Logo ={0} - Retour à l'accueil

Maisons et fermes: l'habitat à Pleumartin

Dossier IA86009428 réalisé en 2018

Fiche

Aires d'étudesVals de Gartempe et Creuse
Dénominationsmaison, dépendance, ferme
AdresseCommune : Pleumartin

Pleumartin présente la densité d'habitants la plus importante des communes des Vals de Gartempe et Creuse. Ceci s’explique par la taille relativement réduite de la commune (23,92 km²) pour une population de plus de 1200 habitants. De plus, la forêt de Pleumartin occupe presque un quart de la superficie totale de la commune, ce qui limite les terrains constructibles. À l'image de la plupart des communes des Vals de Gartempe et Creuse, la majorité des bâtiments ont été construits, reconstruits ou fortement remaniés au 19e ou au début du 20e siècle.

Les deux hameaux les plus anciens sont ceux de Saint-Sennery et Crémille, sièges des deux paroisses primitives. Le château puis l'église de la Trinité sont construits entre le 14e et le 16e siècle au hameau de la Chaume, à l'est de la Luire. Le nouveau bourg qui se développe autour du château et de la chapelle est implanté au point de rencontre de plusieurs routes et est traversé par un axe est-ouest, l'actuelle route de la République.

C'est probablement au 17e siècle, avec la transformation de la seigneurie en marquisat et l'autorisation d'organiser des foires, que la partie ouest du bourg a commencé à s'urbaniser. Des constructions s'élèvent progressivement sur le pourtour du nouveau champ de foire, mais de nombreuses parcelles restent cependant non construites jusqu'à la fin du 18e siècle, comme en témoigne l'atlas de la terre de Pleumartin.

De nombreux changements interviennent au 19e siècle. Parallèlement à la reconstruction de la plupart des habitations du bourg, de nouvelles maisons sont bâties le long des grandes routes et autour du champ de foire. Ces nouveaux bâtiments présentent des caractéristiques communes : un étage, un étage de comble éclairé par des lucarnes et un rez-de-chaussée, souvent occupé par une boutique ou un atelier. Les toits à croupes délaissent la tuile plate traditionnelle pour une couverture en ardoise d’Angers. Les maisons les plus riches ont une façade principale bâtie entièrement en pierre de taille calcaire ; le décor, inspiré du vocabulaire classique, comprend des frises à denticules, des pilastres qui rythment les travées des façades sur rues. Cependant, la plupart des maisons sont construites en moellons de pierre calcaire partiellement enduits.

L'arrivée du chemin de fer à la fin du 19e siècle ou l'ouverture de nouvelles voies, comme l'avenue Jourde au début du 20e siècle, entraînent une vague de constructions de nouvelles habitations. Ces maisons sont principalement situées le long des avenues d'Hargarten et Jourde, du boulevard Gambetta et de l'avenue Jules Ferry qui prolonge la rue de la République en direction de Vicq-sur-Gartempe et Coussay-les-Bois. Ces bâtiments présentent une plus grande diversité de formes et de matériaux que les constructions des époques précédentes. Elles peuvent être bâties de plain-pied ou à un étage, parfois en retrait par rapport à la rue. Il n'est pas rare qu'elles emploient la tuile plate comme matériau de couverture et parfois la brique pour les encadrements de baies.

La dernière phase de développement du bourg est caractérisée par la construction de petits pavillons, bâtis après les années 1950. Par rapport à d'autres communes voisines, ils sont assez peu nombreux à Pleumartin. Ils sont situés au sud du bourg et à l'ouest, entre le cimetière et le hameau de l'Huilerie.

Si l'habitat est principalement concentré dans le bourg, il est aussi aggloméré dans quelques hameaux constitués de plusieurs anciennes fermes. C'est par exemple le cas à Russais, l'Huilerie, la Gerbussière, Chancelay, la Guillochère et Champoisay. Les deux tiers des hameaux de Pleumartin (19 sur 32) sont ainsi constitués en " villages ", c'est-à-dire en agglomération de petites fermes, appelées borderies. Ces dernières étaient de petites exploitations agricoles cultivées par un propriétaire terrien souvent mal équipé. Ces paysans se regroupaient donc autour de terres dites " légères ", qui étaient plus faciles à bêcher.

Le hameau de Crémille s'est développé autour de l'église Saint-Pierre-ès-Liens, citée dès le 11e siècle comme étant le siège de l'une des deux paroisses de la terre de Pleumartin. Ce hameau est celui qui compte le plus d'habitations agglomérées après le bourg et comporte des constructions d'époques diverses. Plusieurs habitations du hameau,dont une bâtie de plain-pied et une autre présentant un étage, peuvent être datées du 17e ou du 18e siècle. Les autres constructions semblent être bâties entre le 19e et le 20e siècle.

À Crémille, Russais et d'autres hameaux, plusieurs constructions dépourvues de chaînage d'angle peuvent être, de ce fait, antérieures au 18e siècle. Cependant, elles sont peu nombreuses et toujours remaniées aux 19e et 20e siècles.

L’existence de plusieurs fermes et hameaux est attestée dès le Moyen Âge, notamment par le cartulaire de l'abbaye de la Merci-Dieu (La Roche-Posay) et des documents de la seigneurie de Pleumartin : la Boissière est citée en 1230, l'Agricollière en 1320, la Gerbussière en 1453, la Ricatellerie en 1458 ou encore la Vivonnière en 1491. Cependant, à l'image des habitations du bourg, les constructions elles-mêmes datent presque toujours du 19e ou du 20e siècle.

La ferme de la Ricatellerie est l'une des rares qui présente un état antérieur au 19e siècle. D'après la forme de ses baies et sa souche de cheminée en pierre, le logement pourrait dater du 17e ou du 18e siècle.

Parmi les cinquante-huit fermes recensées à Pleumartin, il existe principalement trois formes d'organisation des bâtiments. Une majorité (vingt-huit) est composée de plusieurs bâtiments séparés repartis de manière aléatoire autour d'une cour. Dix-sept fermes présentent un logement et des dépendances mitoyens et alignés, formant un plan allongé. Enfin, treize fermes sont construites avec des bâtiments attenants, formant un plan en L ou en U, autour d'une cour carrée. Dans chaque cas, les habitations sont composées d'une, deux voire trois chambres et souvent constituées d'un rez-de-chaussée et d'un grenier à blé accessible depuis l'extérieur par une lucarne pendante.

La majorité des logis de ferme sont construits en pierre calcaire, enduits ou non, avec, dans certains hameaux, des inclusions de silex. La pierre de Pleumartin est particulièrement dure. Difficile à tailler, elle s'emploie dans les maçonneries sous forme de moellons très grossiers. La pierre de taille, en calcaire plus tendre, est réservée aux encadrements de baies et aux chaînages d'angles. Les toits des logements sont souvent couverts de tuiles plates, mais à partir du 19e siècle et du 20e siècle, elles sont progressivement remplacées par des ardoises, voire des tuiles mécaniques.

Les dépendances sont construites avec les mêmes matériaux que les logements. Cependant, il est fréquent que les angles des bâtiments soient dépourvus de chaînages en pierre de taille. Également, par économie, il n'est pas rare que des linteaux de fenêtres ou de portes soient constitués d'une pièce de bois. Quelques granges sur poteaux ont été repérées sur le territoire, notamment dans les hameaux de la Papinerie, Chancelay et Russais. Elles sont particulièrement reconnaissables depuis l'extérieur : elles présentent une porte charretière sur le mur pignon et leurs murs gouttereaux sont peu élevés. Ces granges sont visibles sur le cadastre de 1833, ce qui signifie qu'elles ont été construites avant cette date.

De nombreuses fermes ont conservé leurs puits, comme dans les hameaux de Russais et de l'Huilerie. Isolés dans la cour de la ferme, ils sont construits en pierre calcaire et couverts d'un petit toit qui protège l'eau des déchets qui pourraient la souiller. Ils sont parfois équipés de pompes métalliques qui facilitent le puisage de l'eau à partir du 19e siècle.

Typologiesmaison en retrait ; maison en alignement sur la voie ; maison à boulite ; ferme à bâtiments séparés ; ferme à bâtiments jointifs ; ferme-bloc en longueur ; grange à avant-toit ; grange-étable sur poteaux
Toitstuile plate, ardoise
Murscalcaire
silex
Décompte des œuvresétudiées 2
repérées 58

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD 86. FiH1 : Article 1, 1790 : Atlas de la terre de Pleumartin.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : FiH1 : Article 1
  • AD 86. 4 P 5560-5566. 1833 : Plan du cadastre de Pleumartin.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 5560-5566
  • 1836-1862. Matrices cadastrales, augmentations et diminutions.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2837
  • 1863-1914. Matrices cadastrales, augmentations et diminutions.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2841
Bibliographie
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Jean, Suzanne, L'architecture rurale française: Poitou, Pays charentais, Paris, 1981.

    p. 28
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.