Dossier d’œuvre architecture IA64002669 | Réalisé par
  • enquête thématique départementale, patrimoine thermal du massif pyrénéen (64)
Maison familiale de vacances
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées-Atlantiques
  • Commune Laruns
  • Lieu-dit Lous Hias
  • Adresse V.C. 6
  • Cadastre 2018 AI 245
  • Dénominations
    hôtel de voyageurs
  • Précision dénomination
    village de vacances
  • Appellations
    Maison familiale de vacances

Durant les Trente Glorieuses, en plein essor de la démocratisation des séjours de vacances à l'attention des classes sociales les plus modestes, l'Association populaire familiale de Bayonne commande la construction d'un village vacances sur les hauteurs de Laruns. Ce site au panorama exceptionnel constituait pourtant une solution de repli pour l'association qui souhaitait initialement construire un équipement d'accueil pour familles ouvrières et populaires à Gourette, idée abandonnée pour des raisons économiques et techniques. La délocalisation de ce projet vers Laruns est fortement approuvée par le directeur départemental de l'Action sanitaire et sociale qui vante les avantages du site, propice aussi bien aux séjours d'été que d'hiver. Par ailleurs, le projet est unanimement soutenu par les élus de la commune, qui le jugent "parfait", et ceux du département en raison de son intérêt à la fois économique et social.

Dès lors, un premier projet de "maison familiale de vacances" est réalisé en 1965, puis remanié en 1966, par l'atelier d'architecture que dirige Bernard Casnin, architecte très actif entre les années 1950 et 1990. Le montant du projet atteint alors la somme considérable de 1.530.000 francs. Le terrain d'implantation de l'édifice, rassemblant à l'époque quatre parcelles cadastrales, est vendu par Gaston Berdou le 19 février 1966 pour un montant de 50.000 francs. La commune de Laruns s'engage dans le même temps à bitumer la voie vicinale empierrée menant à la parcelle et assurer à ses frais le raccordement au réseau électrique.

Sur un terrain de plus de 18.000 m2, l'édifice est, à l'origine, approvisionné en eau par une source située en amont et analysée par la délégation départementale du ministère de la Santé et de la Population. La municipalité accorde à l'époque l'autorisation d'évacuation des eaux usées dans le cours d'eau le plus proche. Le maître d’œuvre se charge de livrer l'intégralité des équipements et du mobilier du bâtiment, y compris les équipements sportifs (filets de volley-ball, balançoires, toboggan). Après avoir changé de propriétaire privé, l'édifice, dont le PLU de 2018 préconise une reconversion en hébergement touristique avec restauration, se trouve désormais à l'état d'abandon malgré son intérêt architectural et son important potentiel de réhabilitation.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1966, daté par source
  • Auteur(s)
    • Personnalité :
      Association populaire familiale de Bayonne
      Association populaire familiale de Bayonne

      Association d'entraide sociale active durant les Trente Glorieuses et domiciliée alors 63 rue Bourgneuf à Bayonne.

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    • Auteur :
      Casnin Bernard
      Casnin Bernard

      Atelier d'architecture installé 14 rue du Repos, Paris 20e arrondissement.

      Architecte né en 1933, membre de la Confédération générale du logement, ancien président-fondateur de l'association nationale pour la promotion sociale des collaborateurs d'architectes (PROMOCA), ancien membre du Conseil régional de l'Ordre des Architectes d’Île-de-France, nommé officier puis commandeur de l'Ordre national du Mérite en 2006 et 2012.

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Cette maison familiale de vacances présente l'intérêt et les caractéristiques de l'architecture moderne d'après-guerre avec son parti assurément graphique, la sobriété de ses lignes et le fonctionnalisme observable aussi bien dans ses dispositions et équipements intérieurs qu'au sein de ses aménagements extérieurs.

De plan rectangulaire, l'édifice, qui s'adosse à flanc de colline, se compose d'un corps de bâtiment principal de quatre niveaux abritant les chambres familiales, dans lequel vient s'enchâsser sur deux élévations un décrochement plus bas accueillant deux niveaux de rez-de-chaussée (qualifiés comme tels par le maître d’œuvre). Chaque façade longitudinale fait l'objet d'une composition architecturale singulière associant le rythme des lignes verticales - correspondant aux espaces intimes de série que sont les suites familiales - et les déploiements horizontaux - consacrés aux grands volumes destinés à des espaces partagés et publics. La lisibilité des façades, toutes asymétriques, traduit ainsi parfaitement les dispositions intérieures, selon la démarche rationaliste plébiscitée dans l'architecture moderne et héritée des grands théoriciens du 19e siècle et du début du 20e siècle.

L'architecte indiquait, dans son projet, que l'exposition et l'implantation de l'édifice avaient été scrupuleusement pensées de sorte de privilégier l'ensoleillement, la vue exceptionnelle et les grandes étendues de prairies participant pleinement au programme. La relation entre le site et l'édifice est d'ailleurs extrêmement étroite, le paysage spectaculaire s'invitant naturellement à l'intérieur.

Les matériaux employés - béton armé pour la structure, murs de refends en gypsolith, menuiseries en bois, carrelages de grès émaillé et de grès céram - sont représentatifs des matériaux habituellement utilisés durant les Trente Glorieuses. A cela s'ajoutent cependant des occurrences plus traditionnelles comme les garde-corps en bois sculpté puisant leur inspiration dans le chalet helvétique, ainsi que les dallages de pierre froide déployés dans le hall d'entrée, le balcon, les salles à manger et les salles de détente.

Sur le côté est ouvrant vers le panorama de Laruns et des montagnes, et correspondant à la façade principale, les aménagements extérieurs, totalement disparus, se composaient de vastes étendues de pelouses, de plantations d'arbres et d'arbustes, et de massifs de décoration florale. Du côté ouest, aux abords du chemin d'accès, le parking, également disparu, est totalement colonisé par la végétation.

  • Murs
    • béton béton armé
    • enduit
    • pierre
    • grès
  • Toits
    béton en couverture
  • Plans
    plan carré régulier
  • Étages
    étage de soubassement, 3 étages carrés
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • terrasse
  • État de conservation
    mauvais état, menacé
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Exemple caractéristique de l'architecture de villégiature d'après-guerre telle qu'elle est pratiquée dans les stations balnéaires et de sports d'hiver avec l'éclosion de logements collectifs et de villages vacances modernistes. Sa spécificité repose en outre sur son inscription dans le paysage de montagne et une composition architecturale de grande qualité due à un maître d’œuvre particulièrement actif et reconnu dans la seconde moitié du XXe siècle. Il constitue un unicum à l'échelle de la commune de Laruns tout en dialoguant avec les installations de la station de Gourette toute proche.

L'édifice est à l'état d'abandon et, donc, menacé.

Documents d'archives

  • Permis de construire. Association populaire familiale de Bayonne. 1965-1966.

    Archives municipales, Laruns : Permis de construire n°159
  • Révision du Plan local d'urbanisme, par l'Atelier Sol et Cité et la société AMIDEV, 2018.

    Archives municipales, Laruns
    Partie 4.5 Bâtiments étoilés
Date d'enquête 2018 ; Date(s) de rédaction 2018
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Université de Pau et des Pays de l'Adour
Articulation des dossiers