Dossier IA17051041 | Réalisé par
Manoir de la Baine ou de la Basse-Baine
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Chaniers
  • Lieu-dit Baine (la)
  • Adresse
  • Cadastre 1812 F3 2106 à 2113  ; 2018 AY 139, 151, 152
  • Dénominations
    manoir
  • Appellations
    Manoir de la Baine
  • Parties constituantes non étudiées
    logement, étable, laiterie, chai, puits, jardin d'agrément, orangerie

Ce domaine est une dépendance du fief de la Haute-Baine. Dans les années 1630, ce dernier est détenu par Jean Goy, procureur du roy au siège présidial de Saintes. Les bâtiments sont alors décrit comme "maisons, autres bastiments, basse court, jardin, quereux, ouches et aubaries y joignant, vulgairement appelée la Basse Baine." Les moulins n'en font alors pas partie et appartiennent aux frères Charles et Jacques Duval. La tour d'escalier hexagonale pourrait dater du tournant des 15e-16e siècles, tandis que le portail est surmonté d'une clé gravée de la date 1675 (date vraisemblable du corps de bâtiment accolé à la tour).

Le fief de la Haute-Baine semble démembré et, par la suite, la propriété de la Basse-Baine passe, par les femmes, aux familles Raboteau à la fin du 17e siècle, de la Lande, Gentil de Brassaud, de Beaumont d'Echillais, puis à Louis de Mânes (ou Demane). C'est ce dernier, semble-t-il, qui entreprend de nombreux travaux dans les années 1770 et achète les moulins, en 1781, pour les réunir au domaine. A la Révolution, il émigre et ses biens sont vendus comme nationaux. Ils sont acquis par Jean-Roger Boulanger, de Saintes, l'orangerie ayant déjà été cédée au sieur Viaud, également saintais. Avant 1812, la propriété est passée des Boulanger aux Rogé (ou Roger). Cette famille fait édifier une maison à l'ouest de la demeure historique dans le courant du 19e siècle, et, un peu avant 1890, une distillerie et un magasin (il s'agit vraisemblablement du bâtiment édifié entre la demeure et la laiterie). Parallèlement, l'orangerie a été transformée en habitation appartenant aux Tardy, puis aux Pourcelet.

En 1890, M. Roger, pharmacien à Angoulême, cède le domaine à Joseph Raïssac, percepteur à La Couronne (Charente). Dès 1893, la distillerie et le magasin sont transformés en bâtiment rural. Resté aux mains de la famille Raïssac depuis quatre générations, la propriété est désormais scindée en trois entités.

  • Période(s)
    • Principale : limite 15e siècle 16e siècle, 2e moitié 17e siècle, 2e moitié 18e siècle
  • Dates
    • 1675, porte la date

Le domaine de la Basse-Baine s'élève au nord-ouest de l'écart de la Baine, et sur la rive droite de la Charente le long du canal d'évacuation des moulins que traverse une passerelle en bois. L'espace de l'ancien chemin de halage se trouve sous les murs qui ferment la propriété de ce côté. Un chemin privé, qui relie la berge à la route reliant la Baine au bourg de Chaniers, est bordé du côté est d'un alignement de constructions et de murs de clôture. Un portail et une porte piétonne couverts d'arcs surbaissés se présentent à peu près au centre de cet alignement, avec clés et pierres d'imposte saillantes. La clé du portail est gravée de la date, actuellement illisible,"1675".

L'accès à la demeure historique se fait par ce portail derrière lequel se trouve un large espace bordé au sud par un bâtiment en rez-de-chaussée légèrement surélevé, qui servait autrefois de laiterie. Du côté ouest, dans l'alignement du portail, se dressent un logement de ferme, un chai, une étable, une écurie et, en retour d'équerre, de vastes chais qui font pendant au bâtiment de la laiterie. Tous ces bâtiments sont bâtis en moellon et couverts de tuile creuse ; celui de la laiterie est en rez-de-chaussée et comble à surcroît, le logement et le chai sont dotés d'un étage carré, tous les autres sont en rez-de-chaussée.

La façade principale de la demeure se trouve du côté sud-est, dans l'alignement du pignon du bâtiment de la laiterie. Cette dernière a été reliée au bâtiment principal par un appentis. La demeure est doté d'un rez-de-chaussée surélevé au dessus d'un rez-de-jardin et d'un étage carré. Les murs, partiellement cachés par de la vigne vierge, sont en moellon enduit, avec les pleins de travées, les chaînages d'angle et les encadrements d'ouvertures en pierre de taille. Ils présentent un fruit sur toute leur hauteur, plus accentué encore à la base. Les façades sont couronnées d'une corniche au profil en doucine, à l'exception de celle de la façade sud au profil constitué d'une série de réglets.

La façade principale est dotée de quatre travées d'ouvertures réparties sans ordonnancement : la porte ouvre sans symétrie entre les deux premières travées du côté nord, et la fenêtre de l'étage à l'extrémité sud surmonte un mur plein. Les fenêtres sont dotées d'appuis plats, à l'exception de celles situées de part et d'autre de la porte d'entrée dont l'appui mouluré est plus fin, différent encore de celui de la fenêtre isolée de l'étage. La porte est surmontée d'une ornementation à volutes de part et d'autre d'une clé sculptée d'un décor d'ancre marine sur un fond de vaguelettes.

Contre la façade ouest s'appuie la tour d'escalier de plan hexagonal, dont la mise en oeuvre est essentiellement en pierre de taille, les moellons n'étant utilisés qu'en de rares endroits. Un désordre dans la maçonnerie montre que des modifications ont été apportées dans le collage avec le bâtiment adjacent. Cette tour présente trois niveaux séparés par un bandeau plat, un changement d'appareil montre que le plus haut a été exhaussé. La toiture à pans en ardoise, surmonté d'un épi de faîtage, surmonte une corniche moulurée. De toutes petites ouvertures allongées et une plus grande placée tout en haut éclairent les niveaux. La base du noyau de l'escalier présente des moulures prismatiques.

Au rez-de-jardin, une ancienne cuisine présente encore son dallage en pierre, sa large cheminée en pierre calcaire, aux piédroits présentant un contre-fruit et se terminant en corbeau, et son potager en pierre calcaire aménagé dans l'embrasure d'une fenêtre.

La maison du 19e siècle est entièrement en pierre de taille et présente sa façade principale au sud. Cette dernière est dotée de cinq travées d'ouvertures et couronnée d'une corniche à denticules. Ses deux niveaux d'ouvertures sont séparés par un cordon plat.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon
  • Toits
    tuile creuse, ardoise
  • Étages
    rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit polygonal
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier tournant

Documents d'archives

  • Etat de sections de la commune de Chaniers, 1812.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 845-846
  • Matrices cadastrales de Chaniers, 1882-1910.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 855
  • Atlas terrier de la seigneurie de Chaniers, 1614-1660.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : G 250
    art. 844, 874
  • an 3, 6 germinal : procès-verbal de consistance des biens nommés la Basse-Baine appartenant à Louis Demane, émigré.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : Q 127

Bibliographie

  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : éditions Patrimoines et médias, 2008.

    p. 619

Annexes

  • Extrait de l'article 844 de l'Atlas terrier de la seigneurie de Chaniers, 1620-1660. AD Charente-Mariime, G 250.
Date d'enquête 2019 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Articulation des dossiers