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Maisons, fermes : l'habitat de Coussay-les-Bois

Dossier IA86009412 réalisé en 2017

Fiche

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Aires d'étudesVals de Gartempe et Creuse
Dénominationsmaison, dépendance, ferme
AdresseCommune : Coussay-les-Bois

Les habitations de Coussay-les-Bois sont majoritairement agglomérées dans le bourg et ses environs. Peu de maisons antérieures à la Révolution subsistent. Certaines d’entre elles, comme la maison natale du père Pierre Joseph Coudrin, ont conservé un escalier extérieur protégé par un auvent sur poteaux de bois, appelé "balet". Les quelques linteaux décorés d’accolades visibles dans le bourg, synonymes d’architecture médiévale ou du début du 16e siècle, sont en réalité des réemplois de pierres anciennes dans des édifices plus récents.

En effet, la majorité des constructions a été largement modifiée, voire reconstruite, au cours du 19e siècle. Six habitations du bourg portent des dates inscrites sur leur façade : elles sont toutes du 19e siècle, entre 1821 et 1888. Avec l’essor démographique important et l’établissement de nouveaux axes de communication à partir des années 1830, de nouvelles habitations sont construites. La route départementale reliant Châtellerault à La Roche-Posay se couvre de maisons et de boutiques à cette époque et la rue de l’église est prolongée vers le sud pour la rejoindre. En 1842, la municipalité témoigne de son intérêt pour la question de l’aménagement du bourg : à cette date, elle prévoit de dresser un plan d’alignement, mis en application par l’agent voyer cantonal, qui aurait pu entraîner des destructions. Ce plan devait être respecté à la lettre et personne ne pouvait s’y soustraire. Alors que la population commence à diminuer à partir du milieu du 19e siècle, l’agrandissement du centre du village se poursuit, ce qui entraîne une densification progressive de la population. Du milieu du 20e siècle jusqu’à aujourd’hui, des habitations pavillonnaires sont construites autour du vieux bourg. Une zone de bâti continu s’est alors développée jusqu’à rejoindre le hameau du Grand Moulin à l’ouest et le hameau de la Vinière au nord. Au sud de la route départementale, cette aire construite s’est particulièrement étendue en direction de Pleumartin et de Leigné-les-Bois. Dans une moindre mesure, quelques habitations récentes ont été construites vers les hameaux des Minaudières et de Malagué, à l’ouest du bourg.

La pierre calcaire est omniprésente dans la commune, en tuffeau, sous sa forme tendre, ou en pierre plus dure. À partir de la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, la brique apparaît de manière discrète dans certaines constructions, généralement aux encadrements des ouvertures, aux chaînages d’angles, aux souches de cheminées, voire aux corniches.

Les toitures sont traditionnellement couvertes de tuiles plates, produites aux alentours du village. L’ardoise, matériau d’importation autrefois réservé aux constructions les plus prestigieuses, est progressivement employée dans les constructions privées à partir du milieu du 19e siècle. Sur les 64 lieux-dits que compte Coussay-les-Bois (fermes en ruines comprises), 24 sont constitués en villages, c’est-à-dire en groupements de fermes plus ou moins importants ; les plus peuplés, comme les Draux et les Minaudières, peuvent rassembler une quinzaine d’habitations. Les deux autres tiers sont des fermes isolées.

Cette distinction entre villages et fermes isolées peut résulter du type d’exploitation agricole : le faire-valoir direct, lorsque le propriétaire cultive sa propre terre, se rencontre le plus souvent dans de petites exploitations, appelées borderies, qui ont tendance à se regrouper en villages. Étant généralement pauvres et mal équipés, les bordiers se regroupent autour des terres "légères", plus faciles à travailler. La vie communautaire favorise aussi l’entraide et permet d’utiliser des aménagements collectifs comme un puits ou un four.

Quant aux métairies, elles utilisent un faire-valoir indirect. Dans ce cas, l’exploitation appartient à un propriétaire, généralement noble pendant l’Ancien Régime, qui loue l’exploitation à un laboureur. Ces fermes sont généralement isolées et plus vastes que les autres. Plusieurs noms de lieux désignant des fermes ou des prés sont cités dès le Moyen Âge dans le cartulaire de l’abbaye de la Merci-Dieu à La Roche-Posay ; ainsi, la Saulaie est mentionnée en 1202, la Marne en 1211, les Courtis en 1218, la Vinière en 1275 et le Gâteau en 1278. Trois fermes de la commune présentent des vestiges antérieurs au 19e siècle. La ferme de la Vieillère possède une porte couverte d’un arc en plein cintre à sommiers saillants qui pourrait dater du 17e ou du 18e siècle.

À la Chapellière, en direction des Boisvinières, un logement de ferme a aussi une porte du même type, qui date de la fin du 17e siècle comme l’indique la date 1690 inscrite sur l’un des claveaux. L’édifice est aussi bâti selon un plan caractéristique des fermes les plus anciennes du territoire, avec une porte d’entrée placée de manière excentrée sur le mur pignon. La forte inclinaison du toit laisse aussi deviner l’ancienneté de la charpente. Enfin, au village des Draux, un petit logement de ferme a conservé une porte murée couverte d’un arc en plein cintre qui peut, elle aussi, être datée du 17e ou du 18e siècle.

Typologiesmaison à balet ; maison en retrait ; maison en alignement sur la voie ; ferme à bâtiments séparés ; ferme-bloc en longueur ; ferme de plan allongé ; ferme à bâtiments jointifs
Toitstuile plate, ardoise
Murscalcaire
silex
Décompte des œuvresétudiées 2
repérées 58

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1836-1914: Matrice des propriétés foncières de Coussay-les-Bois.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2226-2231
Documents figurés
  • AD 86. E N 1728, 1785 : Atlas des seigneuries de Coussay, la Vervollière et de la Trompaudière.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E N 1728
  • AD 86. 4 P 5432-5441, 1833 : Coussay-les-Bois, cadastre napoléonien

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 5432-5441
Bibliographie
  • Clouzot, Étienne, Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu, autrement dite de Bécheron, au diocèse de Poitiers, Archives Historiques du Poitou, tome 34, Poitiers, 1905.

  • Jean, Suzanne, L'architecture rurale française: Poitou, Pays charentais, Paris, 1981.

    p. 28
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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