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Métairie de La Rebeyrolie, puis maison

Dossier IA24004368 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

AppellationsFerme de La Rebeyrolie , Ferme de La Roubeyroulie , Métairie de La Ribeyroullie
Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesgrange, étable, séchoir à tabac, four à pain
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Vézère - Montignac
AdresseCommune : Thonac
Lieu-dit : la Rebeyrolie
Cadastre : 1813 C 121 ; 2019 0C 338

L'actuelle grange-étable située à droite (au nord) de la cour comprend le plus ancien vestige de la ferme : la partie inférieure du mur gouttereau nord est le reliquat d'un grand bâtiment remontant au XIVe siècle, comme l'attestent le moyen appareil de pierre de taille et les deux montants de portes en arc brisé à longs claveaux, en place. D'évidence, il s'agissait d'un niveau de soubassement, à usage de stockage, rattrapant le dénivelé du terrain et qu'ouvraient ces portes. En outre, il n'est pas impossible que ce niveau était surmonté d'un logis : le suggère le vestige d'un linteau délardé en arc brisé d'une fenêtre utilisé en remploi dans le mur (au-dessus d'une plate-bande d'une porte à chambranle de la seconde moitié du XIXe siècle). De manière étonnante, aucun domaine de ce nom n'est cité dans les textes anciens, pas même dans les aveux rendus au seigneur-châtelain de Montignac, ce qui tendrait à penser que, comme il arrive souvent en Périgord, le domaine a changé de nom au cours de l'histoire ; il pourrait s'agir du "mas de La Bordelia", cité en 1402, ou de la "borderia de La Vacharia", citée la même année, deux exploitations dont on perd la trace par la suite. Ce bâtiment fut peut-être détruit ou ruiné pendant la guerre de Cent Ans ; des pierres rubéfiées à l'intérieur sont les traces laissées par un violent incendie. Il semble ensuite avoir été reconstruit, réduit en longueur (l'une des portes, à l'est, est en partie coupée par la nouvelle chaîne d'angle nord-est du bâtiment), lors de la période de reconstruction de l'après-guerre de Cent Ans, à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle. Des montants et un jour à ébrasement en chanfrein droit dans le mur gouttereau sud semblent remonter à cette période.

La mitoyenneté des sites de La Rebeyrolie, de La Vergne, de La Badie et du moulin de Saint-Chabran avec les terres de la maison noble de La Bermondie suggère que ces exploitations étaient, respectivement, d'anciennes métairies dépendantes de cette seigneurie et le moulin banal du domaine. Trois arguments plaident en faveur de cette hypothèse : un seigneur de La Bermondie rend aveu pour l' "houstel" de "La Vernhe", en 1541 ; le moulin est bel et bien attesté comme l'ancien moulin de La Bermondie dès le tout début du XIVe siècle ; le 29 octobre 1617, on trouve mention des "mestayers de La Ribeyroullie", Thony La Cherionnie et Marguerite Pageze, conjoints (registre paroissial de Thonac, BMS, collection communale).

Tout comme la métairie de La Vergne en 1686, celle de La Rebeyrolie a dû être "délaissée" par les seigneur et dame de Losse à la fin du XVIIe siècle à un membre de la famille Veyssière. Au début du XVIIIe siècle, La Rebeyrolie et La Vergne appartiennent en effet toutes deux à Élie Veyssière, curé de Mussidan, qui, après maintes démarches, en fait donation en 1759 à son neveu, Élie Lacoste, un docteur en médecine qui réside à Montignac.

La planche n° 23 de la carte de Belleyme levée en 1768 indique que la "Rybeirolie" est une exploitation agricole relativement importante, située en bordure d'une grande zone viticole se développant sur les coteaux exposés à l'est et au sud de la colline où se dresse la ferme.

A la mort d'Élie Lacoste en 1783, le domaine passe à son fils, prénommé comme lui et également médecin à Montignac : Élie II Lacoste s'illustre pendant la période révolutionnaire comme administrateur de la Dordogne (1789), député de l'Assemblée législative (1791) et du département de la Dordogne à la Convention nationale (1793). En 1789, La Rebeyrolie et La Vergne relèvent encore de la directe du marquis de Losse. Outre ces deux domaines, Élie Lacoste possède en 1790 le moulin de Saint-Chabran à Thonac, ainsi que le domaine de Roubinie à Saint-Amand-de-Coly. Après son amnistie en 1795, Lacoste revient à Montignac exercer sa profession jusqu'à sa mort en 1806.

Après la mort d’Élie Lacoste, le domaine revient à sa veuve. Le plan cadastral ancien, levé en 1813, indique que les trois domaines situés à Thonac, La Rebeyrolie, La Vergne et Saint-Chabran sont non seulement mitoyens les uns des autres, mais aussi parfaitement arrondis, celui de La Rebeyrolie étant sans doute le plus dense et homogène de tous : les parcelles autour de la ferme appartiennent toutes au domaine. Grandes parcelles de vigne, terres labourables et châtaigneraies y sont presque à part égale. La pointe orientale de La Rebeyrolie bute sur le petit domaine de Saint-Chabran, qui comprend le moulin du même nom situé sur le ruisseau Thonac.

Avant la création de la départementale D45, la route menant à Périgueux n'était pas au nord mais au sud de la ferme, de sorte que la grande dépendance nord déjà évoquée était située en fond de cour, face à l'entrée qui était au sud. C'est l'état que délivre encore le plan cadastral ancien de 1813. Deux autres bâtiments fermaient la cour de chaque côté, à l'est et à l'ouest : rien ne subsiste de celui de l'ouest et celui de l'est a été remplacée exactement au même emplacement par une grande maison. Le domaine, qui a changé de main en 1831, appartient à cette date à Giraud Courserant : c'est lui qui fit bâtir la nouvelle maison en 1844 (matrice cadastrale). Celle-ci, aux murs en moellon (en grande partie en lauze de remploi) alors enduits, présente des portes et fenêtres à chambranle, plate-bande clavée régulièrement à claveau à crossette et cadre rectangulaire doté d'une feuillure pour volets extérieurs. Certaines des grandes pierres de taille qui la constituent pourraient être des remplois de la maison précédente. L'angle sud-ouest de la maison conserve le pilier à feuillure de l'ancien portail d'entrée de la ferme.

Peu après, en 1848, Pierre Courserant, sans doute le fils de Giraud, devient propriétaire de l'ensemble ; il le conserve jusqu'en 1889. A cette date, Jean Tassain en est le nouveau propriétaire.

Période(s)Principale : 14e siècle , (?)
Principale : limite 15e siècle 16e siècle, 1ère moitié 16e siècle , (?)
Principale : 2e quart 19e siècle , (?)
Dates1844, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Lacoste Elie
Lacoste Elie (1745 - 1806)

Médecin, comme son père et son arrière-grand-père, à Montignac, favorable aux idées révolutionnaires, meurtrier d'un gentilhomme périgourdin dans un duel, Élie Lacoste devient administrateur de la Dordogne en 1789. Élu député à l'Assemblée législative (1791), réélu à la Convention nationale par le département de la Dordogne (1793), il vote pour la mort du roi lors du procès de Louis XVI et remplit des missions dans le Lot et la Dordogne pour la levée de 300 000 hommes, puis dans le Nord et le Pas-de-Calais, à l'Armée du Nord. Élu au Comité de sûreté générale en 1793, il était chargé de l'énorme et fastidieuse besogne policière, mais a refusé de se charger de l'approvisionnement de Paris, se déclarant incompétent.

Le 13 brumaire an II (3 novembre 1793), il est envoyé par décret en mission aux armées du Rhin et de la Moselle avec Ehrmann, Marc Antoine Baudot et Lémane1, participe à la bataille de Kaiserslautern2 et s'oppose à Saint-Just et à Le Bas et d'autres commissaires de la Convention arrivés après lui, après qu'il a nommé Lazare Hoche général en chef de ces deux armées réunies, alors que ses collègues préféraient Jean-Charles Pichegru. Il est à Paris avec Marc Antoine Baudot le 25 nivôse an II (14 janvier 1794), il retourne aux armées peu après. Le 8 pluviôse (27 janvier), les deux hommes prennent à Strasbourg un arrêté réclamant à la population 30 000 souliers et 3 000 manteaux, dans un souci permanent d'approvisionner les troupes.

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il attaque Maximilien de Robespierre, demande l'arrestation de Georges Couthon et de Louis Antoine Léon de Saint-Just, sans pour autant accuser les membres de la Commune de Paris. Ayant pris la défense des anciens membres des comités, il est décrété d'arrestation le 1er prairial an III (20 mai 1795) et amnistié ensuite. Sa carrière politique est terminée et il revient à l'exercice de la médecine à Montignac.


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habitant célèbre, propriétaire attribution par source
Auteur : Courserant Giraud auteur commanditaire attribution par source

Les bâtiments de l'ancienne ferme s'organisent en U autour d'une petite cour intérieure, dont le côté oriental est fermé par le bâtiment principal, une grande maison de plan rectangulaire orientée nord-sud. Deux autres bâtiments ferment la cour au nord et à l'ouest : un hangar à l'ouest et une grande dépendance au nord.

De plan rectangulaire, le bâtiment principal comprend un rez-de-chaussée surélevé par un soubassement plein et un niveau de comble habitable éclairé par des lucarnes. Il est construit en moellon pour les murs et en pierre de taille pour les parties vives (chaînes d'angle, portes et fenêtres). Les portes et fenêtres sont à chambranle, plate-bande clavée régulièrement à claveau à crossette et cadre rectangulaire doté d'une feuillure pour volets extérieurs. A l'intérieur, la maison comprend un évier en pierre (mur gouttereau est) et un placard mural (mur gouttereau ouest). L'ensemble de la couverture, refaite récemment, est en lauze.

Murscalcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toitpierre en couverture
Couverturestoit à longs pans croupe
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvremaison d'homme célèbre

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrice cadastrale, registre des augmentations et diminutions de Thonac, 1820-1914.

    Pages 49-50 et 142-144 Archives départementales de la Dordogne : 63 P 938
  • AD Dordogne. Registre paroissial de Thonac, Baptèmes, mariages, sépultures, collection communale (1613-1790).

    29 octobre 1617 Archives départementales de la Dordogne
Documents figurés
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23 levée en 1768, publiée entre 1785 et 1789 Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section C Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
Périodiques
  • LABADIE Jean-Christophe. "Aspects de la fortune et des revenus du conventionnel Elie Lacoste". Sarlat et le Périgord. Acte du XXXIXe Congrès d'études régionales tenu à Sarlat les 26 et 27 avril 1987. Périgueux : Société historique et archéologique du Périgord, 1987, p. 69-84.

  • FOURNIOUX Bernard. « Le paysage agraire de la châtellenie de Montignac et son environnement humain à la fin du Moyen Age ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. CXXVII, 2000. p. 139-162.

    p. 160
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