Dossier IA33007066 | Réalisé par
Marais, "mattes", chenaux et aménagements hydrauliques
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Saint-Vivien-de-Médoc
  • Commune Talais
  • Lieu-dit les Mattes
  • Dénominations
    rivière aménagée, chenal
  • Parties constituantes non étudiées
    pont, vanne

Sur les cartes de Masse (1706) et de Desmarais (1759), la paroisse de Talais est entourée de marais et de pacages « presque toujours inondés par la mer » ; l’ancien chenal de Talais, sinueux, y est représenté.

La carte de Belleyme (levée en 1763-1764) indique le quadrillage des canaux d'assèchement ; le chenal de Talais dont le cours a été rectifié est doté de deux écluses. Les marais et les "mattes" (terres gagnées sur l'estuaire) ont ainsi été asséchés dans la 2e moitié du 18e siècle, avec ceux de Grayan. Les fossés de drainages, des passes, des ponts et des écluses sont aménagés.

Le plan géométrique des marais de Talais et de Grayan dressé en 1817 représente la zone de marais, qui exclue les mattes à l'est de la passe Castillonnaise) : y sont mentionnés le Grand Chenal, Le Capsey, le coulage du Chesin et quatre passes (Castillonnaise, des Bringues, des Pargaux aux Chesins et du Vignau au Baluard).

Malgré les travaux réalisés, les marais sont peu entretenus : la digue, composée de piquetages et qui protégeait l’entrée du chenal, cède en 1820. Un plan dressé en 1823 montre l´embouchure entièrement obstruée par les sables et les vases. C´est l´année suivante, en 1824, qu´est créé par ordonnance royale le Syndicat des Marais de Talais et Grayan, composé des marais de Prédoux, de Présalé et de Grayan : ils sont limités par la Passe Castillonnaise du nord à l´est, par le communal et les terres de Saint-Vivien de l´est au sud, par les terres de Grayan du sud à l´est et par les "sables et dunes de la mer" de l´ouest au nord.

Sur le plan cadastral de 1833, les marais sont composés du chenal de Talais, du fossé de "Capsée", de nombreux canaux et d´une digue. Sur le chenal de Talais sont construits deux ponts : le pont de Talais et le pont de Lembec.

La Statistique de la Gironde de Jouanet en 1837 mentionne que les Prés Salés et les Prés Doux occupent 500 hectares chacun et sont en "très bon état". En 1838, le pont de Talais est détruit par les eaux, puis reconstruit en 1840. Dans un rapport de 1843 dressé par l´ingénieur Chambrelent, le "grand chenal" de Talais est bien entretenu tandis que les deux autres chenaux principaux dits de Capsey sont envahis par les herbes et les joncs ; ces trois chenaux sont équipés de plusieurs ponts en bois. Le rapport met également en avant le mauvais état de l´embouchure du chenal de Talais constituée d´une plage sablonneuse. Les travaux d´un embranchement sont exécutés en 1852 et 1853.

A la fin des années 1850, le Syndicat décide de créer un port sur le chenal de Talais, au niveau de la passe Castillonaise, qui "présenterait de grands avantages pour les intérêts publics". Plusieurs plans entre 1857 et 1860 montrent les chenaux de Talais et Capsey avec vannes et écluses, dont la largeur et la longueur varient suivant les écoulements des eaux. Sur une carte de 1874, une balise est signalée au bout du chenal de Talais.

Au début des années 1880, des parcs à huîtres sont établis le long du chenal de Talais, en bordure de rive.

En 1882, la digue rompt et les mattes sont inondées. Une nouvelle digue est reconstruite mais cède à nouveau en 1885, rendant tous les terrains improductifs. La commune, jusqu´à la fin du siècle, réclame des travaux pour réparer la digue et un soutien financier de l´État.

Les fossés sont entretenus par le Syndicat, notamment pour permettre l'établissement de la voie de chemin de fer du Médoc dont le tracé traverse la commune.

En 1922, selon un rapport, les marais de Talais et Grayan, comprenant une superficie de 2162 hectares, ne sont pas en bon état.

En 1947, après la Seconde Guerre mondiale, la commune ayant été bombardée, plusieurs ponts sont détruits, empêchant ainsi les eaux des marais de s´écouler. Le Syndicat procède à leur restauration jusqu´en 1951.

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 20e siècle

La commune est composée de marais à l’ouest et au nord-est. Les terres asséchées sur les bords de l'estuaire constituent "les mattes".

Le chenal de Talais, au bord duquel le port a été installé, traverse la commune d'ouest en est et forme la limite avec Soulac (5km de long). Le chenal de Capsey, au sud, constitue la limite avec les communes de Saint-Vivien-de-Médoc et de Grayan (5 km de long).

Ces espaces sont drainés par des fossés en eau et des cours d’eau secondaires. Des "passes" ou chemins permettent d'y circuler. Le chenal de Talais est franchi par un pont dit de Talais ; il est équipé de plusieurs vannes pour réguler le niveau des eaux (au Vigneaux et à l´entrée du parc ostréicole). Le chenal de Capsey est également équipé d´une vanne et de plusieurs petits ponts en bois ou ciment permettant la liaison entre la route et les pâturages. Ces derniers accueillent des élevages bovins et d´équidés. On y trouve également des pièces d'eau ("blancs" de chasse) avec des cabanes de chasse ("tonnes").

Une piste cyclable a été créée le long des deux chenaux.

Documents d'archives

  • Registre de délibérations 1881-1925.

    Archives départementales de la Gironde
  • Registre de délibérations 1925-1949.

    Archives communales, Talais
  • Registre de délibérations 1949-1987.

    Archives communales, Talais
  • Syndicat des marais (1838-1890).

    Archives départementales de la Gironde : SP 316
  • AD Gironde, SP 317 : Syndicat des marais, 1826-1843.

  • AD Gironde, SP 318 : Syndicat des marais, 1901-1930.

  • AD Gironde, SP 1073 : Domaine maritime, 1878-1904.

Bibliographie

  • JOUANET, F. Statistiques du département de la Gironde, Bordeaux : La vigne jeune imprimeur, 1837, tome 1, p.59.

Documents figurés

  • Plan du chenal de Talais pris à son embouchure dans la Gironde indiquant le projet d'ouverture d'un embranchement qui remplacera la borne de chenal obstrué par les sables. Papier, encre, lavis, par Peyssan (géomètre), 26 septembre 1823 [AD Gironde, SP 317].

  • Plan du chenal de Talais . Calque, encre, lavis, s.n., 1857 [AD Gironde, SP 316].

  • Règlement de la vanne de Capsey. Plan. Papier, encre, lavis, par Chambrelent (ingénieur), 2 août 1859 [AD Gironde, SP 316].

  • Règlement de la vanne de Capsey. Porfil en long et en travers. Papier, encre, lavis, par Chambrelent (ingénieur), 2 août 1859 [AD Gironde, SP 316].

  • Plan du chenal du marais de Talais et Grayan depuis le fleuve jusqu'au fossé Capsey . Calque, encre, lavis, s.n., vers 1860 [AD Gironde, SP 316].

  • Plan des lieux. Papier, encre, lavis, s.n., 1893 [AD Gironde, SP 316].

  • Classement du ruisseau de coulage jusqu'à la source du ruisseau de Peychaud. Plan des lieux.. Calque, encre, lavis, s.n., 22 mars 1900 [AD Gironde, SP 316].

  • Carte de l’embouchure de la Gironde d’après la reconnaissance hydrographique faite en 1874 par Mr. L. Manen, publiée au Dépôt des cartes et plans de la Marine, 1875.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/2/pièce 24
  • Plan géométrique des marais de Talais et Grayan levé en exécution de l'arrêté de M. le Préfet en date du 26 juillet 1817 par M. de Laloubie, ingénieur géomètre.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 5601

Annexes

  • Documentation complémentaire
Date d'enquête 2012 ; Dernière mise à jour en 2012
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Conseil départemental de la Gironde