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Métairie de La Vidalie

Dossier IA24004432 réalisé en 2020

Fiche

Précision dénominationmétairie
Appellationsmétairie de La Vidalie
Destinationsferme
Parties constituantes non étudiéesgrange, étable, puits, four à pain
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Vézère - Montignac
AdresseCommune : Thonac
Lieu-dit : La Vidalie
Cadastre : 1813 D1 128 ; 2020 0D 95

Le petit domaine est peut-être l'ancienne "boerie" du château mentionnée en 1478 par Frenon de Losse dans son hommage rendu au comte de Périgord Alain d'Albret. Mais rien n'est moins sûr, d'autant que la métairie des Granges, plus proche du château, peut prétendre à ce titre.

La maison la plus importante de la ferme (au sud) présente des éléments qui permettent de la dater approximativement de la seconde moitié du XVIe siècle : une petite fenêtre à cadre à chanfrein droit et un placard en meuble d'attache dans le mur gouttereau ouest. Il fait peu de doute qu'il s'agit là de l'ancien logis du métayer. D'autres éléments (linteau, montants de porte ou de fenêtre), visibles dans la grange-étable et dans la maison secondaire (au nord de la ferme), en remploi, indiquent que d'autres bâtiments aujourd'hui disparus dataient de cette même période.

La propriété est précisément citée en 1602, dans l'inventaire après décès de Jean III de Losse, comme une métairie du château, au même titre que celles de Biars à Montignac, La Rebeyrolie et La Bermondie à Thonac. Elle comprend alors un cheptel bovin, caprin et porcin s'élevant, en tout, à 61 têtes. Elle est à nouveau mentionnée dans un acte notarié de 1655 : le "noble domaine de la Vidallie" (ce qui ne veut pas dire qu'il s'agit d'un lieu noble, mais bien d'une dépendance seigneuriale). D'ailleurs, le domaine est clairement indiqué comme relevant du château de Losse sur la carte de Belleyme : il est relié à celui-ci par une longue allée d'arbres (des ormeaux, comme le précise un procès-verbal du 31 mai 1819).

Des travaux importants d'agrandissement et de reprises ont été réalisés sans doute au XVIIIe siècle ou au tournant du XIXe, comme en attestent le plan cadastral ancien, l'état du domaine décrit en 1819 et l'état actuel. Des fenêtres à cadre rectangulaire et arêtes vives, et des raccords de maçonnerie en témoignent. De plus, ces documents indiquent l'existence de deux métairies dans les lieux, chacune correspondant à une maison. Un fournil, une grange-étable (seuls des vestiges en subsistent encore aujourd'hui) et un puits complètent l'ensemble. La grange-étable actuelle a été rebâtie après 1819, peut-être à partir de vestiges en place : non représentée en 1813, elle est mentionnée comme écroulée en 1819. Le petit domaine a connu les vicissitudes des différents propriétaires du château au cours des deux derniers siècles.

Période(s)Principale : 2e moitié 16e siècle
Secondaire : limite 18e siècle 19e siècle

Située à l'est de la plaine de Losse, à faible distance (150 mètres) de la Vézère, la ferme comprend cinq bâtiments isolés, tous disposés parallèlement (ils sont orientés est-ouest) à l'exception du bâtiment principal, qui est orienté nord-sud : du sud au nord, une bergerie, la maison principale et un fournil, une maison secondaire et une grange. Plus au nord, se trouvent un puits et les vestiges d'une autre grange.

La maison principale, de plan rectangulaire, est disposée parallèlement au chemin d'accès et le borde directement. Elle comprend un rez-de-chaussée et est construite en pierre de taille pour les parties vives (portes, fenêtres, angles des murs) et en moellon pour le reste. Elle possède un toit à longs-pans couvert en tuile plate.

Murscalcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toittuile plate
Couverturestoit à longs pans
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Extrait de l'inventaire des biens meubles et immeubles après le décès de Jean III de Losse, seigneur de Losse, dressé à partir du 15 octobre 1602 (AD Dordogne, 2 1852 (Fonds du château de Rastignac)/89-2, copie sans date).

    [Transcription :]

    "[article 48] Le doumaine de la Vidallie.

    En la mesterie de la Vidallie, y a quatre paires de beufs labourans, un taurau, deux vaches et deux veaux, le tout sort et le captal, pris et vallent de cent quatre escuz, vallant trois cenz douse livres.

    Plus, deux chevres au sort et captal de cinquante sols.

    Plus, quarante sept brebis, sous le captal de quarante trois livres.

    Plus, une truie, une sanade, trois pourseaux, estimés vingt-trois livres quatorze sols."

  • Extrait du procès-verbal de visite des biens du sieur Henri Garnier de Laboissière dressé par Bernard Roque, huissier public, 31 mai 1819 (AD Dordogne, J 268, pièce n° 19).

    [Transcription :]

    "Du 31 mai 1819.

    Aujourd’huy trente un mai mille huit cent dix-neuf, je, Bernard Roque, huissier public, reçu au tribunal civil de Sarlat, y habitant, patenté, n° 29 3e classe, muni d’un pouvoir spécial du quinze septembre mille huit cent dix-huit, certifie qu’à la requette de messieurs les administrateurs de l’enregistrement des domaines et forêts demeurants à Paris rue de Choiseul, poursuités et diligentés de Me Rouland, directeur des mêmes droits dans le département de la Dordogne, demeurant à Périgueux, qui constituent pour leur avoué près le tribunal civil séant à Sarlat, Me Jean-Baptiste Landry, y habitant, chez qui ils font élection de domicille, ce concernant, en vertu [...]. Et faute, par ledit sieur Garnier de Laboissière, d’avoir satisfait audit commandement, je me suis aujourd’huy exprès transporté sur les immeubles ci-après désignés, consistant en la terre de Losse ci-devant seigneuriale qui se compose :

    [...]

    5° d’un domaine appellé de la Vidalie qui se compose de deux maîteries dont les fonds qui en dépendent sont contigus et situés dans la pleine [sic] de Losse entre le bourg de Thonac et le château et se tiennent également à ceux des Granges avec lesquels ils ne forment qu’une seule pièce ;

    [...]

    Chaque immeubles désignés séparement limités et confrontés comme suit :

    [...]

    Art. 5

    Le domaine de La Vidalie, composé de deux maiteries, l'une exploitée par Raymond Laporte, dit Peyroutou, et l'autre par le nommé Barrière, dit Gragnas, situés audit lieu de la Vidalie, dans la plaine de Losse, les fonds qui en dépendent sont contigus et se tiennent encore avec ceux déjà désignés qui sont exploités par les domestiques du propriétaire ou du fermier, les bâtimens consistent en une maison à un rez-de-chaussée et son grenier divisé en deux chambres pour le logement des deux métayers qui font leur entrée au levant ; une grange qui sert pour un des métayers nommé Laporte et tout le métayer nommé Barrière loge ses bœufs dans la grange du domaine des Granges, un parc à brebis dans la chambre à l'usage de Laporte ; une autre grange écroulée sans charpente ni couverture ; deux parcs à cochon, un four séparé des bâtimens, deux gardes piles dont un est habité actuellement par Michel Assudre, jardinier, deux sols ou aires ou autres terrains formant l'aisine du domaine et sans clôture, le tout contenant environ trente-cinq ares, confrontant au levant l'allée attachée des ormeaux du midi à terre exploitée par ledit Assudre, jardinier, ci-après désigné, et à celle exploitée par la porte du couchant et nord celle exploitée par les domestiques du propriétaire ou le fermier désigné sous le n° 5 de l'article 4 ci-dessus [fol. 3r°] d'environ dix ares confrontant de toutes parts aux terres labourables dépendantes de ladite maiterie.

    2° une terre labourable entourant les bâtimens de contenance d'environ trois cents ares.

    3° d'une vigne presque perdue au couchant de la pièce neuf et y tenant contenant environ quarante ares.

    4° d'une autre vigne au nord et y tenant également contenant environ trente six ares.

    5° d'un taillis chêne du même côté du nord contenant environ trente six ares.

    6° d'une terre au-dessus de la vigne et des taillis longeant le chemin de Chinchaubran au Breuil contenant environ quinze ares.

    7° d'une autre petite maison isolée au couchant de la dite pièce habitée par le nommé Bedière et sa famille Mandians contenant une are.

    Tous les susdits fonds et bâtimens qui sont partie dudit domaine ou maiterie de Labadie sont contigus ensemble et ne forment qu'une seule pièce contenant environ neuf cent trente deux ares qui confrontent du levant le chemin de Chinchaubran à La Bermondie, du midi aux possessions de La Bermondie, de Faure dit Piquette, Léonard Crouzat et de la dame veuve Lacoste, du couchant aux possessions des sieurs Desplas et Védranne et de la dame veuve Lacoste, et du nord au chemin du Breuil à Thonac.

    8° Enfin, d'une pièce de pré appellé la Rausière, contenant environ quatre vingt dix ares, confrontant au levant à l'écluse du moulin de Sinchaubran, du midi au chemin de Thonac au Breuil et aux possessions de Léonard Crouzat, du couchant aux mêmes possessions dudit Crouzat et du nord encore dudit Crouzat au sieur Védrenne et au pré haut ci-dessus désigné.

    Tous les immeubles et bâtimens ci-dessus désignés, limités et confrontés sont situés dans la commune de Thonac, canton de Montignac, arrondissement de Sarlat, département de la Dordogne.

    [etc.]."

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Pyrénées-Atlantiques. E 780.

    Hommage rendu à Alain d'Albret par Frenon de Losse, pour ce qu'il possède dans la châtellenie de Montignac, 24 octobre 1478. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 780
  • BnF, Fonds Périgord (Lespine), t. 10.

    N° 43. "Jean [II] de Losse, escuyer, seigneur dudit lieu, pour la maison noble de Losse scize en la ville de Montignac, plus pour la maison noble de Biars parroisse de Brenac, et aussi la maison de Pierre Tayllade avec sa boueyrie, chatellenie de Montignac. 4 octobre 1541, au lieu d’Ans, vicomté de Lymoges".
  • 2 E 1852. Fonds Famille Chapt de Rastignac.

    Liasse 89-pièce 2 : Inventaire des biens meubles et immeubles après le décès de Jean III de Losse, seigneur de Losse, dressé à partir du 15 octobre 1602 (copie sans date). Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 2 E 1852
  • AD Dordogne. J 268. Fonds Mérilhou (Titres de propriétés - Terre de Losse, 1731-1845).

    Procès-verbal de visite des biens du sieur Henri Garnier de Laboissière dressé par Bernard Roque, huissier public, 31 mai 1819. Archives départementales de la Dordogne : J 268
  • AD Dordogne. J 268. Fonds Mérilhou (Titres de propriétés - Terre de Losse, 1731-1845).

    Pièce 53 : Annonce de la mise en vente à la folle enchère du château de Losse ; description du domaine, 26 mai 1824 (6 pages imprimées sur papier). Archives départementales de la Dordogne : J 268
Documents figurés
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23, levée en 1768, gravée et publiée entre 1785 et 1789. Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section D, 1ère feuille. Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
Bibliographie
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    P. 340.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Dordogne - Pagazani Xavier