Dossier IA86004225 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Manoir du Grand Charassé
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
  • (c) Communauté d'Agglomération de Poitiers

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté d'Agglomération de Poitiers
  • Commune Montamisé
  • Lieu-dit Charassé
  • Adresse 46 rue de Moulière
  • Cadastre 1817 F 640 à 642 et 644  ; 2004 BN 21 et 22
  • Dénominations
    manoir
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, jardin, mur de clôture, portail, chapelle, hangar, écurie, grange, étable, toit à porcs, colombier, four, mare, allée

Ancien fief relevant de la Tour Maubergeon de Poitiers, Charassé est cité pour la première fois en 1211. A cette date, le chapitre de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, propriétaire de la seigneurie de Montamisé, se voit reconnaître le droit de lever la dîme sur les terres de Charassé.

Charassé est de nouveau cité en 1324, 1337, 1357, 1392 et 1397. Le seigneur de ce fief est tenu au devoir d´un épervier ou d´un émerillon envers le roi. Le 27 septembre 1410, Jean de Craon, sire de la Suze, de Champtocé et de Chéneché, rend aveu et dénombrement au duc de Berry pour son « hébergement de Characé ». Près d´un siècle plus tard, en 1495, Charassé appartient à Simon Herbert, bientôt maire de Poitiers, en ayant hérité de sa femme Marie de Janoilhac, pour lui et pour ses enfants Nicolas et Marie. Il passe ensuite à son gendre Mathurin de Conzay. En 1580, demoiselle Anne de Conzay est dame de Charassé. L´ « hostel noble » de Charassé est mentionné en 1578. En 1639, demoiselle Louise Cousture veuve de feu Laurent Gaultier, docteur en droit, est dite dame de Charassé. En 1651 et 1667, c´est Gaspard de Chessé, écuyer, qui est seigneur de Charassé. Le 29 septembre 1656, il est le parrain d´une nouvelle cloche de l´église de Montamisé. Charassé tombe ensuite dans l´escarcelle des seigneurs de la Roche de Bran. Le 29 mai 1711, dame Marie-Henriette de Fourny, veuve de Pierre Thoreau, seigneur de la Roche de Bran, rend un aveu pour les fiefs de Charassé et de la Jourie. Le 13 mars 1748, son fils François Thoreau est dit chevalier, seigneur de la Roche-de-Bran et de Charassé. En 1775, son fils François Thoreau vend non seulement la Roche-de-Bran mais aussi Charassé à Jacques-René-Joseph-Marie Esperon de Beauregard, écuyer, conseiller du roi, président trésorier de France au bureau des finances de Poitiers. En 1822, les neveux et héritiers de M. de Beauregard vendent la Roche-de-Bran et les domaines qui en dépendent, dont Charassé, à François Chazaud, receveur général de la Vienne, qui les revend en 1828 à Amédée-François-Régis de Pérusse, duc des Cars. Passé ensuite de propriétaires en propriétaires, Charassé a été acquis en 1923 par la famille Laverré.

Le domaine est mentionné sur le plan de Montamisé de 1804, puis sur le cadastre de 1817. Entre temps, les toits situés au sud de l'entrée, jouxtant l'une des deux tours, ont été ajoutés. Depuis une ancienne dépendance, aujourd'hui habitable, a été construite entre le logis et le fournil, au nord. Le hangar à l'est de la cour a été construit en 1937, selon la tradition orale. A la même époque, quelques ouvertures ont été remaniées et ouvertes sur la façade ouest du logis. Malgré tout, l'apparence du logis est resté presque inchangée depuis l'Ancien Régime. Des éléments datant peut-être des 15e et 16e siècles (montant de cheminée, ouvertures des pigeonniers), plus sûrement du 17e siècle (fronton) sont encore observés. Seule a disparu une ancienne chapelle, transformée en partie habitable, ainsi qu'un portail couvert à porte piétonne et porte cochère, détruit dans les années 1930. A l'arrière du domaine, vers l'est, une ancienne allée rejoint la route de Charassé à Bignoux.

Le domaine est construit en retrait par rapport à la voie. La vaste cour est fermée à l'ouest par un portail à piliers en maçonnerie, au sud et à l'est par les dépendances, au nord-est par le logis et le fournil. Au nord-ouest se trouve le jardin, fermé par un mur de clôture. Deux colombiers marquent les angles sud-ouest et nord-ouest du domaine. Une mare se trouve à l'est du domaine, le long de l'allée. Construit au milieu du domaine, du côté nord de la cour, le logis ouvre à l'est par une façade à trois travées. La porte est décentrée. La travée sud, dont le plein de travée est appareillé, comprend une fenêtre passante surmontée par un fronton cintré et échancré. Sur la travée nord, la baie de comble est chanfreinée et possède une traverse et un appui mouluré. La façade est comporte aussi une pierre d'évier. La façade ouest ouvre par deux travées et quatre baies en rez-de-chaussée, dont un jour chanfreiné. La baie de comble de la travée nord, présente des montants chanfreinés et la trace d'un montant dormant. C'est aussi sur cette façade que se trouve la descente de cave. A l'intérieur du logis se trouve une cheminée en grande partie remaniée, à l'exception de la hotte à corniche moulurée. Accolée en appentis au nord du logis, l'ancienne chapelle ouvre au nord par une porte en plein-cintre à clé saillante et claveaux réguliers, surmontée d'une baie carrée chanfreinée. Les dalles rectangulaires en pierre qui couvraient le sol, ont été réutilisées en allée de jardin. En retour d'équerre par rapport au logis, au nord, une dépendance ouvre au sud sur un hangar en appentis. Elle est prolongée à l'est par le fournil, dont la porte est chanfreinée. Des corbeaux en pierre supportent le manteau de cheminée du four. Au-delà du four se trouvent des remises. Les deux colombiers, rond pour celui du nord-ouest, ovale pour celui du sud-ouest, sont charpentés et couverts de tuile creuse. Ils ouvrent tous deux par une porte chanfreinée. Celui du nord-ouest comprend huit rangées de boulins à pigeons dans sa partie inférieure, quatre dans sa partie supérieure, un perchoir séparant les deux ensembles. Les boulins du colombier au sud-ouest sont moins bien alignés et plus dégradés. Chacun des deux colombiers possède dans sa partie inférieure trois ouvertures en forme de meurtrières. Des toits à volailles, à chèvres et à porcs se trouvent à l'est à l'ouest de la cour, formant un U avec l'étable, la grange et l'écurie qui, communiquant entre elles par des portes intérieures, ferment le domaine au sud, en englobant un des deux colombiers. La porte charretière de la grange, à linteau de bois, présente des sommiers saillants. La porte piétonne de l'écurie est à arc en plein-cintre, avec clé et sommiers saillants, et claveaux réguliers.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • moellon
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, comble à surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • croupe
  • Typologies
    grange à façade en gouttereau ; hangar à poteaux de bois
  • Statut de la propriété
    propriété privée
Date d'enquête 2006 ; Dernière mise à jour en 2006
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel
(c) Communauté d'Agglomération de Poitiers
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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