Dossier d’œuvre architecture IA23000512 | Réalisé par
Philippe Emmanuelle (Contributeur)
Philippe Emmanuelle

Chercheur Inventaire, SRI Limousin de 2009-2012

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  • inventaire topographique, commune d'Aubusson
Maison, puis couvent des Sœurs de la Croix, actuellement immeuble de bureaux
Auteur
Copyright
  • (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel
  • (c) Ville d'Aubusson

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Aubusson - Aubusson
  • Commune Aubusson
  • Adresse 14 B quai des Iles
  • Cadastre 1812 C 334  ; 2007 AM 291
  • Dénominations
    maison
  • Destinations
    couvent, école, immeuble de bureaux
  • Parties constituantes non étudiées
    chapelle, cour

La communauté religieuse des Sœurs de la Croix (ou Sœurs de l'Instruction Chrétienne) fut fondée à Aubusson par Catherine Meaulme, veuve Veyssière. En 1697, ne pouvant suffire seule à la mission qu'elle s'était imposée de s'occuper de l'instruction des jeunes filles de la ville, elle demanda à Monseigneur François de Carbonel de Canisy, évêque de Limoges, de lui donner des religieuses pour faciliter l´accomplissement de son œuvre de charité.

Les sœurs habitèrent dans un premier temps une maison de la rue du Château (actuelle rue Châteaufavier), mais grâce à la libéralité de l´archiprêtre Pierre Furgaud, curé de Néoux, elles s'établirent rue Franche (actuelle rue des Déportés), dans une maison qui leur fut concédée par un acte de donation signé le 30 mars 1701.

Cette maison appartenait au frère de l'archiprêtre, Antoine Furgaud, qui l'avait lui-même acquise de Léonard Garreau, sieur de Chizolles. Elle était constituée de deux corps de logis, l'un donnant sur la rue Franche et l'autre sur le quai des Iles, séparés par une cour centrale. Selon Cyprien Pérathon, cette dernière se trouvait entre "deux tours" - ce qui signifie que chaque corps de logis disposait d'une tour d'escalier hors-œuvre permettant de desservir ses étages, comme beaucoup d'autres maisons édifiées à Aubusson dans le dernier quart du 15e ou courant 16e siècle. Qualifiée de "vieille" dans la matrice du cadastre napoléonien (1812), la maison de la rue Franche investie en 1701 par les Sœurs de la Croix datait donc vraisemblablement de cette période.

Au cours des siècles qui suivirent, les bâtiments formant le couvent des Sœurs subirent de très nombreux remaniements, en raison de leurs affectations successives. En 1792, lorsque fut décrétée la dissolution des congrégations religieuses, le couvent ferma ses portes ; il servit temporairement de magasin des grains et le Comité Révolutionnaire y tint ses séances de travail.

De 1796 à 1804, l'Ecole Centrale du département y fut installée, en attendant de pouvoir jouir du couvent des Récollets qui lui avait été octroyé par la loi du 13 nivôse an VIII (3 janvier 1800). La maison des Sœurs fut réaménagée pour accueillir cet établissement. Selon les archives, de nombreuses cloisons intérieures furent abattues et quelques pièces changèrent de destination, comme la chapelle, convertie en vestibule ou le dortoir, partiellement transformé en salles de cours.

Après la suppression de l´Ecole Centrale, décidée le 20 juin 1804, la maison des Sœurs de la Croix fut reconnue propriété de la ville d'Aubusson "pour la jouissance être exclusivement affectée à l´établissement d´une école publique" et gratuite, destinée aux jeunes filles pauvres (arrêté du préfet de la Creuse pris le 24 octobre 1804). Le maire et les adjoints de la cité prirent possession des bâtiments du couvent le 26 novembre 1804. Pourtant, le 11 avril 1805, un nouvel arrêté préfectoral stoppa net toutes les dispositions prises antérieurement : la maison des Sœurs de la Croix fut replacée dans la liste des domaines nationaux, avec l'obligation faite à la commune d'en demander la concession au gouvernement avant d'y fonder une école publique. Cette confusion juridique empêcha la création de l'établissement.

Après le Concordat, les Sœurs de la Croix furent rétablies à Aubusson par un décret impérial du 16 septembre 1808. Elles reprirent possession de la maison et purent y continuer leur activité d'enseignement.

Les bâtiments formant le couvent connurent de nouvelles reprises durant le premier et le second quart du 19e siècle. Celui situé sur la rue Franche fut concerné par l'alignement et la rectification de cette voie, en 1830 ; il reçut vraisemblablement une nouvelle façade. Quant à celui sis à l'arrière, sur le quai des Iles, il fut partiellement détruit, pour également laisser place à une nouvelle façade, rebâtie dans le second quart du 19e siècle contre des vestiges plus anciens, dont certains furent préservés. L'ancienne tour d'escalier hors-œuvre du corps de logis arrière du couvent fut ainsi englobée dans la reconstruction de l'édifice.

En 1885, suite à la loi de Jules Ferry relative à l'obligation et à la laïcité de l'enseignement (1882), la municipalité d'Aubusson fit fermer l'école tenue par les Sœurs. Elle reprit possession des bâtiments de la rue Franche et transféra les religieuses dans la maison Seguy, située 50 Grande Rue.

Après avoir examiné différents projets pour donner une nouvelle destination au couvent des Sœurs, la ville décida finalement, en 1899, de détruire le bâtiment donnant sur la rue Franche pour édifier à son emplacement des halles couvertes (voir notice IA23000477).

De l'ancien couvent ne subsiste donc plus que le bâtiment donnant sur le quai des Iles, fort remanié, qui constitue aujourd'hui un immeuble de bureaux, abritant le Service d'Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) de la mairie.

  • Période(s)
    • Principale : limite 15e siècle 16e siècle , (incertitude)
    • Secondaire : 4e quart 18e siècle
    • Secondaire : 1er quart 19e siècle
    • Secondaire : 2e quart 19e siècle
    • Secondaire : 2e moitié 20e siècle

Du couvent des Sœurs de la Croix ne subsiste plus aujourd'hui qu'un bâtiment, dont la façade antérieure, sur le quai des Iles, présente quatre travées percées de hautes baies rectangulaires à plates-bandes appareillées, sous un toit à croupe recouvert de tuiles mécaniques. Les deux travées centrales sont couronnées par des lucarnes à fronton-pignon, devanture de bois. La travée gauche est percée, au rez-de-chaussée, d'une porte donnant accès à un couloir, qui débouche sur un escalier en vis maçonné, avec marche portant noyau, situé dans un cage d'escalier polygonale fermée. Seul ce dernier élément, joint à un encadrement de porte chanfreiné, au premier étage, témoigne de l'ancienneté du bâtiment.

  • Murs
    • granite
    • enduit partiel
    • pierre de taille
    • grand appareil
  • Toits
    tuile mécanique
  • Plans
    plan régulier
  • Étages
    2 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
  • État de conservation
    remanié
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Sites de protection
    Zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager

Documents d'archives

  • AD Creuse. Série L ; L : 233. École Centrale d'Aubusson (1795-1804).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : L : 233
  • AD Creuse. Série V ; 6 V 10. Communauté religieuse des Sœurs de la Croix (1844-1903).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : V ; 6 V : 10
  • AD Creuse. Série O ; O : 2099. Travaux relatifs aux bâtiments des Sœurs de la Croix (1808-1885).

    Archives départementales de la Creuse, Guéret : O ; O 2099
  • AC Aubusson. [non coté]. Travaux pour la démolition du couvent des Sœurs de la Croix et la construction du marché couvert (1899-1902).

    Archives communales, Aubusson : non coté

Périodiques

  • PERATHON, Cyprien. Les Soeurs de la Croix à Aubusson. Mémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, 1911, t. XVIII, p. 263-272.

    Bibliothèque francophone multimédia, Limoges : LIM 58034

Annexes

  • Description de la maison des Soeurs de la Croix en 1796
Date d'enquête 2009 ; Date(s) de rédaction 2009
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel
(c) Ville d'Aubusson
Philippe Emmanuelle
Philippe Emmanuelle

Chercheur Inventaire, SRI Limousin de 2009-2012

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