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Maison noble du Verdier, actuellement hôtel-restaurant de la Commanderie

Dossier IA24001417 réalisé en 2011

Fiche

Genreseigneurial
Appellationsmaison noble du Verdier
Destinationshôtel de voyageurs, restaurant
Parties constituantes non étudiéesportail, parc, canal, allée, lavoir
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonVallée de la Vézère - Terrasson-Lavilledieu
AdresseCommune : Condat-sur-Vézère
Lieu-dit : Bourg
Cadastre : 1825 A1 577 ; 1986 AB 30

La maison noble du Verdier est citée en 1390 lors de l'hommage rendu par son propriétaire au commandeur de Condat. Elle est encore mentionnée comme appartenant à Pierre d'Aytz, seigneur de La Cassagne, en 1512. Actuellement connu sous le nom de l'hôtellerie de la commanderie, ce logis englobe deux éléments antérieurs à sa construction, à savoir : la tour qui contrôlait au sud-ouest l'enceinte de la commanderie et la porte d'entrée du village de Condat depuis la route de Montignac. L'entrée de l'ancienne tour porte la date de 1583. La route de Montignac conduisait alors au passage voûté situé entre le corps de logis de la commanderie et la "maison noble du Verdier". Cette ancienne entrée urbaine, avec droit de péage du commandeur (mentionné en 1551), fait aujourd'hui partie intégrante de l'hôtel-restaurant. La maison et la tour attenante étaient alors bordées par le cours détourné du Coly.

Peu avant 1614, un terrain à l'ouest du château, qui comprenait une partie du vivier de celui-ci, est aliéné et comblé au profit de Jacques Teissandier, dit Baillot de La Rivière, qui entreprend la construction sur les remblais d'un bâtiment agrandissant sa propriété. Le commandeur Martin-Puyloubier avait nommé Teissandier intendant de la commanderie ; ce dernier aurait profité de sa position pour s'approprier cette partie de terrain. Le vivier du château de la commanderie faisait alors retour sur le côté ouest et avait été comblé par le sieur Baillot pour y construire une extension à sa maison, ne gardant entre la propriété du commandeur et la sienne qu'un étroit passage. C'est cet état que montre le plan du bourg de Condat levé entre 1731 et 1741 et qui témoigne de l'agrandissement. En 1711, le canal mitoyen ouest est encore mentionné lors d'une visite du Grand Prieuré de Toulouse.

La propriété est encore agrandie vers l'ouest par ses propriétaires, par deux échanges de terre faits avec le commandeur : d'abord en 1657, d'un pré dit de la commanderie qui permit l'érection de la basse-cour à l'ouest de la maison noble ; ensuite en 1685, d'une autre parcelle pour l'érection d'une allée bordée d'arbres dans l'axe (est-ouest) de cette basse-cour et de la maison noble du Verdier. Des dépendances sont ensuite construites au sud et à l'ouest de la basse-cour. Là encore, le plan du bourg de Condat levé entre 1731 et 1741 témoigne de l'état après les travaux. Toutefois, le plan montre également que ceux-ci ne se sont pas arrêtés là : un vaste jardin d'agrément a été aménagé au sud de la basse-cour et de l'allée, dans une vaste composition qui, désormais, non seulement rivalise avec la commanderie mais la supplante en terme de superficie.

La partie de la propriété bâtie au début du XVIIe siècle est détruite au cours du XIXe pour permettre le passage de la route de Montignac. Peu après 1800, Antoine-Joseph-Casimir de Mirandol, député et chevalier de Saint-Louis et de l'Ordre de Malte, fait l'acquisition de la propriété, appartenant alors à Cosme-Joseph de Beaupoil, comte de Saint-Aulaire, qui la tenait de ses parents, Jean-Baptiste de Beaupoil et Catherine de Baillot de Ladornac. Quelques années plus tard, il achète également l'ancienne commanderie. Les Dedin-Laporte, héritiers de la sœur du dernier comte de Mirandol, se séparent de la propriété dans les années 1950.

Période(s)Principale : 4e quart 14e siècle , (?)
Principale : 4e quart 16e siècle
Principale : 1er quart 17e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 17e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 17e siècle , daté par source
Secondaire : 19e siècle
Dates1583, porte la date

Ce grand corps de logis de plan massé, aujourd'hui hôtel-restaurant, présente un étage carré et un grand comble à surcroît. L'originalité du logis réside dans l'emploi d'une voûte en plein-cintre, tant au rez-de-chaussée qu'à l'étage. Un bel escalier tournant à deux volées droites présente une première volée, un repos, puis une deuxième volée double à montées divergentes. Au-dessus de la porte de la petite salle à manger figurent des armoiries de la deuxième moitié du XIXe siècle. Ainsi à gauche, on trouve les armoiries du comte de Mirandol surmontées d'une couronne comtale. A droite, les armoiries seraient celles de la comtesse de Mirandol, Anne-Marie-Elise de La Faye ayant fait l'acquisition de la propriété en 1876. Au milieu, les initiales ML se rapportent peut-être à Marie-Louis-Gustave de Mirandol, qui naquit dans la demeure en 1884 (hypothèse peu crédible). Une autre particularité architecturale se situe à l'est du logis, où une ancienne tour est percée d'une porte en plein-cintre, surmontée du millésime gravé de 1583 (un remploi ?) donnant sur le couloir actuel de l'hôtel-restaurant, vestige de la route sous voûte menant à Montignac. A l'extérieur, situé dans l'espace privé de la propriété, un lavoir alimenté par un canal venant du bief de dérivation du Coly est conservé.

Murscalcaire
enduit partiel
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Étages1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
croupe
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant en charpente
État de conservationrestauré
Techniquessculpture
Représentationsarmoiries, couronne
Précision représentations

Armoiries du comte de Mirandol : d'argent, à l'aigle éployée de sable, becquée et membrée de gueule, au chef d'argent, chargée de trois étoiles d'or.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • ANNEXE I : Extrait d'une note au sujet d'un droit d'une rente mentionnant la maison et son agrandissement sur un terran de la commanderie, 20 novembre 1685 (Archives de Condat LXI, Arch. dép. de la Haute-Garonne, cité par G. de Mirandol, Arch. départ. de la Dordogne, Relevé chronologique..., A 271, p. 29-30).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 52 :

    « Demeure que feu le sieur maître Bernard Baillot, avocat, père dudit sieur de La Rivière, fit construire partie de la place de laquelle maison il avait reconnu à feu le commandeur de Beaujeu, le 18 décembre 1618, la contenance d’une moudrière-terre sous la rente de six deniers argent. Laquelle place confronte, lors de ladite reconnaissance, étant en jardin, avec le gardoir dudit seigneur commandeur et gardoir dudit reconnaissant et avec la maison de feu Maître Bertrand Teyssandier, chemin commun entre les deux et avec la maison dudit reconnaissant entre, et rue publique dudit bourg, laquelle il exposait provenir des hoirs de feu Guilaume Loubinis qui avait reconnu au feu seigneur commandeur de Puyloubier par Martin Loubinis ledit février 1606 par devant Me Bertrand Teyssandier, notaire. Et laquelle maison dans son entier, à présent, confronte du Levant avec la rue publique dudit bourg, et avec une autre maison de ladite dame [Dumas de Peyzac] joignant par un arceau sous lequel passe la rue publique dudit lieu pour sortir du Midi, et Couchant avec le fossé qui environne ladite maison en partie où ladite dame demeure […]. ».

  • ANNEXE II : Extraits de l' "Améliorissement" de la commanderie de Condat, 18-29 février 1690 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 557).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 54 :

    « [… ]

    De plus possède ledit sieur commandeur une terre joignant la maison de la dame de La Rivière qui était autrefois en pré, confrontant avec la rivière de Vézère, partie de laquelle dite terre a été échangée avec ladite dame de La Rivière laquelle en a formé la basse-cour de sa maison et a donné en contre-échange autant de terres joignante icelle par-dessous ; ledit échange ayant été fait par ledit feu commandeur de Saint-Auban en l’année 1657 et vérifié sur les lieux l’année 1678 par messieurs les visiteurs généraux de notre ordre […].

    […]

    Ordonnance 15e.

    Fera dresser un pilori où il fera mettre un carcan pour marque de la justice et fera ôter les girouettes des maisons des sieurs de La Rivière, La Chapelle et Chaumels.

    […]

    Ensuite de quoi, ledit sieur chevalier nous aurait conduit sur la terre de la commanderie qui est fort proche dudit château et confronte à la maison des héritiers du feu seigneur de La Rivière et est joignant leur basse-cour, appelée autrefois le pré de la commanderie, dont partie de ladite terre de la contenance de deux cartonnées fut échangée par ledit feu sieur commandeur avec ledit sieur de La Rivière pour former sa basse-cour et son allée qui donna la même contenance au-dessous et joignant ladite terre que nous avons vue bornée de deux petits piliers de pierre de taille, nous ayant été assuré y avoir la contenance de six cartonnées ci-dessus exprimé dans le susdit dénombrement,et que ledit sieur commandeur jouit de ce contre-échange depuis l’année 1685, que ladite dame de La Rivière lui en fit délaissement par le susdit acte du 8 mai 1685 reçu par Urssy et Labrousse, notaires royaux […].

    […]. »

  • ANNEXE III : Note concernant la maison du Verdier, s.d. (milieu du XVIIIe siècle) (Arch. départ. de la Haute-Garonne, liasse II, pièce n° 8, citée dans G. de Mirandol, « Le Coly », BSHAP, 1941, p. 182, note 2 ; Archives nationales, S 5257 et Archives municipales de Condat-sur-Vézère, état civil, cités dans G. de Mirandol, « Les derniers jours d’Armand de Bourbon-Malauze… », BSHAP, 1941, p. 361 et 357 et dans G. de Mirandol, « Rapport de visite… », BSHAP, 1937, t. LXIV, p. 368).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 76 :

    « […]

    Note 2 [1941]. Almoys de Meymi était la fille de Marguerite de Breto, épouse de Jean de Meymi, notaire de Périgueux. Elle hérita de sa mère la maison noble du Verdier, qui venait d’Aymerique du Verdier, mère d’Imbert de Fagia de Badefols, qui rendit hommage au commandeur de Condat en 1390. Le Verdier passa ensuite à Sybille Chabrola, puis Sybille de la Porte, mère de Marguerite de Breto. Almoys de Meymi, marié à Bertrand d’Aytz (des seigneurs de Lacassagne [sic pour "La Cassagne"]) eut un fils, Pierre. Par la suite, le Verdier fut acquis, vers la fin du XVIIe siècle, par une famille de Condat, les Tessandier, qui prirent le nom de Baillot (de Ladornac, de Laborie, de La Rivière). En 1745, le Verdier est habité par Jean de Beaupoil, comte de Saint-Aulaire, qui avait épousé Catherine de Ladornac, fille de Jean de Baillot de Ladornac et de Joséphine de Jalday.

    Note 1 [1937]. […] L’origine de cette famille de Baillot nous est donnée de la façon suivante par les archives de la commanderie de Condat L. XI [AD Haute-Garonne] : Léonard Tessandier a pour fils Jacques Tessandier (nommé "feu Jacques Tessandier Baillot" dans le procès-verbal de prise de possession du commandeur de Beaujeu en 1618 ; le fils de Jacques Tessandier s’appelle Baillot (c’est le Bertrand sus-nommé [dans la visite de 1626]) ; le fils de Baillot, sieur de La Rivière, et le fils du sieur de La Rivière, sieur de Ladornac ; lequel a eu [pour épouse] Madame de Saint-Aulaire, héritière du pré de la Gane. Gauthier de Baillot, sieur de La Rivière, avait épousé Jeanne Dumas de Payzac (veuve en 1683, morte en 1708). De ce mariage, il eut : Catherine, demoiselle de Ladornac (1659-1734), Gabrielle, demoiselle de La Rivière (1674-1734) ; Jean de Baillot Ladornac-Laborie ; Jean de Baillot, sieur de Brondaysse, mort en 1690.

    […]. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux d'améliorissement de la commanderie de Condat-sur-Vézère, 1626 à 1690.

    Archives départementales de la Haute-Garonne : H Malte Condat
  • AD Dordogne. Bibliothèque. A 271. MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Relevé chronologique d'archives (1239-1790)", exemplaire tapuscrit accompagné de plans dessinés, 1949.

    Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : Bibliothèque A 271
Documents figurés
  • Plan, seconde moitié du XVIIIe siècle. Dans : "Recherches et Etudes Appliquées, étude historique et archéologique de l'ancienne commanderie de Condat, iconographie", Paris, mai 2011

    S.d. [seconde moitié du XVIIIe siècle]. Archives départementales de la Haute-Garonne : PA 273
  • Plan cadastral napoléonien de la commune de Condat-sur-Vézère. Dessin, encre et aquarelle, par Roumagère, 1825.

    Section A1. Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3P3 1453 à 1461
  • Carte postale, vers 1970. Dans : "Recherches et Etudes Appliquées, étude historique et archéologique de l'ancienne commanderie de Condat, iconographie", Paris, mai 2011

  • Dessin, XXe siècle. Dans : "Recherches et Etudes Appliquées, étude historique et archéologique de l'ancienne commanderie de Condat, iconographie", Paris, mai 2011

Bibliographie
  • FROIDEFOND DE BOULAZAC Alfred. Armorial de la noblesse du Périgord. 2 tomes. Périgueux : Jouve, 1891, Marseille : Laffitte Reprints, 2006.

  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    Page 288.
Périodiques
  • LAROCHE J.-M. "Les origines de Condat-sur-Vézère". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 131, 2004.

    Pages 31-38.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Les fourches patibulaires de Condat-sur-Vézère et de Saint-Amand-de-Coly », Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 64, 1937.

    Pages 79-80.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Les derniers jours d'Armand de Bourbon-Malauze, commandeur de Condat (1732-1741)", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 68, 1937.

    Pages 355-382.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Rapport de visite de la commanderie de Condat (8 mars 1626)". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 64, 1937.

    Pages 364-370.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Troubles à Condat-sur-Vézère", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 67, 1940.

    Pages 347-348.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Le Coly". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 68, 1941.

    Pages 176-185.
(c) Conseil départemental de la Dordogne ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Becker Line - Pagazani Xavier