Dossier IA17000394 | Réalisé par
Moulin à blé, puis minoterie dite moulin de la Baine
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  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Charente-Maritime - Saintes
  • Hydrographies la Charente
  • Commune Chaniers
  • Lieu-dit la Baine
  • Cadastre 1808 G3 2785 à 2791  ; 1999 AY 99, 100
  • Dénominations
    moulin à blé, minoterie
  • Appellations
    moulin de la Baine
  • Destinations
    restaurant
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement patronal

Un texte de 1310 fait état de moulins à draps à la Baine, fondés sur des pieux battus. Appartenant aux doyen et chapitre de la cathédrale de Saintes, ils ont été démolis quelques années auparavant par le comte de la Marche. En 1313, le chapitre obtient l'autorisation de reconstruire deux moulins, une chaussée et une pêcherie.

Un ensemble de cinq moulins à blé semble rebâti au 17e ou 18e siècle sur un bras secondaire de la Charente, qui ne servait pas à la navigation. Vers 1630, ils appartiennent aux frères Charles et Jacques Duval. Ils sont mis en vente en novembre 1781, en même temps que les domaines et seigneurie de Chadignac, à Saintes. Puis, propriétés, comme le manoir voisin, de Louis Demane (ou Demânes), qui émigre au moment de la Révolution, ces moulins sont confisqués, estimés le 6 germinal de l'an 3 [26 mars 1795], puis vendus comme biens nationaux.

En 1812, l'un des moulins appartient au propriétaire du manoir, Rogé, les autres à M. Boeuf, François Danepois, M. Saunier, Pierre Gaudin (meunier à Bourrut) et M. Mouillot. En 1842, cinq meuniers - François Gaudin, Jacques Gravaud, Pierre Dannepont, Pierre Boeuf, jean Gobau - sont les copropriétaires de cet ensemble. Certains des moulins sont ensuite partagés entre plusieurs propriétaires.

En 1849, le moulin Mignon, saisi à son propriétaire, le meunier Sauvion aîné, est adjugé. Il est dit situé entre le moulin des Terres au sud et celui de Boeuf (nom du propriétaire meunier) au nord. Il mesure environ 7 mètres de large et 8 mètres de profondeur ; son élévation ouest, d'environ 12 mètres de hauteur, ouvre au rez-de-chaussée par une arche en plein cintre, donnant passage aux eaux qui font mouvoir le moulin, par une croisée d'environ 2 mètres de haut et, au premier étage, par une petite croisée à deux battants.

A la suite du décret impérial du 12 août 1863 portant règlement de l'usine de la Baine, un déversoir de 65 mètres est construit en maçonnerie avec couronnement et bajoyers en pierre de taille. Les ouvrages régulateurs des moulins comprennent aussi deux vannes de décharge, situées rive gauche, près de l'usine.

En 1879, l'un des usiniers, Louis Guillorit, est autorisé à agrandir son moulin du côté aval pour l'installation d'une machine à vapeur destinée à suppléer le moteur hydraulique pendant les crues. Ce meunier avait précédemment réuni deux coursiers en un seul. A ce moment, deux autres copropriétaires, MM. Boeuf et Berruchon, possèdent ces moulins dotés au total de 6 coursiers moteurs faisant mouvoir 7 paires de meules consacrées à la mouture des grains.

Les matrices cadastrale indiquent que plusieurs moulins sont démolis en 1883. A partir de 1897, une partie appartient à Hector Lardy, qui y installe des machines et à qui succède son fils Rémy, une autre à la famille Guillorit qui l'exploite encore au moins jusqu'en 1915. Il semble qu'à partir des années 1930, seule la minoterie Lardy fonctionne ; sa capacité d'écrasement est de 50 quintaux par jour. Dans les années 1960, Rémy Lardy adjoint à la minoterie une une fabrique de pâtes. Par la suite, les locaux ont été transformés en restaurant.

En 1936, l'énergie est fournie par les roues d'environ 5 mètres de diamètre, offrant ensemble une prise d'eau de 4 mètres de large pour une chute de 1,50 mètres de haut, complétée par l'électricité et un moteur à gasoil de 10-12 ch. Les machines comptent 2 broyeurs doubles, 1 convertisseur double, 1 paire de meules, 1 plansichter et 5 bluteries.

  • Période(s)
    • Principale : 14e siècle , (détruit)
    • Principale : 17e siècle

Quatre corps de bâtiment jointifs forment un alignement qui, accolé à des vannes de décharge, barre complètement le bras secondaire de la Charente. Ces bâtiments, ateliers de fabrication, sont partiellement en pierre de taille et en moellon ; de nombreuses reprises de maçonneries indiquent d'importantes modifications. Ils sont dotés de deux étages carrés et toit en tuile creuse. Les corps de bâtiment sud sont couverts d'un toit en appentis. Au rez-de-chaussée de ces bâtiments existe un passage aménagé de façon à accéder à la rive gauche en les traversant.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    étage de soubassement, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
  • Énergies
    • énergie hydraulique produite sur place
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Atlas terrier de la seigneurie de Chaniers, 1614-1660.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : G 250
    art. 897
  • 1936 : contingentement des moulins.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 10 M 3/12
  • an 3, 6 germinal : procès-verbal de consistance des biens nommés la Basse-Baine appartenant à Louis Demane, émigré.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : Q 127
  • 1842, 9 août : cession par les copropriétaires des moulins de la Baine à l'Etat du droit de passage à pied devant les moulins.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 9630
  • 1864, 26 septembre : procès-verbal de récolement des travaux réalisés à l'usine de la Baine à la suite du règlement d'eau.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 9630
  • 1879, 19 avril : autorisation préfectorale accordée à M. Guillorit pour la construction d'un bâtiment en aval de son moulin.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 6600
  • 1834, 25 février : rapport de l'ingénieur Dor sur les ouvrages à exécuter pour améliorer la navigation de la Charente.

    Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine : F 14 6543
  • Affiches du Poitou, n° 45, 8 novembre 1781.

Bibliographie

  • Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome 12, 1884.

    p. 106-111
  • Chapelot, Jean, Rieth, Eric. Navigation et milieu fluvial au XIe siècle : l'épave d'Orlac (Charente-Maritime), Paris : Ed. de la Maison des sciences de l'homme, DAF, 1995.

    p. 119
  • Chapelot, Jean. "Aux origines des châteaux et bourgs castraux dans la moyenne et basse Charente : entre sources écrites et archéologie". Château, ville et pouvoir au Moyen Age : Tables rondes du CRAHM (TABCRA 7), actes, 2012.

    p. 104-105
  • Tribunal civil de Saintes. L'Indépendant de la Charente-Inférieure, 9 mars 1849.

    p. 4

Documents figurés

  • Plan général de l'écluse de la Baine et de ses abords, par l'ingénieur attaché à la navigation de la Charente, le 1er septembre 1842.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 9630
  • " Vue générale ", dessin de Gaston Arcadias. Collection particulière. Publié in : Charente : fleuve et symbole. Paris : Croît-Vif, 1992 [reproduit dans le dossier Illustrations].

    p. 205
  • " Vues générales ", photographies de Proust, in : La ville de Saintes à la fin du XIXe siècle, vol. VI. Saintes, 1900. [conservées à la B. M. de Saintes].

    Bibliothèque municipale, Saintes
    pl. 27-28
  • " Vue générale prise du sud-est ", carte postale ancienne, cliché Rolland. [conservé à la B. M. de Saintes].

    Bibliothèque municipale, Saintes
  • " Vue générale prise de l'ouest au début du XXe siècle ". Fonds Triou.

Annexes

  • Extrait du procès-verbal de consistance des biens nommés la Basse-Baine appartenant à Louis Demane, émigré, le 6 germinal de l'an 3. AD17, Q 127.
  • Extrait d'un rapport relatif aux ouvrages à exécuter pour améliorer la navigation de la Charente, le 25 février 1834. AN F 14 6543
Date d'enquête 1999 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel