. La maison est construite en moellons, sous un toit à longs pans. Sa façade est ornée par une corniche, par un bandeau et par les encadrements saillants et moulurés des ouvertures. Elle présente cinq baies au rez-de-chaussée, dont la porte centrale, accessible par un escalier à deux volées. S'il a perdu ses meules, le moulin a conservé sa roue, de sept mètres de diamètre, les engrenages en métal, et les deux coffres pour réceptionner la farine.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Procès-verbal de visite du moulin à eau de l'Ecuelle, 6 avril 1741 (Archives privées) :

    Devant Heard, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac, un procès-verbal est établi à la requête de Jacques Robellin, marchand à Saint-Ciers-de-Cônac, pour constater l'état de "sa rivière et vieux étier du moulin de l'Escuelle". "Au côté gauche du dit moulin et le long des prés de divers particuliers qui sont de la dépendance de la seigneurie de Romanaud, il y a un vieux étier dépendant du même moulin, qui est quand à présent inutile par ce que les auteurs du dit sieur Robellin pour leur intérêt particulier ont remonté le dit moulin et par conséquent fait faire un nouveau étier dans leur terrain propre sur la droite ; étant fait mention du dit vieux étier par la baillette du dit moulin à eau et autres appartenances, concédée par Monseigneur le duc de Richelieu, comte du dit Cônac, en faveur de Thomas Collin, en date, la dite baillette, du 14 septembre 1681, retenu par Bouchard, notaire à Cônac.

    Et aussi a dit le dit Robellin que, par transaction sur procès passée entre Etienne Sauvaget et Jeanne Reparon son épouse, auteurs d'icelui Robellin, et possesseur du dit moulin à eau de l'Escuelle, et Andrée Morandière, Jacques et Jean Morisset, Guillaume Moquer et Simon Perrueaud, datée la dite transaction du 2 novembre 1579, retenue par D'Herbillon, notaire au dit Cônac, signée par vidimus Heard, notaire royal, lequel vidimé est du 10 mai 1724 (...) ; les dits Morandière, Morisset, Moquet et Perrueaud comme détenteurs et propriétaires des prés qui joignant la rivière qui conduit au dit moulin, s'obligeaient de combler les fosses et trous qui étaient faits au préjudice du cours de la dite rivière et de couper les arbres qui étaient plantés sur le bord d'icelle, et de n'en planter dans la suite qu'à la distance de six pieds du bord de la dite rivière, et de tenir les bords d'icelle rivière fermes et solides, de façon que l'eau ne puisse passer le dessus et dessous qu'à grande abondance d'eaux, et qu'ils entretiendront la dite rivière nette de terre, herbes et autres immondices (...).

    Et comme le dit Robellin est à même de faire combler le dit vieux étier pour l'ensemencer ensuite en grain avec ses levées et en faire tel autre ausage qu'il advisera, il a été conseillé de faire faire état et procès-verbal de sa largeur, distance du bord d'icelui aux fossés des prés des dits particuliers de Romanaud (...) ; faire aussi état des arbres plantés le long de la susdite rivière sur le côté gauche en montant au village de Morisset, et de la largeur de la levée d'icelle du même côté jusqu'aux fossés des particuliers, et enfin de tout ce qui peut préjudicier le cours ordinaire de la dite rivière par la faute des dits particuliers (...)".

    La visite est menée par des experts, habitants de Saint-Dizant. On constate la présence d'aubiers, d'un passage de bétail, l'étroitesse des bandes de terrain entre la rivière et les fossés des riverains, ce qui occasionne des pertes d'eau de l'une vers les autres.

  • Vente des trois quarts du moulin à eau de l'Ecuelle à David Rodier par Pierre, Marie-Modeste et Thérèse Morandière, 24 octobre 1844 (Archives départementales de Charente-Maritime, 3E 30/399) :

    Il s'agit d´un "moulin à eau pour la trituration des grains, mu par le ruisseau du Taillon, situé au lieu de l´Ecuelle, composé d´une chambre basse, d´une haute, du local de l´usine, chai, fournil, parcs, galeries, issues au midi et au levant, avec les droits sur le cours d´eau et sur la chaussée existant au midi et au nord de ses rives".

  • Procès-verbal de visite de l'usine de l'Ecuelle, 19 août 1871 (Archives départementales de Charente-Maritime, S 11565) :

    "L´usine de l´Ecuelle est située sur le ruisseau du Taillon, dans la commune de Saint-Dizant-du-Gua, à environ 3000 mètres en aval de celle de Petit-Naulin, commune de Sainte-Ramée, et à 936 mètres en amont de celle de Colas-Renaud, commune de Saint-Dizant-du-Gua. Elle est construite sur un bief forcé creusé dans le versant gauche de la vallée. L´origine de la dérivation est à 790 mètres en amont du moulin. Il existe sur la rive droite à 5 mètres en amont de la façade de l´usine, une vanne de décharge de 0,52 de largeur. La vanne motrice offre une largeur de 1,35 mètre. La vanne motrice reçoit l´eau en dessous, elle fait fonctionner alternativement deux paires de meules consacrées à la mouture du grain".

    On préconise la construction d´un déversoir et d´une vanne de décharge sur la rive droite, à 5 mètres en amont de l´usine. Par la même occasion, plusieurs habitants protestent contre les barrages établis en aval de Barateau, près de Morisset, qui retiennent trop l´eau en amont et en privent les habitants de Morisset et du bourg.

  • Transaction entre David Rodier et Christophe Allaire, 29 janvier 1882 (Archives privées) :

    Devant Coudret, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac, Pierre-Théodore-David Rodier, demeurant au Pible, reconnaît que Christophe Allaire, meunier à l'Ecuelle, est propriétaire d'un "moulin à eau pour la trituration des grains, mu par le ruisseau le Taillon, situé à l'Ecuelle, composé de diverses chambres, cuisine, local de l'usine, chais, fournil, granges, parcs, galeries, issues au midi et levant (...)", confrontant du nord "au canal de chasse ou déversoir du moulin" ; et d'autre part "des droits appartenant au dit moulin sur le cours d'eau sus indiqué et sur les chaussées existant au midi et au nord de ses rives (...)".

    Christophe Allaire reconnaît que M. Rodier a "le droit de prendre au ruisseau du moulin à eau dont s'agit, toute l'eau nécessaire à l'entretien du lavoir et du vivier du dit sieur Rodier, sis au Pible (...)".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3E 30/390. 1835, 12 juin : testament par François Morandière, meunier au moulin de l´Ecuelle, époux de Marie Morandière ; il partage le moulin de l´Ecuelle, le moulin de la Côte et tous ses biens en quatre quarts entre ses enfants François, Pierre, Marie-Modeste et Thérèse.

  • A. D. Charente-Maritime. 3E 30/399. 1844, 24 octobre et 11 décembre : actes de vente des quatre quarts du moulin de l'Ecuelle par les héritiers Morandière à David Rodier.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 3326 à 3339. 1834-1970 : état de section et matrices cadastrales. A. D. Charente-Maritime. 3P 4916. 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

  • A. D. Charente-Maritime. S 11565. 1871-1874 : règlement de l´usine de l´Ecuelle.

  • Archives privées. 1741, 6 avril : procès-verbal de visite du moulin à eau de l'Ecuelle, devant Héard, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac.

  • Archives privées. 1882, 29 janvier : transaction entre David Rodier et Christophe Allaire, devant Coudret notaire à Saint-Thomas-de-Cônac.

Documents figurés
  • 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4916
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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