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Maison dite Grande-maison de Lhommée ou Lhoumée

Dossier IA17000178 réalisé en 1996

Fiche

Appellationsdite Grande-Maison de Lhommée ou Lhoumée
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonRochelle centre (La) - Rochelle (La)
AdresseCommune : La Rochelle
Adresse : 48 rue
Chaudrier
Cadastre : 1976 AC 146

La Grande-Maison de Lhoumée est mentionnée dès 1541 : sa galerie en façade, voûtée et sous arcades, semble dater du début du 16e siècle (sur les culots des nervures on a pu voir les armes des familles de la Trémoille, Coetivy et de la maison d'Orléans d'Angoulême). La façade a été en grande partie reconstruite au 18e siècle, elle porte, sur la fenêtre centrale supérieure, les initiales C et B rappelant l'occupation de cette maison par la famille Cadoret de Beaupréau, qui l'acheta le 28 août 1723. L'intérieur a été totalement modifié dans la 2e moitié du 20e siècle.

Période(s)Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu
Murscalcaire
pierre de taille
Toittuile creuse
Étagessous-sol, 2 étages carrés
Couvrementsvoûte d'ogives
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
Typologiesarcade ; cour médiane centrale ; jardin postérieur ; bandeaux d'allège et de niveau
Techniquessculpture
Représentationsfigure mythologique ornement végétal armoiries
Précision représentations

Sujet : fée Mélusine portant un sceptre, fleur, écu, support : clefs de voûte ; sujet : décor végétal, armoiries des familles de la Trémoille, Coetivy et Orléans d'Angoulême, support : culots à la retombée des nervures de la voûte ; sujet : feuilles, rameaux, support : agrafe des fenêtres des étages.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Jean Corneille, contrôleur des guerres en Poitou, était propriétaire, en 1699, d'une maison tenant d'orient au Palais Episcopal, du nord au jardin des de Hillerin et du midi aux Michelon (Censif. BB. Mle).

    Marie Le Royer, épouse de Jean de Mirandes, sieur des Fragnées, juge, et Jean Pandain, la visitèrent en en firent faire procès-verbal le 21 janvier 1677.

    Il manquait au rez-de-chaussée au pilier le plus proche de la maison Michelon (c'est-à-dire au sud) "une pierre de taille" qui a été ôtée de son lieu et emportée. "Dans l'entrée", l'espace entre les deux portes est pavé de petits cailloux, la cuisine, elle est pavée de pierres de taille. Il y a une salle, ... " un petit couloir pavé de petits cailloux", ... Un caveau sous la chambre qui a "huit pieds de profondeur en un sens, sept dans l'autre", ... Un autre petit caveau à côté du premier est voûté et reçoit le jour de la cour par un angle. La cour, qui suit, "est pavée de petits cailloux de mer", ... La buanderie, au milieu, a un arceau en pierres de taille, ... Les latrines sont "pavées de petits cailloux", ... L'écurie a "neuf pieds, neuf pouces sur douze pieds". Dans le jardin, il y a "une table de marbre en octogone de quatre pieds deux pouces", supportée par une colonne de pierres de taille. Les bois de la charmille sont pourris. On compte sept arbres dans ce jardin "dont la largeur est de vingt cinq pieds entre murs" qui sont communs avec ceux du sieur Thoraile, sieur de La Fontaine, et ceux de Guy de Hillerin, chanoine de la cathédrale.

    Un cellier est au fond du jardin. Dans la maison, on monte dans une chambre donnant sur la rue au premier étage par un escalier en pierres de taille (Teuleron).

    Le 28 août 1723, Josué Valin et sa femme, Elisabeth Barthélémy, venus de Rochefort, vendirent à Ignace Cadoret de Beaupréau une maison avec porche, couverte de tuiles, sise devant la place Royale, la rue entre deux (Micheau, notaire) qui tient d'orient à Corneille, du nord à de Hillerin, chanoine, doyen du Chapitre. Cette demeure devait une rente de 5 livres au Chapitre de Saint-Barthélémy dont une reconnaissance fut rendue le 27 avril 1779 selon l'article 279 du registre des rentes dues à l'Oratoire (Q 548). Cette demeure avait le n° 13 place d'Armes en 1825, les nos 11 et 12 en 1791. Cadoret ayant émigré, la maison fut louée pour 9 ans par le district le 18 mars 1793 (Q 308). En 1797, elle n'est pas portée sur la liste appartenant à la Nation.

    Ces textes nous permettent de penser que les initiales « C » et « B », inscrites dans une griffe en rocaille au-dessus d'une fenêtre sous un quart d'arc caractéristique de l'époque Louis XVI, purent être placées là quand le nouveau propriétaire fit refaire à la mode la façade de la maison qu'il venait d'acquérir.

    La façade de la maison Cadoret compte sept fenêtres par étage. Les espaces entre ces fenêtres ne sont pas égaux, surtout côté nord. Au rez-de-chaussée, se situent des arcades de styles différents : au nord, une arcade très simple, sans style, suit une galerie d'arcades de style gothique moulurées dont les moulures pénètrent les pieds-droits. Les voûtes de la galerie, au contraire, sont de voûtains posés sur arêtes retombant sur des petits culots décorés. Les culots au dos du mur de façade portent les armoiries des Latremouilles, des Coltivi et des d'Orléans, toutes familles qui ont eu des relations avec l'histoire de notre ville. Vue du fond de la place, la couverture de l'immeuble Cadoret montre bien deux toitures jumelées, preuves de plusieurs maisons plus anciennes que la façade. On ne peut aussi s'empêcher de penser aux relations Aunis-Poitou en découvrant, à l'une des clefs, une Mélusine tenant d'une main sa queue serpentine et de l'autre un sceptre. Peut-être un sceptre qui rappelle que la famille de la "Mère Lusine", celle des Lusignan, fut aux temps des croisades, famille royale à Jérusalem... Jérusalem, dont un quéreu qui sera, quelques pages plus loin de notre travail, objet d'étude, portait le nom. Il se situait entre les rue Gargoulleau et Fleuriau.

    Extrait de COUTANT, père Bernard, La Rochelle. La place d'Armes.

  • Les arcs donnant sur la place ont sans doute été remaniés lors de la construction des étages au XVIIIe siècle, mais les fenêtres non axées avec la galerie montrent l'authenticité de deux campagnes de construction et non d'un pastiche comme on se plait à le croire. La lecture des blasons, très frustes, est difficile, mais leur analyse permet à M. Dahl d'émettre une hypothèse : l'un deux est à chevrons, accompagné de trois meubles un peu frustres : il est difficile d'y voir autre chose que trois aigles ou aiglettes, c'est-à-dire les armes des La Trémoille ; un deuxième, arasé aux trois quarts, porte un fragment de fasce qui, complété, serait celui des Coëtivy ; la troisième, deux fois répété, est, sans hésitation, aux armes de la maison d'Orléans-Angoulême : de France, un grand lambel à trois pendants. Charles de la Trémoille, mort en 1515 à Marignan, épousa Louise de Coëtivy en 1501, fille de Jeanne d'Orléans-Angoulême. Leur fils François (1515-1536), lieutenant général en Poitou, Saintonge et à La Rochelle en 1527, pourrait avoir fait ériger un immeuble au début du XVIe siècle, dont il ne resterait aujourd'hui que cette galerie.

    Extrait de CAILLETEAU, La Rochelle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • B.M. La Rochelle : Ms 330 (Jourdan, Notes sur les rues, places, ponts...).

Documents figurés
  • Casier archéologique, 3 p.

Bibliographie
  • Béraud, Rémi. Petite encyclopédie monumentale et historique de La Rochelle. La Rochelle : Editions Rupella, 1981, ill.

    p. 37
  • Coutant, père Bernard. La Rochelle. La place d'Armes. Cahier n° 10. La Rochelle, l'auteur, 1983.

    p. 48-52
  • Histoire de la Rochelle, Marcel Delafosse, dir. Toulouse : Privat, 1985, p. 82.

    p. 82
  • MOULIN, Monique, L'architecture civile et miliaire au XVIIIe siècle en Aunis et Saintonge. La Rochelle : Quartier latin, 1972, p. 125.

    p. 125
  • Vaux de Foletier, François de. La Rochelle d'autrefois et d'à présent. La Rochelle : F. Pijollet, 1923.

    p. 166-167
  • CAILLETEAU, Jacques, La Rochelle. In : Monuments historiques, 1978, n° 2, p. 82-83.

    p. 82-83.
  • DELAFOSSE, Marcel, Evolution de la maison rochelaise, XVIe-XVIIe siècle. In : Revue de la Saintonge et de l'Aunis, t. XVI, 1990, p. 102.

    p. 102
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Mailles Dominique