Auteur
Beauvarlet Gilles
Beauvarlet Gilles

Photographe à l'Inventaire du patrimoine de Nouvelle-Aquitaine (site de Poitiers).

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Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Arrondissement de Montmorillon - Montmorillon
  • Commune Montmorillon
  • Adresse place Saint-Martial
  • Cadastre 2014 AH Non cadastré
  • Dénominations
    monument aux morts
  • Appellations
    de la guerre de 1914-1918

En 1915, la commune de Montmorillon émet le souhait de disposer d’un monument commémoratif qui pourrait être construit après la victoire. Elle délibère dès 1919 pour ériger un monument aux morts et sollicite les architectes poitevins Martin et Hilaire Guinet ainsi que le sculpteur Aimé Octobre, qui venaient de collaborer pour la grande poste de Poitiers. Un comité est mis en place en 1920.

Après la Première Guerre mondiale, les premières commémorations des morts pour la France avaient lieu devant la plaque commémorative des morts de 1870 et devant le monument au général de Ladmirault.

En attendant l'érection du monument aux morts, un arbre de la Liberté, accompagné d'une stèle commémorative, est planté place de la Victoire le 11 novembre 1920.

En 1921, le projet définitif est adopté ainsi que le choix de réaliser la sculpture en bronze et non en pierre comme prévu initialement. Le coût de 50000 francs est couvert par une subvention de l’État (3576 francs, calculée sur le nombre de morts pour la France (163) rapporté au nombre d’habitants (4847) de la commune), une souscription (16686,20 francs) et un emprunt de la ville de 29800 francs en mars 1921. Un modèle en plâtre fut présenté au salon des artistes français en 1922, sous le n° 3575 du catalogue ; une photographie de cette maquette est conservée aux archives départementales de la Vienne (9 T 92). Les dates 1921 et 1922 sont inscrites sur le socle de la statue.

La fonte de la sculpture et de la plaque portant la liste des victimes du conflit (avec un surcoût de 7000 francs par rapport au projet de gravure des noms sur la pierre, surcoût couvert par un nouvel emprunt) est confiée à Henri Andro.

Les travaux de mise en place sont confiés à l'entreprise Auguste Moreau de Montmorillon. Des travaux d'aménagement sont réalisés sur le Pont-Neuf, avec notamment la démolition de 6 m de parapet. La dorure des lettres est réalisée par Jacques Auprêtre, peintre de Montmorillon.

Le monument a été inauguré le 23 juillet 1922 par Raoul Péret, président de la Chambre des députés, place de la République, à proximité du Pont-Neuf. En 1974, après la démolition du kiosque à musique, il est déplacé sur la place Saint-Martial le 27 juin.

Le monument a été conçu sur les plans de l'architecte Hilaire Guinet et se trouve sur la place Saint-Martial, en face du monument au général Ladmirault, après avoir été installé à proximité du Pont-Neuf, à l'arrière de la sous-préfecture.

Il se compose d'une large stèle en pierre de taille sur laquelle est apposée deux plaques en bronze portant la liste des 174 victimes de la Première Guerre mondiale (chaque plaque comporte trois colonnes). D'après le cahier des charges, la stèle est en pierre de taille de Lussac alors que pour la maçonnerie est en pierre de Chauvigny.

En avant sur un socle se dresse une allégorie féminine en bronze, due au sculpteur Aimé Octobre et au fondeur parisien Henri Andro. Il s'agit d'une République victorieuse : debout, chaussée de sandales, elle lève les bras en signe de victoire et brandit un sabre d'officier d'infanterie modèle 1882 de la main droite et de l´autre, un bouquet composé de laurier et de chêne. Elle est coiffée d'un casque de Poilu et porte une longue robe à manches courtes, un pectoral orné d'une tête de Méduse, attribut fréquemment représenté sur les bustes de Marianne, et une cape très ample dans le dos.

Le modèle qui a servi pour personnaliser cette allégorie n’a pas été identifié. Aimé Octobre s'est inspiré du même modèle pour les statues de l'allégorie de la Beauce ou Cérès Beauceronne, statue en pierre qui trône au sommet de la fontaine de Véret à Étampes (Essonne), et la République casquée su monument aux morts de Dammartin-sur-Tigeaux (Seine-et-Marne).

La liste des victimes de 1914-1918 s'ouvre par le nom de trois infirmières militaires, ajouté a posteriori, Germaine Goudon de Lalande (qui repose dans la chapelle funéraire familiale) ; Geneviève de Queyriaux et Madeleine Rat puis par le nom de 174 hommes répartis sur six colonnes, trois de chaque côté de la stèle [voir détail en annexe]. Cette liste diffère légèrement de la somme des morts de la paroisse de Notre-Dame et de la paroisse Saint-Martial (tableau commémoratif sur carton et verrière) ou à ceux du cimetière Notre-Dame et du cimetière Saint-Martial (quelques noms en plus et en moins, différence de prénom). D'autres noms se recoupent aussi avec le tableau commémoratif des musiciens morts pour la France.

Sur le socle du monument sont apposées d'autres plaques en bronze, avec le nom des victimes des conflits suivants, ainsi qu'une palme entrecroisée avec une faucille.

  • Murs
    • bronze
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • figure allégorique profane, femme, casque, rameau, laurier, chêne, épée, palme, faucille, chronogramme
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Inscriptions : " Octobre Aimé 1921 " ; " Octobre Aimé 1922 ".