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Maison puis hospice actuellement maison dite Hôtel de La Ramade de Friac ou Hôtel Beaurival

Dossier IA19000226 réalisé en 2008

Fiche

AppellationsHôtel Ramade de Friac, Hôtel Beaurival
Destinationshospice
Parties constituantes non étudiéesjardin
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonCollonges-la-Rouge - Meyssac
AdresseCommune : Collonges-la-Rouge
Adresse : rue de la
Barrière
Cadastre : 1831 C1 47 ; 2007 AI 230

Cette maison a été construite au 17e siècle sur les ruines d´une ou de deux anciennes maisons du 15e siècle. Les seuls témoins de cette implantation antérieure se résument aux baies de boutique en anse-de-panier condamnées et à la porte chanfreinée, situées sur l´élévation est. Cette maison était composée de plusieurs corps de bâtiments, notamment avec une aile ouest qui a été totalement détruite. Aujourd'hui, ne subsiste qu´un seul un corps de bâtiment rectangulaire.

D´abord propriété de la famille Cardaillac, elle a ensuite appartenu à la famille Ramade de Friac dont le nom est attesté vers 1620-1630. A la fin du 18e siècle, un certain Albiac de Beaurival en était le propriétaire. A sa mort, la maison est laissée à l´abandon et ce, durant de nombreuses années.

En 1830, Charles Ramade de Friac fait don de l´aile ouest de la maison à la commune qui la transforme en hospice. Trente ans plus tard, l´hospice est en très mauvais état. En 1860, 1890 et 1895, des travaux y sont réalisés. Mais, finalement, en 1899, l´hospice est vendu à Etienne Paulin Poignet, propriétaire de la maison Boutang du Peyrat, pour être démoli. Les matériaux récupérés sont vendus.

Vers la fin du 19e siècle, on sait qu´une partie de la maison a subi un incendie suite à un départ de feu qui s´est produit dans un poêle qui avait été installé dans la cheminée du premier étage.

Entre 1908 et 1910, la maison est agrandie au nord et sa toiture est partiellement refaite. Des cartes postales anciennes, éditées par Ghislain de Chocqueuse, montrent qu´une lucarne avait été installée sur le brisis du versant est de la toiture de l´extension. Elle n´existe plus aujourd'hui. En revanche, après 1930, une autre lucarne a été installée sur le versant est de la toiture de la maison d´origine. Tous ces travaux d´agrandissement ont, dans un premier temps, masqué la fenêtre 17e siècle située sur la tour nord. Ce n´est que vers 1960 que la pente de la toiture a été modifiée afin de dégager complètement cette fenêtre.

Remploi provenant deCommune : Collonges-la-Rouge
Période(s)Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates1802, porte la date
1860, daté par source
1890, daté par source
1895, daté par source
1899, daté par source
1908, daté par source
1960, daté par tradition orale

Cette maison de plan régulier est implantée en bordure d´îlot, le long de la rue de la Barrière. Elle est composée d´un corps de bâtiment flanqué de deux tours d´escalier en vis, couronnées d´un épi de faîtage en céramique. Le toit à long pans de l´édifice est couvert d´ardoises comme d´ailleurs le toit en poivrière de la tour sud. Celui de la tour nord a conservé ses lauzes. Sur le versant est du toit, une lucarne à fronton-pignon éclaire l´étage de comble. Sur le versant ouest, on remarque une souche de cheminée et deux outeaux plats.

Cette maison est construite en moellon et en pierre de taille de grès. On note la présence d´un pan de bois enduit sur la partie nord du bâtiment. Des traces de badigeon à la chaux sont encore visibles sur la tour sud.

La façade est, très composite, porte les traces des nombreux remaniements réalisés dans cette maison. Le rez-de-chaussée dispose d´une porte-fenêtre logée dans l´embrasure d´une ancienne porte charretière à linteau en bois, d´une porte piétonne chanfreinée et d´une petite baie également inscrites dans l´embrasure d´anciennes arcades de boutique, aujourd'hui murées. Au premier étage, les anciennes croisées ont été modifiées, l´une d´entre-elles a été transformée en porte-fenêtre avec garde-corps en bois.

Une fenêtre cintrée portant sur son linteau la date de 1802 (sans doute un remploi) et une fenêtre à feuillures éclairent l´extension réalisée au nord. Le pignon nord de cet agrandissement est constitué d´un pan de bois à grille enduit.

La tour hors-œuvre nord dispose d´une porte chanfreinée, dissimulée par l´extension. L´accès à cette tour se fait aujourd'hui par l´intérieur. Cette tour loge un escalier en vis monumental avec marches scellées portant noyau qui mène à un espace ouvert, crénelé, situé au sommet de la tour. Cet espace servait sans doute de point d´envol pour les pigeons, mais l´absence de trous de boulin ne nous permet pas de qualifier cette tour de pigeonnier. On remarque, côté est, la présence d´une fenêtre à entablement à ressauts, en remploi. Une autre fenêtre avec appui mouluré est percée au nord. La fonction de cette tour n´est plus lisible aujourd'hui puisqu´elle ne distribue aucune pièce de la maison. Cependant, côté ouest, on remarque, au niveau du premier étage, la présence d´une porte condamnée. Cette tour devait sans doute permettre d´accéder à une partie de l´aile nord-ouest aujourd'hui complètement détruite.

On accède à la tour d´escalier en vis demi-hors-œuvre sud par une porte chanfreinée. Trois petites fenêtres sont alignées dans l´axe de cette porte. Celles du premier et du deuxième étage sont d´anciennes croisées étroites avec appuis moulurés. La fenêtre du troisième étage, plus petite, présente un appui plus saillant qui a pu servir de pierre d´envol. Une autre ouverture a été percée tardivement côté sud, lorsque le troisième étage de la tour a été aménagé. Cette tour dispose d´une enrayure débordante. Enfin, on remarque des traces de badigeon à la chaux dans la partie supérieure de cette tour sud - ce qui laisse penser que l´ensemble de la construction était, comme la majorité des maisons de Collonges-la-Rouge, enduit. Cette tour loge également un escalier en vis avec marches scellées portant noyau qui distribue une cave voûtée en berceau, en moellon équarri de calcaire et de grès, orientée nord-sud, le premier étage et l´étage de comble. A noter que l´accès à la cave se faisait autrefois par la rue, par une porte située au sud, aujourd'hui condamnée (cf. annexe : L´hospice de Collonges-la-Rouge)

L´élévation ouest présente un corps de bâtiment entièrement reconstruit avec des baies néogothiques récemment percées. Cette partie de la maison donne sur un jardin clôturé par un portail.

Enfin, côté sud, on remarque, un départ d´arcade, seul vestige d´un ancien passage public qui figure sur le plan de l´ancien hospice de 1875 (fig. 2).

Mursgrès moellon badigeon partiel
grès pierre de taille
calcaire moellon
bois pan de bois enduit
Toitgrès en couverture, ardoise
Plansplan régulier
Étagessous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couvrementsvoûte en berceau
Couverturestoit conique
toit à longs pans demi-croupe
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
Typologiesmaison à un étage avec tours d'escalier en vis
État de conservationvestiges, remanié, restauré
Techniquessculpture
Représentationschronogramme coeur
Précision représentations

1802.

Statut de la propriétépropriété privée
Protectionsinscrit MH, 1926/12/17

Annexes

  • L´hospice de Collonges.
    Le dépouillement des archives communales conservées aux Archives Départementales de la Corrèze nous indique que l´hospice de Collonges a été administré à partir du 25 novembre 1823 par Madame de Salvans et qu´elle en percevait le revenu. En 1845, il est question d´un projet d´échange du bâtiment de l´hospice avec Monsieur le Curé d´Argentat qui offrait un local beaucoup plus convenable. Finalement, cette proposition est restée lettre morte.

    Par ailleurs, ces documents nous donnent une description de l´hospice tel qu´il existait en 1823 : [L´Hôpital de Collonges se composait d´une maison, d´une étable, d´une cave voûtée, et d´une boutique. Il disposait également d´un terrain planté en partie de vigne et de terres labourables cultivées].

    Une autre description, datant de 1875, nous apprend que les bâtiments de l´hospice qui appartenaient à la commune de Collonges donnaient à l´ouest sur la rue publique, c´est-à-dire sur l´actuelle rue de la Barrière ; à l´est, sur la voie publique, c´est-à dire sur l´ancien passage public, dit passage de Nogères.

    Une description détaillée de l´ensemble du bâtiment que l´on reproduit ici en partie est conservée aux Archives Départementales de la Corrèze. Le plan auquel se réfère cette description provient d´une collection privée.

    [L´hospice se compose, d´une cave voûtée à laquelle on communique par la rue, par une porte située côté sud ; d´un rez-de-chaussée et d´un premier étage auquel on accède par une seconde porte située à gauche. A côté de cette porte d´entrée, se trouve un porche couvert servant de passage public au-dessus duquel est bâtie une partie du premier étage. A gauche de ce passage couvert, se trouve, en rez-de-chaussée, une cave (NB : plutôt un sous-sol) et une étable ayant vue sur ladite rue et les deux portes [...]. Au premier étage, à droite en entrant, se trouve une petite cuisine pavée et éclairée au sud par une croisée. Une grande chambre et un petit cabinet sont aménagés dans cette cuisine. De la cuisine et par un couloir éclairé à l´ouest par une petite croisée, on accède à une seconde chambre, à un cabinet et à une autre cuisine également éclairés par des croisées donnant au sud].

    En 1898, la maison étant dans son ensemble en très mauvais état, la commune projette, de la vendre. Le 2 juillet 1899, Monsieur Etienne Paulin Poignet en fait l´acquisition pour 485 francs. Il l´a fait détruire et vend les matériaux de construction.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Corrèze. Série E Dépôt - Archives Communales ; M : E_DEP57M1. Edifices communaux (1808-1965). [Presbytère (1826-1828) ; Ecole (1844-1965)].

    Archives départementales de la Corrèze, Tulle : E_DEP57M1
Bibliographie
  • SERAPHIN, G., MELISSINOS, A., SIRYES, H. Plan de gestion du site classé Collonges-la-Rouge. Fichier immeubles. Etude réalisée sous la maîtrise d´ouvrage de la DIREN et de la commune de Collonges-la-Rouge, 2005.

    fiche n°52 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : non coté
  • CHOCQUEUSE, G. de. Collonges-la-Rouge à travers ses cartes postales. Nanterre : Modèle Production, 2004.

    p. 63-72 Collection particulière : non coté
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Ville de Collonges-la-Rouge (c) Ville de Collonges-la-Rouge ; (c) Monuments historiques (c) Monuments historiques - Brahim-Giry Agnès
Brahim-Giry Agnès

Chercheur SRI Limousin (2007-2016) - Responsable de l'Unité Études et Ressources documentaires, site de Limoges (2016-2017 ) - Responsable de l'Unité Recherche-Photographie, Limoges-Poitiers (2017-


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