Dossier IA79001004 | Réalisé par
Moisdon-Pouvreau Pascale
Moisdon-Pouvreau Pascale

Chercheur Service Patrimoine et Inventaire

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Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Moulin à blé dit le Moulin-Neuf, puis chamoiserie Boinot
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Deux-Sèvres - Niort
  • Hydrographies la Sèvre Niortaise
  • Commune Niort
  • Adresse 41 boulevard Main
  • Cadastre 1809 J 69 et 71  ; 1846 C 1426 à 1429  ; 1971 BH 159  ; 2016 BH 948 à 951
  • Dénominations
    moulin à blé, moulin à papier, filature, chamoiserie
  • Appellations
    dit moulin du Pas-des-Roues, puis Moulin-Neuf, puis chamoiserie Boinot
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, logement patronal, bureau, château d'eau, conciergerie, pièce de séchage

Le moulin avant la chamoiserie Boinot

Des fouilles archéologiques menées en 2018 ont permis de déterminer l'existence à cet endroit d'un site antique, occupé vers la fin du 1er siècle et la première moitié du 2e. Y ont été mis au jour les vestiges de constructions et les fragments de sculptures de trois divinités, dont Epona, déesse des voyageurs, de la fertilité et des voyageurs. Bien des siècles après, un moulin à blé, appelé le moulin Neuf, est mentionné à cet endroit au 17e siècle. Au 18e siècle, il figure sur le plan de Niort par Claude Masse en 1720, puis sur une carte de la Sèvre Niortaise dans la traversée de Niort en 1747, sur le plan dit d'alignement de Niort en 1821, et enfin sur le plan cadastral de 1809.

Devenu moulin à papier, il est reconstruit à la suite d'un incendie en 1828 pour devenir une filature de laine, puis une féculerie de pomme de terre pour Rimbaud, puis une brosserie pour Goureaud et Meiniel. Les nouveaux bâtiments apparaissent sur le plan cadastral de 1846 ; sous le moulin, le passage d'eau et son éperon en pierre, déjà visible sur les plans du 18e siècle, a été conservé. La filature est également représentée sur un plan établi en 1854 par l'ingénieur Maire dans le cadre de la réflexion sur le port de Niort : on y voit encore l'éperon en pierre et, juste en aval, une passerelle à trois arches franchissant le bief du moulin pour relier les jardins de Belle-Ile.

Le moulin est ensuite reconverti en chamoiserie par Alfred Laydet en 1866. L'usine Laydet, dont les moulins à foulon sont mus par une roue hydraulique, emploie alors près de 700 ouvriers. Les abords de l'usine, dite de Belle-Ile, sont bouleversés en 1867 par l'aménagement du nouveau port de Niort, en aval. La création d'une nouvelle arche de pont par-dessus le bief du moulin, à la place de la passerelle précédente qui comprenait trois arches, soulève un contentieux entre la veuve Laydet, propriétaire de l'usine, et l'Etat.

La chamoiserie Boinot

L'usine est reprise en 1881 par Théophile Boinot, négociant en laines, bientôt rejoint par ses deux fils, Louis et Charles (1877-1952) auxquels il passe le relais en 1905 ; l'entreprise prend alors le nom de "Les fils de T. Boinot". Dès 1902, l'entreprise Boinot reprend la chamoiserie Noirot du moulin de Bessac (128 rue du Moulin de Bessac). En 1912 s'y adjoint un secteur ganterie et l'usine s'étend sur plusieurs autres sites : la Cabane Carrée, les moulins du Roc, de Comporté et de Bouzon à Niort, et une usine à la Crèche.

De nombreux bâtiments sont bâtis entre 1910 et 1925 (château d'eau, agrandissement du logement patronal édifié vers 1900...). L'atelier de fabrication le long du boulevard Main est construit vers 1940. En 1930, la maison Boinot, qui a reçu la médaille d'or à l'Exposition internationale de Barcelone en 1929, emploie au total 1100 ouvriers et ouvrières, et 400 gantiers et gantières à domicile. L'entreprise, à son apogée, mène une politique sociale active au profit de ses employés : société de secours mutuels, primes, jardins ouvriers, fondation en 1925, par Charles Boinot, du club de football "les Chamois Niortais"...

Après 1945, l'entreprise connaît une nouvelle période de prospérité. En 1960, elle emploie 3000 ouvriers ou travailleurs à domicile. La production annuelle atteint 1,8 millions de peaux et 1 million de paires de gants, soit près du quart de la production nationale. Dans les années 1970, l'entreprise exporte 70 % de sa production, dont 45 % de ses peaux aux Etats-Unis. De nouveaux bâtiments et équipements sont construits dans les années 1960-1990 : bassins de traitement des peaux en bord de Sèvre, entrepôts, ateliers, bureaux, atelier métallique de bonneterie (loué dans les années 1990 à la Caisse primaire d'assurance maladie pour y entreposer ses archives, cet atelier a été démoli en 2016).

Un site en mutation

La concurrence orientale et la crise économique des années 1970-1980 malmènent l'entreprise. Dans les années 1980, les deux secteurs de la chamoiserie et de la ganterie se séparent avec la construction de deux ateliers distincts. L'entreprise Boinot finit par déposer le bilan en 1996, et par fermer définitivement ses portes en 2005. Le site devient une friche industrielle.

Plusieurs anciens bâtiments (notamment les extrémités des ailes des ateliers de fabrication, au nord du sud, le long du boulevard Main) sont démolis en février 2010. La même année, le site est reconverti en Centre national des arts de la rue. Les ouvrages hydrauliques de l'ancien Moulin Neuf sont rénovés en 2015-2016 (les anciennes vannes sont remplacées et automatisées), tandis qu'un programme de réaménagement et de valorisation du site est mis en oeuvre à partir de l'été 2016.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Principale : 2e quart 20e siècle
    • Principale : 4e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1828, daté par source, daté par travaux historiques

Description du site en 1995 :

Logement patronal en pierre de taille, à un étage carré et toit à croupes en ardoise. Les ateliers de fabrication sont à deux étages carrés, hormis ceux construits dans les années 1980 en rez-de-chaussée. La partie la plus ancienne des ateliers est en moellon avec toit en tuile creuse. Les agrandissements des années 1930-40 sont en parpaing de béton, charpente en bois et toit en ardoise. Un château d'eau en béton armé surmonte le toit de l'extrémité sud de l'un de ces ateliers. L'étage supérieur d'un autre, aéré grâce à des abat-vent, est à usage de séchoir. Les ateliers construits dans les années 1980 sont partiellement en parpaing de béton et en pan de métal avec essentage de matériau synthétique ; leurs toits sont en ciment amiante, en matériau synthétique ou bien encore en béton. La conciergerie est partiellement en moellon enduit et en pierre de taille, à un étage carré et toit en tuile creuse.

Description du site en 2016:

Les extrémités des deux ailes des ateliers de fabrication, le long du boulevard Main et par-dessus le canal de l'ancien moulin à eau, ont été détruites, libérant notamment le château d'eau qui se retrouve seul.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • béton parpaing de béton
    • métal pan de métal essentage de matériau synthétique
  • Toits
    ardoise, béton en couverture, ciment amiante en couverture, béton en couverture, matériau synthétique en couverture
  • Étages
    2 étages carrés
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
    • charpente métallique apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • pignon couvert
  • Énergies
    • énergie hydraulique produite sur place
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Protections
    édifice non protégé MH

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