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Maisons, fermes : l'habitat à Nantillé

Dossier IA17040649 réalisé en 2013

Fiche

Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
Dénominationsdemeure
AdresseCommune : Nantillé

En plus des éléments remarquables du patrimoine, l'inventaire du patrimoine de Nantillé a porté sur 23 maisons et 90 fermes ou anciennes fermes. Ont été prises en compte les constructions antérieures aux années 1950, à l'exception de celles pour lesquelles de récents remaniements rendent l'état d'origine illisible. Les anciennes dépendances transformées en logements n'ont pas été non plus prises en compte.

La commune de Nantillé s'étend sur un territoire de 1123 hectares où les zones d'habitat sont relativement dispersées sur le territoire communal. Le bourg est seulement composé de quelques maisons et fermes, à l'inverse de quelques hameaux qui comptent une surface habitée nettement supérieure. D'autres lieux-dits, composés soit de quelques propriétés soit de fermes uniques, complètent le territoire communal. Le bourg et les hameaux conservent leur organisation du début du 19e siècle, visible sur le plan cadastral napoléonien de 1819. En comparant ce dernier avec le cadastre actuel, on constate que l'évolution concerne des modifications sur les bâtiments. Ces modifications concernent essentiellement des démolitions et reconstructions de demeures depuis le début du 19e siècle. Cependant quelques ensembles conservent des éléments antérieurs à cette période. Parmi les constructions les plus anciennes de la commune, on compte quelques ensembles portant un ou plusieurs éléments datables des 16e-18e siècles. Le plus ancien, aujourd'hui à l'état de vestiges, est situé au centre du hameau Chez Villain. Sur un mur d'un ancien logement est visible une porte en arc brisé datable au moins du 16e siècle. Ce bâti était peut-être destiné, à l'origine de sa construction, à une autre utilisation qu'un logement. Les bâtiments construits, en tout ou partie, aux 17e et 18e siècles sont relativement rares à Nantillé. Ils sont généralement repérables par des éléments de décors ou bien par une date inscrite sur l'édifice. Il faut toutefois préciser qu'il ne s'agit que très rarement d'édifices entiers, mais bien souvent d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite. Au hameau Chez Le Baud, une ancienne ferme est dotée d'un logement construit dans le début du 17e siècle. Sur sa façade sont visibles des éléments de cette période de construction : une baie chanfreinée et une porte à encadrement surmonté d'une fronton. La date 1610 est inscrite sur la porte d'entrée. Le 18e siècle concerne davantage d'ensembles du territoire communal. Une ferme située au hameau La Roche possède un logement et une dépendance typiques de cette période. D'autres ensembles du 18e siècle ont été répertoriés grâce à des dates inscrites sur des bâtiments. Ces datations, au nombre de sept, couvrent le siècle entier : 1707 à La Tranchée, 1743 à La Roussellerie, 1780, 1782, 1784 au hameau Chez Le Baud, 1786 au hameau La Ferme et 1795 au Crignolet. Les deux tiers des ensembles inventoriés se trouvent à l'emplacement de bâtis figurés sur le plan cadastral de 1819. Le dernier tiers correspond à des ensembles datés de la 2e moitié du 19e siècle, plus particulièrement du 3e quart du 19e siècle, époque de prospérité viticole. A Nantillé, ces constructions sont très anarchiques, sans aspect défini. Construites certainement selon les moyens financiers de leur propriétaire, elles s'apparentent à des logements à pièce unique ou à des maisons de maître à façade en pierre de taille. Dans le bourg, deux maisons, situées l'une en face de l'autre dans la même rue, ont été construites dans le 3e quart du 19e siècle. La première est une maison dite saintongeaise construite en moellon et avec un ancien grenier aménagé ; la deuxième est une maison de maître avec deux étages habitables et une façade en pierre de taille dotée de décors raffinés. Dans le 4e quart du 19e siècle, Nantillé est touchée par le phylloxéra et presque tout le vignoble de la commune est décimé. Cette crise va entraîner la ruine des exploitations viticoles mais surtout la chute des constructions nouvelles : seulement 18 ensembles datables de la fin du 19e siècle ont été répertoriés sur la commune. Les propriétaires terriens vont alors se tourner vers l'élevage et cette réorientation d'activité va également entraîner la modification des structures existantes en bâtiments dédiés aux animaux. Cette mutation vers l'élevage va s'opérer jusque vers 1950. Dans la 2e moitié du 20e siècle, l'élevage va progressivement faire place à la culture des céréales. Cette nouvelle orientation va avoir se matérialiser par la construction de hangars agricoles. Toujours au cours de la 2e moitié du 20e siècle, une importante proportion des anciens bâtiments est plus ou moins remaniée afin de satisfaire aux exigences du confort moderne. Ces dernières décennies, quelques rares pavillons sont venus s'implanter en périphérie de certains hameaux.

Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

Un chef-lieu de commune résiduel, des hameaux importants La commune de Nantillé se caractérise par une organisation multipolaire : on dénombre en effet de nombreux hameaux plus importants que le bourg sur l'ensemble du territoire communal. Le bourg est identifié en tant que tel uniquement par la présence de l'église qui occupe une place centrale. C'est autour d'elle que sont implantés quelques maisons et anciennes fermes. La desserte des bâtisses est assurée par un axe principal, la route de Saint-Hilaire de Villefranche à Saint-Même, et par un axe secondaire, correspondant à la route menant au Puits d'Asnières.

La a partie principale du bourg se situe à l'ouest de l'église et s'organise le long des deux axes de communication. On retrouve à l'est de l'église, un peu en retrait de l'organisation urbaine du bourg, un important corps de ferme à l'emplacement de l'ancien logis de Nantillé. La comparaison du plan napoléonien de 1819 avec le cadastre actuel du bourg de Nantillé est riche d'enseignements. Elle fait clairement apparaître le réaménagement de l'axe principal du bourg, qui aujourd'hui passe au pied de l'église alors qu'en 1819, il passait plus au nord. Cette réorganisation du réseau est due à la construction de bâtiments dans cette partie nord du bourg. Au cours du 19e siècle quelques bâtisses ont été construites au sud de l'église mais c'est dans la partie nord du bourg que l'extension urbaine a été la plus importante. Ces nouvelles constructions regroupent des bâtiments agricoles ainsi que des maisons d'habitation attenantes. Plusieurs hameaux comptent une surface habitée nettement supérieure à celle du bourg. Les plus denses sont Chez Villain, La Roche et les trois hameaux Chez Jobert, La Chaudiette et Le Pin qui aujourd'hui forment quasiment un ensemble unique. Le hameau Chez Villain se situe à proximité de l'ancienne voie romaine de Saintes à Aulnay de Saintonge. Le réseau principal est complété par un réseau interne formant des îlots qui a peu évolué depuis le début du 19e siècle. Le plan de 1819 montre un bâti très dense au centre du hameau qui a laissé place à un espace vide de presque toutes constructions. Sur cette place sont visibles aujourd'hui uniquement un puits et les vestiges d'une maison d'habitation. À l'image du hameau Chez Villain, La Roche et La Rivière possèdent un réseau de voies internes délimitant plusieurs îlots distincts. La comparaison du cadastre ancien avec l'actuel montre que la bâti de La Roche s'est développé, du 19e siècle à aujourd'hui, au sud-ouest du hameau, le long de la voie de Chez Audebert à Saint-Hilaire de Villefranche. Le hameau Chez Rivière s'est développé au niveau de l'îlot central et au sud-ouest où une grande exploitation est venue se greffer aux autres bâtis. Les trois hameaux Chez Jobet, La Chaudiette et Le Pin, situés au nord-est de la commune, sont proches de l'ancienne voie romaine de Saintes à Aulnay de Saintonge. La Chaudiette et Chez Jobet sont traversés par un axe de communication unique tandis que Le Pin est formé d'un réseau de plusieurs rues formant également des îlots. L'urbanisation récente aux portes de ces trois hameaux en fait aujourd'hui un emble quasiment unifié. L´empreinte agricole sur le bâti Si le nombre des exploitations agricoles a chuté lors des dernières décennies, l'inventaire de la commune a permis de repérer pas moins de 90 ensembles correspondant à des fermes ou anciennes fermes. Ce nombre important d'anciennes exploitations traduit la prédominance de l'activité agricole sur la commune au cours des siècles précédents. Au contraire, l'activité commerciale et industrielle est presque inexistante à Nantillé, seule une ancienne exploitation de carrières de plâtres et une laiterie ont pu être identifiées. L'examen de l'organisation des fermes fait ressortir deux plans prédominants : les fermes à bâtiments jointifs et celles à bâtiments dispersés. Un peu moins d'un quart des fermes possède des bâtiments jointifs, c'est-à-dire des bâtiments accolés les uns aux autres sans ordre particulier. Les fermes à bâtiments dispersés, de part et d'autre d'une cour ou d'une rue, représentent un peu moins de la moitié des ensembles inventoriés. Plus rares sont les fermes à bâtiments allongés ou massés : seulement une dizaine de fermes sont concernées par ce type de plan. Nantillé compte cinq fermes à plan organisé, c'est-à-dire des bâtiments placés autour d'une cour généralement fermée par un portail ou un passage couvert. Ces fermes concernent principalement des grandes exploitations viticoles construites sur de vastes parcelles. Les ensemble plus modestes, construits généralement en plusieurs étapes sur un parcellaire plus étriqué et en fonction de l'espace disponible, adoptent des plans non définis à l'avance. Les fermes regroupent un voire plusieurs logements, et des dépendances comme des granges, des étables, ou encore des hangars agricoles et parfois un puits ou un four à pain. Près de la moitié des fermes ne compte qu'un logement unique contre un tiers qui en possède deux voire plusieurs. Ceux-ci peuvent être hiérarchisés, comprenant généralement un logement patronal de plus ou moins grande dimension et des logements dits d'ouvriers. Les dépendances agricoles sont généralement de taille modeste et sont principalement des granges, des étables et des hangars agricoles, liés à la réorientation de l'agriculture vers l'élevage et la céréaliculture depuis la fin du 19e siècle. À Nantillé, treize hangars à piles maçonnées carrées ou cylindriques ont été répertoriés. Environ une quinzaine de fermes possèdent également leur propre puits, la majorité devant toutefois s'approvisionner aux puits communs que l'on peut encore voir à quelques endroits de la commune. La typologie de l'habitat Parmi tous les logements recensés, on compte une proportion à peu près égale entre les cellules charentaises et les maisons saintongeaises. Les premières sont des logements de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. Les secondes sont des habitations plus vastes, souvent avec un étage habitable voire un comble, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Ces maisons et logements de fermes présentent toutefois une certaine modestie qui démontre les limites de prospérité de leurs propriétaires. Plus de la moitié des maisons sont des constructions en rez-de-chaussée surmonté d'un comble construit à l'origine pour accueillir un grenier, mais aujourd'hui en grande majorité aménagé. Les habitations construites avec un étage habitable, dit étage carré, ne sont pas rares sur la commune et concernent un peu plus d'un quart des constructions réparties dans le bourg et les hameaux. La quasi totalité des maisons est en moellon de calcaire, les deux tiers présentent une façade enduite et l'autre tiers une façade non enduite. L'emploi de la pierre de taille en façade, théoriquement réservé aux demeures les plus riches, se retrouve sur une maison de maître située dans le bourg et sur seulement cinq maisons plus modestes. De la même façon, la couverture à longs pans en tuiles creuses concerne environ la moitié des logements de la commune, et les toits à croupes, plus onéreux à la construction, se retrouvent sur un peu moins d'un quart des maisons. L'emploi de l'ardoise, également réservé aux riches demeures, n'est présente que sur trois demeures. La tuile mécanique est très rare.

Trois logements, de par leur ampleur et leurs décors, ont été qualifiés de maisons de maître : ces opulentes bâtisses de la 2e moitié du 19e siècle se caractérisent par l'emploi de matériaux "nobles" (pierre de taille, ardoise), leurs larges et hautes façades ordonnancées et une certaine profusion d'éléments sculptés. Presque toutes les maisons et les logements de fermes de Nantillé, quelle que soit leur taille et leur agencement, adoptent des décors répétitifs sur leur façade, le solin, le bandeau et la corniche. Des maisons peuvent être dotées uniquement de l'un d'eux ou bien des trois à la fois. Le solin se situe à la base d'une façade et est en général en pierre de taille. Le bandeau, mouluré ou en pierres plates, est placé de façon à distinguer les différents niveaux de construction. La corniche, au sommet de la façade, peut être moulurée ou en pierres plates, voire assortie soit de modillons soit de denticules. La corniche peut aussi être remplacée par une génoise, c'est à dire une rangée de tuiles posées sur champ au sommet de la façade : vingt-sept logements de la commune en sont dotés. D'autres décors, témoins notamment d'une certaine prospérité au 19e siècle, sont visibles sur environ la moitié des façades et des portails de la commune : des agrafes sculptées (partie en saillie placée sur le linteau d'une ouverture), des encadrements d'ouvertures moulurés, des pilastres à chapiteau ou non (partie verticale plaquée aux extrémités d'une façade), des portes surmontées d'une petite corniche soutenue par des consoles sculptées, etc.

Décompte des œuvres bâti INSEE 134
repérés 113
étudié 0
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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