Logo ={0} - Retour à l'accueil

Maison, forge

Dossier IA86008560 réalisé en 2012

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéesgrange, logement
Dénominationsmaison, forge
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Saint-Savin
AdresseCommune : La Bussière
Lieu-dit : le Chenneroux
Cadastre : 2011 ZS 91 à 93, 95

Selon les descendants du maréchal-ferrant, l'ancienne forge était située en bordure de la route départementale. Elle était tenue par Charles Guilloteau à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. La forge actuelle a été construite en 1948. Le logement, de l'autre côté du chemin par rapport à la forge actuelle, date de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1948, daté par tradition orale
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

La forge, couverte en tuile plate, est située en bordure du chemin rural dans le hameau de Chenneroux. Une moitié du bâtiment est un hangar, l'autre, abritant les principaux outils et machines du maréchal-ferrant, est fermée par un vitrage côté chemin. Le foyer, l'enclume, le marteau pilon, la perceuse à colonne et de nombreux outils ont été conservés. Le logement est situé de l'autre côté du chemin. Plusieurs ouvrages en ferronnerie sont visibles sur la même propriété : marquise et grilles du logement, porte, portillon, grille de clôture.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile plate, tuile mécanique, ciment en couverture
Étagesrez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Archives privées. Extrait d'une note manuscrite anonyme commentant le livre de comptes (1900-1907) de Charles Guilloteau, maréchal-ferrant au Chenneroux :

    « La Bussière en l'an 1900 vue à travers les comptes du maréchal-ferrant.

    En 1900, Charles Guilloteau, né en 1863, est installé comme maréchal-ferrant au Chêneroux, avec sa seconde épouse et ses deux enfants : Edmond, né en 1890, et Georges, né en 1893.

    Charles Guilloteau, orphelin très jeune, est élevé par une parente qui ne l'envoie pas à l'école : il est illettré et pourtant il remarque très tôt que les étoiles semblent se déplacer et ne craint personne en calcul mental ! En 1900, Edmond a 10 ans, il est scolarisé, sait lire et écrire et son père le charge de tenir les comptes de la maréchalerie. En 1902, Edmond est reçu au certificat d'étude primaire. Il est heureux et fier et nous transmet le compte rendu de toutes les épreuves de cet examen passé à Saint-Savin.

    L'examen du livre de comptes tenu par Edmond de 1900 à 1907 est émouvant et instructif à plusieurs titres. Il montre d'abord l'évolution du savoir d'Edmond jusqu'à ce fameux certificat d'études : l'orthographe très défaillante en 1900 (il a 10 ans) s'améliore très sensiblement en 1902 et s'affirme alors.

    Ce livre nous éclaire aussi beaucoup sur la situation du monde rural d'une petite commune de 1900 à 1907. Le maréchal ferre des boeufs et des ânes surtout en 1900. On note quelques rares juments chez les plus aisés : le châtelain de Foussac Mr de la Coussaye et les familles Bozier à la Bodetterie, Chédozeau au Chêneroux, Penot à la Corbière, Brouard aux Landes et Saunier à Busserais. On remarque aussi le progrès avec, en 1904, deux juments et une pouline chez Chédozeau, un cheval et une jument chez Guérin à la Corbière, et même une moissonneuse en 1904 chez Saunier à Busserais. Dès 1900, Mr de la Coussaye possède aussi un « breke », puis un « omnibus » et une « voiture anglaise ».

    Le maréchal répare de nombreux outils de jardinage : pioche, pic, piarde, cognée, serpe, fourche et faucille. Il aiguise les socs de charrue, les dents de scie de herse. Il répare les brouettes, charrettes, chars à banc, tombereaux, et même une « calèche » ! Il ferre aussi des « sabots garnis ». Il est parfois payé en nature : des noix, de la laine, de la recoupe. Pour arrondir ses fins de mois, Charles Guilloteau possède en 1905 un âne reproducteur dont les saillies procurent un petit revenu complémentaire (5 francs l'une).

    Je vous raconterai une anecdote que je tiens d'Edmond et qui traduit les mentalités de l'époque : au châtelain visitant son domaine, un enfant d'un métayer fait cette remarque : « Elle est grousse ton âne, et elle est jolie ta charrette, toi ! » La mère de l'enfant, offusquée, le gronde : « Ô l'est pas ainsi qu'on parle à notre maître ! » Ce dernier, amusé, répond intelligemment : « Laisse-le parler, il parle très bien ! » [...] ».

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Ourry Yann