Dossier IA17000361 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
;
Moisdon-Pouvreau Pascale
Moisdon-Pouvreau Pascale

Chercheur Service Patrimoine et Inventaire

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Minoterie Vérat-Dugoujon-Fleuri
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
  • Commune Mortagne-sur-Gironde
  • Lieu-dit la Rive
  • Adresse quai de l' Estuaire , 5 rue de l' Europe
  • Cadastre 1832 E 1832 à 1835  ; 2009 AD 623 et 624
  • Dénominations
    minoterie
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier de fabrication, entrepôt industriel, magasin industriel, bureau

Deux maisons, un entrepôt, faisant face au port, et une propriété de plan en U occupent cet emplacement au début du 19e siècle (et sans doute aussi au 18e) si l'on se réfère au plan cadastral de 1832. Les bâtiments en U, orientés vers l'est, appartiennent alors à Jérémie Roudier, demeurant à Sablonceau, qui les a acquis en 1812 par adjudication au détriment de Samuel Zimmerman. Il s'agit notamment d'un grand chai et d'une maison. A côté, vers l'est, Daniel Dumas, marchand graisseur au bourg, possède un magasin hérité en 1812 également de son beau-père, Pierre Boudin époux Bon.

La partie la plus à l'est de ces bâtiments (jouxtant le 28 quai de l'Estuaire), dont la maison et l'entrepôt Dumas, est achetée en 1862, selon le cadastre, par Pierre Vérat (1807-1878) époux Manseau. Ce meunier, dont la famille est implantée dans le quartier des Moulins, à l'ouest du bourg, possède l'actuelle maison de la Charmille et plusieurs moulins autour. Profitant du développement du port, Vérat abandonne alors la meunerie à vent des terres hautes pour créer une minoterie industrielle et portuaire. En 1864, toujours d'après le cadastre, il construit, à la place des bâtiments qu'il a achetés sur le port, un premier moulin à farine. Ce moulin est équipé d'une machine à vapeur qui fournit l'énergie nécessaire à son fonctionnement. La nouvelle propriété Vérat comprend aussi une maison, où Pierre Vérat s'éteint en 1879 (la famille Vérat n'achètera les maisons voisines, aux numéros 24, 26 et 28, qu'en 1929).

Dès 1873, Pierre Vérat fils (1832-1908) époux Tétard, qui prend la succession de son père à la Rive, achète la propriété voisine, en U, vers l'ouest (autrefois détenue par Roudier). Après l'avoir fait démolir en 1894, il fait construire à sa place un nouveau magasin à blé, et, en 1899, une nouvelle minoterie, avec atelier de fabrication, magasin à farine et salle de triage : il s'agit sans doute du grand corps de bâtiment, le plus haut, avec toit en ardoise, qui domine encore aujourd'hui la rive droite du port ; sur des cartes postales prises vers 1900 (avant l'élargissement du port), il apparaît encadré par des bâtiments plus bas, à un étage, dont, à sa droite, l'ancien moulin aménagé en 1864. Toujours mue par la vapeur (d'où la présence de hautes cheminées en brique), la minoterie reçoit les blés des environs et ceux acheminés de tout le Centre-Ouest atlantique, via le port, et les transforme en farines expédiées notamment vers le Médoc, Bordeaux et l'étranger.

A partir de 1905 environ, pendant que l'on procède à l'élargissement du port, la minoterie fait l'objet d'importants travaux d'agrandissement. Dès avant 1907 (comme le montre une carte postale de cette date), à droite du grand corps de bâtiment, l'ancien moulin à farine est augmenté d'un étage et d'un haut toit à croupes en tuile mécanique (peut-être Vérat installe-t-il sa demeure dans les étages ?). A l'opposé, à gauche du grand corps de bâtiment, et perpendiculairement au port, un magasin de stockage du son est édifié en 1909 (date inscrite sur le fronton de l'horloge). Magasins, quais de chargement, bureaux, silos à blés et hangars complètent le dispositif à l'arrrière, de part et d'autre de la rue de l'Europe. Ces travaux nécessitent l'arrêt de la production pendant toute l'année 1909, mais au terme de l'opération, la capacité de l'usine atteint les 700 quintaux de blé par jour. L'électricité est installée au début du 20e siècle, mais en 1936, la force motrice normalement employée de 120 chevaux est fournie par un moteur à gaz pauvre Winterthur. L'équipement se compose alors de 3 broyeurs, 7 convertisseurs, 1 désagrégateur, 2 plansichters, 1 bluterie centrifuge, 2 bluteries rondes et 1 bluterie hexagonale.

Après la mort de Pierre Vérat-Tétard en 1908, l'entreprise passe dans les mains de son fils, Pierre (1866-1943) et de son gendre, Jean-Baptiste Dugoujon (1862-1935), maire de Mortagne de 1904 à 1935 (notamment lorsque le port modernisé est inauguré, en 1911). La minoterie est plus tard tenue par le gendre de Jean-Baptiste Dugoujon, Robert Fleuri (1891-1961). Après la Grande Guerre, la minoterie Vérat-Dugoujon est fortement concurrencée par les Grands Moulins de Bordeaux, et sa production est contingentée à 250 quintaux dans les années 1930, en raison de la surproduction du secteur. En 1969, la société des Moulins de l'estuaire est créée par association de l'établissement Fleuri-Dugoujon avec la minoterie Chevalier, des Monards (à Saint-Seurin-d'Uzet). Dans les années 1980, l'ensemble du matériel de mouture est renouvelé et modernisé. En 1990, la minoterie est rachetée par le groupe Gers-farine. Elle emploie 22 personnes jusqu'en 1999. A partir de cette date, la société ne fabrique plus à Mortagne, où ne s'exerce plus qu'une activité commerciale.

Les bâtiments de la minoterie qui s'élèvent côté port sont dominés par l'ancien atelier de fabrication. Ce haut corps de bâtiment à deux étages est couvert d'un toit à croupes en ardoise, avec des tuiles faîtières et une charpente métallique. Sa façade est sévèrement rythmée l'horizontal par des bandeaux, et à la verticale par neuf travées d'ouvertures. Chaque baie présente un encadrement et une clé de linteau saillants, ainsi qu'un linteau en arc segmentaire.

Le même type de décor se trouve sur le mur pignon du magasin de stockage du son, à gauche de l'ancien atelier. Sous un toit à croupes et en tuile mécanique, orné d'une crête de faîtage, ce corps de bâtiment possède un étage et présente deux travées d'ouvertures. Face au port, son toit est percé d'une lucarne aveugle, surmontée d'un fronton en plein cintre, et qui reçoit une ancienne horloge. A la droite de l'ancien atelier, le corps de bâtiment surélevé à la fin du 19e siècle possède également un toit à croupes, en tuile mécanique cette fois. Sa façade, entièrement construite en pierre de taille, n'est enduite qu'au niveau du rez-de-chaussée, ce qui le protège contre l'humidité. Cette même façade est ornée de bandeaux d'appui moulurés, d'une corniche à denticules. Les encadrements des baies sont moulurés.

Côté rue de l'Europe, l'essentiel des bâtiments est réparti autour d'une petite cour. Au fond de cette cour se situe un quai de déchargement, abrité sous un toit en éverite. A droite s'élève le magasin de stockage du son et, à gauche, trois corps de bâtiments parallèles et similaires par leur architecture. Il s'agit d'un bâtiment de bureau, donnant sur la cour, puis de deux silos. Chacun est couvert d'un toit en tuile mécanique, orné d'une crête de faîtage. Leurs trois façades, sur pignon, s'alignent sous les débordements de toits que soutiennent des aisseliers en métal. Réunies par un solin et des bandeaux, les trois façades présentent chacune trois travées d'ouvertures, avec encadrement et clé de linteau saillants, et linteau en arc segmentaire. La porte du silo placé au centre de l'ensemble, se distingue par sa corniche, que supportent deux consoles.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    tuile creuse
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Énergies
    • énergie thermique produite sur place
    • énergie électrique achetée
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Site internet https://inventaire.poitou-charentes.fr.

  • Carte postale vers 1910.

    Bibliothèque municipale, Saintes
  • Fressigné, Yann. Une histoire de Mortagne-sur-Gironde, 1840-1940, p. 13.

  • Nos Deux-Charentes en cartes postales anciennes, n° 15, décembre 1982, p. 11.

  • Carte postale en 1907.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 78 Fi
  • Fressigné, Yann. Une histoire de Mortagne-sur-Gironde, 1840-1940, p. 31.

  • Carte postale vers 1910.

    Collection particulière
  • Gendron, Marc. Mortagne sur Gironde, une principauté effacée de l'histoire. Royan, 2005.

Documents d'archives

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 3E90/178. 1831, 22 mai : acte de rétrocession d'une propriété par Pierre Jousset à Jérémie Roudier.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 3E90/183. 1835, 31 octobre : vente de magasins sur le port de la Rive par René Jérémie Roudier à Charles Samuel Guillet.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 7 M 9/3. 1863-1878 : établissements insalubres.

  • Archives départementales de Charente-Maritime, 10 M 3/12, 1936 : contingentement des moulins.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3 P 2444 à 2450. 1833-1964 : cadastre de Mortagne-sur-Gironde, état de section et matrices cadastrales des propriétés foncières.

    Archives départementales de Charente-Maritime. 3 P 5268. 1832 : plan cadastral de Mortagne-sur-Gironde.

  • Archives Privées [en dépôt à la Banque de France à Poitiers]. 1860-1939 : rapport d'inspection de la Banque de France.

Bibliographie

  • Barthou Jacques. "Un siècle de l'histoire du port de Mortagne, 1840-1940". L'Estuaire de la Gironde, les Cahiers n° 6. Blaye : Conservatoire de l'estuaire de la Gironde, 2005, p. 103-122.

  • Fressigné, Yann. Une histoire de Mortagne-sur-Gironde, 1840-1940.

  • Gérôme Noëlle. "Archéologie de l'industrialisation d'un port, Mortagne-sur-Gironde en Charente-Maritime". L'Archéologie industrielle en France : Le Patrimoine portuaire, revue du CILAC, n° 32, octobre 1998, p. 34-38.

  • Michaud. " Port de Saint-Seurin-d'Uzet ", in : Ports maritimes de la France : de la Rochelle à Maubert. Paris : Imprimerie nationale, 1885, p. 422.

  • Pinard, Jacques. Les industries du Poitou et des Charentes : Étude de l'industrialisation d'un milieu rural et de ses villes. Poitiers : S. F. I. L., 1972.

    p. 201
  • Vattier d'Ambroyse, Valentine. Le littoral de la France. La Gascogne de la Rochelle à Hendaye. Genève : Editions Slatkine, 1984, p. 203.

  • Le rapide annuaire. La Rochelle : Texier, 1912.

Documents figurés

  • Plan cadastral de Mortagne-sur-Gironde, 1832.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5268
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle. 78 Fi : cartes postales du fonds Claude Aubineau.

Annexes

  • Annexe n°1
  • Annexe n°2
  • Annexe n°3
Date d'enquête 1999 ; Dernière mise à jour en 2011
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Moisdon-Pouvreau Pascale
Moisdon-Pouvreau Pascale

Chercheur Service Patrimoine et Inventaire

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.