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Moulin à blé à marée, puis minoterie Coussot

Dossier IA17000364 réalisé en 1999

Fiche

Précision dénominationmoulin à marée
Appellationsminoterie Coussot
Parties constituantes non étudiéesentrepôt industriel, magasin industriel, chenal
Dénominationsmoulin à blé, minoterie
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
Hydrographiesruisseau de) ou Font-Garnier Juliat
AdresseCommune : Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet
Lieu-dit : Saint-Seurin-d'Uzet
Cadastre : 1832 B 24 et 24 ter ; 2009 OG 33

Le moulin à eau du port de Saint-Seurin était probablerment mû par la marée. Il est mentionné en 1643 dans l'aveu rendu à l'évêque de Saintes par le seigneur de Saint-Seurin ; puis en 1708 sur une carte de la région établie par l'ingénieur du roi Claude Masse, et sur un plan du port dressé par lui à la même époque. En 1715, le moulin appartient à Elie de Beaupoil, chevalier, seigneur en partie de Saint-Rémi où il demeure. A cette date, il afferme le moulin à Etienne Marchais le jeune, déjà farinier au moulin à eau de Font Garnier. En 1791, le moulin à eau, la maison et l'écurie qui lui sont liées appartiennent à Louis Gouin, charpentier de navires. Ils sont acquis en 1824 par Hippolyte Giraudet, boulanger. Le moulin figure ensuite sur le plan cadastral de 1832. Il est alors toujours détenu par Hyppolite Giraudet. A côté, là où s'élève aujourd'hui la minoterie, se trouve la maison du meunier. A cette époque, l'eau du Juliat, après être passé sous la route, s'écoule de part et d'autre d'un îlot formant avancée vers le chenal, à l'emplacement de la partie maçonnée aujourd'hui en partie détruite. L'évacuation droite (au sud), encore visible de nos jours, alimentait le moulin, édifié juste au-dessus, au gré des marées. En 1836, dans le cadre du réaménagement du port, l'Etat envisage de racheter le moulin Giraudet pour le démolir. Bien qu'il projetait de reconstruire le moulin sur les plans de la minoterie récemment construite aux Monards, Giraudet accepte. En 1840 pourtant, le projet est revu à la baisse et on renonce à démolir le moulin. Peu après, le moulin est acquis par François Jousset. Selon le cadastre, il fait reconstruire la maison en 1846. En 1876, ses petits-fils et héritiers, Léopold et Achille Curaudeau, négociants, font agrandir le moulin : c'est probablement à cette époque que le vieux moulin à eau fait place à la minoterie. En 1879, les frères Curaudeau achètent à l'Etat un terrain de dix mètres sur huit le long du port pour y placer une machine à vapeur et y déposer la houille nécessaire à son fonctionnement. Cette machine est devenue indispensable, le débit de la rivière n'étant pas suffisant au vu de l'augmentation de l'activité de la minoterie. Le charbon est importé de Grande-Bretagne. Le blé arrive par bateau et la farine repart par ce même mode de transport vers la côte bordelaise. Après la mort de Léopold Curaudeau, en 1893, la minoterie est administrée par ses gendres, Maurice et Louis Vigier. L'ancienne roue à aubes est remplacée par une turbine qui augmente le rendement. L'établissement est vendu en 1908 à Pierre Coussot (1866-1943), ancien boulanger, allié par son épouse à la famille Milh, pêcheurs de père en fils sur le port. Il apporte quelques perfectionnements au mécanisme, notamment en remplaçant la vapeur par le gaz pauvre comme source d'énergie. L'usine figure sur plusieurs cartes postales des années 1900-1910 : l'atelier de fabrication, de plan en L et couvert d'un toit à croupes, enjambe la rivière, et une haute cheminée en brique lui est accolée à l'arrière. Le bâtiment est détruit par un incendie dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1915. Une photographie en montre les ruines fumantes et les restes de la machinerie. La minoterie est reconstruite au cours de l'année 1916 et elle reprend son activité le 20 septembre. Le 1er octobre, elle est bénite par le curé de Chenac, l'abbé Robin, desservant l'église de Saint-Seurin en l'absence du curé Delapierre, mobilisé sur le front. Le cadastre mentionne la construction d'un magasin et d'un bureau en 1923, et un agrandissement de l'usine en 1928. Un nouvel atelier de fabrication est édifié, plus élevé que le précédent. L'entrepôt qui subsiste de nos jours remonte sans doute aussi à cette époque. En 1929, le fils de Pierre Cossot, Hervé prend sa succession. La capacité de mouture est alors d'environ 200 quintaux par jour. L'entreprise est par la suite modernisée, alimentée par l'électricité dans les années 1930-40, et équipée d'un système pneumatique. En 1936, le mécanisme est encore entraîné par un moteur à gaz pauvre Winterthur de 65 chevaux, auquel supplée en cas de besoin une turbine hydraulique Singrünn de 20 chevaux entraînée par le flux des marées. Le matériel consiste en 4 broyeurs doubles, 4 convertisseurs doubles, 1 paire de meules et 2 plansichters. Au nord-est de la minoterie, rue de l'Uzet, de vastes silos métalliques sont aménagés vers le milieu du 20e siècle dans une ancienne fabrique de raisins secs. Ces silos peuvent contenir jusqu'à 25000 quintaux de grains. L'activité de la minoterie se maintient jusqu'en 1991. Depuis, l'atelier de fabrication, enjambant le cours d'eau, et qui s'était en partie écroulé, a été rasé. Ne subsiste donc que l'ancien entrepôt du début du 20e siècle.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1876, daté par source, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le bâtiment qui subsiste, ancien entrepôt, est en pan de métal et brique creuse, à deux étages carrés et toit en tuile creuse. Son élévation ouest est couverte d'un essentage d'ardoise. L'ancien atelier de fabrication, aujourd'hui démoli, était un haut corps de bâtiment à trois étages, aussi élevé que l'entrepôt auquel il était perpendiculaire. Ses ouvertures alternaient la brique et la pierre de taille. Il était couvert d'un toit à croupes en ardoise. Il en reste la base maçonnée, près du pont, en ruines.

Mursmétal pan de métal essentage d'ardoise
brique creuse
Toittuile creuse
Étages2 étages carrés
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Énergiesénergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
État de conservationétablissement industriel désaffecté, vestiges
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service historique de la Défense, bibliothèque du Génie. Ms 503 (Fol. 131 f), feuille 57, figure 9, et feuille 58. Carte et "Mémoire sur la carte de la figure 9 de la feuille 57. Cette carte contient partie de la coste de la Garonne ou Gironde le long des costes de Saintonge en l'estat que le pays étoit en 1700". Par l'ingénieur Claude Masse.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. E dépôt 113/108, archives de la commune de Saint-Seurin-d'Uzet, 1G 3. 1791 : matrice cadastrale de Saint-Seurin-d'Uzet.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 113/108, archives de la commune de Saint-Seurin-d'Uzet, 1G 3.
  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E 44/25. 1717, 27 septembre : déclaration passée par Elie de Beaupoil, chevalier, seigneur de la Guillardrie, Berne, Mareuil, en partie Saint-Rémy, les Salles de Riou aussi en partie, le Petit Fléac et autres lieux, demeurant en son logis noble de Saint-Rémy, paroisse de Chenac ; il déclare avoir affermé pour trois ans, par acte du 19 mai 1715 reçu par Me Moreau, notaire, à Etienne Marchais le jeune, farinier au moulin à eau de Fontgarnier, le moulin à eau du port de Saint-Seurin.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 10 M 3/12, 1936 : contingentement des moulins.

  • 1832-1931 : cadastre de Saint-Seurin-d'Uzet, plan, tableau indicatif des propriétés foncières ou état de section, et matrices des propriétés foncières.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4054 à 4057 et 5295
  • Archives départementales de Charente-Maritime. S 8631. 1836-1904 : travaux d'amélioration du port de Saint-Seurin-d'Uzet.

  • Archives de l'évêché de La Rochelle, 1 Z 9. Marcel Pelisson, Histoire de Saint-Seurin-d'Uzet, 4 volumes manuscrits, 1913-1921.

    fol. 14
Documents figurés
  • Service historique de la Défense, bibliothèque du Génie. Ms 503 (Fol. 131 f), feuille 56, figure 5. Vers 1700 : Plan de St Seurin Duzet sur les rives de la Garonne en Saintonge. Il apartient au seigneur de même nom. Par l'ingénieur Claude Masse.

  • Bibliothèque municipale de Bordeaux, Ms 1079. Carte du huitième quarré de la généralle du Médoc, d'une partie de la Guienne et de la Saintonge (...) en l'état que le pays étoit en 1708. Par l'ingénieur Claude Masse.

  • "Le port et la minoterie". Carte postale, vue par E. Val [ca1900], in : Tournade, Jean-Louis. Ports de mer, ports de rivière au début du siècle entre Quimper et Bordeaux. La Rochelle : Ed. du Squall, 1983, p. 120.

  • "La minoterie et le chenal à marée basse". Carte postale du début du XXe siècle, in : Nos deux Charentes en cartes postales anciennes, n° 15, décembre 1982, p. 11.

  • Photographies prises par Noëlle Gérome avant la démolition de l'atelier de fabrication.

Bibliographie
  • Aveu de la seigneurie de Saint-Seurin-d'Uzet rendu le 6 décembre 1643 à l'évêque de Saintes par Jean de Brétinauld, seigneur de Saint-Seurin, Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, t. 3, 1876, p. 391-396 (donne les limites du territoire de la seigneurie, et cite de nombreux lieux-dits à Chenac et Saint-Seurin).

  • Gérome, Noëlle. "La vie quotidienne d'un agent", Bulletin d'histoire de l'électricité en France, 1988, p. 73.

  • Michaud. "Port de Saint-Seurin-d'Uzet", in : Ports maritimes de la France : de la Rochelle à Maubert. Paris : Imprimerie nationale, 1885, p. 407.

  • Pinard, Jacques. Les industries du Poitou et des Charentes : Étude de l'industrialisation d'un milieu rural et de ses villes. Poitiers : S. F. I. L., 1972.

    p. 201
  • Vattier d'Ambroyse, Valentine. Le littoral de la France. La Gascogne de la Rochelle à Hendaye. Genève : Editions Slatkine, 1984, p. 203.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Moisdon-Pouvreau Pascale
Moisdon-Pouvreau Pascale

Chercheur Service Patrimoine et Inventaire


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- Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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