Manoir, dit château de la Cadrie
Auteur
Celer Françoise
Celer Françoise

Chercheur SRI Limousin jusqu'en 2007.

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Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Arrondissement de Montmorillon - Montmorillon
  • Commune Jouhet
  • Lieu-dit la Cadrie
  • Cadastre 1840 H2 454, 441, 446 454 : logis ; 441 : cour ; 446 : four à pain. Non cadastrée : source (communale) ; 1943 H2 249, 250  ; 2016 H2 249, 250, 256, 260, 773, 1034, 248
  • Dénominations
    manoir
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, jardin, communs, pigeonnier, four à pain, puits, logement, buanderie, grange, écurie

Une première construction est attestée au 15e, en 1450, sous le nom de Caderia, (Rédet, p. 74). En 1571, la Cadrye figure parmi les biens de de la Maison-Dieu de Montmorillon puis La Cadrie est citée parmi les biens de la cure de Jouhet en 1655.

Le linteau orné d'une accolade, les jours à encadrement chanfreiné sur le pignon ouest du logement et les cheminées témoignent de cette première phase de construction au 15e siècle.

La date 1607, accompagnée du nom F. Pérot, est inscrite sur le piédroit droit de la porte du pigeonnier.

La grande grange à façade sur le mur gouttereau daterait, selon les propriétaires actuels, des années 1750.

Entre 1765 et 1785, Auboutet de La Cadrie, ancien officier d'infanterie du Poitou, déclare 19 ha défrichés à Saint-Pierre-de-Maillé et Jouhet (Debien, Défrichements..., p. 306). En 1780, il fait construire " la maison pour y loger le colon " dans un mas de 28 ha de brandes au-dessus du moulin de Fort-Baudin (Debien, Ibid., p. 311) ; jusqu'en 1787, il y défiche 17 ha.

Le logement principal du manoir est remanié en 1826, date portée sur le linteau de la porte.

Le registre des augmentations et diminutions du cadastre indique que la propriété de La Cadrie passe de Victor Jérome d'Auboutet (décédé en 1852 et enterré dans la chapelle Sainte-Catherine à Jouhet) à Compaing et Consorts en 1858/1859, puis à la veuve de M. de Marivault en 1868/1869. Elle revient alors à Jean Nicolas GROS, maire, demeurant à Malencoure (sic), Meurthe, de 1858 à 1869, date à laquelle elle passe à Narcisse Maréchal.

Ce même registre signale la démolition partielle de la maison cadastrée H2 454 par Narcisse Maréchal en 1879 ; il s'agit probablement d'une régularisation fiscale puisqu'il est décédé en 1877, date portée sur son tombeau dans le cimetière de Jouhet.

L'ensemble se compose de :

- un chemin d'accès cadastré H2 260, qui n'existait pas en 1840 ;

- une cour arborée autour de laquelle s'organisent deux logements au nord et des commune à l'est et à l'ouest de la parcelle (H2 249), le puits a été déplacé ;

- un potager dans lequel se trouve un pigeonnier (H2 250) ;

- un four à pain et une buanderie (H2 256) ;

- un lavoir desservi par une fontaine, anciennement terrain communal sur le cadastre de 1840 et devenu propriété privée (H2 1034) ;

- une prairie humide (H2 248).

Le logement principal (A sur le schéma de 1976) se trouve au nord-ouest de la la cour. La date de 1826, inscrite sur le linteau de la porte, est aujourd'hui masquée par le mécanisme du volet roulant et correspond à un remaniement. Ce bâtiment à étage et comble à surcroît est organisé en deux travées sur sa façade sud, avec porte sur la droite. Il est couvert d'un toit en tuile creuse sur fibrociment, à longs pans de faible pente.

Ce logement conserve des éléments plus anciens que le laisse supposer la date portée, probablement du 16e siècle. Sur la façade sud, les baies de la travée gauche ont conservé des appuis saillants moulurés. La fenêtre gauche du comble à surcroît présente en outre un linteau et des piédroits chanfreinés. Le pignon ouest conserve également des jours anciens à encadrement chanfreiné et pour l'un d'eux linteau orné d'une accolade. Ce jour avait été réaménagé en niche contenant une statuette de la Vierge. Au rez-de-chaussée la cuisine s'organise autour d'une grande cheminée avec le garde-manger et la marée (pierre d'évier). La cheminée du premier étage et celle du comble à surcroit possèdent le même conduit.

Le logement secondaire (B sur le plan de 1976) présente un plan différent de celui qui figure sur le plan cadastral de 1840. Il pourrait dater des années 1880. Ce bâtiment à un étage est aujourd'hui couvert d'un toit à longs pans et croupes latérales en fausses ardoises (anciennement en ardoises) souligné par un bandeau. Sa façade sud, à un étage s'organise en quatre travées avec porte à droite, protégée par une marquise.

En avant de ce logement, la margelle du puits a été refaite.

Sous ces logements se trouve une cave voûtée inondable.

En retour d'équerre à l'est de la parcelle se trouve un grand bâtiment à longs pans et croupe couvert de tuiles plates (C sur le plan de 1976). Il comprend une grange et un troisième logement et a été remanié. Les poutres des anciens linteaux des portes charretières ont été préservées. Une petite dépendance fait la jonction entre cette grange et la grande grange située au sud de la parcelle 249 (D rayé sur le plan de 1976). Cette grange à façade sur le mur gouttereau est couverte d'un toit à longs pans à très faible pentes, en tuiles creuses sur fibrociment. Selon les propriétaires, ce bâtiment daterait des années 1750.

Un mur de clôture sépare la cour avec les logements et dépendances du potager.

La parcelle cadastrée H2 250 comprend l'ancienne conciergerie au débouché du chemin d'accès à la propriété, le jardin potager et un pigeonnier.

L'ancienne conciergerie est un petit bâtiment en rez-de-chaussée, de plan rectangulaire, couvert de tuiles plates.

Le pigeonnier (D sur le plan de 1976), de plan circulaire, comporte deux niveaux séparés par un bandeau. Il est couvert d'un toit conique en tuile plate avec quatre ouvertures d'envol. Les piédroits de la porte et le linteau sont moulurés en quart de rond. Un médaillon cerné d'une torsade de lauriers ne contenant pas de blason en son centre orne le linteau. Sur le piédroit droit se trouve un graffiti : " F. PEROT / 1607 ". À l'intérieur, 1420 boulins sont répartis sur 29 étages, desservis par une échelle tournante en bois.

À l'ouest du pigeonnier, sur la parcelle H2 256, se trouve un bâtiment en rez-de-chaussée renfermant le four à pain et une ancienne buanderie. Cette dernière a été détruite mais se composait d'une cheminée encadrée de deux ponnes, dans une configuration probablement assez proche de celle étudiée au château de Brillac (Charente).

Au nord de la propriété, au nord-ouest de la parcelle H2 249 et au sud de la parcelle 248 se trouvent de petites dépendances. La parcelle H2 248 est une prairie humide arborée, bordée au nord par un ru coulant d'est en ouest et provenant du fond de l'étable (ferme isolée aujourd'hui détruite). En période de hautes eaux, le débit important peut s'écouler par des ouvertures aménagées au nord-ouest de la parcelle. En temps de crue, cette évacuation est insuffisante. Le ru évacue également des sédiments abondants.

Un mur de clôture sépare la prairie humide cadastrée H2 248 de la parcelle H2 1034, aujourd'hui rattachée à la propriété. Il s'agissait autrefois d'un terrain communal, non cadastré sur le cadastre de 1840. Cette parcelle présente un lavoir-abreuvoir alimenté par une source protégée par un édicule couvert d'un toit en pierre. Celui-ci présente deux accès, l'un à l'ouest, rouvert récemment, et l'autre à l'est, sur l'ancien terrain communal.

  • Murs
    • pierre moellon enduit
  • Toits
    tuile plate, tuile creuse, ardoise, pierre en couverture
  • Plans
    plan régulier
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble, sous-sol
  • Couvertures
    • toit conique
    • toit à longs pans croupe
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant
  • Typologies
    grange à façade en gouttereau ; logement à 2 travées
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries, accolade, chronogramme
  • Statut de la propriété
    propriété privée