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Monument aux morts de la commune de Mornac, Charente

Dossier IA16008987 réalisé en 2018

Fiche

Précision dénominationGuerre 1914-1918
Appellationsde la guerre 1914-1918
Dénominationsmonument aux morts
Aire d'étude et cantonCommunauté d'Agglomération du Grand Angoulême - Ruelle-sur-Touvre
AdresseCommune : Mornac
Adresse : rue des
écoles
Cadastre : 2016 AX Non cadastré
Précisions

Le monument aux morts de la commune de Mornac est inauguré le 6 novembre 1921. Dans la délibération du 11 janvier 1920, le conseil vote un budget total de 2000 francs pour l'érection du monument, dont 1381,50 francs sont assurés par une souscription publique. Le reliquat sera prélevé sur le budget additionnel de 1919. La construction du monument a été confiée à un entrepreneur de Chazelles.

Le monument était situé à l'origine dans le cimetière. Il a été déplacé en 1970 pour rejoindre son emplacement actuel, à côté de la mairie et de l'école. En 1921, 24 morts pour la France mornacois ont été comptabilisés par la mairie. Deux noms furent rajoutés par la suite, portant à 26 noms la liste des soldats tués durant le premier conflit mondial et vivant dans la commune.

La famille Corbiat a eu deux fils morts en lien direct avec le conflit. Le premier, Henri Étienne Corbiat, est décédé en septembre 1914, son nom figure sur le monument. Le second, François Masséna Corbiat, a été réformé en 1915 suite à des blessures, et est décédé en 1919 suite à une maladie. Son nom ne figure pas sur le monument, malgré les nombreuses démarches et protestations de son père. Le certificat médical n'attestant pas qu'il est mort des suites du conflit, et étant donné qu'il est décédé après la fin de la guerre, la municipalité a refusé d'inscrire son nom.

Période(s)Principale : 1ère moitié 20e siècle , daté par source
Dates1921, daté par source

Le monument aux morts de la commune de Mornac, très sobre, est un cénotaphe surmonté d'un obélisque, orienté vers le sud.

Il est rehaussé par un emmarchement de pierre. Le sommet de l'obélisque est orné d'une palme du martyre en métal doré. Elle surmonte les dates gravées et peintes en doré des dates des deux conflits mondiaux du XXe siècle : "1914-1918" et "1939-1945".

Sur la base de l'obélisque une plaque présente les noms des soldats décédés pendant les deux conflits : 26 noms pour la guerre 14-18, 2 noms pour la guerre 39-45.

Sur la face est du monument, une petite plaque est accrochée sur la base du pilier, en l'honneur d'un soldat. 2 plaques et un rameau d'olivier figurent sur la face nord. Et une autre plaque est présente sur la face ouest.

Techniquessculpture
Représentationspalme
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protections

Annexes

  • Le monument aux morts de la commune de Mornac, inscriptions.

    Face sud.

    1914-1918

    1939-1945

    Guerre 1914-1918

    PREMIER Louis ; CORBIAT Henri ; FORT Jean ; BERTHONNEAU Félix ; DIDOUT François ; VIELLETOILE André ; JOLET Jean ; SOLAS Léon ; LEVEQUE François ; BOULANGER François ; GAUTHIER François ; FORT Auguste ; PICARD Marcel ; PRIVAT Henri ; VIROULAUD Jean ; ROUSSEAU Henri ; LACOMBE Jean ; BLANCHARD Jean ; BOULESTIN Edmond ; FORT Alfred ; LASSALLE Georges ; GACON Adhemar ; BARBEAU François ; BERNARD Prosper ; QUELARD Armand ; BOUCHE Joseph.

    Guerre 1939-1945

    FAURIE Adrien ; LASSORT Louis (disparu).

    Face est.

    (sur petite plaque) À mon fils et frère, à mon mari, André VIEILLETOILE, mort pour la France. R.F. 17-3-15.

    Face nord.

    (sur petite plaque) À la mémoire de mon cher mari & de notre père Jean BLANCHARD, mort pour la France le 30 nov. 1916 ) l'âge de 47 ans. Regrets.

    (sur petite plaque) À la mémoire de notre fils bien(tronqué), ROUSSEAU (tronqué), mort au champ d(tronqué) dans la Som(tronqué) le 16 août 1916 (tronqué). Priez pour lui.

    Face ouest.

    (sur petite plaque) À notre fils René BERTHONNEAU, mort au champ d'honneur (illisible)

    (sur petite plaque) À notre fils René BERTHONNEAU, mort au champ d'honneur (illisible) 7-1-15

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1920-1923. Le monument aux morts de la commune de Mornac.

    1920, 11 janvier. Extrait du registre des délibérations. La souscription publique a permis de collecter 1381,50 francs. Le conseil vote la somme totale de 2000 francs à consacrer au monument. Ainsi, 618,50 francs seront prélevés sur un budget additionnel pour les dépenses imprévues de 1919.

    1920, 29 janvier. De la préfecture au maire de la commune. Renvoi de la copie de la délibération du 11 janvier 1920 approuvant le projet d'érection du monument aux morts, revêtu de l'approbation préfectorale. La somme totale de 2000 francs est assurée par une souscription publique (1381,50 francs) et le reste par budget additionnel (618,50 francs). Demande du croquis et du devis pour approbation du projet. La liste de la souscription devra également être soumise au visa.

    1921, 12 janvier. Courrier du maire au préfet. Envoi du dossier relatif au monument aux morts. Une copie de la délibération du conseil, comportant le chiffre de la souscription, la somme à prendre au budget, le montant de la subvention de l'État à espérer. Une délibération du bureau d'assistance pour renoncer à la part revenant aux pauvres dans ce projet. Un devis établit par l'entrepreneur. Un plan établit par l'entrepreneur. Un plan du cimetière avec l'emplacement dédié au monument.

    1921, 1er février. Courrier de la préfecture à la municipalité demandant le nombre de morts de la commune afin d'estimer le montant de la subvention accordée par l'État pour l'érection du monument. Réponse du maire : 24 morts et 791 habitants.

    1921, 16 mars. Courrier de la préfecture à M. Corbiat. Suite à la protestation émise quant au refus du maire de faire figurer le nom de son second fils. Il semblerait que son décès en 1919 n'ait pas fait suite à ses blessures liés aux conflits. Sa réclamation n'ayant été accompagnée d'aucune justification médicale, il n'est donc pas possible d'exiger quoi que ce soit du maire qui est responsable de la liste des soldats morts à l'ennemi figurant sur le monument.

    1921, 25 novembre. Courrier de M. Corbiat au préfet. Annonce les faits suivants : ces deux fils sont morts pour la France. Le premier, Henri Étienne Corbiat est mort en septembre 1914, le deuxième, François Masséna Corbiat, a été réformé suite à ses blessures et est mort en février 1919 d'une maladie contractée au service. Une allocation renouvelable lui a été accordée suite au décès de ses deux fils par courrier du 22 juin 1921. Lors de l'inauguration du monument, le nom de son premier fils y a été porté, mais pas celui du deuxième, malgré les démarches effectuées auprès de la mairie. Lors de la souscription publique, le père a donné 10 francs, 5 francs pour chacun de ses enfants.

    1921, 8 décembre. Courrier du préfet au sous-intendant militaire. Suite à la demande de M. Corbiat, la préfecture souhaite savoir pour lequel des deux fils a été attribué la pension, et pour lequel a été attribué la majoration.

    1921, 13 décembre. Courrier du sous-intendant militaire au préfet de la Charente, en réponse à son courrier du 8 décembre. Les époux Corbiat, conformément à la loi du 31 mars 1919, ont bien reçu une majoration de 100 francs, pour chaque enfant décédé, à partir du second. La famille Corbiat a le certificat d'inscription n°334216 de 900 francs.

    1921, 19 décembre. Courrier du préfet au maire, lui annonçant que M. Corbiat l'a à nouveau consulté pour l'inscription de son deuxième fils sur le monument de la commune. Selon les renseignements obtenus, les époux Corbiat ont perçu des pensions et majoration de pension, ce qui contribue à soutenir la thèse de M. Corbiat, selon laquelle ses deux fils seraient "morts pour la Patrie".

    1922, 25 janvier. Courrier de M. Corbiat au préfet. Accuse réception de sa lettre du 21 décembre, attestant avoir transmis au maire les documents attestant de la situation miliaire de ses deux fils. Le secrétaire de mairie a annoncé que le conseil municipal s'était opposé à l'inscription du fils François sur le monument. Or, M. Corbiat semble savoir de source sûre que le conseil n'a jamais été consulté sur la question. Il pense que ce refus serait le résultat d'un conflit personnel avec le maire : les deux hommes s'étant opposés au sujet de l'établissement d'une route.

    1922, 27 janvier. Courrier de la préfecture au maire de Mornac, qui le prie de faire connaître à M. Corbiat pour quelles raisons exactes le nom de son deuxième fils ne peut pas être inscrit sur le monument.

    1922, 17 février. Extrait du registre des délibérations du conseil municipal. Étude de la lettre de M. Corbiat Masséna, demandant l'inscription de son fils M. Corbiat François Masséna sur le monument. Cette lettre a déjà été étudiée, et lors du projet d'érection du monument, il a été convenu que ne pourraient être inscrits sur le monument que les noms de ceux qui sont décédés pendant les hostilités, soit avant le 11 novembre 1918. Or le fils est décédé en février 1919, et est inhumé dans la commune de Touvre, dans le caveau familial. La demande est donc jugée irrecevable, d'autant que le certificat médical établit par le médecin ne lie pas la maladie ayant causée la mort au conflit.

    1922, 22 février. Le préfet demande au maire de répondre d'extrême urgence à la dépêche préfectorale du 30 janvier demandant d'expliquer pourquoi le nom de Corbiat ne figure pas sur le monument.

    1922, 24 février. Courrier du préfet au ministère de la guerre et des pensions. La majoration de 900 francs accordée au fils Corbiat, blessé à la guerre le 15 mai 1915 et décédé au sein de son foyer le 17 février 1919 a été attribuée par le certificat d'inscription n° 334216. Demande d'une copie du certificat médical, ou du certificat de décès pour le service des majorations.

    1923, 9 février. Courrier de la préfecture au ministère de l'hygiène, de l'assistance et de la prévoyance sociales. Suite à la dépêche du 9 octobre, envoi des renseignements statistiques demandés sur les inscriptions des monuments aux morts de la Charente. L'inspecteur des services d'assistance publique souhaite saisir le conseil général concernant une demande d'acquisition et d'apposition d'une plaque commémorative où figureront les noms des pupilles de la nation.

    Bulletin de naissance de François Masséna Corbiat, né le 6 avril 1888 à Mornac.

    Bulletin de naissance de Henri Étienne Corbiat, né le 9 octobre 1893 à Mornac.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : 4 T 290
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de GrandAngoulême (c) Communauté d'Agglomération de GrandAngoulême - Seguin Sarah - Pays d'art et d'histoire de l'Angoumois / GrandAngoulême
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