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Maisons et fermes de la commune de Gouex

Dossier IA86012611 réalisé en 2018

Fiche

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Aires d'étudesArrondissement de Montmorillon
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Gouex

Le cadastre napoléonien est établi précocement à Gouex, dès 1811, ce qui donne une bonne idée du bâti en place fin 18e-début 19e siècle. En 1817, la commune compte 146 maisons, 2 moulins, 1 forge et 2 tuileries. Il y a peu d'écart avec les chiffres de 1882, à la création de la matrice des propriétés bâties, qui donne 149 maisons, 1 forge à fer, 2 moulins à eau et 1 tuilerie, signe d'une certaine stabilité de l'économie et de la population au cours du 19e siècle, à l'écart des grands mouvements d'industrialisation. La commune n'échappe cependant pas à une modernisation de l'habitat et des moyens de production (notamment les fermes), constatée par un grand nombre de destructions et reconstructions dans la seconde moitié du 19e siècle et au début du 20e. Le château des Escorcières apparaît dans cette matrice comme la seule maison de classe 1 (les plus imposées) de la commune.

Seules 8 maisons ou dépendances de fermes portent une date, et pour 5 d'entre elles, il s'agit d'une date au 20e siècle [1588 ; 1851 ; 1888 ; 1914 ; 1915 ; 1916 ; 1917 ; 1918 ; 1929 ; 1937 ; 1943 ; 1944]. La date la plus ancienne relevée remonte au 16e siècle sur le linteau d'un ancien logis dans le bas village des Bordes. Outre cette date, seules deux maisons dans le bourg arborent un linteau décoré d'un arc en accolade, synonyme d'architecture de la fin du Moyen-Age voire début 16e, vraisemblablement dans leurs emplacements d'origine. La plupart des autres éléments repérés (surtout des piédroits de fenêtres chanfreinés) semblent être des remplois de bâtiments antérieurs aux constructions dans lesquels on peut les voir aujourd'hui.

Période(s)Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

L'inventaire du patrimoine de la commune de Gouex a repris les éléments étudiés dans l'inventaire préliminaire de 1977, soit 36 éléments, dont 21 maisons ou fermes. Il a par ailleurs permis l'étude de 143 maisons, fermes et anciennes fermes, dont 119 ont fait l'objet d'un dossier documentaire et 24 d'un dossier plus détaillé.

Ont été prises en compte les constructions antérieures aux années 60, à l'exclusion de celles qui sont trop remaniées pour comprendre l'état d'origine. Un seul lotissement a fait l'objet d'un dossier comme élément représentatif du développement du bourg à la fin des années 50.

Le bourg et les hameaux des Bordes et de La Rallerie ont fait l'objet d'une synthèse sur l'organisation des constructions.

IMPLANTATION

Les habitations de Gouex sont majoritairement agglomérées dans le bourg et tout le long de la Vienne, où elles sont construites au pied et à flanc de coteau, regroupées en hameaux importants (Les Bordes, La Rallerie, La Groge, La Grange,...). La vallée du Goberté présente également quelques hameaux d'importance comme la Forge de Goberté. Sur le plateau, l'habitat est dispersé en fermes isolées. Certaines exploitations importantes pouvaient cependant regrouper plusieurs logis et de nombreux bâtiments d'exploitation comme c'est le cas à La Pommeraie par exemple ou Chez Poineau.

A dominante agricole, la commune de Gouex a un bâti composé essentiellement de fermes ou anciennes fermes, qu'on retrouve y compris aux abords de l'église. Les anciennes maisons d'artisans sont également pourvues de dépendances dont au moins une grange avec grenier permettant d'abriter une voiture à cheval.

MATÉRIAUX DE GROS ŒUVRE ET DE COUVERTURE

La pierre calcaire est omniprésente dans la commune et constitue le matériaux le plus employé jusqu'au début du 20e siècle, sous forme de moellon ou en pierre de taille pour les chaînages d'angles et les encadrements de baies. 14 anciennes fermes ou maisons présentent des murs dont l'assise est composée de moellons disposés très régulièrement, sans doute pour isoler le mur de l'humidité remontant du sol. La brique est utilisée pour la construction des conduits de cheminée et les encadrements de baies de maisons récentes. La tuile creuse recouvre une majorité de maisons, logis ou dépendances, l'emploi de la tuile plate indiquant le plus souvent une construction de la 1ère moitié du 20e siècle. L'ardoise est réservée aux maisons plus importantes : le château des Escorcières, la villa des Roseaux, l'ancienne mairie et logement de l'instituteur. Les dépendances agricoles sont assez fréquemment couvertes de tôle de fibrociment.

ORGANISATION ET STRUCTURE

Les maisons sont le plus souvent construites sur un plan rectangulaire régulier. L'architecture de la majeure partie d'entre elles est représentative de ce qui se construit au 19e siècle dans le monde rural, même si les modes constructifs évoluent peu par rapport aux périodes précédentes. Les ouvertures tendent à s'agrandir et à s'aligner. 21% des maisons du corpus présentent un rez-de-chaussée surélevé avec un étage de soubassement, permettant de rattraper le dénivelé du terrain. 3 maisons seulement disposent d'un escalier extérieur et ce sont les plus anciennes. 50% des maisons comprennent un comble à surcroît, initialement des greniers ventilés par des jours ou des lucarnes, et dont une grande partie est devenue habitable. A l'origine, les murs étaient totalement enduits en façade et parfois sur les côtés, mais de nombreuses rénovations récentes font apparaître les moellons avec un enduit à pierres-vues. La pierre de taille est utilisée en chaînage d'angle et encadrement de baies.

Sur l'ensemble des fermes repérées, 22 sont à éléments dissociés, 15 présentent des bâtiments mitoyens, 10 sont bâties sur un plan concerté. Seules 4 fermes sont de plan allongé, du moins pour les bâtiments encore en place. La plupart du temps, le logis initial était situé dans le prolongement des bâtiments agricoles. Ces logis ont été remplacés par la suite par des constructions plus grandes et plus confortables, élevées un peu en retrait de l'exploitation. La présence de granges à façade en gouttereau domine mais on trouve également, dans quelques fermes de plus grande importance, des granges dites de type vendéen, ouvrant sur le mur pignon. (Ces granges multifonctionnelles offrent des surfaces au sol pouvant dépasser les 300 m². Réunis sous un même toit, la partie centrale et les bas-côtés sont accessibles par une grande porte charretière et des portes piétonnes. Parfois, la partie centrale est rehaussée. Les bas-côtés peuvent descendre très bas, abritant à l’extrémité les toits à porcs, et dans ce cas, les murs gouttereaux ne sont pas porteurs. La charpente est alors supportée par des piliers séparant la « nef centrale » des « bas-côtés »).

Sur 3 granges a été repéré 1 larmier en pierre, protégeant le linteau en bois, caractéristique qu'on trouve en plus importante quantité dans les communes riveraines de la Gartempe. Enfin, plusieurs baies comportent un arc de décharge formé par 2 pierres monolithes posées en triangle au dessus du linteau. Elles créaient une petite niche parfois comblée de moellons, parfois laissée vide.

Toitstuile creuse, tuile plate, ardoise, ciment en couverture
Murscalcaire enduit
Décompte des œuvresrepéré 119
étudié 24
bâti INSEE 353

Références documentaires

Documents d'archives
  • Terrier du prieuré de Grand-Chaume dressé par Charles Gervaise et Jean Meillaud en vertu des lettres patentes d'Henri II du 5 octobre 1548.

    Folios 74, 79, 97, 136, 143-145, 152 Archives départementales de la Vienne, Poitiers : Registre 243
  • Terrier du prieuré de Grand-Chaume, 1548-1730.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : Registre supplément 276
  • Gouex. Matrices cadastrales des propriétés foncières puis des propriétés bâties et non bâties (1825-1935).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2345-2347 ; 4 P 4004-4006
Bibliographie
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p.195 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Favreau Myriam
Favreau Myriam

Archiviste de 1998 à 2018. Chercheuse à l'inventaire du patrimoine depuis 2018.


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