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Maisons, fermes : l'habitat de Mairé

Dossier IA86009513 réalisé en 2018

Fiche

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Aires d'étudesVals de Gartempe et Creuse
Dénominationsmaison, ferme, dépendance, grange, four à pain
AdresseCommune : Mairé

Caractéristiques de l'habitat

En 2015, d'après l'INSEE, Mairé comptait 148 logements dont plus de la moitié étaient des résidences secondaires (52,7%). Parmi les résidences principales, il est estimé que 41, soit 53,3% du nombre total, ont été construites avant 1946. La grande majorité des constructions recensées à Mairé sont soit remaniées soit reconstruites au cours du 19e siècle. D'après les matrices cadastrales, d'importantes activités de constructions et de reconstructions ont eu lieu au cours de la seconde moitié du 19e siècle, avant de décliner dans les années 1890 et au début du 20e siècle.

Le calcaire tendre local est employé dans la quasi-totalité des constructions de la commune. Elle est donc particulièrement sensible aux remontées capillaires venues du sol, qui endommagent la partie basse des murs. Le silex, plus résistant à l'humidité, est par conséquent utilisé en pieds de mur, pour protéger le reste des maçonneries. La brique est employée de manière très anecdotique, dans des entourages de baies sur des édifices construits à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Le matériau de prédilection pour les couvertures est la tuile plate, produite localement pendant la première moitié du 19e grâce à la présence d'une tuilerie près des Aliaux.

Le bourg est la partie la plus densément peuplée du territoire de Mairé. Malgré les reconstructions et les transformations de nombreuses maisons au 19e siècle et au début du 20e siècle, quelques habitations possèdent encore des traces de remaniements antérieurs. Ainsi, la maison située au n° 7,9 de la route de Châtellerault et une maison de la rue du vieux port présentent des vestiges des 15e et 16e siècles. La maison au n°20 de la place de la mairie a quant à elle conservée une cave voutée en berceau brisé, qui pourrait dater de la période médiévale.

Dans les hameaux, une ferme située aux Boutins présente aussi un plan caractéristique des fermes de la fin du 15e ou du début du 16e siècle. À la Petite-Guerche, une maison située en bord de route a aussi conservé une fenêtre à croisée, elle aussi datable de cette période.

Parmi les vingt-deux hameaux de la commune, la Petite-Guerche est le plus peuplé. Situé à la limite nord de Mairé et partagé en deux avec Leugny, il est implanté en face du bourg de la commune de la Guerche, sur la rive opposée de la Creuse. Le hameau a eu une certaine importance dans le passé car à la fin du 19e siècle, il possédait sa propre école primaire, qui accueillait des enfants de la Guerche et de Leugny, ainsi que son propre port sur la Creuse où un bac permettait de traverser la rivière.

En dehors du bourg et du hameau de la Petite-Guerche, la population se concentre dans la partie nord et la partie sud du territoire communal. En effet, l'emprise de la forêt de la Groie est telle que les habitations ont dû s'implanter dans les vallons du Gué de la Reine et du ruisseau du moulin au Roi. L'installation des constructions à mi-pente permettait de les protéger du vent soufflant sur les hauteurs et d'éviter la stagnation des eaux de pluies comme c'est le cas en fond de vallée.

Les hameaux habités étaient autrefois bien plus nombreux qu'aujourd'hui. En effet, le phénomène d'exode rural amorcé à partir des années 1840 entraîne un abandon progressif de certaines fermes qui finissent par tomber en ruines. C'est le cas aux Massoneaux, aux Biez, aux Minimes, aux Chenières, aux Chézeaux, à la Chevrolière, à la Caraque, à Bois-Boisseau et à Prends-t'en-Garde, qui sont tous signalés sur le cadastre de 1833 mais qui sont aujourd'hui ruinés ou totalement détruits. La Malsassière était l'un des plus important hameau de la commune au 19e siècle mais a lui aussi perdu des habitants. Par conséquent, une grande partie des constructions visibles sur le plan cadastral ont aujourd'hui totalement disparues. Quelques restes de murs envahit par la végétation laissent encore deviner l'emprise au sol de ces bâtiments.

Il y a peu d'exemples d'habitations construites après la Seconde Guerre mondiale dans le village. La plupart d'entre elles sont des maisons pavillonnaires, bâties dans le bourg près de la route de Châtellerault et vers la route de Leugny.

Fermes et dépendances

Plusieurs hameaux de la commune sont mentionnés dès le milieu du 16e siècle mais il est très probable que ces lieux étaient déjà peuplés dès le milieu du Moyen Âge.

Sur les vingt-six fermes recensées lors de l'inventaire, la grande majorité (20) est composée de bâtiments séparés, indépendants du logement. Dans les fermes construites à partir de la seconde moitié du 19e siècle, les constructions délimitent une grande cour centrale de forme rectangulaire ou carrée comme à Tilly, à Rocreuse ou à Saint-Hubert. Dans les fermes plus anciennes, comme aux Boutins, les constructions sont disposées aléatoirement les unes par rapport aux autres. Les autres fermes rencontrées sur le terrain sont du type ferme-bloc en longueur (3) ou du type ferme à bâtiments jointifs (2) comme c'est le cas aux Rivaux.

La commune a conservé plusieurs exemples de granges à avant-toit sur tout son territoire. Alors que leur présence est généralement anecdotique dans des communes de plus grande taille, 9 granges de ce type ont été recensées à Mairé. Trois d'entre elles sont situées dans le bourg ou à proximité de celui-ci, le reste est répartis dans les différents hameaux aux alentours. Quelques-unes étaient déjà construites avant la réalisation du cadastre de 1833, comme à la Grange et à la Fourneraye d'Arnac. Elles pourraient dater de la seconde moitié du 18e siècle ou du début du 19e siècle. Celles qui ne sont pas visibles sur le cadastre ont été construites au cours du 19e siècle. Elles sont systématiquement munies d'une grande porte charretière couverte d'un linteau en bois et située sur le mur gouttereau. Au-dessus, un avant-toit caractéristique de ce type de grange protège l'entrée des intempéries. Il est généralement supporté par des aisseliers en bois, au-dessus desquels des nichoirs à pigeons peuvent être aménagés comme c'est le cas à la Malsassière. Le toit est très souvent composé de deux longs pans, parfois brisés, et complété par des croupes sur les murs latéraux. Ces granges sont parfois associées à de petits abris en appentis pour loger des animaux qui viennent s'appuyer sur la construction.

De nombreuses fermes de la commune ont aussi conservé leur four à pain. Aujourd'hui, 14 ont été repérés dans la commune mais ils étaient bien plus nombreux avant la seconde moitié du 20e siècle. En effet, la modernisation et l'arrivée des fours électriques dans les cuisines a souvent été la cause de leur destruction. Alors qu'il est courant pour les fours de se trouver en bordure de route et d'être utilisés par toute la population d'un même hameau, cela ne fut pas toujours le cas à Mairé puisque plusieurs fermes attenantes peuvent avoir leur propre four. Le plus souvent, ils sont situés sur les murs pignons du logement ou d'une dépendance. Dans la grande majorité des cas, ils sont voûtés en pierre calcaire et protégés par un auvent à deux pans ou un toit à un pan. Ils peuvent aussi être situés dans un bâtiment indépendant appelé fournil, comme à la Grange, à Rocreuse ou au moulin au Roi par exemple. D'après la tradition locale, ils étaient aussi employés jusqu'à une époque récente pour faire sécher les prunes récoltées à Mairé et les transformer en pruneaux.

Typologiesmaison en retrait ; maison en alignement sur la voie ; maison à balet ; ferme-bloc en longueur ; ferme à bâtiments séparés ; ferme à bâtiments jointifs ; grange à avant-toit
Toitstuile plate, ardoise
Murscalcaire enduit
Décompte des œuvresétudiées 3
repérées 51
bâti INSEE 148

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 5501-5507
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2538
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2540
Bibliographie
  • Jean, Suzanne, L'architecture rurale française: Poitou, Pays charentais, Paris, 1981.

    p. 28
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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