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Manoir des Grands Breux

Dossier IA00045708 réalisé en 1977

Fiche

Á rapprocher de

Le hameau des Grands Breux est situé au nord du bourg de la commune d'Angles-sur-l'Anglin, à la limite entre la dite commune et Vicq-sur-Gartempe. Les archives du prieuré de Saint-Martin d'Angles désigne le lieux sous le nom des "Brueilz" au début du 15e siècle, ce qui laisse entendre que le lieu était autrefois entouré de jeune bois en taillis. Propriété de la famille du Plessis dès le Moyen Âge, le manoir des Grands Breux est transformé en exploitation agricole après la Révolution. Depuis cette époque, le bâtiment a subi quelques modifications, notamment au début du 20e siècle. L'élevage, la production de fromage, de céréales et de vin étaient des activités du domaine des Grands Breux jusqu'à une époque récente.

Destinationsmaison, hôtel de voyageurs
Parties constituantes non étudiéesgrange, étable, four à pain, jardin, cour, porcherie
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Saint-Savin
AdresseCommune : Angles-sur-l'Anglin
Lieu-dit : les Grands Breux
Cadastre : 1826 A1 76, 77, 78, 79 ; 2014 A1 222, 223

Le manoir actuel fut construit à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle, mais le lieu été déjà habité au milieu du Moyen Âge. Le hameaux des Grands Breux est signalé par les sources dès les premières années du 13e siècle en tant que propriété de la famille du Plessis. Elle tient ce fief de l'évêque de Poitiers, seigneur d'Angles-sur-l'Anglin. La famille du Plessis, propriétaire des Breux, est la branche cousine des du Plessis de Richelieu, à laquelle appartient le célèbre cardinal de Richelieu qui fut ministre du roi Louis XIII. Les deux branches se séparent en 1388 à la suite d'un partage entre Pierre III du Plessis, qui conserve le fief des Breux, et Sauvage du Plessis, qui conserve le château de la Vervolière à Coussay-les-bois.

Fils de Pierre III, Jean du Plessis rend hommage à l'évêque de Poitiers, Guillaume de Combarel, pour son fief des Breux le 17 septembre 1424. Son fils, Mandé du Plessis, et son petit-fils, Sauvage du Plessis, font de même en 1450 et 1475. Le manoir est signalé une nouvelle fois dans les sources en 1593. Le maître de lieux est alors François III du Plessis, marié à Jeanne d'Alogny, originaire du château d'Alogny à Lésigny-sur-Creuse. Le couple possède un droit banal sur « les moulins neufs » de Vicq-sur-Gartempe. Entre la fin du 17e et le début du 18e siècle, le fief des Breux appartient à Antoine d'Alogny de Rochefort, abbé de Fontgombault. La carte de Cassini, datant de 1765 ou 1766, signale elle aussi les Grands Breux comme logis seigneurial. Le cadastre napoléonien de 1826 indique la famille du Puynode, propriétaire du château des Certeaux dans la commune d'Angles-sur-l'Anglin, comme propriétaire du manoir. Sur le plan figure un portail d'entrée en pierre au sud, aujourd'hui disparu.

Au 19e siècle et au début du 20e siècle, les recensements de population signalent seulement les exploitants du domaine agricole, résidant dans l'ancien manoir et dans une ferme voisine. Le manoir semble avoir subi plusieurs remaniements durant cette période. En 1905, la partie gauche de la façade principale est reconstruite au rez-de-chaussée. Une partie des dépendances semble aussi avoir été remaniée à cette époque. La famille Neuvy y réside depuis cette époque. Le site fut ensuite réhabilité en gîte rural.

Période(s)Principale : 15e siècle, 16e siècle , (?)
Secondaire : 1er quart 20e siècle , porte la date
Principale
Dates1905, porte la date
Auteur(s)Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Le manoir est composé de quatre bâtiments séparés, un logis et trois dépendances, chacun placé sur le côté d'une cour centrale.

Le logis, bâti en moellons de pierre calcaire, est orienté vers l'est. Il possède un étage, des combles et un étage en surcroît, et est composé de deux corps de bâtiments. Une tour d'escalier à demi hors-œuvre est placée à la jonction des deux corps de bâtiments. Une tourelle en pierre de taille, supportée par un cul-de-lampe mouluré, permet d'accéder au dernier niveau de la tour d'escalier. Le toit est recouvert d'ardoise.

Sur l'élévation est, la partie située à gauche de la tour d'escalier est percée d'une porte et de deux fenêtre au rez-de-chaussée, aménagées en 1905. Elle présente aussi une pierre d'évier extérieure, localement appelée « marèye », qui servait d’égouttoir pour les fromages. On peut aussi voir une fenêtre à croisée de la fin du Moyen Âge à l'étage et une lucarne au niveau des combles.

L'élévation ouest présente plusieurs transformations. Deux fenêtres à croisées sont encore visibles, au rez-de-chaussée et à l'étage. Elles ont été partiellement murées et transformées en porte au rez-de-chaussée. Une porte, probablement percée en 1905, a été transformée en fenêtre. À sa gauche, une fenêtre a aussi été murée.

L'intérieur de la partie gauche du rez-de-chaussée, autrefois constitué d'une seule pièce, a été partagé en plusieurs parties. La porte d'entrée principale conduit à la cuisine. Elle possède encore une cheminée datant du 15e ou du 16e siècle, dont la taille de l'âtre a été réduite. Une cloison ajoutée plus récemment sépare la cuisine de la chambre.

L'escalier en vis permet d'accéder aux différentes pièces du manoir, dans la partie gauche et la partie droite. La tour est percée d'une porte, de deux fenêtres, et d'une lucarne. Elle possède encore trois archère et une bouche-à-feu à proximité de sa porte d'entrée, destinée à défendre le lieu en cas d'attaque.

Au rez-de-chaussée, le vestibule d'entrée débouche sur trois portes à l'encadrement chanfreiné. La porte de droite a un linteau en arc segmentaire, le deux autres ont un linteau plat. Celle de droite porte un décor en accolade. La porte centrale permet d’accéder au cellier. Cette salle était à l'origine une pièce à vivre, comme le laisse penser la présence d'une cheminée. Aujourd'hui, elle contient plusieurs tonneaux et un pressoir. L'ancienne fenêtre à croisée a été transformée en porte à deux battant, pour faciliter le stockage des tonneaux de vin. Cette baie présente un ébrasement et une arrière-voussure segmentaire. L'une des poutres de la pièce est soutenue par deux poteaux verticaux en bois. En effet, le premier étage a servi de grenier après la transformation du logis en ferme. Le poids du grain faisait ployer les poutres qu'il a fallu étayer.

Le pallier du premier étage donne accès à trois portes à encadrement chanfreiné. Celle de droite est décorée d'une accolade sur son linteau et donne accès à une petite pièce munie d'une cheminée datant du 19e siècle. La porte de gauche donne accès à l'ancienne chambre du seigneur. La porte d'origine présente des motifs en plis de serviette, caractéristique du style gothique. La pièce est éclairée par deux fenêtres à croisées, en partie murées. Elles présentent un ébrasement et une arrière-voussure en arc segmentaire. Au sol, les carreaux de terre cuites sont encore visibles. Tout comme dans le cellier, l'une des poutres est étayée par un poteau en bois. L'isolation en " bousillis ", un mélange de terre et de paille, est encore visible entre les solives.

À l'étage supérieur, au niveau des combles, l'escalier débouche sur quatre portes, dont la porte de droite décorée d'un motif en accolade. Comme le 1er étage, les combles ont été utilisés comme grenier. La charpente a été abaissée à la fin du 19e ou au début du 20e siècle. Là encore, le sol est recouvert de carreaux de terre cuite.

On peut accéder à un dernier niveau, situé au sommet de la tour d'escalier, grâce à une petite tourelle qui lui est accolée. Elle est fermée par une porte présentant des motifs de plis de serviette. Le petit escalier en vis conduit à une pièce réduite dallée de carreaux de terre cuite et possédant une cheminée à demi détruite. L'ancienne charpente qui couvrait le haut de la tour devait être en forme de poivrière, au vu du plan circulaire de la tour. Elle a été détruite à une date inconnue. Au sommet de l'escalier, une archère permet de surveiller et de défendre le chemin d'accès au manoir.

L'édifice conserve encore ses anciennes dépendances, déjà visibles sur le cadastre napoléonien de 1826. Seule la grange à l'est de la cour est plus récente. L'étable située au nord est probablement la plus ancienne. Elle présente une porte en plein cintre à clé et tabliers saillants. La partie la plus à gauche a été transformée au début du 20e siècle, lorsque l'on a rajouté un linteau en métal au-dessus de la porte et de la fenêtre. Un clapier en brique de trois niveaux a aussi été ajouté du côté de la cour. Cette pièce contient le four à pain de la ferme, ainsi que la cave creusée à même la roche et dont la voûte a été cimentée. L'étable située au sud est à la fois propriété de l'ancien manoir sur la partie ouest et propriété de la ferme voisine sur la partie est. Une porcherie a été construite au début du 20e siècle. Elle est accolée au nord de l'ancien logis.

Murscalcaire
enduit partiel
moellon enduit
pierre de taille
Toitardoise
Étagesétage de comble, 1 étage carré, sous-sol
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
Techniques
Représentationschronogramme
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Liste des propriétaires/métayers

    1212: Guillaume du Plessis

    1249: Pierre du Plessis

    1308: Guillaume II du Plessis

    1328: Pierre II du Plessis

    1373: Guillaume III du Plessis

    1401: Pierre III du Plessis

    1446: Jean du Plessis

    1458: Mandé du Plessis

    1475: Sauvage du Plessis

    1512: François du Plessis

    1556: François II du Plessis

    1593: François III du Plessis

    ...

    1828: Pastoureau du Puynode (propriétaire) (états de section du cadastre napoléonien)

    1846: François Rivault (laboureur)

    1851: François Rivault (cultivateur)

    1856: François Rivault (métayer)

    1872: Louis Brouard (métayer)

    1876: Louis Brouard (colon)

    1881: Louis Brouard (métayer)

    1891: Louis Brouard (colon)

    1896: Célestin Jolivet (métayer) (épouse Louise Brouard)

    1901: Célestin Jolivet (cultivateur)

    1906: Charles Neuvy (cultivateur) née à Mérigny

    1911: Charles Neuvy (cultivateur)

    2016: famille Neuvy

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne: (9G1): Cure de Sainte-Croix d'Angles et de Saint-Pierre

  • Archives départementales de la Vienne (G 66): baronnie d'Angle

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : G 66
  • États de sections des propriétés bâties et non bâties, sections A-F (1827-1828).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4P 1721
Documents figurés
  • Angles-sur-l'Anglin, plan cadastral de 1826, section A1, Archives départementales de la Vienne, Poitiers (4P 4852).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4P 4852
  • Angles-sur-l'Anglin, plan d'Angles-sur-l'Anglin et ses environs.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 601 W 5
  • Extrait de la carte de Cassini, seconde moitié du 18e siècle.

Bibliographie
  • D'Arboval Henri, Angles-sur-l'Anglin et Chauvigny-sur-Vienne, Tome 1 : Angles-sur-l'Anglin, Péricat, Tours, 1914.

  • Pégorier, André. Les noms des lieux en France: glossaire de termes dialectaux, Institut Géographique National, Paris, 2006

  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes des Vals de Gartempe et Creuse - Joergensen Bent - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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