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Maisons, fermes : l'habitat à Vicq-sur-Gartempe

Dossier IA86008455 réalisé en 2011

Fiche

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Aires d'étudesVals de Gartempe et Creuse
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Vicq-sur-Gartempe

L'inventaire général du patrimoine culturel de la commune de Vicq-sur-Gartempe a porté sur 121 maisons et 199 fermes ou anciennes fermes. Ont été prises en compte les constructions antérieures aux années 1960, à l'exception de celles pour lesquelles de récents remaniements rendent l'état d'origine illisible. Les bâtiments retenus témoignent d'un patrimoine ancien bien préservé, et d'une variété de formes liée aux caractéristiques naturelles et aux activités humaines. L'habitat est construit en grande majorité en pierre calcaire, extraite dans les carrières locales, et notamment en pierre de Montin, dont la teinte rouge est aisément repérable. Cette pierre a été largement utilisée pour la construction dans le centre de la commune, mais n'a pas été repérée dans les bâtiments de la rive droite de la Gartempe. Le matériau privilégié pour la couverture est la tuile plate, omniprésente jusqu'à la fin du 19e siècle. L'ardoise est relativement peu présente et concerne des bâtiments construits ou remaniés à partir de la fin du 19e siècle. Les fermes sont situées essentiellement dans les hameaux et regroupent un, voire plusieurs logements et des dépendances : grange, étables, parfois un puits et un four à pain. La moitié des fermes présentent des bâtiments dispersés, de part et d'autre d'une cour ou d'un chemin. L'autre moitié concerne des fermes dont les bâtiments sont jointifs (un quart sans organisation préétablie, un quart avec des bâtiments alignés ou perpendiculaires). Quelques anciennes fermes ont été repérées dans le bourg, notamment dans la Grand'Rue où l'habitat est pourtant particulièrement dense. Les dépendances ont alors été construites à l'arrière, dans une cour accessible depuis la rue par un passage couvert surmonté d'un grenier. Les maisons sont essentiellement concentrées dans le bourg, où elles sont souvent mitoyennes, et dans les hameaux proches, comme les Guyots et la Guyonnerie. Elles possèdent le plus souvent un étage, contrairement aux logements de ferme. Elles appartenaient souvent à des artisans ou à des commerçants qui tenaient leur magasin en rez-de-chaussée. Les dépendances agricoles. Les dépendances agricoles étaient ajoutées, agrandies ou supprimées en fonction des activités pratiquées, sans plan préétabli. Les granges-étables servaient à la fois à abriter le matériel, à stocker les récoltes et à abriter le bétail. Elle sont le plus souvent de plan allongé, avec la façade sur le mur gouttereau. Une dizaine de granges-étables, plus grandes et probablement destinées avant tout à l'élevage, sont de plan carré et à façade sur le mur pignon. Les fermes comportent presque systématiquement de petites étables, appelées toits, qui abritaient différents types d'animaux, cochons, poules, âne... Certaines fermes comprenaient un puits, avec de nombreuses variantes (à margelle circulaire ou carrée, ou bien avec des murs qui s'élèvent jusqu'au toit), et un four à pain, dont l'ouverture est parfois percée dans le contre-choeur (mur de fond) de la cheminée du logement. À la Baudonnière, des cavités creusées dans la pierre et fermées par un portillon en bois, servaient probablement d'espace de stockage, mais leur fonction exacte est aujourd'hui oubliée. La récolte (grain et foin) était stockée dans les granges ou dans des greniers. Certains greniers, dans le bourg, surmontent les passages couverts dont le plafond est en "bouzillis", mélange de paille et de terre. Le plus souvent, les greniers sont situés au-dessus des logements, dans le comble. La récolte était déposée dans le grenier, dont le sol est souvent couvert de carreaux de terre cuite, par l'intermédiaire d'une lucarne, en pierre ou en bois, aménagée à l'aplomb de la façade. Cette lucarne, présente au-dessus d'une large majorité de logements, est un élément caractéristique des fermes de Vicq-sur-Gartempe, et plus largement des Vals de Gartempe et Creuse. Hormis la culture des céréales et l'élevage, la viticulture a tenu une place importante à Vicq-sur-Gartempe jusqu'aux années 1970. Beaucoup de fermes disposaient d'un champ de vigne et d'un cellier, souvent disparu aujourd'hui, où était stocké le vin. Des cabanes ou loges ont été construites à proximité de ces vignes, pour servir d'abri en cas d'intempéries et pour stocker le matériel. Cinq cabanes de vigneron ont été repérées dans la commune. Une ferme, au Vivier, a été convertie en ferme viticole à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle. Cette spécialisation a nécessité l'aménagement d'un cuvier dans l'ancienne grange. Cette dernière a donc été entièrement transformée : le raisin était chargé au niveau supérieur, dans le comble, par l'intermédiaire d'une lucarne et d'une poulie ; il descendait par des trémies dans trois immenses cuves au rez-de-chaussée, où se trouvait aussi le pressoir. L'extrémité du bâtiment servait de chai. Les logements. Les maisons et fermes les plus anciennes datent probablement du 15e siècle. Une maison à pans de bois était située dans le bourg, au bord de la route de La Roche-Posay. Aujourd'hui totalement remaniée, on connaît sa forme initiale grâce à des photographies anciennes. De nombreux logements, très modestes et souvent composés d'une pièce unique, datent des 15e ou 16e siècles. Ils présentent un certain nombre de points communs : pièce de forme carrée, peu éclairée par une ou deux petites baies, sol empierré ou en terre battue, cheminée à hotte adossée sur des corbeaux souvent chanfreinés. Quatre exemples, probablement parmi les plus anciens, à Changobert, à la Serenne, à Ris et aux Lauriers, se distinguent par leur façade sur un mur pignon : la porte est percée près d'un angle (à droite pour trois d'entre elles), et à l'intérieur, la cheminée est adossée à la partie centrale de ce mur. Ce dernier type de logement a également été repéré lors de l'inventaire du Parc Naturel Régional de la Brenne, dans le département voisin de l'Indre. Une dizaine de baies décorées d'une accolade, caractéristiques des 15e et 16e siècles, ont été repérées. Les encadrements chanfreinés, qui sont courants dans les constructions jusqu'au 17e siècle, sont présents sur près de 40 maisons ou fermes de la commune. Ces éléments sont parfois des vestiges d'un bâtiment ancien qui a été remanié ou sont utilisés en remploi sur des constructions plus récentes. Les maisons et fermes construites aux 17e et 18e siècles sont présentes en plus grand nombre. Au total, la moitié de l'habitat repéré est, en totalité ou en partie, antérieur à la Révolution. Les dates inscrites sur les bâtiments, souvent au-dessus des ouvertures, deviennent progressivement plus fréquentes. Aucune date antérieure au 17e siècle n'a été observée, contre trois dates au 17e et sept au 18e siècle, sur un total de 35 repérées. Quelques maisons ou fermes du 17e siècle présentent des portes couvertes en plein cintre ou en anse de panier, parfois encadrées de pilastres. Les baies couvertes en arc segmentaire sont largement répandues et sont des éléments représentatifs du 18e siècle. Les toitures des logements antérieurs à la Révolution sont généralement plus pentues que pour les logements plus récents. Ils approchent ou dépassent parfois les 45 degrés d'inclinaison. Environ la moitié de l'habitat repéré à Vicq-sur-Gartempe date du 19e siècle. Plusieurs changements peuvent être observés. Les logements du 19e siècle sont dans l'ensemble plus grands que les plus anciens. Quelques maisons de taille importante, appartenant à des notables, des commerçants, des artisans ou des propriétaires parmi les plus aisés de la commune, sont construites dans le bourg, autour de la place ou le long de la Grand'Rue. Elles ont un étage, une façade où les baies sont alignées en travées et un toit à croupes (à quatre pans de toiture). Au 19e siècle, les fenêtres s'agrandissent et la pierre de taille est davantage employée, notamment pour les angles et les encadrements d'ouvertures. De nouveaux matériaux apparaissent, essentiellement dans le bourg, à la fin du 19e siècle. Ces matériaux, qui n'étaient pas produits sur place, étaient probablement acheminés par les nouveaux moyens de transport, comme le train. L'ardoise, provenant de l'Anjou, remplace alors souvent la tuile plate locale (au total, 75 maisons et fermes ont des parties couvertes en ardoise, contre 294 en tuile plate). Plus tard, la tuile mécanique fait aussi son apparition à Vicq (32 maisons et fermes), alors que la tuile creuse reste employée dans des proportions anecdotiques (3 fermes). À partir de la fin du 19e siècle, la pierre locale est également concurrencée par le tuffeau, qu'on peut trouver dans les carrières à quelques kilomètres au nord de la commune. Ce matériau a d'ailleurs été utilisé à Vicq pour construire des maisons en pierre de taille. Trois exemples sont visibles dans le bourg, sur la place, sur la route de Pleumartin et à l'angle de la Grand'Rue et de la rue du Pont. La brique, rare jusqu'ici, est employée pour les encadrements des ouvertures ou pour réaliser des bandeaux décorant la façade. Quelques décors sculptés et des corniches ont été repérés mais ils restent limités aux demeures les plus cossues. Les maisons et fermes construites au 20e siècle sont plus rares. Il s'agit principalement de maisons situées à la sortie du bourg, sur la route de La Roche-Posay, ou de bâtiments ou logements de ferme construits ou reconstruits dans la première moitié du 20e siècle. Deux demeures construites au début du 20e siècle, en 1905 et 1906, sont cependant remarquables : la villa des Guyots et surtout la villa des Îles. Elles sont caractéristiques de l'architecture de villégiature et concentrent un important décor. Les maisons à escalier extérieur. La commune de Vicq-sur-Gartempe se distingue par un nombre très élevé de maisons à escalier extérieur. 36 maisons de ce type ont été repérées, dont 17 dans le bourg et 19 dans les hameaux (4 aux Guyots, 4 à la Baudonnière, 2 à la Serenne). Beaucoup d'autres ont disparu, dont on connaît l'existence par des témoignages ou des illustrations anciennes. Elles suggèrent une organisation différente de l'habitation. Le plus souvent, l'habitation était située à l'étage, accessible par cet escalier, et le rez-de-chaussée avait une autre fonction : pour un grand nombre de maisons du bourg, il s'agissait très probablement d'un cellier, destiné à entreposer les tonneaux de vin résultant des récoltes des nombreux champs de vignes autour du bourg, et pour les maisons situées dans les hameaux, d'une étable. L'escalier est le plus souvent droit, accolé et parallèle à la façade, mais il existe plusieurs autres formes, très variées. Certains sont perpendiculaires à la façade (route de Pleumartin, rue de l'Eglise), d'autres sont accolés à l'élévation latérale (place de l´Église). Quelques-uns, par manque de place, présentent un angle droit (place du bourg, rue des Buttes). Treize d'entre eux sont ou étaient couverts d'un petit toit, parfois appelé balet, porté par des poteaux en bois. Une excroissance du toit est parfois aménagée pour permettre l'accès à la lucarne du comble. L'escalier est entièrement en pierre, à l'exception de quatre maisons, où les premières marches sont en pierre et les suivantes, protégées par le toit, sont en bois. Beaucoup de ces maisons datent des 17e et 18e siècles, mais il en existe quelques exemples datant du 19e siècle et du début du 20e siècle. Certains cas atypiques ont été relevés. Deux escaliers extérieurs situés dans le bourg (place de l´Eglise et Grand'Rue) permettaient chacun l'accès aux étages de deux maisons accolées. L'escalier appartenait vraisemblablement à l'un des propriétaires, l'autre ayant un droit de passage ou ne pouvant l'utiliser qu'en cas d'urgence. L'un de ces exemples présente d'ailleurs quelques marches supplémentaires sur la moitié de la largeur pour permettre l'accès à l'une des portes, plus haute que l'autre. Dans la rue de Rome, deux petites maisons présentent chacune leur escalier, les deux étant accolés. Certaines maisons disposent ou disposaient de plusieurs escaliers extérieurs (rue de l´Eglise, la Baudonnière), probablement à la suite d'une division en plusieurs logements.

Période(s)Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Toitstuile plate
Murscalcaire
enduit
moellon
Décompte des œuvres repérées 299
étudiées 21
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Ourry Yann