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Maison-forte des Escures, dite "maison de Renard"

Dossier IA24001425 réalisé en 2011

Fiche

Appellationsdes Escures, de Renard
Destinationsdemeure
Dénominationsmaison forte
Aire d'étude et cantonVallée de la Vézère - Terrasson-Lavilledieu
AdresseCommune : Condat-sur-Vézère
Lieu-dit : les Escures
Cadastre : 1825 A1 341-342 ; 1986 AB 115-116

Située à quelques mètres de la Vézère, cette maison-forte servait peut-être à l'origine d'avant-poste à la commanderie (selon une tradition orale). D'après la carte de Belleyme (1767) et le plan cadastral ancien (1825), le lieu-dit s'appelait autrefois "Les Escures" ou "L'escure", nom que porte d'ailleurs encore l'impasse bordant la demeure au nord, l'impasse des Escures ; et Gourgues indique que ce nom (du latin "obscuris"), comme beaucoup d'autres toponyme, provient de la nature des arbres en général et, en particulier ici, de l'obscurité produite par eux ou par une forêt.

Aujourd'hui située à l'angle de deux rues, la demeure de plan en L occupait autrefois une situation quelque peu différente. C'est du moins ce que suggèrent le plan de Turgis et plusieurs observations : d'abord, cette maison-forte est surmontée au nord d'une bretèche qui protégeait grâce à un tir fichant la porte située à son pied ; ensuite, le rez-de-chaussée de cette même façade nord était aveugle à l'origine (excepté la porte précitée qui était l'unique ouverture de ce côté) ; enfin, un conduit de latrines noyé dans la maçonnerie débouchait de ce côté. Toutes ces observations attestent que la demeure était autrefois bordée par un fossé au nord - que franchissait forcément un pont en bois donnant accès à la porte. Mais il est entendu qu'il ne s'agissait pas là de la porte principale : celle-ci, une grande porte charretière en plein-cintre, est encore sur le côté, à l'est, sur l'ancienne route de Saint-Lazare et de Terrasson, et ouvrant sur un passage couvert traversant l'aile de la demeure. De plan en L, ainsi placée et accessible par deux côtés, la maison défendait une cour intérieure rectangulaire que montre le plan de Turgis levé entre 1731 et 1741 et encore bien visible à l'époque où a été levé le premier plan cadastral en 1825, cour qui accueillait des dépendances (notées du numéro 124, comme la maison noble sur le plan de Turgis).

Par ailleurs, à l'intérieur, un grand escalier rampes sur rampes placé au centre dessert une pièce de chaque côté du corps de logis principal. On retrouve cette distribution aux deux niveaux de l'édifice. Ce type d'escalier droit rampe-sur-rampe apparaît en Périgord dans les années 1520-1530 (au château de Neuvic), mais surtout il se diffuse lentement, à partir du milieu du siècle, à Féletz, à Losse et au château de Condat. La maison pourrait donc dater de la seconde moitié du XVIe siècle.

Enfin, on comprend que cet escalier droit, par son passage traversant au rez-de-chaussée, donnait accès directement à la porte percée au nord et au pont de ce côté : somme toute, c'est la disposition du château de Condat, ce qui suggère que le pont donnait accès au nord à un jardin d'agrément, comme dans la demeure castrale des commandeurs. Mais il ne peut s'agir ici que d'une hypothèse en l'absence d'éléments plus concrets pour l'étayer.

Le bâtiment a ensuite fait l'objet de nombreux remaniements, certains d'entre eux de manière relativement précoce comme l'indique le millésime "1649" figurant sur la clef d'une porte bouchée donnant sur la cour - mais aussi, peut-être, l'ajout après coup de la bretèche, qui est légèrement désaxée par rapport à la porte d'entrée qu'elle protège, et dont la maçonnerie semble plaquée, du moins mal liaisonnée avec le pavillon de l'escalier. Le passage couvert à l'est est sans doute lui aussi fermé de longue date. Toutes les fenêtres au rez-de-chaussée de la façade nord ont été percée semble-t-il au cours de la première moitié du XIXe siècle. En outre, le plan de Turgis montre d'un grand bâtiment, sans doute une dépendance, était en retour d'équerre du bâtiment principal au nord-ouest. Un autre grand bâtiment était en outre au fond de la parcelle, au sud-ouest - bâtiment encore visible, bien qu'alors divisé, en 1825.

Aujourd'hui, on l'appelle la "maison Renard", du nom d'un ancien propriétaire.

Période(s)Principale : 2e moitié 16e siècle
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle
Dates1649, porte la date

Cette demeure, située à l'angle de deux rues du quartier des Mérigots, présente un plan en L. Construite en moellon de calcaire, elle comprend un étage carré et un étage de comble percé de lucarnes et d'une bretèche. A l'intérieur, un grand escalier central à deux volées dessert une pièce de chaque côté du corps de logis principal. On retrouve cette distribution aux deux niveaux de l'édifice. Le rez-de-chaussée présente une cloison en pan de bois hourdé de moellon, tandis qu'un torchis ancien est conservé à l'étage.

Murscalcaire
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Couverturestoit à longs pans
croupe
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan du bourg de Condat-sur-Vézère par le "sieur Turgis". Dessin, encre, s.d. [entre 1731 et 1741, aux armes du commandeur Armand de Bourbon-Malauze].

    S.d. [seconde moitié du XVIIIe siècle]. Archives départementales de la Haute-Garonne : PA 273
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 16 levée en 1767. Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral napoléonien de la commune de Condat-sur-Vézère. Dessin, encre et aquarelle, par Roumagère, 1825.

    Section A1. Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3P3 1453 à 1461
  • Carte postale, vers 1950.

    Collection particulière
  • Carte postale, vers 1950.

    Collection particulière
Bibliographie
  • BELINGARD Jean-Marie. Le Périgord des maisons fortes. Périgueux: Pilote 24, 1999.

    Page 144.
(c) Conseil départemental de la Dordogne ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Becker Line - Pagazani Xavier