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Maisons, fermes : l'habitat à Lencloître

Dossier IA86013561 réalisé en 2018

Fiche

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Aires d'étudesLencloître
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Lencloître

Lencloître a conservé peu de maisons antérieures à la Révolution : 2 maisons à balets datées du 15e ou 16e siècle, 1 maison dans le bourg avec une fenêtre avec arc en accolade.

La période de construction estimée des maisons et des fermes a été analysée à travers les sources cadastrales (jusqu'à la fin du 19e siècle) et les permis de construire (jusqu'en 1940 environ). Elle fait apparaître une répartition qui suit à la fois l'évolution démographique et urbanistique du territoire. La majorité des maisons du bourg ont été reconstruites après la crue de l'Envigne de 1845 et surtout à partir de la décennie 1860 marquée par la construction de l'hôtel de ville. L'évolution des constructions est également plus rapide dans le bourg que dans les écarts où la majorité des maisons et fermes ont été reconstruites à partir de 1850 environ.

Les fermes ont toutes fait l´objet de modifications (agrandissements, remaniements, suppressions ou ajouts d´ouvertures) au cours des 19e et 20e siècles, pour répondre à l´évolution des besoins de l´agriculture et de l´habitat. La grande majorité des fermes ont aujourd´hui perdu leur vocation agricole.

Période(s)Principale : 15e siècle, 16e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Maisons et fermes de Lencloître

L’habitat à Lencloître est constitué d’un bourg assez dense et de plusieurs hameaux et fermes dispersés dans les écarts.

Les hameaux et écarts

52 éléments de bâtis (principalement des fermes), situés dans les hameaux et 16 fermes isolées ont été repérés.

La commune compte quatre gros hameaux (Sautard, Gaudion, La Coue, et Boussageau) et trois autres plus petits (la Tranchée, Celliers et la Grand Cour). Ces hameaux se sont constitués entre le début du 14e siècle (Boussageau) et le début du 16e siècle (Gaudion 1508 ; La Coue, 1439, Sautard, 1457, La Grand Cour, 1470) et étaient rattachés à des seigneuries.

Plusieurs maisons ont conservé des éléments et des caractéristiques constructifs de cette époque : escalier extérieur protégé ou non par un auvent appelé balet (La Coue, Gaudion), linteaux en accolade (La Coue, Le Dognon), baies chanfreinées, croisées aux fenêtres (Le Dognon).

La majorité des fermes et dépendances ont été reconstruites à partir des années 1840.

L’habitat est souvent constitué de plusieurs constructions à bâtiments séparés édifiés autour d’une cour fermée, appelée parfois cour bâtresse. La grange et l’entrée sous porche, sous un même toit, sont construites le long de la rue principale avec le mur gouttereau donnant sur la rue. Les toitures à deux pans sont couvertes de tuile plate pour les plus anciennes. La tuile canal et la tuile mécanique sont également présentes sur de nombreuses constructions. L'ardoise est plus souvent utilisée sur les maisons d'habitation. Les ouvertures sur la rue sont rares et se cantonnent à la porte charretière en plein cintre ou à linteau de bois, aux fenêtres hautes, aérant et éclairant la grange ou l’étable, et aux trous d’aération constitués de deux tuiles creuses formant un ovale (Boussageau). Les dépendances sont utilisés pour le séchage du chanvre, le stockage et le parcage des animaux. La maison d’habitation est située face à l’entrée.

La ferme de La Lande fait exception, elle a conservé son plan allongé avec une succession de bâtiments jointifs, de la fin du 18e siècle. Elle comprend une maison d’habitation et ses dépendances (grange, fournil et toit à porcs).

Les fondations sont peu profondes, comprises entre 20 et 60 cm. Les murs sont en moellon argilo-calcaire et sont montés avec un mortier de terre et de chaux pour jointoyer les pierres entre elles. Une alternance de pierres fines et de pierres plus larges assurent la solidité de l’ensemble. Certains pignons présentent au contraire une alternance de pierres calcaire de tuffeau, issues de constructions démolies, et de marnes argilo-calcaire créant une stéréotomie plus travaillée.

À partir des années 1860-1870, la structure de l’habitat évolue et les nouvelles constructions édifiées ont leur pignon sur rue notamment pour faciliter le chargement des récoltes (chais à Celliers, La Grand’Cour et La Chaume). Les maisons d’habitations sont quant à elles reconstruites souvent avec un étage supplémentaire, entre la fin du 19e siècle et les années 1920 (maison d'habitation portant la date de 1922 dans le hameau de Celliers).

Outre le pigeonnier du prieuré, six pigeonniers circulaires ont été repérés sur le plan cadastral de 1826 mais seul un est encore visible, bien que partiellement effondré, à La Grange. Dès lors qu'ils n'ont plus été utilisés et entretenus ils ont été démolis. C'est le cas du pigeonnier de la Coue, encore visible sur l'Atlas du plan terrier de 1789 vraisemblablement détruit au début du 19e siècle et de ceux de Varenne, de la Grand Cour, de Ligueil et de Boussageau, détruits dans le courant du 19e siècle.

Les façades des dépendances ou des habitations possèdent aussi parfois quelques trous de boulins taillés dans la pierre calcaire et groupés par deux. D'autres pigeonniers de plan carré ont été aménagés dans le prolongement de dépendances au cours du 19e siècle (Le Dognon, Le Colombier).

De nombreux puits sont également visibles au bord des chemins, plus rarement dans la cour des fermes. Ils présentent la même typologie : margelle en pierre calcaire, trépied, tambour en bois, chaîne et manivelle couverts d'un toit à deux pans en tôle. Les puits sont remplacés progressivement au début du 20e siècle par des pompes parfois couplées avec une auge ou un abreuvoir pour les animaux (Gaudion)

Le bourg

Les témoignages bâtis antérieurs à la Révolution sont rares dans le bourg. La rue de la Franchise conserve ainsi une fenêtre avec un arc en accolade qui peut dater du 15e ou 16e siècle.

Jusqu’en 1845, les maisons du bourg construites en pierre de tuffeau apparente ou recouverte d’un enduit, sur trois niveaux, présentent un décor essentiellement constitué de pilastres plats et de chapiteaux. La massive bâtisse édifiée à l'angle du champ de foire et du rond-point du 11 novembre 1918 en est un bon exemple. Construite en moellon enduit et pierre de tuffeau elle comprend un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble. Les seuls éléments de décor sont les bandeaux moulurés séparant les niveaux et la corniche denticulée. La porte d'entrée est une porte bâtarde surmonté d'une imposte vitrée : ce type de porte se rencontre dans plusieurs maisons du bourg notamment sur la place de l'hôtel de ville et celle de l'église (maison portant la date 1830).

La crue de l’Envigne de juin 1845 amorce une reconstruction dans le bourg : les maisons construites après cette date gagnent en hauteur et en largeur. Les travées sont bien lisibles et le décor se concentre sur les linteaux des portes et des fenêtres (8, Grand Rue ; 16, Grand Rue ; 10, place du Champ de Foire).

Dans les rues qui prolongent le bourg au nord et au sud, quelques maisons présentent une structure de type semi-rural avec un rez-de-chaussée surmonté d'un comble en surcroît éclairé par une ou plusieurs boulites (9 et 11 rue du Huit mai 1945 ; 8, 10, 12 rue des Sables). Vers 1880 et jusqu’en 1914 environ, des modèles de constructions plus urbains s’imposent (fenêtre à gâble, lucarnes en zinc ; 1, 2 et 4 route de Châtellerault). L’enrichissement architectural est lié à l’arrivée d’industriels et de notables qui se font construire des maisons ou villas entourés d’un jardin. Les maisons sont plus hautes, avec fermes débordantes en bois et plate bande sculptées.

A partir de 1920, l’habitat du bourg est moins groupé et s’éloigne du bourg. Les maisons présentent souvent une façade en avant-corps ou un pignon couvert d’une ferme débordante (6 rue des Sables ; 15 route de Châtellerault).

Après 1945, outre les lotissements au Pied-Breton ou aux Tuileries, réalisés par la commune dans les années 1960, le pavillonnaire se développe et quelques constructions se démarquent par leur style (maison au 4, rue de Boussageau ; rue Louis Pasteur). Dans la Grand’Rue, plusieurs façades sont modifiées pour accueillir des commerces ou des services (maison Bichier en 1966, cinéma l’Étoile en 1970).

Les pavillons édifiés au début des années 2000 et 2010 se concentrent aujourd'hui dans les hameaux.

(c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Lorieux Clarisse
Lorieux Clarisse (1980 - )

Chercheuse-associée au service régional de l'inventaire de la Nouvelle-Aquitaine (site Poitiers et Limoges), attachée à l'Agglomération de Grand Châtellerault à partir de septembre 2018 pour conduire l'inventaire du patrimoine du Grand Châtellerault.


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