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Maison, dite ancienne maison des sœurs

Dossier IA19000213 réalisé en 2008

Fiche

AppellationsAncienne maison des soeurs
Destinationscouvent, école
Parties constituantes non étudiéesjardin, école
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonCollonges-la-Rouge - Meyssac
AdresseCommune : Collonges-la-Rouge
Adresse : rue
Noire
Cadastre : 1831 C1 156 ; 2007 AI 179

Cette maison, sans doute d'origine médiévale, a été remaniée au 17e siècle et au début du 19e siècle. Il semble qu'elle ait servi de presbytère avant la Révolution. Les seules sources écrites conservées nous apprennent que cette maison provient d´une donation qui a été faite à la congrégation des sœurs de la Providence de Portieux par le sieur Lafon, prêtre-curé à Argentat, en 1862. Depuis, elle est connue comme étant l´ancienne maison des sœurs.

Période(s)Principale : Fin du Moyen Age
Principale : 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates1813, porte la date

Cette maison de plan régulier en L est alignée le long de la rue Noire et est mitoyenne, par son mur-pignon sud, avec la chapelle des Pénitents. Elle est composée d´un logis en rez-de-chaussée surélevé et d´une dépendance construite dans le jardin. Dans cette dernière étaient logées les anciennes salles de classe lorsque cette maison était utilisée comme école des filles (cf. Annexe 1). Sur le toit à longs pans couvert d´ardoises, on note la présence d´une croix en fer forgé qui fait office d´épi de faîtage, d´une souche de cheminée à mitre et des outeaux plats.

Cette maison présente une élévation sud homogène (19e siècle). Le mur-pignon sud est percé d´une travée composée d´une porte inscrite dans un entablement qui porte la date 1813, ornée d´une étoile, un balcon avec garde-corps en fer forgé et une porte-fenêtre. Une lucarne positionnée sur la croupe sud se trouve également dans le même axe.

L´élévation ouest, sur rue, construite en blocage de moellons de grès, est plus composite. On y remarque également des fentes de jour chanfreinées qui font penser à de petites meurtrières. Au premier étage, on aperçoit deux fenêtres bâtardes datant probablement de la fin du 16e siècle ou du début du 17e siècle avec chambranles et appuis moulurés. Sur la partie 19e siècle de cette élévation ouest, on note la présence de deux fenêtres droites à linteau polychrome. C´est la combinaison d´une clef en calcaire et du linteau en grès rouge qui donne cet effet de polychromie. Sur la partie 16e-17e siècles de cette même élévation, au niveau de l´actuelle porte charretière, on remarque les traces d'une ancienne porte cintrée dont on aperçoit le départ de l´extrados.

L´élévation postérieure est, sur jardin, est édifiée en pierre de taille appareillée. L´entrée principale se situe sur cette élévation. L´accès se fait par un escalier droit, en maçonnerie, accolé au mur gouttereau est qui mène à une terrasse. Cette dernière est surmontée d´une treille.

Dans la pièce principale, on remarque une bassière et un potager double installé près de la cheminée adossée en grès rouge. Surmontée d´un arc segmentaire, cette cheminée est sans doute le vestige le plus ancien de la maison d´origine.

Par ailleurs, cette maison a la particularité de disposer de deux niveaux de cave orientée nord-sud. La cave la plus enterrée (niveau n-2) n´a pas été complètement dégagée. Elle se prolonge dans l´axe de la première qui se trouve au-dessus (niveau n-1). Ces deux caves sont voûtées en berceau. Celle du niveau supérieur est construite en blocage de moellons alors que celle du niveau inférieur, plus ancienne, laisse apparaître un appareil en grès équarri très régulier. On en déduit que cette cave, de plus petite dimension, a été remblayée lors d´une reconstruction pour lui substituer une nouvelle cave plus grande.

Mursgrès pierre de taille
grès moellon
Toitardoise
Plansplan régulier en L
Étages2 étages de sous-sol, rez-de-chaussée surélevé
Couvrementsvoûte en berceau
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
Typologiesmaison en rez-de chaussée surélevé
État de conservationremanié, restauré
Représentationschronogramme
Précision représentations

1813.

Cette maison abritait l'école des filles de Collonges (cf. IA19000203).

Statut de la propriétépropriété privée
Protectionsinscrit MH partiellement, 1951/01/04
Précisions sur la protection

L'inscription porte sur le balcon, l'élévation et la toiture.

Annexes

  • Le dépouillement des archives départementales de la Corrèze, sous-série 6V 19

    Le dépouillement des archives départementales de la Corrèze, sous-série 6V 19 : Congrégations enseignantes et hospitalières : communautés de femmes. (1901-1930), nous donne quelques renseignements sur cette maison, dite ancienne maison des sœurs.

    En effet, on apprend que le 9 février 1902, le conseil municipal de Collonges délibère au sujet du maintien de l´établissement d´une école de filles tenue par les sœurs de la providence de Portieux (cf. annexe suivante). Cette école de filles semble exister depuis 60 ans soit depuis 1840 environ, mais le décret qui autorise l´ouverture d´une école des Sœurs de la Providence à Collonges date de 1865. On sait qu´à cette époque l´école dispose d´un pensionnat qui accueille une dizaine de pensionnaires et qu´elle est dirigée par quatre sœurs.

    Par ailleurs, on apprend qu´en 1903, la congrégation est obligée de fermer son établissement scolaire car, selon les termes de la loi du 4 novembre 1902, tous les individus qui auront, sans autorisation, ouvert un établissement qui appartient à la congrégation ou à un tiers ; qu´il comprenne un ou plusieurs membres de ladite congrégation sont passibles d´une amende de 16 à 5000 francs et d´un emprisonnement pouvant aller de 6 jours à un an. La congrégation dispose alors d´un délai d´un mois pour fermer son établissement.

    La population de Collonges se mobilise alors pour demander au préfet de Brive un délai supplémentaire, avant la fermeture de cette école. C´est ainsi que les sœurs sont autorisées à fermer leur établissement à la fin de l´année scolaire, soit le 30 juillet au lieu du 26 mai 1903. A noter également que l´école publique communale était dans l´incapacité d´accueillir la dizaine élèves dans ses locaux déjà vétustes - ce qui témoigne de la pauvreté dans laquelle se trouvait alors les écoles de Collonges (cf. notice IA19000203).

    Mais ce n´est que vingt ans après (par décret du 12 novembre 1923) que les sœurs de la Providence décident de se séparer de cette maison qui est vendue aux enchères publiques pour la somme de 35 000 francs. Il est précisé que le produit de cette aliénation serait placé en rentes d´Etat au nom de l´établissement principal de la congrégation à Portieux. La vente a lieu le 7 août 1924 à Meyssac. C´est Monsieur Berthy Marie Louis Alvit George, distillateur, demeurant 17 avenue de la Gare à Brive, qui la remporte pour la somme de 35 100 francs.

    L´acte notarié de cette vente, conservé aux Archives départementales de la Corrèze, donne un descriptif sommaire du bien vendu. Il est précisé que [l´immeuble à vendre comprend une maison avec cour, jardin et dépendances, bâtiments jadis à usage de classe. Le tout d´un seul tenant situé dans le bourg de Collonges et confrontant à la chapelle dite des Pénitents, propriété communale, à la place publique et aux possessions des héritiers Henry Manévy. L´immeuble ci-dessus décrit d´une contenance totale de 21 ares, au plan cadastral de la commune sous les n°156 ; 158 ; 159 de la section D].

  • La Congrégation des sœurs de la Providence
    La Congrégation des sœurs de la Providence a été fondée en 1762 par Jean-Martin MOYË, un prêtre messin. Cette communauté avait pour objectif d'instruire, dans les campagnes et les colonies, ceux qui n´avaient pas accès à l'éducation, c´est-à-dire les plus pauvres. Des jeunes filles de bonne éducation étaient donc envoyées dans toutes la France, et au-delà, avec pour mission d´assurer un enseignement catholique.

    La communauté se développe un peu partout en France, mais c´est à Portieux (dont le patron est Saint Spinule) que les sœurs de la Providence établissent un noviciat, en 1803. Ce dernier deviendra d´ailleurs très vite la maison mère.

    Après la Révolution, la congrégation se développe rapidement. Depuis la Lorraine, où elles développent deux branches, les sœurs de Portieux et les Sœurs de Saint Jean de Bassel, les sœurs de la Providence s´implantent en Belgique, en Italie, en Suisse, aux États-Unis, au Brésil, au Mexique, à Cuba ainsi qu'en Indochine et en Mandchourie. Puis très vite, la communauté de Portieux accepte une nouvelle fondation au Cambodge. Les premières sœurs s´y installent le 12 janvier 1876 à Culaogien, qui restera, d´ailleurs le siège de la maison principale. Depuis la création de la mission jusqu'en 1936, la communauté a fourni 88 religieuses françaises. En 1977, les établissements sont confiés au gouvernement.

    Aujourd'hui, la congrégation de la providence compte un effectif de 484 religieuses reparties en 96 communautés. Leur mission est polyvalente : pastorale, santé, éducation, banque, mission à l'étranger.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Corrèze. Série V ; 6 V : Administration des cultes en Corrèze (1800-1940). Fermeture des congrégations : [Congrégations enseignantes et hospitalières : communautés de femmes. (1901-1930)].

    Archives départementales de la Corrèze, Tulle : 6 V
Bibliographie
  • SERAPHIN, G., MELISSINOS, A., SIRYES, H. Plan de gestion du site classé Collonges-la-Rouge. Fichier immeubles. Etude réalisée sous la maîtrise d´ouvrage de la DIREN et de la commune de Collonges-la-Rouge, 2005.

    fiche n°43 Centre de documentation du patrimoine, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel, Limoges : non coté
(c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel (c) Région Limousin, service de l'Inventaire et du Patrimoine culturel ; (c) Ville de Collonges-la-Rouge (c) Ville de Collonges-la-Rouge ; (c) Monuments historiques (c) Monuments historiques - Brahim-Giry Agnès
Brahim-Giry Agnès

Chercheur SRI Limousin (2007-2016) - Responsable de l'Unité Études et Ressources documentaires, site de Limoges (2016-2017 ) - Responsable de l'Unité Recherche-Photographie, Limoges-Poitiers (2017-


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