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Motte féodale de Machecou

Dossier IA17004002 réalisé en 2000

Fiche

Parties constituantes non étudiéesbasse-cour, fossé
Dénominationsmotte
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Tonnay-Boutonne
AdresseCommune : Puyrolland
Lieu-dit : fief de Machecou, entre les Cantinauds et Charraud
Adresse : Cadastre : 2016 C 525 368 369

La seule documentation sur la motte de Machecou est un texte paru dans l'ouvrage : « Résidence aristocratiques, résidence du pouvoir entre Loire et Pyrénées Xe – XVe siècles. Actes du colloque de Pau, 3 et 5 octobre 2002 ». Annie Bolle. Archéologie médiévale entre Atlantique et Massif Central, Poitiers. La motte de Machecou à Puyrolland, Charente-Maritime, dont voici l'extrait concernant cette motte.

« Une évaluation archéologique a été réalisée sur la motte de Machecou et ses environs pendant l’automne 2001 (Petit Charraud, Puyrolland). L’intervention a été menée dans le cadre du projet de construction d’un barrage dans la vallée de la Trézence (affluent de la Boutonne). Cette vallée se situe dans l’ancienne province de l’Aunis, à proximité des cilles fortifiées de Tonnay Boutonne et Surgères. L’emprise totale du projet approche les 1 100 hectares et concerne une zone marécageuse, aujourd’hui couverte essentiellement de prairies et de haies.

La motte, appelée « tumulus de Machecou » est connue depuis longtemps, mais elle n’avait été le cadre d’aucune intervention archéologique. D’un point de vue méthodologique, les tranchées ont été ouvertes en tenant compte des reliefs et un levé micro-topographique a été réalisé, permettant une représentation cartographique associé au relevé stratigraphique du site.

L’environnement de la motte de Machecou

La motte et sa basse-cour sont installées au 13e siècle dans une zone densément occupées depuis le haut Moyen Age. Le seigneurie de Machecou, vassale de celle de Tonnay Boutonne, est mentionnée au début du 13e siècle. Elle est la possession d’un chevalier, Guillaume de la Roche, fils de Raoul 1er de Machecou. La seigneurie de Machecou est encore mentionnée dans un dénombrement de 1680, elle s’étend sur une bonne partie de la paroisse de Puyrolland et suit les limites des marais du Grand Vivroux.

Le site du Grand Vivroux (Annezay), également englobé dans l’emprise du barrage, a été expertisé à l’automne 2002. Il est le siège d’une seigneurie dont le logis 17e siècle comprenait chapelle et pigeonnier. Les sondages archéologiques ont révélés une occupation du Grand Vivroux dès le 14e siècle. À moins d’un kilomètre de la motte de Machecou, le château de Romefort (Puyrolland) est installé sur un point haut de la vallée, il est le siège d’une seigneurie connue à partir du 15e siècle.

De l’autre côte de la vallée, l’église romane dédiée à Saint-Pierre est isolée avec son cimetière au sommet de la butte de Puyrolland. Dans la vallée, plusieurs habitats médiévaux ont été reconnus lors des évaluations de 2001 et 2002. L’occupation est dense dès le haut Moyen Age. Ainsi l’habitat de la Grande Pièce (Annezay) daté des 5e et 10e siècle possède une superficie minimale de 11 hectares et regroupe des structures très denses (dont des sépultures d’enfants) et différents types de bâtiments (mur de pierre, de terre et sur poteaux plantés).

Dans cet environnement très densément occupé, l’ensemble castral semble édifié dans le courant du 13e siècle. Il se compose d’une motte entourée d’un fossé, de deux grandes plates-formes correspondant à la basse-cour et d’une grande enceinte fossoyée. La rivière est canalisée et captée pour alimenter les fossés d’enceinte.

L’enceinte de la motte

La motte et la basse-cour sont entourées par une enceinte. Toujours marqué dans le relief du terrain, le tracé du fossé d’enceinte a pu être restitué grâce au relevé topographique et à quelques sondages. À l’est, il se raccorde sur la rivière qui possède un angle bien marqué à cet emplacement. À l’ouest de la motte, le cours d’eau canalisé englobe une partie de l’habitat. La limite nord est encore marquée dans le parcellaire actuel par une haie, au-delà de laquelle les tranchées d’évaluation n’ont révélées la présence d’aucune structure médiévale. La superficie atteint environ 12 hectares.

Face à la basse-cour, le fossé d’enceinte a été sondé. Il est large de 23 m, à 3 m de profondeur le fond n’est pas atteint. Il a été partiellement colmaté par envasement, mais également près de l’escarpe, par le glissement de remblais argileux, provenant d’un talus défensif dont on retrouve encore la base le long du fossé. Une partie du bois observé dans le fossé, dont les branchages tressés et un tronc d’arbre long de 2,75 m, pourrait provenir d’une palissade édifiée au sommet du talus.

Un chemin empierré longe le talus. Sa présence sur le pourtour de toute l’enceinte n’est pas certaine, il est possible qu’il desserve uniquement l’entrée de l’enceinte externe à celle de la basse-cour.

La motte

La motte possède encore aujourd’hui une élévation de 2,60 m. Elle affecte la forme d’un dôme. À la base, sa superficie est de 1000m2 et 300m2 au sommet. Elle est couverte par un sédiment brun fin, épais d’environ 10 cm, à la surface duquel ont été recueillis de nombreux fragments de tuiles et de tessons de céramique datés de la seconde moitié du 13e siècle et du 14e siècle.

L’existence d’une zone d’emprunt ayant entamé le versant sud-ouest a permis de réaliser une coupe stratigraphique dans le remblai de la motte. Celui-ci, d’aspect homogène et très compact, est composé de terre malaxée beige argileuse. La stratigraphie n’y est pas lisible mais on note la présence de foyers comportant des ossements et de nombreuses coquilles de moules. Ces restes de repas incitent à les interpréter comme des foyers associés à des installations provisoires pendant l’édification de la motte. Les rares tessons recueillis permettent de situer sa construction dans le courant du 13e siècle.

La motte est entourée d’un fossé, large de 13 m, relié au fossé d’enceinte de la basse-cour. Il a été sondé jusqu’à 1, 60 m de profondeur, sans que le fond ne soit atteint. Le comblement est argileux et les matériaux organiques sont préservés. La céramique recueillie comporte des éléments du 13e siècle et du troisième quart du 14e siècle correspondant à l’occupation de la motte.

La basse-cour

La basse-cour possède une superficie de 6 000 m². Elle est divisée en deux plates-formes par un fossé de 13 m, tandis qu’un second fossé large de 11 m et profond de 3 m l’entoure. Le sondage réalisé a permis d’observer un mur dont la construction s’engage sur le fossé, en prenant appui sur des pieux plantés verticalement. La découverte en contre-bas, dans le comblement du fossé de pièces de bois (chênes et ormes) présentant des assemblages élaborés évoque le présence d’un pont reliant l’enceinte externe et le basse-cour.

Les bâtiments sont installés sur les plates-formes constituées par des remblais compactés dont l’épaisseur peut atteindre 1,20 m. Ces remblais comportent du mobilier du 12e siècle et des 8e et 10e siècles, témoin des occupations précédentes.

Deux groupes de bâtiments sont repérés, disposés sur chacune des plates-formes. Les murs s’inscrivent dans un ensemble octogonal. La deuxième plate-forme, la plus proche de la motte, abrite un grand bâtiment. L’un des murs comporte une cheminée, large de 2,40 m avec un conduit composé de tuiles posées sur chant et d’un piédroit mouluré avec colonnette. Les niveaux d’abandon ont livrés un mobilier abondant, dont des éléments de harnachement et d’armement. La céramique date l’occupation de la seconde moitié du 13e siècle avec un abandon à la fin du 14e siècle.

Conclusion

Le site de Puyrolland présente un intérêt tout particulier, dans la mesure où il regroupe un ensemble fortifié du type « motte et basse-cour » avec des habitats installés en fond de vallée. Sa localisation dans un milieu humide permet d’envisager une étude précise de l’environnement. Ainsi, le comblement des fossés a livré des objets en bois, des chaussures en cuir, mais il comporte également un important niveau de débris végétaux, composés de feuilles et de brindilles et témoigne du potentiel paléoenvironnemental du site ».

Période(s)Principale : Haut Moyen Age, 13e siècle, 14e siècle , (?)

La motte de Machecou, située entre les hameaux les Cantinauds et Charraud, est aujourd’hui un talus recouvert de végétation. De l’enceinte composée de fossés et de la basse-cour, plus rien n’est visible à l’heure actuelle. Seul le fossé entourant la motte est perceptible sur des vues aériennes.

Murs
État de conservationvestiges
Techniquesferronnerie
Précision représentations

Sujet : croix ; Support : fer forgé.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • Extrait de l’ouvrage « Résidence aristocratiques, résidence du pouvoir entre Loire et Pyrénées Xe – XVe siècles. Actes du colloque de Pau, 3 et 5 octobre 2002 ». Annie Bolle. Archéologie médiévale entre Atlantique et Massif Central, Poitiers. La motte de Machecou à Puyrolland, Charente-Maritime, p. 455 à 459.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Bernier Nelly - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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