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Manoir du Breuil, actuellement maisons

Dossier IA17045497 réalisé en 2013

Fiche

  • Le Breuil vu depuis l'ouest.
    Le Breuil vu depuis l'ouest.
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  • Parties constituantes

    • cour
    • jardin
    • portail
    • chapelle
    • logement
    • grange
    • étable
    • chai
    • écurie
    • distillerie
    • mare
    • bergerie
    • laiterie
Parties constituantes non étudiéescour, jardin, portail, chapelle, logement, grange, étable, chai, écurie, distillerie, mare, bergerie, laiterie
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
AdresseCommune : Arces
Cadastre : 1833 C 66 à 82 ; 2009 C 1011 à 1014

Le domaine du Breuil, relevant du baillage de Talmont, est mentionné pour la première fois en 1479 lorsqu'il est cédé par Jeanne Le Boursier, veuve de Léon de Saint-Maure, seigneur de Mageloup (à Floirac) et Montauzier, à Michel Gua, bachelier es lois, juge des baillages royaux de Talmont, Saujon, Nancras et Champagne. Le 1er mars 1483, celui-ci rend hommage au roi pour sa seigneurie du Breuil, imité par sa veuve, Olive de Montgaillard, en 1499, puis par leur fils, François Gua, écuyer et licencié en lois, en 1550. La famille Gua reste à la tête du Breuil jusque dans la seconde moitié du 16e siècle. En 1582, le Breuil appartient à Jacques Turmet, conseiller du roi en l'élection de saintes, puis en 1588 à Geoffroy Turmet, élu par le corps de ville de Saintes député du tiers-état aux états généraux (auxquels il refuse de se rendre). En 1592, sa veuve Jeanne de Relyon, remariée à Jean de Montault, seigneur de Castelnaud, est propriétaire du Breuil. Avant 1604, le domaine passe à Antoine de Ceretany, contrôleur des guerres. La famille Ceretany reste à la tête du domaine pendant tout le 17e siècle, période à laquelle semblent remonter les éléments les plus anciens actuellement visibles : l'extrémité nord-est du logis, soit la cuisine avec sa cheminée à corbeaux ; le grand escalier en pierre avec les ouvertures (porte à fronton, oculus, baie en plein cintre) qui éclairent sa cage ; l'aile ouest du logis, avec le porche et la chapelle ; une partie de l'aile sud-est du logis, avec cave et cheminée de la fin du règne de Louis XIV. Le 15 décembre 1703, les biens du dernier Ceretany, François, prieur de Saint-Pierre-de-Royan, et de son frère, Charles-Eutrope, sont partagés entre ses neveux. Le domaine est alors divisé en deux, une division qui demeure aujourd'hui dans la disposition et la répartition des bâtiments, de part et d'autre des ailes ouest et sud-est du logis, du porche et de la chapelle : - la partie nord revient à Gabriel-Pierre de Viaud d'Aigné puis, en 1720, à son gendre, Philippe-Auguste Lemastin de Nuaillé, chevalier, seigneur de Courseau et viguier de Talmont ; ensuite au gendre de ce dernier, Jean-Jacques de Pelet, conseiller secrétaire du roi en la grand chambre du parlement de Bordeaux ; et enfin à son petit-fils, Jean-Pierre-Auguste de Narbonne-Pelet, comte de Pelet, chevalier de Saint-Louis, lieutenant en premier aux gardes françaises ; - l'autre partie du domaine, au sud, est léguée en 1703 à Gabriel de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire, marié à Marie Dubois ; il transmet ensuite sa part à ses filles, Sérène de La Croix, épouse de Jacques de La Porte, et Bénigne de La Croix, épouse François-Louis du Breuil de Javrezac puis de François-Germain Goubert, chef d'escadre. La chapelle reste indivise jusqu'en 1787. A cette date, une transaction intervient entre les deux parties au sujet de la chapelle et de ses ornements, "qui n'ont pas servi depuis plus de quarante ans". Le comte de Pelet achète alors sa part à Bénigne de La Croix. Durant la seconde moitié du 18e siècle, d'importants travaux sont effectués au Breuil. Un procès-verbal de visite daté de 1746, lorsque Jean-Jacques Pelet prend possession de la partie nord du domaine, montre que l'essentiel des pièces et des volumes encore visibles de nos jours dans l'aile nord-est du logis, est en place, mais que d'importants travaux doivent être réalisés, les murs et les toitures notamment étant en mauvais état. A la suite probablement de cette visite, tout en conservant la cuisine et l'escalier du 17e siècle, de larges ouvertures sont percées dans les anciens murs, à la place ou à côté d'autres ouvertures murées ; de nouvelles cheminées sont posées, par exemple dans le grand salon ; des boiseries prennent place dans la pièce entre ce dernier et la cuisine. Quant à l'aile sud-est du logis, elle connaît aussi des remaniements au cours du 18e siècle : une nouvelle porte à fronton est installée, de même qu'une nouvelle cheminée à l'intérieur ; à côté, l'appui de fenêtre porte l'inscription "DIE PRIMAE APRIL 1781", sans que l'on sache toutefois avec certitude si cette pierre d'appui est d'origine ou si elle constitue un remploi à cet endroit. Il semble qu'au moment de la Révolution, la partie nord et la partie sud du Breuil soient réunies dans les mains de Bénigne de La Croix, dont le mari, François-Germain Goubert, décède au Breuil en 1792. Le 24 novembre 1793 (4 frimaire an 2), après avoir échappé semble-t-il à la saisie comme bien national, elle vend le Breuil à Pierre Boutet, un protestant originaire de Niort, marchand tanneur et corroyeur installé dans le bourg d'Arces depuis 1775. Par ses affaires, Boutet engage d'importantes sommes d'argent, par exemple le 24 mars 1802 lorsqu'il promet de verser une rente viagère à Jean-Baptiste Veillet et Catherine Robin et à leurs petites-filles, dont Catherine Elisabeth Pétronille Endrivet, avec pour garantie le domaine du Breuil. L'on peut imaginer qu'à la suite d'un tel endettement, Boutet ait été contraint de vendre le Breuil. C'est ainsi qu'en 1815, le domaine se retrouve dans les mains d'un autre propriétaire, Pierre Lacotte-Dulac, qui y demeure. Pierre Boutet semble toutefois se refaire à cette époque puisqu'en 1815 toujours, il rachète le Breuil à Pierre Lacotte-Dulac pour 30000 francs. En 1823, Pierre Boutet meurt dans sa maison du Breuil qui est alors de nouveau divisée en deux. La partie nord échoit au gendre de Pierre Boutet, Jean-Daniel Demonconseil. Né en 1792 à Saint-François, à la Guadeloupe, il est le fils de Daniel Demonconseil, dit Conseil (1758-1821). Protestant, capitaine de vaisseau, ce dernier a fait campagne aux Antilles pendant la Révolution, puis s'est retiré à Breuillet (près de Royan) dont il a été maire en 1815. Son fils, Jean-Daniel Demonconseil, demeurant d'abord à Cozes, a épousé Judith Boutet en 1814. Ils ont vécu dans le bourg d'Arces avant d'hériter de la partie nord du Breuil à la mort de Pierre Boutet en 1823. Ils sont toujours propriétaires de cette partie lorsque le cadastre d'Arces est établi en 1833. Jean-Daniel Demonconseil décède à son tour au Breuil en 1843. Quant à la partie sud du domaine, elle échoit à la mort de Pierre Boutet à son fils, Saül qui la revend en 1830 à Pierre Michel Mareschal (1791-1851). Originaire de Saintes, officier ayant combattu durant la campagne de Russie, devenu percepteur en 1815, il demeure d'abord au bourg d'Arces avant de s'installer au Breuil. Il est marié à Catherine Elisabeth Pétronille Endrivet, une des parties envers laquelle Pierre Boutet avait passé une rente viagère en 1802. Le cadastre de 1833 montre par ailleurs que le domaine est relié à cette époque au bourg par un chemin creux, qui subsiste de nos jours. A cette date, un moulin à vent apparaît sur le côté du chemin et est détenu par Pierre Michel Mareschal (selon le cadastre, il est démoli en 1845). Mareschal et Demonconseil possèdent enfin, en indivis, la mare et la distillerie situées sur le côté du chemin menant vers l'est. Le Breuil reste divisé en deux pendant tout le 19e siècle et une partie du 20e. Dans la partie sud, à Pierre Michel Mareschal succède son gendre, François Auguste Amédée Jeaud (1818-1898), qui demeure à la Croix d'Arces, puis le gendre de celui-ci, Jean Casimir (1854-1926). Ce dernier est le fils naturel d'un riche propriétaire d'Epargnes, Jean-Jacques Gaborit. Vers 1930, le fils de Jean Casimir, Léon Casimir (1880-1965) réunifie le Breuil en achetant la partie nord autrefois détenue par Jean-Daniel Demonconseil et qui, entre temps, a appartenu pour une part à la famille Bruneau et pour l'autre part à Jean-Jacques Gaborit. Le domaine est encore aujourd'hui la propriété des descendants de Léon Casimir.

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Dates1781, porte la date
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Les bâtiments du domaine du Breuil s'organisent autour de deux cours, au nord et au sud, auxquelles s'ajoute un ensemble de vastes dépendances situées au sud-est, à l'entrée est de la propriété. Cet ensemble comprend une grange-étable, un hangar, une écurie et un bûcher et poulailler (établis dans un bâtiment autrefois habitable). En face de ces dépendances, de l'autre côté du chemin, se trouvent une distillerie et une mare. Un autre corps de bâtiment comprenant un logement et des dépendances (bergerie, étable et laiterie) ferme la cour nord au nord-est. Situé entre les deux cours, le logis comprend trois ailes. L'aile sud-est donne sur la cour sud qui est délimitée à l'ouest par un logement, une ancienne souillarde et un fournil, et au sud par un mur de clôture avec portail à piliers maçonnés. La façade de l'aile sud-est du logis présente entre autres une baie à encadrement chanfreiné, une baie rectangulaire dont l'appui porte la date 1781, et la porte à encadrement saillant, avec fronton triangulaire surmonté de trois amortissements. A l'intérieur de cette aile du logis, on observe une cheminée de la fin du 17e siècle ou du début du 18e siècle, ornée de moulurations, et une autre du milieu du 18e siècle, à décor de volutes, de fleurs et de coquille. Une descente de cave donne accès à une cave avec voûte brisée. L'aile ouest du logis est prolongée par un pavillon porche qui constituait à l'origine l'accès principal à la propriété et qui effectuait la liaison entre les deux parties du domaine. Ce pavillon est coiffé d'un haut toit à croupes et à égoût retroussé, couvert en tuile plate et surmonté d'épis de faîtage en terre cuite vernissée. Le passage couvert ouvre par deux portes en arc segmentaire et à encadrement chanfreiné. Côté sud-ouest, au-dessus du passage couvert, se trouve une petite baie à encadrement chanfreiné. Sous le passage couvert, une porte également en arc segmentaire et à encadrement chanfreiné donne accès à la chapelle qui se trouve dans le prolongement du pavillon, vers le nord-ouest. Le mur sud-ouest de la chapelle présente des traces de reprise ainsi que d'anciennes ouvertures murées. Le mur nord-est est percé notamment de deux baies, l'une en arc segmentaire surmontée de l'inscription "IHS", l'autre en plein cintre surmontée des initiales "MRA". L'aile nord-est du logis, à un étage, présente sa façade principale sur la cour nord. Cette façade est percée de plusieurs larges ouvertures et présente les traces d'autres baies murées. A droite, la façade est percée au rez-de-chaussée d'une porte basse en arc segmentaire et à encadrement chanfreiné, surmontée d'un oculus ; et à l'étage d'une baie en plein cintre encadrée par des pilastres et ornée d'un appui mouluré. Cette baie, la porte et l'oculus éclairent une cage d'escalier qui abrite un large degré en pierre rampe-sur-rampe, à deux volées et à mur-noyau. A l'étage, en haut de l'escalier, se trouve une porte en bois cloutée, avec encadrement chanfreiné. Au rez-de-chaussée, à gauche en entrant à partir de l'escalier, un grand salon présente une cheminée du 18e siècle. Au plafond, les poutres possèdent encore les traces d'un décor peint. A partir du salon, un couloir conduit à la cuisine située à l'extrémité nord-est de cette aile du logis. Entre le salon et la cuisine, une pièce contient des boiseries. Dans la cuisine se trouve un potager, un évier en pierre et une cheminée à corbeaux, sans doute du 16e siècle ou du début du 17e.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse, tuile plate
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
croupe
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Procès-verbal de prise de possession et de visite de la seigneurie du Breuil par Messire Jean Jacques Pelet, le 7 mai 1746 (Archives départementales de Charente-Maritime, 3E44/49) :

    Messire Jean Jacques Pelet, conseiller du roi au parlement de Bordeaux, prend possession du Breuil au nom de son père, Messire Jean Pelet, écuyer, seigneur baron d´Anglade et comte de Talmont sur Gironde, conseiller secrétaire du roi et de ses finances, demeurant à Bordeaux, rue Neuve, paroisse Saint-Michel. Par acte du 5 mai 1746 devant Me Senné jeune, notaire à Saintes, Dame Gabrielle de Viaud Daigne, veuve de Messire Philippe Auguste de Mastin, chevalier, seigneur de Courseau, lui a vendu les deux tiers qu´elle possédait dans la seigneurie du Breuil d´Arces et viguerie de Tallemont, pour 20000 livres.

    Le sieur Pelet, pour prendre possession de son bien, a ouvert le portail de la cour et est entré dans la cour et dans les chambres, la chapelle, les greniers, le chai, la métairie, les granges. Il "s´est promené dans le jardin, sur les terres labourables, prés et bois proches ledit lieu, a cassé des branches d´arbres, arraché des herbes et remué la terre, le tout en signe de vraie possession réelle". On procède ensuite à la visite et description des lieux, soit :

    - un portail avec pavillon au-dessus qui sert de pigeonnier, lequel pavillon doit être refait à neuf ;

    - la porte d´entrée de la maison, une porte basse, n´ayant que de cinq pieds et demi de hauteur et de trois de largeur ;

    - dans le vestibule, un degré soutenu par un arc dont la clé est sur le point de s´écrouler ;

    - la salle qui est à main gauche en entrant est de 24 pieds de profondeur sur 18 de largeur ; elle a été pavée autrefois en carreaux de terre cuite mais ce pavement doit être refait ; le plancher du haut est pourri, percé et il n´y a pas de poutres ; la cheminée menace ruine ;

    - après la salle, se trouve une chambre de 18 pieds de profondeur et 13 de largeur, autrefois planchée (lambrissée) mais le bois est pourri ;

    - de retour dans la salle, une petite porte donne sur un petit corridor ou courroir de 4 pieds de large et 18 de long ; au bout de ce courroir, se trouve une cuisine ou fournière de 18 pieds de profondeur et 14 de large ; le potager dans le coin est démoli ;

    - revenus dans le vestibule, les experts montent par le degré, passent dans une chambre haute au-dessus de la salle avec une petite porte d´entrée dont la fermeture et la ferrure sont mauvaises, aussi bien que les croisées qui sont vieilles et "à l´antique" ;

    - une autre chambre haute se trouve au bout de la précédente, elle-aussi en mauvais état ;

    - monté dans les galetas, les experts constatent que les murs sont penchés, crevassés et ouverts en plusieurs endroits.

    - redescendus, avant de passer à la cave, on observe un escalier en bois qui mène au grenier.

    La visite se poursuit par la chapelle dont la porte d´entrée ouvre sur le jardin. "Le plancher est totalement mauvais, pourri et en tel état qu´il n´est presque pas possible de faire le service divin. L´autel et le marche pied, le tout en bois, est fort vieux et a besoin d´être racommodé. Il s´est trouvé cinq vieilles estampes en papier, et mauvais cadre, le tout si vieux et si déchiré qu´à peine on peut reconnaître les représentatins. Il s´est aussi trouvé deux christ, l´un de bois et l´autre de cuivre, de la hauteur d´un pied chacun, deux vieux flambeaux de cuivre, et un petit prie-Dieu. A l´égard des vases sacrés et ornements, il ne s´en est toruvé aucun dans la dite chapelle".

    Un portail permet de sortir de la cour par le nord, avec une porte à côté.

    Le bâtiment appelé la grange ou buchelier est en assez bon état. Puis vient l´écurie joignant la grange avec deux crèches et grenier à foin ; ensuite, un parc à brebis et un parc à cochon.

    Les deux tiers des murs du jardin sont abattus et remplacés par des haies.

    Les murs de tous les bâtments ont besoin d´être recrépis et recouverts.

    Les meubles qui se trouvent dans le logis sont par ailleurs décrits : dans la salle, "un grand coffre si vieux et si antique qu´il est inserviable ; un petit vaisselier ou dressoir dont se sert le métayer pour mettre ses assiettes ; dans la chambre au bout de la salle, un petit lit garni de rideaux d´étoffe bleue avec franges, un lit traversin couverte couretppointe et garde paille, deux paires de vieux chenets, une pelle et une pcincette, une petite armoire de bois peint à quatre portes, contenant douze gros draps de lit pour domestique, huit nappes et vingt six serviettes, le tout de grosse toile ; une vieille table carrée et deux vieilles chaises autrefois tapissées, un grand coffre et deux malles contenant des livres et papiers ; dans la chambre haute au-dessus de la salle, deux mauvais bois de lit, un mauvais lit traversin, une petite et mauvaise couchette, trois vieilles chaises autrefois tapissées ; dans l´écurie, un autre grand vieux coffre mauvais, propre seulement à mettre l´avoine pour les chevaux".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E44/49. 1746, 7 mai : procès-verbal de prise de possession et de visite de la seigneurie du Breuil par Messire Jean Jacques Pelet.

  • 1795, 13 décembre (22 frimaire an 4) : dépôt d'un acte sous seing privé par Pierre Boutet concernant le domaine du Breuil à Arces. Pierre Boutet, marchand tanneur à Arces, dépose en l’étude de M. Roullet, notaire à Cravans, un acte de vente sous seing privé par lequel Bénigne Lacroix, veuve Goubert, lui a vendu le lieu du Breuil, commune d’Arces, pour 25000 livres, le 4 frimaire an 2 (24 novembre 1793). Par cet acte, la vendeuse, qui demeure au Breuil, vend à Pierre Boutet "tous les biens qu’elle possède dans la commune d’Arces, ainsi que le tout le bétail qui sont chez son bordier et tous les meubles qui seront dans sa maison au moment de son décès. Les immeubles consistent en une maison de maître, chambre haute et basse, cour et jardin, et autre servitude, maison de bordier, grange, par cet autre servitude, jardin, issue, terre labourable, prés et bois".

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3E 54/547
  • 1830, 19 novembre : acte de vente du domaine du Breuil par Saül Boutet à Pierre Mareschal, devant Me Barbotin, notaire à Meschers. Saül Boutet, propriétaire demeurant au Breuil, vend à Michel-Pierre Maréchal, percepteur, demeurant au bourg d’Arces, "la portion du domaine du Breuil se composant d’une maison de maître et d’exploitation", avec un moulin à vent près la maison du Breuil, plus des terres et bois. Cette portion lui a été attribuée par acte de partage passé avec sa mère, née Judith Demonconseil, et Judith Boutet, sa sœur, le 18 avril 1825 devant Me Magistel, notaire à Cozes ; plus l’ancienne tannerie servant aujourd’hui de chai, située près le bourg d’Arces, ainsi que le pré qui y joint et la mare qui s’y trouve. La vente concerne aussi "deux bœufs, vingt-cinq moutons, une chaudière et tous ses apparaux, vingt cinq pièces à vin, trente barriques, deux cuviers, un bail, deux cuves chartières, un entonnoir, un treuil, une hote et douze paniers en bois, le tout dans les bâtiments du domaine". Dans la maison, la veuve Boutet s’est réservé pour son logement et ses besoins la salle, le salon, un petit chai et un toit à volailles et le quart du jardin. Le moulin est affermé à M. Bernard, et l’exploitation du Breuil à Jean-Daniel Bouyer, du bourg d’Arces (acte de ferme du 16 octobre 1830). La vente est consentie pour 28000 francs, dont la quasi totalité serviront à verser aux créanciers du vendeur. Ce dernier va ensuite vivre à Meschers.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3E 68/9
  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3E128/328. 1815, 18 mai : acte passé de Me Pillet, notaire à Arces, par lequel Pierre Lacotte Dulac, propriétaire demeurant au Breuil, commune d´Arces, vend pour 30000 francs à Pierre Boutet, marchand tanneur, demeurant à Arces, le domaine du Breuil consistant en maison de maître, de colon, grange, étables, terres labourables, vignes, prés et bois taillis, de la contenance d´environ seize hectares quatre ares ; "les bestiaux en boeufs, moutons et brebis, ainsi que les treuils et vaisseaux vinaires ne sont point compris dans la vente".

  • 1835-1960 : cadastre d'Arces-sur-Gironde, état de section, matrices des propriétés foncières.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 105 à 110
  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3Q 2464. 1823, 27 septembre : mention de la succession, après testament en date du 23 septembre 1815, de Pierre Boutet, tanneur à Arces, au profit de Saul, Natael, Pierre, Marc, Sara Boutet et Judith Demonconseil veuve Boutet, d´Arces, comprenant une borderie au Breuil et une autre à Brésillas, à Arces, d'une valeur totalte de 30800 francs.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. Registres pastoraux de Breuillet, registres paroissiaux et d'état civil d'Arces et de Breuillet.

  • Archives privées. 1802, 24 mars (3 germinal an 10) : acte passé devant Me Perruchon, notaire à Saujon, par lequel Pierre Boutet, marchand corroyeur, accorde un acte obligatoire de 16000 francs et une rente viagère de 480 francs à Jean-Baptiste Veillet, son épouse Catherine Robin et à leurs quatre petites-filles, Catherine Elisabeth Pétronille, Anne Angélique, Emilie et Honorine Endrivet ; Boutet apporte comme garantie deux propriétés dont le domaine du Breuil qu'il a acquis de Bénigne de La Croix du Repaire, veuve de François Germain Goubert, le 4 frimaire de l'an 2, par acte sous-seing privé enregistré à Cozes le 7 Germinal par Camus, déposé en main de Me Roullet, notaire public, le 22 frimaire de l'an 4, enregistré à Cozes le 25 frimaire de l'an 4.

  • Médiathèque de Saintes. Ms 533/5. 1479 : donation du Breuil, à Arces, par Jeanne Le Boursier, veuve de Léon de Saint-Maure, à Michel du Gua (non consulté).

Documents figurés
  • Plan cadastral d'Arces-sur-Gironde, 1833.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 5213
  • Carte postale vers 1910.

    Collection particulière : Collection Mme Bourgeois, Arces
Bibliographie
  • Brémond d'Ars, comte Anatole de. "L'ancien fief du Cormier, près Saintes, et ses divers possesseurs, 1380-1885". Recueil de la Commission des arts de la Charente-Inférieure, t. 9, 1888 (à propos de Pierre Ceretany et d'une lettre écrite par lui du Breuil en 1658).

    p. 427, 428, 430
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : éditions Patrimoines et médias, 2008.

    p. 132
  • Quintin, Danièle et Bernard. Dictionnaire des chefs de brigade, colonels et capitaines de vaisseau de Bonaparte, premier consul. Paris : L'Harmattan, 2012.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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