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Manoir

Dossier IA79000772 réalisé en 2000

Fiche

Le lieu-dit Saint-Rue, écrit également Rhue ou Ruhe, apparaît à la fin du 14e siècle.

A partir de la seconde moitié du 17e siècle, Philippe Chalmot et ses descendants sont dits seigneurs de Saint-Rhue (BEAUCHET-FILLEAU, Dictionnaire). En 1698, les fiefs de Saint-Rue, appartenaient : l'un (de deux cens livres) aux héritiers du feu sieur Chalmot Saint-Rue, lieutenant général des armées du roy qui avait été tué sept ans auparavant en Irlande ; l'autre (de trois cens livres) au sieur de Bonnetie, écuyer, qui y fait sa demeure, (Mémoire statistique sur l'élection de Saint-Maixent, publ. par Alfred Richard, Mém. Soc. Statist. Dép. Deux-Sèvres, 2e s, t. 13, 1874, p. 95). Ce Jacques était probablement un fils puîné de Jean et de Madeleine de Bosquevert, chef de la branche de La Tour (BEAUCHET-FILLEAU, Dictionnaire). En 1722, Jacques (II ?) de Bonnetie, seigneur de Saint-Rhue et de la Tour, demeurait en son logis de la Tour, dans la paroisse de Mazières-sur-Béronne (A. D. 79, 3 E 9258).

En 1726, après le décès de Marie-Louise de Renty (Roullin ?), première épouse d'Amable de La Fitte, chevalier, seigneur du Courteil et Saint-Rue, un inventaire a été fait du mobilier dans son logis de Saint-Rue où le couple résidait (annexe).

En 1728, après le décès de Pierre de La Fitte (+ 1727), père d'Amable, sa mère, Marie-Jeanne de Villedon, résidait au logis de Saint-Rue (A. D. Deux-Sèvres, 3 E 389, fol. 50) ; à cette époque, seul la grande métairie était affermée (Ibid. 3 E 10389, fol. 50, min. Boiffard).

Quelques années plus tard, en 1730, Amable de La Fitte, qui demeurait alors en son château du Courteil, fit faire un état des lieux du logis et de ses dépendances (annexe).

En 1774, son fils, Balthazar-Marie de la Fitte et son épouse, Françoise-Marguerite de Pestaloizy, ont arrenté la terre et seigneurie de Saint-Rue à René Barbarin, sieur de la Bordrie, qui était le fermier de la terre et seigneurie du Courteil, et Marie-Anne Allain, son épouse. Celui-ci fit également faire un état des lieux (annexe).

En 1855, François Moreau, propriétaire, demeurant au village des Chaumes, affermit à la commune une maison destinée à servir de maison d'école et de logement à l'instituteur, sise à Saint-Rue, appelée le Logis, consistant en une chambre au rez-de-chaussée, une autre au premier étage et grenier par-dessus ". Ce bail fit renouvelé en 1860 et en 1865 (A. D. Deux-Sèvres, 2 O).

Parties constituantes non étudiéesdonjon, pigeonnier, cour, écurie, puits
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonCelles-sur-Belle - Celles-sur-Belle
AdresseCommune : Saint-Médard
Lieu-dit : Sainte-Rue
Cadastre : 1816 B 467 ; 1980 B2 11,12

La plus ancienne mention du donjon est de la fin du 14e siècle. Un second logis a été construit au nord, probablement dans le courant du 16e siècle. Dans la seconde moitié du 17e siècle, réfection de la porte d'entrée et aménagement d'un escalier en pierre. Au 18e siècle, cette propriété faisait partie des biens de la famille de Lafitte, propriétaire depuis le 17e siècle du château du Courteil dans la commune voisine de Sainte-Blandine. En 1774, Balthasar-Marie de Lafitte arrenta le logis de Saint-Rue à René Barbarin, son fermier. En 1835, ses descendants vendirent la propriété à Louis Piquereau, demeurant à la Mothe-Leroux, dans la commune voisine de Brûlain. Après un partage, François Moreau loua, entre 1855 et 1875 (?), l'ancien donjon à la commune pour servir d'école. En 1860, travaux pour installer le logement de l'instituteur à l'étage. Il est probable qu'à cette époque, lors de l'aménagement d'une cheminée à l'étage, celle du rez-de-chaussée a été transformée en une cheminée engagée. Après la construction de l'école communale, Henri Moreau, propriétaire en 1878 (date portée) fit restaurer la charpente en 1883 (date portée) par Pelloquin. La toiture fut alors couverte de tuiles mécaniques provenant de la grande tuilerie de la Rochefoucauld en Charente. A l'abandon pendant une grande partie du 20e siècle, le donjon a été restaurée dans le 4e quart du 20e siècle pour en faire un logement, en conservant au mieux les anciennes structures.

Période(s)Principale : 14e siècle , (?)
Principale : 16e siècle
Principale : 2e moitié 17e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates1878, daté par source, porte la date
1883, porte la date
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

La couverture en tuiles creuses du second logis repose sur une rangée de pierres plates qui pourrait être un vestige d'une ancienne couverture en dalles de calcaire. Il n'y a pas de chaîne d'angle.

Murscalcaire
moellon
Toittuile mécanique, tuile creuse, calcaire en couverture
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
croupe
pignon couvert
Escaliersescalier intérieur : escalier droit en maçonnerie
Techniquessculpture
Représentationsornement architectural accolade
Précision représentations

Le linteau de la porte d'accès à la cave du second logis est orné d'une accolade.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • PIECES JUSTIFICATIVES

    Visite de la grande métairie de Saint-Rue, du 10 avril 1728.

    " Premièrement la porte de la chambre où couche le métayer est soutenue... ; l'esguier en bon estat y ayant deux aises traversantes ; la fenestre garnie...

    La porte d'une autre chambre y joignant garnie... ; la fenestre et usset sur icelle garnye... ; la fenestre du costé de l'aire garnye... ; l'esguier en bon état y ayant deux mauvaises aises au milieu ; la porte sortant pour aller au fourniou soutenue... ; sous le milieu de la pièce s'est trouvé une pièce debout ; plus une échelle à rollons pour monter aux greniers ; et s'est trouvé à l'entrée des greniers aucunes trappes, portes ny fenestres.

    Le premier plancher où est la trappe est en assé bon état.

    Le segond, sur la première chambre, en mauvais état.

    La cherpente telle que telle et al latte en très mauvais estat avec un pied debout soutenant la cherpente.

    La porte du toit aux cochons garnye...

    La porte du fourniou... ; un des traits de la cherpente est soutenue par un pied debout ; le four en estat passable sans garniture de pelles et la cheminée dudit four est renversée ; la fenestre sans fermure...

    La porte de l'écurie est garnye... ; la porte pour sortir du costé de l'aire...

    La porte d'une autre écurie...

    La porte du toit aux brebis...

    La porte d'un autre toit est d'aubage...

    La porte de l'étable aux beufs...

    Les portes de la grange... ; la petite porte de la grange... ; la cherpente de ladite grange en mauvais estat...

    Lesdites coursoires servant partye en jardin sont fermez d'un costé et d'un bout de mauvais murs à pierre sèche renversez en différents endroits...

    Les murs de l'aire sont en partye renversez par terre.

    Le puy est sans tour ny corde y ayant un petit timbre à costé.

    Le jardin près ledit puy et touchant à la marre est fermé de murs à pierre sèche en mauvais état à l'exeption du costé du puy qui est depuis l'entrée dudit jardin jusqu'à l'ouche fermé d'une vielle pallisse fort usés.

    L'ouche est toute ouverte...

    La couverture de tous lesdits bastimens en bon état... (A.D. Deux-Sèvres : 3 E 10389, fol. 50, min. Boiffard).

    Visite du logis de Saint-Rue du 21 avril 1730

    Premièrement le grand portal d'entrée du logis de Saint-Ruhe est à bourdonneaux fermant à deux batans..., le tout en bon état ; la petite porte qui est à coté dudit portal est à bourdonneaux soutenue..., un maillet sans clou, le tout fort usé.

    Le puy est garni d'un timbre à costé et une petite bassaye au-dessous, de pierre, son tour et roue sans corde ny chaisne, lequel tour est couvert de mauvais ais, le tout tel que tel.

    [Dépendances à l'est]

    La porte du fourniou est soutenue... ; le four est en mauvais état et convient de le rétablir incessemment... ; dans le fourniou s'est trouvé une pone de terre murée à faire lescive... ladite pone estimée la somme de dix livres... ; et sur la droite s'est trouvé un petit emplacement à mettre une autre pone... ; le fourneau où l'on avoit coutume de mettre la poeslone à faire lescive s'est trouvé ruiné et le tuyau dudit fourneau en bon état ; la couverture dudit fourniou est de pierres plattes qui a besoin d'estre relevée s'étant trouvé y avoir plusieurs goutières et el coin du mur du jardin du costé de la fruitière est tombé par terre et convient de le relever...

    La porte du toit aux cochons est garnie...

    La porte de l'écurie aux jumens...

    La porte entre ladite écurie et la tour est soutenue... ; dans ladite tour s'est trouvé quatre soliveaux traversans dans les murs sans rien dessus.

    La porte entre la susdite écurie et une autre [écurie] à costé... ; la couverture et charpente de ladite écurie est assez bonne fors [sauf] la latte...

    La porte de la seconde écurie...

    La porte pour entrer dans l'ouche (au sud, 1816 B 469 ?) est fermante à deux batans... ; la couverture et charpente de la dernière écurie cy-dessus est en bon état.

    [Donjon]

    La porte d'entrée du pavillon est double... [ferrures]

    La porte de la chambre basse dudit pavillon est attachée à un quadre... ; les fenestres de ladite chambre du costé de la cour sont très usées dans leur bois... ; les deux fenestres du costé du jardin [1816 B 463] sont aussi très mauvaises... ; la porte sous l'escalier est garnie... ; la fenestre garnie...

    La fenestre qui est dans l'escalier, la première est garnie..., la seconde fenestre est garnie...

    La porte de la seconde chambre...

    La troisième chambre dudit pavillon..., ladite chambre ruinée ny ayant aucun plancher [plafond] ny soliveaux au-dessus d'icelle seulement une mauvaise pièce traversante et les plancher et les fenestres de ladite chambre sont aussi ruinés et en très mauvais état aussi bien que l'escalier.

    [Bâtiment et logis au nord du donjon]

    La porte pour communiquer de la cour [1816 B 467] au jardin [B 463] est sans fermure... ; la couverture et charpente au-dessus de ladite porte est bonne.

    Le ballet [auvent] en bon état excepté le portillon qui est très mauvais.

    La porte d'entrée de la cave est garnie... ; la porte de la chambre au-dessus de ladite cave communiquant sous l'entrée du jardin... ; la porte de ladite cave est fermante à deux barreaux... ; ladite cave sans tin [étais].

    Les fenestres du celier sont seulement garnies une de neuf carreaux de vitres et un gril et l'autre de quatre carreaux et un gril.

    La porte de dessous le balet pour entrer dans la sale est en forme de deux contrevent...

    La porte de ladite sale est garnie de deux batans..., sans vitres ny fermure aux cadres de ladite porte ; la porte de ladite sale pour sortir dans la cour... ; la fenestre de ladite sale a son contrevent..., le quadre de ladite fenestre est sans vitres ny fermures... ; la porte de ladite sale proche l'aiguier... ; la cheminée est assez bonne garnie de quatre crochets de fer à mettre fusils. La porte de ladite sale pour aller aux chambres hautes... ; la porte de la charnerie... ; à costé de la porte du cellier proche et joignant la fenestre de l'escalier il y a une pièce debout.

    Arrentement, du 19 janvier 1774

    " C'est à scavoir la maison, terre, seigneurie, métayrie, cinq rentes appartenances et dépendances, dixmes et terrages, et généralement tout ce qui dépend et fait partye de laditte seigneurie de Saint-Rue, élection de Saint-Maixent, paroisse de Saint-Médard, sans en rien réserver ny retenir tout aussy et de la même manière qu'elle est échue au seigneur du Courteil tant comme ? en qualité de fils aisné et principal héritier de messire Amable de La Fittedu Courteil, son père et la dame de Luen, sa mère, que comme estant demeuré seul et unique héritier du feu seigneur du Courteil son père au moyen des renonciations à la succession que l'y ont fait les autres enfants et filles ".

    Vente du logis de Saint-Rue, du 18 mai 1835.

    " Le logis de Saint-Rue, situé près le village de ce nom, commune de Saint-Médard, consistant en :

    - un vaste pavillon, ayant chambre basse, chambre haute, grenier au-dessus, escalier en pierre et caveau au-dessous ;

    - un autre corps de bâtimens d'habitation composé d'un cellier, une cave au dessous, six chambres basses, une haute, greniers ;

    - deux granges, deux hangars dont un très petit réunit le pavillon aux autres bâtimens d'habitation, et a au dessus un pigeonnier ;

    - un vaste bâtiment ayant servi de haras, et dans lequel sont six petites écuries où on logeait les étalons ;

    - plusieurs autres écuries et toits, fournil, four, fuie dans laquelle il y a bon nombre de pigeons ;

    - une vaste cour au milieu de tous ces bâtimens dans laquelle il y a une mare et un puits ;

    - un grand jardin derrière, clos de hautes murailles, bien planté d'arbres à fruits et dans lequel sont les lieux privés ;

    - un petit verger en dehors au nord ;

    - le tout contigu, contenant en superficie soixante quatre ares soixante et un centiares ; confrontant du levant au chemin de l'allée et à l'article quatre, du couchant à la pièce de terre dite entre le logis et les chaumes, du pimi aux articles deux et trois, du nord au chemin de Saint-Rue aux Chaumes, à gauche...

    Ils [ces biens] appartenaient à mesdames Lalubie et Jarriau pour portions égales entr'elles comme seules héritières du sieur Nicolas-Marie Barbarin, leur oncle, décédé commune de Saint-Médard" (Min. Charles-Jacques Surrault, notaire à Périgné).

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Deux-Sèvres : 3 E 389, fol. 50 ; 3 E 8802, min. 3 E 9258 ; 3 E 10389, fol. 50, min. Boiffard ; 3 E 10390, min. ; 4° 95 ; 2 O Saint-Médard.

  • A. D. Vienne : E4/30/8.

  • Archives privées.

Bibliographie
  • Beauchet-Filleau H. ; Chergé Charles de. Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l'ancien Poitou. Poitiers : Imprimerie de A. Dupré, 1840-1854.

    Articles Bonnetie, Chalmot, Fitte
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