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Manoir de la Grange

Dossier IA86009521 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Le manoir de la Grange, situé à proximité de la route reliant le Moulin au Roi et Oyré, est un ancien fief de la seigneurie de Mairé. Cette propriété a conservé un pigeonnier-porche du 16e ou 17e siècle, qui constitue l'un des plus vieux vestiges bâtis présent à Mairé.

Destinationsferme
Parties constituantes non étudiéespigeonnier, grange, étable, puits, sous-sol, cour, dépendance, four
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Châtellerault-3
AdresseCommune : Mairé
Lieu-dit : La Grange
Cadastre : 1833 B 544, 545 ; 2017 AB 124, 125

Sous l'Ancien Régime, le manoir de la Grange dépendait du château de Mairé. Le fief, d'abord connu sous le nom de "Vaudebloys", est signalé dans des archives notariales dès 1459. Il prend le nom de "La Grange" probablement entre le 15e et le 16e siècle.

Le premier seigneur connu est un certain Guion (ou Guyon) le Lièvre, qui rend hommage au seigneur de Mairé pour sa terre de la Grange le 23 janvier 1507. Au 17e siècle, le manoir appartient aux Quantin, une famille anoblie issue de la bourgeoise lochoise, mentionnée dans les registres paroissiaux de Mairé. Au siècle suivant, c'est la célèbre famille de Voyer de Paulmy d'Argenson qui possède le manoir. Ils sont aussi propriétaires du château des Ormes au nord de Châtellerault et se sont illustrés dans des charges administratives et militaires sous Louis XV et Louis XVI.

Malgré les troubles de la Révolution, la famille d'Argenson parvient à conserver la propriété de la Grange et transforme le manoir : le grand corps de logis situé au sud de la propriété est construit en 1838. À partir du milieu du 19e siècle, le manoir appartient encore à une descendante des d'Argenson, Mélanie Fournier de Boisayrault d'Oyron, mariée à Jules-Octave Luce de Trémont.

Période(s)Principale : 17e siècle , (?)
Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Dates1838, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Les bâtiments sont répartis autour de deux cours (l'une au nord, l'autre au sud) séparées par une étable et deux granges.

La cour nord rassemble les différents bâtiments d’exploitation. C’est ici que se trouve l'ancien pigeonnier-porche, l'élément le plus ancien du manoir de la Grange. L'accès au pigeonnier se fait par un escalier droit en bois, situé le long de l'élévation ouest et abrité par un hangar. Les boulins, ou nichoirs à pigeons, recouvrent les quatre parois intérieures, du sol à la corniche. Ils sont accessibles par une échelle attachée à un mât qui peut tourner sur lui-même. Les oiseaux entrent à l’intérieur par une petite ouverture située sur l’élévation sud. Le passage sous le pigeonnier, qui permettait d’accéder à la cour du manoir, a été muré à une époque ancienne, comme en témoigne la forme d'une fenêtre située sur l’élévation sud. En effet, la baie présente un chanfrein large et un linteau formant un arc segmentaire, ce qui pourrait permettre de la dater du 17e ou du 18e siècle. Le passage muré est donc devenu une salle basse, voûtée en berceau. Sur les élévations nord et sud, de grands arcs segmentaires signalent la présence de cet ancien accès à la cour du manoir. Le pigeonnier a semble-t-il été renforcé vers l'ouest par un contrefort, visible sur son élévation sud. La tour est couronnée d'une corniche en calcaire et couverte par un toit en pavillon.

La cave, voûtée en berceau, se trouve dans un bâtiment situé à l’ouest de la cour nord. Il est accessible par une grande porte couverte d’un arc en plein cintre, aujourd’hui partiellement murée. À l’est du pigeonnier, un petit bâtiment localement connu comme le « juche aux prots », servait de perchoirs à dindes. Absent sur le plan cadastral de 1833, il a dû être construit au 19e siècle. Cette petite dépendance sépare le pigeonnier d’un grand corps de bâtiment plus à l’est. Ce dernier devait accueillir des dépendances et un logement pour les fermiers. La partie gauche de ce corps de bâtiment présente un sous-bassement en silex et plusieurs chaînes en pierre de taille sur sa façade. Une étable et une grange, construites sous le même toit, marquent la séparation entre la cour nord et la cour sud. Elles sont couvertes par un grenier accessible par deux lucarnes pendantes. Accolée à ces dépendances et construite en retour d’équerre, une autre grange est couverte d’un toit à croupe. Elle reprend le type des granges à avant-toit, particulièrement bien représenté à Mairé.

Le grand logis, construit en 1838, prend place au sud de la propriété. Il est composé d’un grand corps de logis et de deux pavillons à ces extrémités occidentales et orientales. La plupart des ouvertures sont couvertes par des plates-bandes. Aujourd'hui, l'intérieur a été largement transformé et re-cloisonné. Les élévations sont enduites, hormis l'élévation orientale du pavillon ouest et l'élévation occidentale du pavillon est. Ces deux façades sont construites en pierre de taille et sont ouvertes par des oculus, localement appelées "boulites".

À l’ouest, un puits en pierre de taille permettait aux habitants de s’alimenter en eau.

L’exploitation agricole est complétée par un four à pain, situé au nord et une grange, située au sud de la propriété.

Murscalcaire enduit
Toittuile plate
Plansplan symétrique
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrementsvoûte en berceau
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
toit en pavillon
Typologiesgrange à avant-toit ; ferme à bâtiments séparés
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablespigeonnier

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 5501-5507
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2538
Bibliographie
  • De l'Hermite-Souliers, Histoire généalogique de la noblesse de Touraine, Paris, 1665.

    p. 110
  • PAIN, Armelle et FORESTIER, Carine (coord.). Le patrimoine des communes de la Vienne. Paris : Flohic, 2002.

    p. 730 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 709.446 3 PAT POI
  • Lainé, P. Louis, Archives généalogiques et historiques de la Noblesse de France, volume 5, Paris, 1836.

    p. 5
  • Lalanne, abbé. Histoire de Chatelleraud et du Chatelleraudais, Châtellerault : chez A. Rivière, imprimeur-libraire, 1859.

    p. 501, 502
  • Pouliot, Maurice ; Salvini, Joseph ; Villard, François. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Vienne, Série E supplément (Communes), Tome cinquième, Imprimerie P. Oudin, Poitiers, 1970.

    p. 179-184
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 198 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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